partie d’obscurité, On conçoit très-bien que
des écoulements vaginaux gonorrhéiques, ou de simples leucorrhées , puissent en touchant, pendant le travail de la parturition, les surfaces palpébrales ou oculaires , déterminer une conjonctivite aiguë et purulente, Il n’est guère plus difficile de comprendre comment l’action de Pair froid et humide, d'une lumière vive, d’une chaleur rayonnante intense , sont susceptibles de produire le même effet. Mais il est moins aisé d’expliquer pourquoi cette ophthalmie des nouveau nés, si fréquente dans la classe pau-
dance à passer à l’état chronique; ilest assez | vre, semble liée à la nourriture artificielle,
Ed
à la privation des soins de la mère, à la malpropreté; et pourquoi, surtqut , elle règne si souvent , d’une manière épidémique, dans les établissements de charité consacrés à la première enfance. On a même admis qu’elle est contagieuse , bien que cette opinion soit difficile à démontrer. Ce qui est certain, c’est qu’elle atteint les enfants délicats, faibles, nés avant terme ou jumeaux , de préférence à ceux que distinguent leur entier développement et une vigueur précoce.
Cette ophthalmie se manifeste ordinairement vers le troisième jour après la naissance. Chez la plupart des sujets , son début est annoncé par une ligne rosée, étendue transversalement sur la paupière supérieure, que l’on trouve légèrement agglutinée avec l'autre. Les bords des paupières rougissent, principalement près de leur commissure in-
terne; l'œil supporte difficilement la lumière;
la conjonctive s’injecte, se couvre d’une couche de mucosité, d’abord peu abondante et blanchâtre , mais qui devient bientôt jaunàtre, verdâtre, mêlée, dans les cas graves, de stries sanguines, et s'écoule sur les joues, qu’elle irrite et parfois excorie. Chez quelques sujets, cette matière, retenue au de- vant de l'œil par le rapprochement des paupières , s'échappe en jet, lorsqu'on écarte celles-ci. La conjonctive oculaire présente une teinte écarlate, un aspect villeux ; les paupières sont gonflées , tendues , luisantes, rapprochées avec force; la photophobie est extrême. On a vu la membrane muqueuse former un bourrelet si volumineux, qu’il écartait les voiles palpébraux , faisait saillie au dehors et constituait un ectropion inflammatoire. Une fièvre violente, des cris incessants, une agitation continuelle , accompagnent cette maladie et suivent les phases de ses progrès.
Jusque-là étrangère à la lésion de la conjonctive, la cornée transparente , lorsque la sécrétion puriforme s’élablit, s’irrite à son tour, perd sa diaphanéité, se ramollit, s’ulcère, se perfore, et chez certains sujets, semble se détruire entièrement. Dans les cas les plus ordinaires , les enfants conservent des taies ou des nuages, d'épaisseur et d’étendue variables , heureux lorsque l’œil nes’'est pas vidé , l'iris désorganisé ou un staphylôme
établi, de manière à rendre la vision désormais impossible.
Peu de maladies des nouveau-nés sont !
aussi graves que l'ophthalmie : elle peut | détruire en peu de jours le globe oculaire; | souvent , elle compromet immédiatement la | vie , à raison des troubles locaux et sympa- | thiques qui l’accompagnent.
Le chirurgien ne saurait être trop attentif | à épier, à saisir le début de cette affection, | afin de lui opposer sans retard des moyens | énergiques de traitement. Les instants sont alors tellement précieux que la moindre hé- , sitation , le plus léger retard peuvent entraîner des désordres irréparables. Des, sangsues à la tempe , au-dessus du soureil, ou bien encore au centre de la paupière supérieure ; les lotions avec la décoction | émolliente , l'extrait gommeux d’opium et | l’acétate de plomb; les boissons émollientes, : de doux laxatifs tels que l'huile de ricin ou | le calomélas; des soins extrêmes de pro-.
preté ; l'attention de préserver l’œil de tout contact lumineux irritant : telles sont les bases du traitement qu’il convient de mettre en usage. Une sangsue, ou deux au plus, procurent une saignée suffisante. Les nourrices dirigent souvent sur l’œil un jet de leur lait, et ce topique, au début, n’est pas à dédaigner.
