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LA MATRICE

compacte, fongueux, analogue aux végétations des plaies, facilement saignants ;

3° Fibreux, solides, élastiques , difficilement compressibles , d'un tissu blanc, resplendissant , criant sous le scalpel.

A ces trois classes M. Malgaigne a ajouté des polypes, ou plutôt des tumeurs formées tantôt par l’hypertrophie du tissu de la matrice, et tantôt par des débris de môles; mais les unes et les autres sont peu distinctes des polypes fibreux, et ne peuvent, ainsi que cet ingénieux écrivain le reconnaît d’ailleurs lui-même, être sûrement reconnues que par la dissection. |

Il a été question précédemment des polypes du vagin.

Les polypes vésiculeux naissent ordinairement des lèvres du col, sont enveloppés d’une sorte de kyste séro-muqueux, affectent une forme arrondie, et sont souvent multiples. |

Les polypes cellulo-vasculaires occupent presque constamment le même siége. On les voit cependant naître parfois aussi de la cavité du col. Tantôt petits, tantôt plus volumineux, ils sont presque toujours nombreux, se reproduisent aisément, et méritent, à juste titre, le nom de polypes vivaces que leur avait donné Levret.

Enfin, plus multipliés de beaucoup à eux seuls que tous les autres ensemble, les polypes fibreux proviennent et des lèvres du” col, et de sa cavité, et surtout de l’intérieur de l'utérus.

Ceux du col ou de sa cavité descendent bientôt dans le vagin, s’y développent , ne génent guère que par leur poids, et sont facilement reconnus à l’aide du toucher ou de la vue. Ceux du fond de la matrice prennent ordinairement naissance dans le tissu même de cet organe ; et, suivant qu’ils sont plus rapprochés de l’une ou de l’autre de ses deux surfaces, ils font saillie à sa périphérie ou dans sa cavité. Dans le premier cas, ils ne gênent que par leur poids ; dans le second , ils déterminent les mêmes accidents que tous les corps étrangers qui occupent l'utérus et le dilatent. À mesure qu'ils s’accroissent, leur masse stimule les parois de la matrice , qui se contracte, les pousse en bas, les force d'agrandir le col et

les précipite dans le vagin. Ce travail oceasionne, chezheaucoup de femmes, des dou-

léurs et des efforts analogues à ceux de la

parturition ; chez d’autres malades, on observe que les parois dé la matrice demeurent dans un état complet d’inertie, continuent de se laisser distendre et acquièrent un développement qui simule de véritables

grossesses, Dans d’autres cas, enfin, le col

s’amincit, devient fibreux, inextensible et recouvre la tumeur, en descendant avecelle,

Quel que soit leur siége, les polypes utérins déterminent , indépendamment des altérations mécaniques dues à leur développement, des accidents vitaux occasionnés par l’irritation des organes qui souffrent de leur présence. Les femmes éprouvent de la pesanteur à la région utérine, des lassitudes que les causes les plus légères reproduisent, des écoulements muqueux ,.séreux, purulents par le vagin, souvent des hémorragies répétées et abondantes ; elles maigrissent, perdent leurs forces et tombent graduellement dans le marasme.

C’est ici le cas de répéter ce principe important de chirurgie pratique, savoir, que, toutes les fois qu’il existe des désordres graves «et durables dans les fonclions des organes génitaux de la femme, le toucher et l'inspection avec le spéculüm doivent être pratiqués. À l’aide de ces deux moyens, on reconnait assez facilement les polypes des lèvres du col, ainsi que ceux de la cavité de ce dernier qui sont déjà parvenus dans le vagin; et leur couleur, leur consistance, leur degré de sensibilité, leur facilité à saigner, font assez sûrement distinguer leur texture. On reconnaît encore sans difiiculté les polypes de l'intérieur de la matrice, lorsqu'ils ont aminci, dilaté le col et franchi son rebord: le doigt ou un instrument explorateur promené à leur circonférence permettent souvent de mesurer la hauteur de leur implantation. Mais les polypes encore contenus dans la cavité utérine, et jusqu’à la surface desquels on ne peut parvenir,

sont susceptibles d’être pendant longtemps

méconnus , soit que l’âge de la malade permette d'attribuer les incommodités qu’elle éprouve à la grossesse, soit que la matrice peu développée ne semble contenir aucun

corps étranger, soit enfin que la tumeur paraisse appartenir aux annexes de l’utérus plutôt qu’à cet organe lui-même. Dans ces cas douteux, le chirurgien, ne pouvant observer autre chose que les symptômes de la métrite chronique, est, par cela même, restreint à l’emploi des moyens les plus propres à la combattre, et à attendre que la maladie, en faisant des progrès, devienne plus manifeste, et le mette sur la voie des” indications plus précises qu’il doit remplir. - Les corps fibreux utérins, comme toutes

| les productions organiques anormales, ten-

dent à changer d’état età se détruire. Lorsque l’élément celluleux qui entre dans leur composition est fort abondant, ils s’enflamment au contact de l'air et des stimulants, et passent aisément à l’état de tumeurs fongueuses. Cette dégénérescence, toute-

fois, ne s'opèreordinairement pas, tant que

le polype est contenu dans la matrice et à l'abri des impressions extérieures; mais lorsque, descendu dans le vagin, ilsupporte l’action atmosphérique et celle des liquides stimulants dont les malades font usage, on le voit très-souvent se ramollir, se gorger de liquides, et devenir le siége d’hémorragies plus ou moins abondantes, qui menacent les jours de la malade. Des douleurs vives et lancinantes se manifestent graduellement, et le carcinôme se prononce avec tous ses caractères. Dans les cas, plus rares, où la tumeur est très-dure et très-abondamment pourvue d’eélément fibreux, au lieu de se ramollir, elle se durcit, au contraire, et se transforme parfois en une masse cartilagineuse, où finit par s’encroûter de phosphate calcaire et par passer à l’état osseux.

