Y CATARACTE
Mb le nom de cataracte, les chirurgiens “désignent l’opacité, soit du Hart ou de l'humeur de Morgagni , soit de la capsule crist loïde, soit de ces diverses parties à la fois : de là les dénominations de lenticulaire, d’interstitielle, de capsulaire et de mixte par lesquelles sont désignées les quatre principales variétés de cette affection.
La cause la plus générale de la cataracte consiste dans les progrès de l’âge, qui tend à altérer le cristallin et ses annexes , comme il roidit,, condense .et modifie daté leur structure un grand nombred’autres organes.
ILestincontestable, toutelois, que l’exposi- M bituelle des yeux à une lumière vive, aux rayons directs du calorique ; que leur fatigue à des travaux délicats et minutieux; que l’action prolongée de certaines vapeurs irritantes, telles que celles des acides minéraux concentrés , de l’alcool, etc. ; que les coups violents sur la tête et la région oculaire , sont'autant de circonstances qui favorisent, hâtent ou déterminent même la maladie, L'influence de l’hérédité sur sa production semble attestée par un grand nombre de faits. Il est très-ordinaire de la voir succéder aux blessures qui ont pénétré jusqu’au cristallin , ‘où seulement même dans les chambres de l'œil. L’iritis et les autres inflammations de la région oculaire moyenne sont, chez beaucoup de sujets, suivies de sa manifestation. Enfin elle peut, à raison de
quelque arrêt ou altération dans le dévelop-
pement du cristallin, être congénitale.
Ces derniers cas sont exceptionnels , et
encore enveloppés d’obscurité ; mais, dans tous les autres, sans même en éxcépter ceux où elle est sénile, la cataracte reconnaît pour causes des nuances plus ou moins vives d’irritation , et doit être considérée comme un résultat ‘de la phlogose, aiguë ou lente, de la lentille ou de ses annexes.
Perception d’une sorte de nuage ou de vapeur blanchâtre répandue dans l’atmosphère et enveloppant les objets extérieurs ; densité et opacité incessamment plus considérables de ce voile, qui ne permet plus de distinguer les corps que d’une manière confuse ; enfin, perte de la faculté de voir, assez considérable, non-seulement pour ne pouvoir se livrer aux occupations habituelles de la vie, mais encore pour être dans l'impossibilité de se conduire, et parfois même, quoique rarement, pour ne plus permettre de distinguer la lumière des ténèbres : telles sont les altérations successives des fonctions de l’œil durant les progrès de la cataracte. Chez quelques sujets, la vapeur est remplacée par des taches, des filaments, des réseaux , qui sont fixes et non voltigeants dans l'ai La flamme d’une bougie semble au malade entourée d’une sorte d’auréole blanchâtre, d'autant plus éclatante et moins large que cette flamme est plus rapprochée de l’œil. Une particularité constante , et d’une haute importance à no-
ter, accompagne les progrès de la cata-
racte : elle consiste en ce que, péndant longtemps , les malades distinguent mieux les objeis, ou, en d’autres termes, ont une vue moins imparfaite , lorsque leurs yeux sont dirigés vers l'obscurité, que quand une lumière vive les frappe. La naissance ordinairement centrale de la cataracte, et ses progrès , toujours moindres à la circonférence du cristailin qu’à son milieu, rapprochés des degrés? variés de resserrement qu’éprouve la pupille, sous l’influence des ae I de la lumière, ren parfaitement compte de ce phénomène.
Si l’on examine l'œil cataracté , au début de la maladie, la pupille paraît encore noire et dans l’état normal, alors que le malade se plaint déjà de l’interposition d’un léger brouillard devant les objets. Plus tard, ap-
é LÉSIONS DE L'APPAREIL DE LA VISION. 05
parait, derrière l'ouverture de l'iris, une tache blanchâtre, comme vaporeuse, qui augmente graduellement d’étendue et d’épaisseur , Jusqu'à ce qu’elle ait envahi tout le cristallin, et qu’elle semble ne plus permettre aux rayons lumineux de la traverser.
L'iris, lorsqu’aucune complication ne détermine sa fixité, reste mobile, même aux degrés les plus avancés de la maladie, se dilatant et se resserrant sous l'influence alternative de la lumière ou de l'obscurité. On distingue assez bien alors la teinte noirâtre du contour pupillaire de l'iris, qui est plus prononcée sur les yeux de couleur claire que sur les autres, et qui reste inapercue dans l’état sain. Plus profondément, derrière la pupille , se dessine un autre cercle également noir, résultant de l’ombre portée de la petite circonférence de l'iris sur le cristallin opaque.
Les ophthalmologistes ontcomplaisamment multiplié le nombre des espèces de la cataracte, se fondant, pour les distinguer, tantôt sur les parties qui en sont le siége, tantôt sur le mode d’altération de ces parties, et tantôt enfin sur certains aspects que présente lamaladie.Jene doisrappelericique celles de ces divisions dont la connaissance est utile à la pratique , en ce qu’elle peut servir au diagnostic, au pronostic et au traitement de la cataracte.