M. Lawrence se loue beaucoup, lorsque | la maladie est encore bornée à la conjonc- | tive palpébrale, de lotions faites avec la | dissolution d’alun, et de l’administration de | la magnésie à l’intérieur. M. Sanson préfère la cautérisation de la cornée, à l’aide du nitrate d'argent promené avec rapidité à toute la face postérieure des deux paupières, principalement de l’inférieure. Pratiquée au | moment où la sécrétion muqueuse est éta- | blie, cette cautérisation, selon lui, est d’une telle efficacité que , depuis qu’il emploie, : les désordres graves dont la cornée était menacée ont été presque constamment pré-.
venus. Avec de l’adresse et de la patience on surmonte assez bien les difficultés qu'elle présente , et la douleur qu'elle occasionne | n’est que passagère.
Devenue chronique, l’ophthalmie des nouveau-nés ne réclame pas d'autre traite- | ment que celle des adultes.
‘Une mucosité ,
Dans quelques circonstances, rares et spéciales, les sujets adultes sont exposés à une forme d’ophthalmie qui semble étre l’ophthalmie catarrale portée à un extrême degré d'intensité. Elle se développe parmi les sujets rassemblés en grand nombre dans les hôpitaux, les prisons, les vaisseaux, les salles d'asile. On se rappelle encore l’effroyable histoire du vaisseau négrier le Kôdeur , dont les noirs, entassés dans l’en- Rnont. furent en in nombre frappés de cette ophthalmie, et, devenus aveugles, par conséquent aa VE jetés à la mer.
Cette maladie sévit spécialement dans les pays humides, ainsi que dans les contrées où la chaleur extrême du jour est remplacée par des nuits froides et des rosées abondantes. L'Égypte en est souvent le théâtre ; mais prétendre qu’elle s’est transmise à l’Europe par l'intermédiaire des soldats qui ont fait la guerre dans ce pays, lors de notre immortelle expédition, c’est avancer un paradoxe que rien de solide ne justifie.
L'ophthalmie dite d'Égypte est remarquable par son début presque constant aux
paupières , qui deviennent d’abord le siége.
d’une tension sourde, accompagnée d’en-
gourdissement, en même temps que leurs
bords rougissent et se couvrent d’une mucosité blanchâtre qui les agglutine. En faisant des progrès, Lui otion s'étend à la conjonctive oculaire, qui devient d’un rouge très-intense , se tuméfie, forme un chémosis considérable; les paupières , tuméfiées , se montrent rouges, luisantes, douloureuses ; la photophobie est extrême.
épaisse, ordinairement verdâtre, est sécrétée, parfois, avec tant d’abondance queles joues en sont incessamment couvertes. Il est rare que la maladie
reste bornée à la membrane muqueuse : la
cornée, l'iris, la sclérotique et les parties de l'œil les plus profondes, sont, chez beaucoup de sujets, successivement envahies, ainsi que l’attestent et les douleurs lancinantes dé l'orbite, des tempes, de toute la région antérieure de la tête qui se manifestent , et les désorganisations profondes dont les traces irremédiables apparaissent lorsque les paupières, après un temps plus ou moins long, peuvent être écartées.
Cette ophthalmie est remarquable par un excès de gravité qui laisse rarement les parties de l’œil sans altération plus ou moins profonde, lorsqu'elle s’est manifestée avec une certaine violence.
