‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 14 sur 322 · LIVRE IACHAPITRE IL. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

LIVRE IACHAPITRE IL. GÉNÉRALITÉS

1° qu’il n’existe pas d’autre moyen de guérir le sujet; 2° que l'opération elle-même est possible, he qu'on pourra l’exécuter tout entière, sans compromettre immédiatement ou d’uñe manière éloignée l'existence du sujet, plus que ne le fait la maladie elle-même ; 8° enfin que l'opération aura pour effet, ou la destruction complète du mal , ou un tel soulagement , et une prolongation si évidente de la vie du,malade, que ces avantages compenseront Îles douleurs et les dangers attachés à l’exécution du procédé opératoire. Ces restrictions sont les seules que la raison impose, et toutes les déclamations dont quelques opérations hardies, récemment pratiquées en Angleterre, en France et en Italie , ontété l’objet, restent sans valeur, lorsqu'il est démontré

que la plupart d’entre elles satisfont aux

conditions établies plus haut.

Il est manifeste, toutefois , que l’habileté

plus ou moins grande des chirurgiens éta-

blit des différences correspondantes dansles opérations qu’ils peuvent entreprendre : il serait téméraire à telle personne de vouloir pratiquer une opération qui sera simple pour une autres et l’homme de génie abandonne souvent avec avantage les routes batines, se fraye des voies nouvelles , et exécute des choses dont le vulgaire n'aurait pas même

conçu la possibilité. Les jeunes chirurgiens

doivent avoirtoujours présent à l’esprit qu’il n’est pas d'opération difficile pour celui qui joint à la présence d’esprit et au sang-froid, l'adresse et l'assurance que donnent des connaissances anatomiques positives , fortifiées par la fréquente manœuvre des procédés opératoires sur le cadavre ou sur les animaux vivants. |

Tantôt les opérations sont immédiatement nécessaires , et doivent être pratiquées surle-champ, sans qu'aucune temporisation puisse être admise; tantôt, au contraire, on peut attendre , pour opérer , que le sujet se trouve dans des circonstances plus favo-

rables à la guérison. À la première de ces’

catégories appartiennent, 1° toutes les affections qui, déterminant des accidents très-

graves, et compromeltant actuellement la

vie, ne sont accessibles qu'aux instruments chirurgicaux : telles sont les plaies artériel-

.les, les fracturés avec enfoncement aux os du crâne , les hernies étranglées , certains anévrismes traumatiques , ete ; 2° les lésions qui doivent être inévitablement suivies de phénomènes très-dangereux, durant la manifestation desquels on ne pourra opérer, et qui peuvent occasionner la mort, sans qu'après leur cessation l'opération soit moins nécessaire. Les plaies d'armes à feu ou autres, qui doivent exiger impérieusement l’amputation , sont dans ce cas.

Le point de doctrine qui est relatif aux amputations pratiquées immédiatement ou après la période inflammatoire , n’a été l’ohjet de tant de discussions que parce que l'on n’a pas assez compris qu'il ne devait y être question que des cas où l'opération est jugée absolument indispensable. Or, dans ces occasions , il est évident qu’en opérant sur-le-champ, on abrége les douleurs du sujet, en même temps qu'on lui fait éviter les dangers qui résultérént du dévéloppé- "ment d’une vive inflammation, d’une suppuration abondante , etd’un séjour prolongé dans les hôpitaux. Danses cas douteux, on peut et l’on doit se dispenser d'opérer ; mais dans ceux où la guérison ne saurait avoir lieu sans opération, il faut incontestablement pratiquer immédiatement celle-ci. Or ces nécessités varient, non-seulement à raison de la gravité des blessures . mais encore suivant les circonstances où se trouve Île malade. Telle lésion que l’on pourrait espérer de guérir dans un hôpital sédentaire et bien approvisionné , exige impérieusément lamputation sur le champ de bataille, dorsque l’on est privé de tout , et que le blessé, sans appareil contentif sûüffisant , ou imparfaitement pansé, doit être transporté à de grandes distances, par des moyens rudes, incommodes et fatigants.

Les maladies qui permettent une temporisation plus ou moins longue sont celles qui n’occasionnent pas actuellement de trouble notable dans les principales fomcuons , ou qui laissent encore subsister l'espoir de les guérir sans opération. Dans le premier cas , la vie n'étant pas compromise , et une attente de quelques jours, de plusieurs semaines où même de mois entiers, ne pouvant pas aggraver Ja situation du sujet, il

. est souvent utile, ou de remettre d’opération à une saison plus favorable , ou de combattre et de détruire d’abord les lésions . accidentelles qui compliquent la maladie.

principale , ouenfin d'attendre que certaines affections morbides actuellement régnantes aient cessé leurs ravages. Les anciens n’opéraient dela cataracte et n ‘extrayaient les calculs urinaires qu’au printemps et à l’automne ; non que ces opérations ne pussent and dans tous les temps , mais parce qu’ils croyaient ces saisons plus favorables au prompt rétablissement des malades. Cette observation est peut-être trop négligée par la plupart des chirurgiens de nos jours ; et lorsque rien ne s'y oppose, Je pense qu’il convient d’imiter encore la conduite de nos prédécesseurs. Si des affections étrangères compliquent la lésion principale , et peuvent nuire au résultat de l'opération, il ne faut pratiquer celle-ci qu'après les avoir détruites : telles sont les ophthalmies, les douleurs de tête, etc,, dans les cas de cätaracte ; les coliques habituelles, la sensibilité du ventre , dans ceux de calcul vésical, etc. Enfin, il n’est pas prudent d'opérer, sans une absolue nécessité, toutes les fois qu’il règne des maladies SA ou moins dan-

gereuses. Les opérés sont plus disposés que

les autres personnes à contracter ces affec- ‘ions, qui aggravent alors les résultats des opérations , et en comprometitent ou en détruisent le succès.

Il serait superflu, d’après ce qui précède, d'insister sur la nécessité dans les maladies susceptibles de guérison par un traite= ment interne ou ST approprié , de différer l’opération jusqu’à ceque l'insuffisance de ces traitements ait été bien constatée.

C’est à cette époque seulement que l’opération est proposable. Or, à mesure que la médecine physiologique et rationnelle née des travaux de nos grands maitres, et en particulier de ceux de M. Broussais, sera plus généralement et plus judicieusement appliquée à la chirurgie, on verra s’augmenter le nombre des guérisons produites par les moyens thérapeutiques ordinaifes, et

diminuer dans la même proportion celui des cas où les opérations les plus g graves sont jugées IAGRERADIES,

‘diat ,

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