‹ Nouveaux élémens de botanique et de physiologie végétaleChapitre 94 sur 129 · MÉTHODES EN GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

MÉTHODES EN GÉNÉRAL

blir leurs principales divisions. On a donné le nom de systèmes à ces arrangemens purement artificiels. On conçoit qu'un système n'ayant uniquement pour but que de faire arriver avec facilité au nom d'une plante ne donne aucune idée de son organisation. Ainsi quand nous avons trouvé qu'une plante est de la première classe du système de Linnœus ou de celui de Tournefort , nous savons seulement, dans le premier cas, qu'elle a une étamine ; dans le second cas, que sa corolle est monopétale, régulière et campaniforme : mais ces systèmes ne nous aprennent rien touchant les autres parties qui composent la plante dont ils nous ont seulement appris le nom. Dans la seconde espèce de classification , qui a reçu le nom de méthode proprement dite, comme les bases de chaque classe reposent sur la somme totale de tous les caractères tirés des différentes parties du végétal, lorsque l'on est arrivé à l'une de ces classes , on connaît déjà les points les plus saillans de l'organisation de la plante dont on désire connaître le nom. Si , par exemple, au moyen de l'analyse nous sommes arrivés à savoir que telle plante est, je suppose, de la quatrième classe de M. de Jussieu , cette connaissance nous apprendra que cette plante est une phanérogame , que son embryon n'a qu'un seul cotylédon , qu'elle n'a qu'une seule enveloppe florale , c'est-à-dire qu'un calice monosépale adhèrent avec un ovaire infère , que ses étamines sont insérées sur l'ovaire , etc. , etc. On voit combien l'étude de la méthode des familles naturelles donne des idées plus

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précises et plus philosophiques sur la structure et l'organisation des différens végétaux. Elle mérite donc à juste titre la préférence sur toutes celles qui ont été inventées jusqu'à ce jour.

Il serait aussi long qu'inutile de faire ici l'exposition de toutes les méthodes qui ont été proposées par les différens botanistes pour grouper et coordonner en classes tous les végétaux connus. Le nombre de ces méthodes est d'ailleurs si considérable, que leur exposition ne peut être faite, même d.'une manière abrégée , que dans un ouvrage spécialement destiné à cet objet. Aussi nous contenterons-nous d'exposer ici seulement les trois classifications les plus importantes, qui sont celles de Tournefort, de Linnœus et de Jussieu.

DE LA MÉTHODE DE TOURNEFORT

Le système de Tournefort , généralement connu sous le nom de méthode de Tournefort , est basé principalement sur la considération des différentes formes de la corolle. Un reproche généralement fait à Tournefort est de n'avoir pas suivi l'exemple déjà donné par Rivin, et d'avoir encore séparé les uns des autres les végétaux herbacés et les végétaux à tige ligneuse. Cet inconvénient est très-grand, puisque souvent dans le même genre on trouve réunies ces

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deux modifications de la tige; et que même quelquefois, comme nous l'avons prouvé précédemment, certaines circonstances peuvent agir assez directement sur une même espèce pour la rendre tantôt ligneuse, tantôt herbacée. C'est ce que nous avons fait remarquer pour le ricin, la belle de nuit, etc.

Ce système est composé de vingt-deux classes, dont les caractères sont tirés : i° de la consistance et. de la grandeur de la tige ; 2° de la présence ou de l'absence de la corolle ; 3° de l'isolement de chaque fleur ou de leur réunion dans un involucre commun ; ce qui constitue les fleurs composées; 4° de l'intégrité de la corolle, ou de sa division en segmens isolés, c'est-à-dire de la considération de la corolle monopétale ou polypétale; 5° de sa régularité ou de son irrégularité.

i° Sous le rapport de la consistance et de la durée de leur tige , Tournefort divise les végétaux en herbes et sous-arbrisseaux, arbrisseaux et arbres. Les herbes et le^ sous-arbrisseaux réunis sont renfermés dans les dix-sept premières classes; les cinq dernières classes contiennent les arbrisseaux et les arbrçs.

a° D'après la présence ou l'absence de la corolle, les herbes sont distinguées en pétalées et apétalées. Les quatorze premières classes des herbes renferment toutes celles qui sont pourvues d'une corolle; les trois autres , celles qui en sont dépourvues.

3° Les herbes qui ont une corolle ont leurs fleurs isolées et distinctes ou réunies pour constituer des fleurs composées. Les onze premières classes renfer-

ment les herbes à fleftrs simples ; les trois suivantes , celles qui offrent des fleurs composées.

4° Parmi les plantes herbacées à fleurs simples , les unes ont une corolle monopétale; dans les autres, au contraire, elle est polypétale. Dans les quatre premières classes, Tournefort a réuni les plantes à corolle monopétale; dans les cinq qui suivent, celles dont la corolle est polypétale.

5° Mais cette corolle monopétale ou polypétale peut être régulière ou irrégulière; ce qui a servi à subdiviser encore chacune de ces sections.

Les plantes à tige ligneuse, avons-nous dit, sont renfermées dans les cinq dernières classes du système. Tournefort les a divisées d'après les mêmes considérations que les herbes. Ainsi elles sont apétalées ou pétalées ; leur corolle est monopétale ou polypétale, régulière ou irrégulière.

Il est important de faire remarquer que Tournefort appelait corolle les périanthes simples et colorés, comme dans la tulipe, le lis, quionf, selon lui, une corolle polypétale régulière.

Tels sont les principes qui ont dirigé Tournefort dans la formation des classes de son système , dont nous allons présenter sommairement les caractères.

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