Les moyens les plus actifs et les plus puissants doivent lui être opposés sans délai : l'œil sera soustrait au contact de la lumière; des saignées du pied , du bras ou de la tempe seront pratiquées coup sur coup , et poussées, s’il en est besoin, jusqu’à la syncope; les applications de sangsues ou de ventouses scarifiées devront être prodiguées etmême rendues permanentes; desdérivatifs sur le canal intestinal, un large vésicatoire entre les épaules, des instillations émollientes et narcotiques entre lès paupières , afin d'entraîner la suppuration , compléteront ce traitement. La chirurgie ne saurait déployer trop d’énergie pour maîtriser l’état aigu de cette affection. Son état chronique, non plus que les désordres qu’elle laisse trop souvent à la suite, ne présentent plus d’ailleurs d'indication particulière.
Üne variété de la conjectivité , toujours étroitement liée à la blennorragie urétrale, se distingue par son excessive gravité. Tinois hypothèses ont été émises afin de rendre compte du développement de cette affection, savoir : l’inoculation directe de la matière purulente, à l’aide des doigts, la sympathie étroite qui unit l'appareil de la vision aux organes génitaux, et, enfin, l'infection générale de l’économie vivante, dont la conjonctivite serait un des résultats. Cette dernière manière de voir est si peu probable, que je ne crois pas nécessaire de la.
discuter. Quant aux deux autres ; on doit .
non choisir entre elles, mais les réunir et les admettre selon les circonstances; car, s’il est vrai, chez les femmes surtout, que l’ophthalmie purulente blennorragique se développe parfois, indépendamment de tout transport de matière des organes génitaux sur les yeux, il n’est pas moins hors de doute que ce transport, cette inoculation , la détermine fréquemment chez l’homme.
Quoi qu’il en soit, l’ophthalmie blennorragique marche avecune excessive rapidité; huit à douze heures suffisent, chez certains sujets, pour amener la destruction de la
cornée, Les paupières se tuméfient, la conjonetive devient d’un rouge intense, se boursoufle, constitue ün chémosis volumineux, et surtout sécrète une quantité considérable de matière purulente, semblable à celle de la gonorrhée elle-même. Cette dernière affection, tantôt poursuit son cours malgré linflammation de l'œil, et tantôt est supprimée sous l'influence de la douleur plus intense que celle-ci détermine. Bien que les deux yeux soient assez souvent affectés à la fois , il arrive cependant aussi que la maladie n’atteint qu’un seul d’entre eux.
Il existe peu de maladies aussi fréquemment rebelles que la conjonctivite blennorragique à tous les efforts de l’art. Les cas dans lesquels la cornée ne reste pas frappée, après la guérison, d’une opacité partielle ou totale, sont irès-rares; et, presque constamment, les malades perdent l'usage des organes qu’elle envahit, par la rupture ou l’ulcération de leur membrane externe, si ce n’est par la confusion des parties qui les constituent.
Les traitements les plus énergiques ont été préconisés afin d'arrêter ses progrès.
Saignées générales répétées, sangsues en permanence, boissons purgatives, calomélas à hautes doses, vésicatoires ou sétons à la nuque, lotions émollientes et narcotiques incessamment renouvelées , tels sont les moyens qu’on prodigue le plus généralement. Lorsque le mal diminue d'intensité, et même pendant sa plus grande violence , on a conseillé les purgatifs drastiques, les collyres avec l’alun ou le nitrate d'argent, et surtout les dissolutions de deuto-chlorure de mercure ou les insufflations de calomélas. La cause de la maladie semblait indiquer spécialement l’emploi local des mercuriaux ; mais on n’en a pas obtenu de résultats sensiblement plus heureux que des autres topiques.
M. Sanson propose, dans ces cas, de détruire le plus tôt possible l’organe sécréteur, de la matière puriforme, celui que l'inflammation envahit , et par l’intermédiaire duquel elle étendra son influence désorganisatrice aux parties plus importantes de l’œil. Ce chirurgien habile excise ,
avec des ciseaux, toute la conjonctive oculaire, préalablement saisie et soulevée, ainsi, qu’il a été dit plus haut, à l’aide de pinces à érignes. Et comme la conjonctive palpébrale est trop adhérente pour pouvoir être détachée avec l'instrument tranchant , il la’ cautérise fortement au moyen du cylindre de nitrate d'argent promené derrière lune et l’autre paupière. Ce procédé héroïque lui semble le seul qui, dans une affection aussi dangereuse, présente quelques probabilités de succès. Si les paupières, spasmodiquement contractées, s’opposaient à ce que l’on püût découvrir l'œil, il n’hésiterait même pas, tant il est convaincu de sa supériorité, à fendre leur commissure externe, afin de rendre l'opération praticable.
