partie de la vessie, au point de pouvoir en
être, sans beaucoup d'efforts , entièrement
séparé. Sur cette observation, le chirurgien américain établit le procédé suivant : La malade étant couchée sur le bord de son lit, une incision doit être faite transversalement, au-dessus du pubis, de manière à diviser les attaches des muscles droits et pyramidaux. Les doigts, portés dans la plaie , soulevant ensuite le péritoine, le sé-
parent du réservoir de lurine , pénètrent
jusque sur la partie inférieure de la face antéricure de la matrice, que le chirurgien incise , et par l'ouverture de laquelle le foetus est retiré. | M. Ritgen croit atteindre plus directement le méme but, en’incisant latéralement et eniravers la paroi abüominale, audessus de la crête de los des iles. Arrivé dans la fosse iliaque , il soulève le péritoine, pénètre jusqu’au détroit supérieur du bas-
sin, et incise la partie la plus inférieure de
la matrice , près du col, en évitant la lésion de la membrane séreuse.
M. A. Baudelocque a, de son côté, imaginé de remplacer la division abdominale de la matrice par une opération qui consiste à diviser l'abdomen, sur le côté gauche, le long du bord externe du muscle droit, depuis l’émbilic jusqu’à un pouce du pubis.
Le péritoine doit être ménagé avec soin.” Après cette section , il faut percer la poche des eaux à travers le vagin. Les jambes et les cuisses de la femme sont alors fléchies.
On détache ensuite de bas en haut le péritoine, qu'un aide soutient, tandis que l’indicateur et le médius de la main gauche, portés dans le vagin, et écartés, l’un en avant , l’autre en arrière , servent à étendre ce conduit, que l’on ouvre transversalement, près de son extrémité supérieure , entre la vessie et le rectum , dans une étendue suffisante pour permettre de découvrir le col de la matrice. Le corps de ce viscère doit être incliné du côté opposé à celui de l'opération, pendant que le doigt indicateur, recourbé en crochet, introduit dans le col, le maintient en rapport avec la plaie extérieure , ainsi qu'avec la division du vapin. C'est dans cette position que l'on attend le résultat des contractions utérines
qui doivent expulser l'enfant par la plaie.
Le procédé de Physick doit être d’une exécution difficile, à raison dé la solidité des adhérences du péritoine à la vessie ; celui de M. Ritgen expose à la lésion des ligaments larges et des vaisseaux qui se dirigentvers la matrice; celui de M. Baudelocque n’est pas applicable à tous les cas , et l'essai qu’on en a fait n’a pas été favorable. Aussi
l’opération césarienne a-t-elle encore, jusqu’à présent au moins, réuni la majorité des suffrages.
Opération toute moderne, que l’on doit à Sigault, la symphyséotomie est moins effrayantequel'incision abdominale. La femme étant couchée sur le dos, et la région pubienne étant rasée , le chirurgien , placé au côté droit du lit, fait à la peau du pénil une incision longue de trois pouces, qui descend de la partie inférieure de la ligne blanche, au-devant des pubis, jusqu’à l’union des grandes lèvres. Le tissu cellulaire étant divisé, un scalpel solide , et mousse à son extrémité , sert à couper lentement , à petits coups , d'avant en arrière et de haut en bas, le fibro-cartilage inter-pubien. Il faut éviter que l'instrument n'échappe, en terminant la section , et ne tombe sur la vessie ou sur l’'urètre, qu'il diviserait presque infailliblement. L'évacuation de l'urine, par le cathétérisme, et même l'introduction d’une sonde dans l’urètre, afin de l’abaisser et de l'écarter de la route du bistouri, sont des précautions utiles à prendre. Lorsque la première section du fibro-cartilage ne suffit pas pour faire obtenir aisément l'écartement désiré, on peut incliner le tranchant de l'instrument à droite ou à gauche, et achever de couper, le long de la branche descendante du pubis, le ligament triangulaire; ce qui permet aux os de s’éloigner davantage. Après l'accouchement, la plaie doit être immédiatement réunie, le bassin entouré d’un bandage de corps solide, et deux ou trois mois de repos sont ordinairement nécessaires pour rétablir la symphyse, et rendre au bassin de la solidité.
A la symphyséotomie se rattache la section du pubis , récemment proposée pour la remplacer.
Desgranges ayant observé que le scalpel |
destiné à couper le fibro-cartilage inter-pubien tombe souvent sur un des os qu’il réunit, ce qui rend l'opération longue et difficile, a proposé de se servir de la scie, portée sur un des côtés de la symphyse. Ce procédé n’est supérieur en rien à celui de Sigault.
L'opération du docteur Galbioti mérite un jugement plus sévère. Ce médecin propose, en effet, non de couper le pubis, mais l'os des îles, en avant de la cavité cotyloïde, d’un côté seulement ou des deux côtés , selon le degré de rétrécissement du bassin.
Pour atteindre ce but, une incision longitudinale, d’un pouce d’étendue , met à découvert la branche horizontale du pubis, qui est ruginée et coupée avec des cisailles. Une seconde incision, faite près de la vulve, permet d'arriver sur la branche ascendante de l’ischion , qui est attaquée à son tour.
Si le diamètre antéro-postérieur a plus d’un pouce, cette double section suffit et l’on sépare la symphyse à la manière ordinaire.
Si , au contraire , le détroit pelvien a moins d’un pouce , l'os des îles du côté opposé doit être divisé comme le premier, et la symphyse est laissée intacte. Pratiquée une fois, cette opération a été excessivement longue et n’a pas réussi. Je ne la crois ni moins effrayante ni moins dangereuse que la section abdominale de la matrice , et celle-ci me semble devoir mériter la préférence.
Lorsque d’insurmontables obstacles s’opposent à la sortie du fœtus, ou lorsque la matrice est affaiblie dans une partie de ses parois, elle peut se rompre durant le travail de la parturition. Cet effet est quelquefois encore le résultat de coups ou de commotions violentes supportés par cet organe.
Dans le premier cas, après un travail long et pénible , la femme éprouve tout à coup une douleur plus vive, plus aiguë que les précédentes, souvent accompagnée d'un sentiment de déchirure : ie ventre perd sa forme, et le fœtus, flottant dans la cavité péritonéale, peut être distingué à travers les aponévroses et les muscles. Dans le second cas, les mêmes phénomènes succèdent à la violence exercée sur le ventre , et qui a presque toujours fait périr d’abord le fœtus, en même temps qu’elle a déchiré ses