‹ Nouveaux élémens de botanique et de physiologie végétaleChapitre 88 sur 129 · DE LA DISSÉMINATION · texte numérisé non relu

DE LA DISSÉMINATION

Lorsqu'un fruit est parvenu à son dernier degré de maturité, il s'ouvre; les différentes parties qui !e composent se désunissent, et les graines qu'il renferme rompent bientôt les liens qui les retenaient encore dans la cavité où elles se sont accrues. On donne le nom de dissémination h cette action par laquelle

DISSÉMINATION. 3o,0,

les graines sont naturellement dispersées à la surface de la terre, à l'époque de leur développement.

La dissémination naturelle des graines est , dans l'état sauvage des végétaux, l'agent le plus puissant de leur reproduction. En effet, si les graines contenues dans un fruit n'en sortaient point pour être dispersées sur la terre et s'y développer, on verrait bientôt des espèces ne plus se reproduire, des races entières disparaître; et, comme tous les végétaux, ont une durée déterminée, il devrait nécessairement arriver une époque où tous auraient cesse de vivre, et où la végétation aurait pour jamais disparu de la surface du globe.

Le moment de la dissémination marque le terme de la vie des plantes annuelles. En effet, pour qu'elle ait lieu , il est nécessaire que le fruit soit parvenu à sa maturité, et qu'il se soit plus ou moins desséché. Or, ce phénomène n'arrive, dans les herbes annuelles, qu'à l'époque où la végétation s'est entièrement arrêtée chez elles. Dans les plantes ligneuses , la dissémination a toujours lieu pendant la période du repos que ces végétaux éprouvent lorsque leur liber s'est épuisé à donner naissance aux feuilles et aux organes de la fructification.

La fécondité des plantes, c'est-à-dire le nombre étonnant de germes ou de graines qu'elles produisent, n'est point une des causes les moins puissantes de leur facile reproduction et de leur étonnante multiplication. Rai a compté 32,ooo graines sur un pied de pavot, et jusqu'à 36o,ooo sur un pied de tabac,

4ûO ORGANES DE LA FRUCTIFICATION.

Or, qu'on se figure la progression toujours croissante de ce nombre , seulement à la dixième génération de ces végétaux , et l'on concevra avec peine que toute la surface de la terre n'en soit point recouverte.

Mais plusieurs causes tendent à neutraliser en partie les effets de cette surprenante fécondité qui bientôt nuirait, par son excès même, à la reproduction des plantes. En effet , il s'en faut que toutes les graines soient mises par la nature dans des circonstances favorables pour se développer et croître; D'ailleurs un grand nombre d'animaux, et l'homme luimême , trouvant leur principale nourriture dans les fruits et les graines , en détruisent une innombrable quantité.

Plusieurs circonstances favorisent la dissémination naturelle des graines. Les unes sont inhérentes au péricarpe, les autres dépendent des graines ellesmêmes.

Ainsi il y a des péricarpes qui s'ouvrent naturellement avec une sorte d'élasticité, au moyen de laquelle les graines qu'ils renferment sont lancées à des distances plus ou moins considérables. Les fruits du sablier, par exemple {^Hura crepitans), du Dionœa muscipala , de la fraxinelle , de la balsamine, disjoignent leurs valves rapidement et par une sorte de ressort, en projetant leurs graines h quelque distance. Le fruit de XEcballium elateriwn , à l'époque de sa maturité, se détache du pédoncule qui le supportait, et, par la cicatrice de son point d'attache* lance ses graines avec une rapidité étonnante.

Page 1