Chez les sujets lymphatiques à un haut degré, la conjonctivite présente quelques caractères spéciaux. Simple , elle existe or-: dinairement à l’état chronique. Les bords des paupières sont rouges , chassieux ; les paupières offrent une légère intumescence” œdémateuse ; les yeux sont larmoyants ; la conjonctive est injectée, rarement épaissie, et ses vaisseaux ont une grande tendance à se prolonger sur la cornée transparente, qui offre alors des linéaments variqueux, placés sur un fond opalin; et se terminant à des plaques opalines. En d’autres termes, la kératite complique très-facilement cette variété de la maladie, et constitue ; avec l'iritis, la conséquence la plus fâcheuse qu’elle puisse avoir. Dans quelques cas même , l’ophthalmie débute par la cornée transparente, et ne s'étend que secondairement à la conjonctive et aux rebords des paupières. Il en sera question plus loin. On a remarqué comme symptôme spécial des ophthalmies scrofuleuses ; qu'elles s'exaspèrent pendant le jour et diminuent le soir, au point qu’assez souvent les malades peuvent alors se servir de leurs yeux sans difficulté.
La coïncidence de l'état scrofuleux avec l'ophthalmie, ne doit jamais empêcher de combattre celle-ci, à l’aide des antiphlogistiques ordinaires , lorsqu'elle est accompagnée de symptômes d’irritatiomive et aiguë.!
Il convient d’ajouter , toutefois, qu'il est rarement nécessaire d’insistér beaucoup ;
dans ces cas, sur les évacuations sanguines.
Aussitôt que l'affection passe à l’état chronique, il convient d'associer aux applications révulsives, aux topiques asirinpents et autres, indiqués par la nature de la maladie, les toniques et les autres médicaments intérieurs conseillés contre les scrofules.
L’ophthalmie dite rhumatismale n’est pénéralement que la conjonctivite ordinaire, survenant chez des sujets, autrefois ou actuellement encore, atteints de rhumatismes.
Elle ne réclame alors d’autre traitement que celui de la phlogose oculaire, aidé de révulsifs dirigés vers les parties que les douleurs ont abandonnées. Dans certains cas, plus rares , elle constitue une affection particulière, c’est-à-dire une kératite, une selérotite, ou une iritis, suivie d’injection et de rougeur à la conjonctive. A ce dernier titre, il en sera question prochainement.
La rougeole et la scarlatine sont fréquem-
ment précédées d’une inflammation vive de .
la membrane muqueuse oculaire, laquelle affecte le rebord et la face interne des paupières , s'étend au devant de l'œil , et a de grandes dispositions à se propager sur la cornée, à l'iris, ou même aux parties plus profondes. Cette maladie suit presque toujours les phases diverses des exanthèmes dont elle est symptomatique. Légère, on peut l'abandonner à elle-même , et se borner à des lotions adoucissantes sur les yeux. Plus grave , elle doit être combattue comme toutes les autres variétés de la conjonctive aiguë. Enfin, dans les cas de complication de kératite, d’iritis, de rétinite, ce sont ces affections qui doivent attirer toute l’attention du praticien, et servir de base aux indications à remplir.
Ces considérations sont applicables à lophthalmie varioleuse. Ordinairement déterminée par l’éruption de pustules plus ou moins nombreuses, aux paupières et sur leurs bords libres, cette affection laisse, chez beaucoup de sujets, les bords de ces organes dépourvus de cils, rouges, éraillés, déviés de leur- direction naturelle. Dans d’autres cas, plus graves encore , lorsque des pustules se développent sur la conjonctive, étsurtout sur la cornée, linflammation,
ses, est suivie peut-être du ramollissement, de l’ulcération , de la perforation complèLe du miroir de l’œil, et même de la fonte purulente de cet organe.
