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FRUITS CHARNUS

Les fruits charnus sont indéhiscens. Leur péricarpe est épais et pulpeux; ils renferment un nombre de graines variable.

i° La drupe (drupa^) est un fruit charnu qui renferme un noyau dans son intérieur. Ce noyau est for-, mé par l'endocarpe endurci et ossifié, auquel s'est joint une partie plus ou moins épaisse du sarcocarpe, comme par exemple, dans la pêche, la prune, la cerise, etc. (Voy. pi. 8, fig. 8.)

i° La noix (nux) ne diffère de la drupe que par l'épaisseur moins considérable de son sarcocarpe, qui porte alors le nom de brou ( naucum ). Tel est le fruit de l'amandier {Amygdalus communis), le fruit du noyer (Juglans regia), que l'on désigne même par le nom de noix proprement dite.

3° Le nuculaine (nucidanium , Rich.) est un fruit charnu provenant d'un ovaire libre, c'est-à-dire non couronné par les lobes du calice adhérent, et renfermant dans son intérieur plusieurs petits noyaux , qui portent alors le nom de nucides ( nuculœ Rich.) Tels sont les fruits du sureau, du lierre, des Rhammées, du sapotilier (Achras Sapota).

4° La mélonide ( melonida :, Rich.) est un fruit

CLASSIFICATION DES FRUITS. 3o,3

charnu, provenant de plusieurs ovaires pariétaux réunis et soudés avec le tube du calice, qui, souvent très-épais et charnu, se confond avec eux, comme dans la poire, la pomme, la nèfle , le rosier , etc. (i). (Voy. pl.8,fig. 9.)

Dans la mélonide, la partie réellement charnue du fruit n'est pas formée par le péricarpe lui-même; elle est due à un épaississement considérable du calice : c'est ce que l'on peut voir facilement quand on suit avec attention le développement de ce fruit.

L'endocarpe qui revêt chaque loge d'une mélonide est cartilagineux ou osseux; dans ce dernier cas il y a autant de nucules qu'il y a d'ovaires, comme dans la nèfle; ce qui fait qu'on a distingué la mélonide en deux variétés ; savoir :

(1) Cette espèce de fruit a jusqu'ici été fort mal définie dans les auteurs, puisqu'on la décrit comme provenant d'un ovaire infère, multiloculaire , à loges distinctes. Mais nous avons déjà démontré précédemment la grande différence qui existe entre l'ovaire vraiment infère et l'ovaire simplement pariétal. L'inférité de l'ovaire en exclut toujours la pluralité dans la même fleur. Or , dans la plupart des vraies Rosacées, il y a constamment plusieurs pislifs, dont on peut suivre graduellement les dilférens degrés d'adhérence latérale avec la paroi interne du calice. Ainsi , par exemple, dans le genre Rosa , les pistils , qui sont au nombre de douze à quinze, ne tiennent aux parois du tube calicinal que par un petit pédicule de la base de leur ovaire. Dans les genres Cratœgus et Mespilus, les ovaires sont soudés avec le calice par tout leur côté externe. Dans les genres Pyrus , Malus , etc. , ces ovaires sont non-seulement unis par leur côté extérieur avec le calice , mais se soudent entre eux par tous les autres points. Cependant il arrive quelquefois dans certaines poires que les ovaires restent distincts par leur côté interne , en sorte qu'on trouve au centre du fruit une cavité plus ou moins grande.

3g4 ORGANES DE LA FRUCTIFICATION.

i° Mèlonide à nucules, celle dont l'endocarpe est osseux, comme dans le Mespilus, le Cralœgus.

i° Mèlonide à pépins, celle dont l'endocarpe est simplement cartilagineux, comme dans la poire i la* pomme , etc.

La mèlonide appartient exclusivement à la famille des Rosacées, dans laquelle elle est associée à quelques autres espèces de fruits, qui n'en sont souvent que des variétés.

5° La balauste ( balausta ), fruit pluriloculaire, polysperme, provenant toujours d'un ovaire véritablement infère et couronné par les dents du calice, comme celui du grenadier et de toutes les véritables Myrtées.

6° Lapéponide (peponida, Rich.), fruit charnu, indéhiscent ou ruptile , à plusieurs loges éparses dans la pulpe, renfermant chacune une graine qui est tellement soudée avec la membrane pariétale interne de chaque loge, qu'on parvient difficilement à l'en séparer. Ce fruit se remarque dans le melon, le potiron et les autres Cucurbitacées , les Nymphéacées et les Hydrocharidées.

Il arrive quelquefois que le parenchyme charnu qui occupe le centre de la péponide se rompt et se déchire par l'accroissement rapide du péricarpe. Dans ce cas la partie centrale est occupée par une cavité irrégulière, que l'on a, mais à tort , regardée commeune véritable loge. C'est ce que l'on observe surtout dans le potiron (Pepo macrocarpus). Mais si l'on y fait quelque attention , on verra que cette prétendue

CLASSIFICATION DES FRUITS. 3o,5

loge n'est nullement tapissée par une membrane pariétale interne, c'est-à-dire un endocarpe; ce qui démontre évidemment que cette cavité n'est qu'accidentelle et ne constitue point une véritable loge. En effet, elle n'existe point dans toutes les espèces; et quand elle s'y montre, ce n'est que vers l'époque de leur maturité.

On peut voir dans la pastèque ou melon d'eau, ( Cucurbita citrullus , L. ) la véritable organisation de la péponide. Dans cette espèce, la partie centrale reste constamment pleine et charnue à toutes les époques de son développement. Chaque graine est renfermée dans une loge particulière, avec les parois de laquelle elle ne contracte d'autre adhérence que par son point d'attache ou son bile. Il semble, dans ce cas, que la nature, qui, dans presque toutes les autres espèces de cette famille altère et modifie plus ou moins la véritable structure de ce fruit , ait voulu, en quelque sorte, en ménager un qui pût faire connaître le type naturel et primitif des autres.

70 Uhespéridie { hespericlium , Des vaux), fruit charnu , dont l'enveloppe est très-épaisse, divisé intérieurement en plusieurs loges par des cloisons membraneuses, qu'on peut séparer sans aucun déchirement, comme dans l'orge, le citron, etc.

8° \jA.baie{bacca). Sous ce nom général on comprend tous les fruits charnus, dépourvus de noyau, qui ne font pas partie des espèces précédentes Tels sont, par exemple, les fruits du raisin , les groseilles x les tomates, etc.

3g6 ORGANES DE LA FRUCTIFICATION.

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