Il est à remarquer que les polypes du col n’occasionnent pas autant que ceux du corps de l'utérus de la douleur au fond du bassin, des tiraillements dans les aines et aux lombes, des écoulements muqueux ou sanguins, abondants et colliquatifs, des efforts pour expulser la tumeur ; mais, soumis davantage aux excitations de l’air.et des corps extérieurs , ils s’altèrent beaucoup plus facilement, et passent, chez beaucoup plus de sujets, à l’état de ramollissement ou de cancer.

LÉSIONS DE LA MATRICE. w

Les polypes de l’atérus se détachent, en

certains cas, spontanément : plusieurs fem-

mes ont vu s'échapper par la vulve des tu meurs qui remplissaient le vagin, d’où s'écoulaient, depuis un temps variable, des liquides purulents ou fétides. D’autres fois, la tumeur, pendant au dehors, est spontanément tombée, et plusieurs de ces faits ont été présentés comme des exemples de chutes

ou de séparations de la matrice elle-même.

Enfin, les polypes devenus osseux perdent souvent, à la longue, leur pédicule, deviennent libres dans la cavité du viscère qui les renferme, et y constituent la plupart de ces corps que l’on a désignés sous le nom de calculs de la matrice.

Le traitement des polypes de l'utérus a recu de nombreux perfectionnements depuis les travaux de Levret et de Desault, à qui l'on doit d’avoir imprimé à cette partie de la médecine opératoire une direction plus rationnelle.

Autrefois appliqués empiriquement sur la plupart des tumeurs utérines, les caustiques sont rejetés avec raison de leur traitement, comme procédé général. On n’a guère recours à la potasse, au nitrate acide de mercure, au fer incandescent, que dans des gas rares de polypes vésiculeux ou cellulovasculaires, peu considérables, multipliés, difficiles à saisir ou à soumettre à d’autres procédés de destruction , et qui repullulent avec promptitude, si l’on n’atteint promptement leurs racines dans les tissus d’où ils prennent naissance.

La mobilité de l'utérus et de son col, et la facilité avec laquelle on fait céder ce viscère à des tractions un peu fortes, sont au- . tant d'obstacles à l’arrachement des polypes de ces parties. On ne saurait l’employer que contre les tumeurs molles et vésiculeuses, qui se déchirent sous le moindre effort. Un spéculum étant placé dans le vagin, des pinces à polypes seraient portées jusqu’à la tumeur, afin de la saisir et de la détacher de sa base d'implantation.

Presque toujours ajoutée à l’arrachement, à titre de moyen préliminaire, afin de le rendre plus facile, la torsion est rarement employée seule, et serait presque sans objet si elle ne devait avoir pour résultat la rup-

son action, C’est ytren a fait quelquefois tour-.

ture du pédicule soumis à ainsi que Dup

| ner sur leur axe, toujours dans le même

seds, des tumeurs fibreuses , à pédicule étroit, Jusqu'à ce que celui-ci se soit déchiré et ait permis à la tumeur de tomber au dehors.

Certaines tumeurs très - volumineuses, contenues dans la matrice, et ne pouvant en ètre retirées, malgré l’incision du col, ont été saisies au moyen d’érignes, de pinces à polypes, ou même des doigts , et écrasées sur place. Dupuytren et M. Récamier ont, une fois entre autres, employé ce procédé avec un succès complet, et sans qu'aucun accident se soit manifesté. Les éléments de la tumeur, réduits ‘en une sorte de filasse, s ’échappaient entre les doigts et les Don ches des pinces; la suppuralion détacha ensuite le reste, et la guérison eut lieu.

La ligature, bornée autrefois aux cas où le polype avait franchi la vuive, fut portée par Levret sur les tumeurs encore contenues dans le vagin. Son procédé est des plus simples : une double canule, longue de sept à huit pouces , terminée en larme d’un côté, et supportant de l’autre deux anneaux placés sur ses parties latérales, recoit un long fil d'argent de coupelle recuit. L’anse de ce fil doit être large, el correspondre au sommet de l'instrument; tandis que ses deux extrémités sont arrêtées aux anneaux situés à la base des canules. Ces préparalifs étant faits, la femme est renversée sur le bord de son lit; deux doigts de la main gauche, convenablement graissés, sont introduits entre la tumeur et la paroi postérieure du vagin, et sur eux on glisse la double canule, aussi haut que possible, Celle-ci étant parvenue sur le pédicule de la tumeur, on engage celte dernière dans l’anse, qu’on relève en avant, à mesure qu’un aide tire sur une des extrémités du fil. À la quantité de celui-ci qui sort de l'instrument, on peu juger du volume des parties qu’il embrasse, et du degré de constriction qu'il exerce sur elles. Lorsque son action paraît assez forte, on arrête le fil à l’anneau, et l'opération est terminée.

Desault exécuta la ligature des polypes utérins au moyen de deux porte-nœuds et

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