… Lediagnostic de ces désordres est souvent réndu difficile par le gonflément considérable des paupières, ainsi que par la contraction spasmodique presque invincible de ces parties. On ne peut que les soüpconner à la violence des douleurs, à la profondeur de leur siége, à l'impossibilité qu’éprouve le malade à faire mouvoir le globe oculaire sans souffrir beaucoup.
Bien que liée à la variole, cette variété de l’ophthalmie , lorsqu'elle présente des symptômes dangereux , qui annoncent l’affection des parties importantes de l’œil, doit être combattue localement avec une grande énergie, au moyen des antiphlogistiques et des révulsifs. La méthode ectrotique, ou l'ouverture des pustules avec la pointe d’une lancette, et leur cautérisation à l’aide du nitrate d’argent.seraient probablement alors d’une application utile. Le conseil de Beer, qui abandonne au traitement général de la variole le soin de guérir l’ophthalmie varioleuse, ne peut être suivi, sans inconvénient, que dans les cas légers, lorsqu'il n'existe qu’un larmoiement médiocre.
Il n’est pas très-rare d'observer, à l’époque de la desquamation de la varioie, une conjonctive , tantôt simple, tantôt pustuleuse, bornée aux bords des paupières, ou étendue à la surface de l'œil et devant la cornée, Cette affection secondaire, qui n’est jamais aussi grave que celle qui survient avec l’éruption, ne réclame pas d’ailleurs d'autre traitement. Les taches qu’elle laisse parfois après elle, sont peu épaisses et disparaissent ordinairement à la longue.
Affection fort rare, peu connue encore, à raison du petit nombre d'observations exactes qu’on en possède, la xérophthalmie consiste dans une sorte d’épaississement, ou de cutisation de la conjonctive. Gette membrane devient épaisse, sèche, assez semblable à du parchemin, ou à de la pelure d’ognon ; elle offre des replis très-marqués , unecouleurjaunâtre ou brunâtre,etune surface qu'aucun liquide ne semble humecter,
x F " a Aa à c PNY s'accompagnant de symptômes lres-inten- ! Presque toujours, les bords des paupicres
Là sont privés en,partie de leurs cils, endurcis,
rouges, comme calleux, et dépourvus de la sécrétion des follicules de Meibomius , qui paraissent altérés ou même détruits. La cornée transparente est ordinairement blanchâtre, opaque, inégale, souvent rugueuse, quelquefois sillonnée par des ulcères multipliés et profonds. Enfin, chez le plus grand nombre des sujets, les paupières altérées sont fixées à la conjonctive oculaire , au moyen d’adhérences solides, qui, d’un angle à l’autre, s'étendent jusqu’à la cornée, et ne laissent que cette partie parfaitement libre. Mobiles et formant des replis saillants, ces adhérences ne s'opposent pas à ce que l'œil soit alternativement ouvert et fermé ; mais elles rendent ces mouvements diffciles, incomplets et accompagnés de renversement en dehors des bords ciliaires, ou d’ectropion.
Les causes prochaines de cette singulière dégénérescence de la conjonctive sont encore incertaines. Ce qui frappe dans toutes les observations recueillies, c’est que des ophthalmies plus ou moins intenses, anciennes, et de durée variable, ayant affecté la conjonctive et les paupières, ont précédé son développement et accompagné ses progrès. On peut donc, avec MM. Mackensie, Dupré, Sanson, Velpeau, etc., considérer la xérophthalmie comme un des résultats de la conjonctive chronique.