Ordinairement sénile, le cataracte lenticulaire débute par le centre du cristallin , présente une couleur grisâtre ou jaunâtre , plus foncée au milieu qu’à ses bords. Elle laisse presque toujours l'iris parfaitement mobile, et paraît séparée de la pupille par la profondeur normale de la chambre postérieure, ainsi que l’atteste l'ombre du rebord de cette ouverture dessinée d’une manière apparente à couleur est foncée, et plus le cristallin présente, en général, de consistance. Les progrès de l’opacité sont presquetoujours lents, et les malades, par conséquent, conservent pendant assez longtemps la faculté de voir.
L'opacité de la capsule cristalline peut débuter par tous les points de l'étendue de cette membrane, aussi bien que par son centre ; il est même rare qu’elle affecte d’a-
sa surface. Plus la
bord ce dernier siége. Des causes accidentelles plutôt que les progrès de l'âge la déterminent. D'une teinte ordinairement claire, elle se présente sous l'aspect d’une ou de plusieurs stries ou taches, de couleur blanchâtre, grises, resplendissantes, nacrées ou mates , séparées d'abord par des intervalles translucides , mais qui tendent à se confondre, soit par l'augmentation de leur étendue, soit par l’opacité secondaire de la substance du cristallin. Les progrès de cette affection sont généralement assez rapides, et les malades ne tardent pas à être privés de la vue.
Le feuillet antérieur de la capsule est-il affecté ? son épaisseur augmente presque toujours, et la tache non-seulement paraît convexe derrière la pupille, maistse Mo.
proche souvent de cette ouverture au point d’effacer la chambre postérieure, de gêner l'iris dans ses mouvements, et même de pousser lésérement cette membrane du côté de la cornée transparente, L'ombre du rebord pupillaire ne peut pas être distinguée à sa surface.
Lorsque le feuillet postérieur de la capsule est le siége de la cataracte, celle-ci présente, au contraire, une tache profonde, concave, laissant à l'iris sa forme, à la pupille sa mobilité : on croit avoir constaté que , bien qu’elle soit inépale, elle ne présente pas cependant les stries ou les taches distinctes d’un blanc mat, qui sont si communes sur la capsule antérieure.
Il est manifeste que l’opacité de cette.
dernière partie, par cela même qu’elle masque celles qui sont plus profondément placées, s’opposera toujours à ce qu'on puisse distinguer les cas où elle est simple de ceux où la lésion de la capsule postérieure l’accompagne. |
On croit que l’opacité de l'humeur de Morgagni est plus souvent due à l'impression des vapeurs acides sur les yeux, qu’à toute autre cause. Elle présente ordinairement la teinte d'un blanc de lait, qui lui a valu son nom ; elle est inégalement nuancée , et les flocons ou nuages que l’on remarque dans sa texture sont mobiles et se déplacent sous l'influence de frictions exercées sur l'œil , où de mouvements imprimés soit à cet
pe »
organe en particulier, soit à la tête entière. | circonstances commémoratives ,
Ils se rassemblent ordinairement à la partie la plus déclive de la poche qui les renferme,
t y forment une couche distincte des parties hr denses du liquide , qui surragent.
La chambre postérieure est ordinairement effacée, l'iris porté en avant, et la pupille génée dans ses mouvements. Enfin, les malades, lorsqu'ils sont restés pendant quelque témps immobiles, commencent à distinguer mieux la lumière ou les objets que lorsqu'ils viennent de remuer les yeux , ou d’éprouver de brusques secousses, cas dans lesquels leur vue se brouille tout à coup.
Les cataractes mixtes, ou capsulo-lenticulaires, se distinguent à des caractères qui les rapprochent des précédentes. Elles sont ordinairement de couleur claire, et présentent un mélange de taches nacrées et de taches crayeuses ou mates. Leur volume est assez généralement considérable, au point
qu elles repoussent l'iris en avant, ou même
qu’elles s'engagent dans la pupille , et rendent, par conséquent, ses mouvements 1mpossibles.
: Par opposition avec cette exagération de volume, le cristallin et sa capsule, frappés d’opacité, sont quelquefois atrophiés, racornis , comme desséchés. Plus fréquente chez 5 enfants que chez les adultes , et quelquefois congénitale, cette variété de la cataracte forme une tache d’un gris clair, petite, profonde, laissant l’iris parfaitement libre, et permettant presque toujours aux malades de voir assez bien de côté. Les enfants qui en sont atteints contractent assez souvent, pour aider à cette vision latérale, l'habitude d’un mouvement oscillatoire ou de tournoiement dans les yeux, qui ne se dissipe qu'avec lenteur et difficulté après l'opération.
En deyenant opaque, le cristallin acquiert parfois une teinte brune ou noirâtire, assez
rapprochée de celle que présente naturel
lement le fond de l'œil. Bien que fort rare, cette nuance de la maladie a été assez souvent observée pour qu’elle doive attirer toute l'attention du chirurgien. A défaut des notions alors nulles ou douteuses fournies par l'examen direct de l'œil, le diagnostic doit se fonder sur l'étude des canses, sur les