Ce résultat est tellement grave, que l’on ne possède pas encore d’exemple authentique de guérison de sujets qui en aient été réellement affectés. Presque constamment, au contraire , la maladie a fait des progrès incessants ; eus bien que les yeux remplissent leurs ahçaude moins mal que leur état physique ne le semble indiquer, la cécité n'en est pas moins une terminaison presque inévitable.
Des collyres et des pommades de tous les genres ; des révulsifs internes et externes, variés à l'infini; l’électro-puncture, la cautérisalion de la conjonctive , son excision, la section.des brides qui fixent les paupieres; en un mot les moyens les plus variés et les plus énergiques ont été employés jusqu'à présent contre la xérophthalmie , et sont demeurés sans succès , toutes les fois
que ceite maladie était bien caractérisée.
Les liquides émollients semblent constituer le genre de topiques dont les effets ont été le moins défavorables. Peut-être obtiendrait-on quelques résultats avantageux de bains locaux rendus permanents à l’aide d'appareils convenables qu’il ne serait pas difficile d'imaginer.
KÉRATITE.
L’inflammation de la cornée transparente est primitive ou secondaire, aiguë ou chronique.
Primitive , elle résulte de causes locales variées, tr ha traumatiques, telles
qu’une plaie, une percussion directe, un
corps étranger implanté dans le tissu de la membrane, des pustules varioliques ou autres, développées à sa surface. Secondaire , elle a pour origine des conjonctivites , des sclérotites, qui, par continuité de tissus, ou par communauté vasculaire, se sont propa- :
gées jusqu’à la cornée. Si la kératite est directe, elle se complique bientôt de conjonctivite; sielle est consécutive, les symptômes de la conjonctivite ou de la sclérotite, qui l'ont précédée, se maintiennent pendant qu’elle poursuit son cours ; d’où il résulte qu’à l'examen des malades, on ne trouve que très-rarement cette affection isolée, et que, surtout, elle ne conserve jamais longtemps ce caractère. Enfin, un des effets les plus constants de la kératite, consiste dans la propagation de l’irritation qui la constitue à l'iris et à la région mOorenns de l'œil, dont les diverses parties, à raison de Loi connexions étroites avec la circonférence de la cornée, participent aisément aux affections de cette membrane , et deviennent le siége de lésions plus ou moins graves.
À l’état aigu , la kératite s’annonce par une teinte opaline et terne répandue sur la cornée transparente. Des vaisseaux sanguins se développent et deviennent apparents, tantôt à l’œil nu , tantôt à la loupe, sur la convexité ou dans l'épaisseur de cette membrane. Lorsque la maladie est consécutive à la conjonctivite, ces vaisseaux sont ordinairement la continuation de ceux du feuillet muqueux enflammé, Dans le cas contraire,
ils n’ont aucune connexion apparente avec lui, et semblent se développer, par le travail inflammatoire , dans la cornée ellemême. La rougeur , au lieu de présenter, comme lors de la conjonctivite , une intensité plus grande à la circonférence de l’œil que vers son centre , et d’être formée par des vaisseaux allongés, flexueux et mobiles avec la conjonctive, se montre sous l’apparence d’un cercle rouge, appuyé à la cornée, dont la teinte s’affaiblit à mesure qu’il s’éloigne de cette membrane, et qui se compose de ramifications très-iénues, serrées, droites, linéaires, immobiles sous la membrane muqueuse. À quelques lignes de distance, ces vaisseaux s’effacent, et la rougeur n'existe presque plus. En même temps que ces caractères physiques se manifestent , les malades éprouvent dans l’œil une douleur intense; la lumière ne peut être que difficilement supportée ; les paupières sont, chez beaucoup de sujets, spasmodiquement contractées au-devant du globe oculaire, . qui se renverse involontairement en haut, lorsqu'on le découvre. Des larmes brülantes s’écoulent incessamment sur les joues, et y déterminent parfois une sensation d’âcreté fort incommode. |
La kératite aiguë marche ordinairement avec une grande rapidité. Très-intense, elle détermine, chez certains sujets, un ramollissement si prompt de la cornée, qu’en moins de vingt-quatre ou trente-six heures, ainsi que je l’ai vu quelquefois, cette membrane se perfore et l'œil se vide. Ce résultat est favorisé sans doute par le surcroît d'activité que la maladie imprime à l’exhalation de l'humeur aqueuse ; car il est presque toujours suivi d’une détente subite, d’un soulagement très-marqué , et, successivement, de la chute des accidents inflammatoires.
Bien que fort rare, la gangrène de la cornée a cependant été observée par plusieurs chirurgiens. M. Sanson en rapporte un cas fort remarquable. Une femme âgée, atteinte d’érésipèle de la face, dont les yeux étaient sains la veille, présenta le lendemain des paupières rouges et gonflées ; la conjonctive formait un chémosis très-considérable, et les deux cornées, opaques,
d’un gris sale , étaient devenues mollasses et déjà fétides. Après la mort, qui eut lieu dans la journée , on trouva ces membranes tellement privées de consistance, qu’elles se laissaient déchirer avec la plus grande facilité.
Lorsque le ramollissement, sans être porté assez loin pour que la perforation s'opère, est cependant considérable, il détermine assez souvent une telle diminution dans la résistance de la cornée , que cette membrane cède à la pression del’humeur aqueuse, se porte en avant, et forme une tumeur opaque, grisâtre, plus ou moins saillante.
Dans d’autres cas, par un mécanisme opposé , la cornée s’aplatit, semble se flétrir, s'applique contre l'iris et diminue d’ampleur, en même temps qu’elle perd sa transparence. Il sera question plus loin des abcès, des ulcérations , des taies, et d’autres altérations , plus ou moins graves, qui succèdent assez fréquemment à là kératite aiguë.
La terminaison de cette maladie la plus favorable est la résolution. Lorsque la congestion n’a été que médiocre et passagère, on voit assez souvent la cornée revenir graduellement à sa transparence normale.
Quelquefois , de faibles portions des lames de cette membrane sont absorbées, et sa surface présente des enfoncements plus ou moins réguliers , dont le fond n’est pas toujours opaque.
La kératite aiguë doit constamment être considérée comme une affection très grave, qui compromet actuellement l'existence de l'œil, ou qui menace d’y laisser de telles altérations , que ses fonctions seront , plus tard , abolies ou resteront imparfaites.
De toutes les variétés de l’ophthalmie, elle est, ainsi qu’on peut facilement le déduire de ce qui précède, une de celles qui réclament le traitement le plus énergique. Les saignées générales et capillaires , les pédiluves et les cataplasmes sinapisés aux extrémités inférieures , les boissons laxatives, le calomélas à doses pressées , les lavements irritants , les applications locales froides, émollientes et sédatives, les vésicatoires avec l’ammoniaque ou l’eau bouillante, promenés à la nuque et entre les épaules, sont
autant de moyens qu’il convient de prodi-
guér, et même d'employer presque simultanément. Il a déjà été question de l'excision et de la cautérisation de la conjonctive, dans les cas de kératite accompagnant l'ophthalmie purulente : on ne devrait pas hésiter à pratiquer ces opérations, si les complications de la maladie semblaient les indiquér. Il en serait de même de l’application des vésicatoires sur Les paupières, dont les avantages semblent , en certains cas de ce genre, assez bien démontrés , ainsi que nous l’avons dit plus haut.
Devenue chronique , la kératite est ordinairement accompagnée d’altérations diverses de tissu , tantôt produites par un état aigu antérieur, et lui survivant en quelque sorte, et tantôt développées lentement, sous l'influence d’une irritation primitivement faible, qui s’est longtemps prolongée.
Quelles que soient ces altérations, dont nous allons bientôt nous occuper, la kératite chronique , sous l'influence de laquelle elles se constituent et s’agsravent , est annoncée, d’abord, par une sensibilité de l'œil augmentée à l'impression de la lumière. L’organe, devenu plus ou moins inhabile à remplir ses fonctions , se fatigue avec une grande facilité, rougit et s’injecte, sous l'influence des causes les plus légères , et présente une extrême tendance à contracter de nouveau l'inflammation aiguë. Ce n’est qu'après un temps fort long , lorsque les altérations de texture sont devenues définitives, et encore dans des cas assez peu nombreux, que les yeux, dont les cornées , autrefois enflammées , conservent des traces de cette phlogose, supportent. sans en être affectés douloureusement, les stimulations auxquelles ils sont destinés.
La kératite chronique doit être combattue comme toutes les autres formes de l’ophthalmie qui présentent le même caractère.
Les applications locales émollientes et calmantes , les révulsifs de tous les genres, les médications et les soins hygiéniques indiqués contre les états constitutionnels de lymphatisme, de scrofules, ete. qui peuvent accompagner la maladie principale : telles sont les bases du traitement qu’elie réclame. L'expérience a démontré que ce traitement
est celui quil convient presque toujours :
d’opposer d’abord aux altérations de la cornée ; qu'il est indiqué toutes les fois que les symptômes de la kératité existent, et enfin que, chez le plus grand nombre des sujets, il suffit, en faisant cesser l'irritation, pour déterminer les cicatrisations où les absorptions qui doivent compléter le retour à là santé.
Lorsque la kératite aiguë se termine par suppuration, celle-ci se montre ordinaire ment sous la forme de taches lenticulaires, d’une couleur jaunâtre, situées plus ou moins profondément, ainsi qu'il est facile de s’en assurer en regardant l'œil de profil. Dans quelques cas, le pus glisse entre les lames de la cornée , gagne la partie inférieure de cette membrane, s’y amasse, et présente une sorte de croissant, analogue à celui qui caractérise le début de l’hypopion. Cette variété de l'abcès se distingue de l’hypopion véritable , en ce que la tache qui la constitue ne change ni de forme ni de situation, par suite des inclinaisons variées de la tête, et surtout, parce que l’examen latéral de la cornée démontre que, derrière elle, la chambre antérieure de l'œil est entièrement libre.
Lorsque la suppuration est fort étendue, la cornée se flétrit presque toujours, ou s’ulcère largement à l’une ou à l’autre de ses deux faces, et se couvre enfin de cicatrices imperméables à la lumière. Si les abcès sont fort petits et peu nombreux, l’absorption peut s’emparer de la portion la plus liquide du pus, et la guérison s’opère, avec cette particularité que la cornée conserve à l'endroit de chaque foyer une tache ineffacable. IL est très-rare que le liquide disparaisse complétement , et que la transparence de la membrane se rétablisse. Dans les cas les plus communs, la quantité du pus augmente graduellement, le foyer se rapproche de l’une des faces de la cornée, qui s’amincit, s’entr’ouvre, et le laisse écouler, soit au dehors, soit dans la chambre antérieure de l’œil, où il forme un hypopion. Chéz certains sujets, la cornée, affaiblie par la présence de l’abcès , ne résiste plus suffisamment, après son ouverture, et achève dese perforer par l’ulcération de celle de ses faces qui était d’abord restée intacte.
Ce travail est constamment accompagné de rougeur, de photophobie et de tous les symptômes de la kératite aiguë.
Les abcès de Ja cornée n’exigent pas, en général , de traitement particulier. L’expérièence a démontré, d’une part, qu'il est possible de déterminer leur absorption, à l’aide du traitement de la phlogose dont ils sont une des conséquences , et de l’autre, que, la matière qui les forme étant tenace et difficile à s’écouler, il vaut mieux les laisser s'ouvrir spontanément par ulcération, que de les inciser.
Les ulcères de la cornée sont quelquefois si nombreux et si superficiels, qu’ils semblent ne consister que dans le dépoli de cette membrane. Cet état ne peut être apercu que si l'on regarde l'œil de profil.
D’autres fois, petits et peu profonds , quoique mieux marqués , ils laissent la surface sous jacente intacte, transparente, et ne décèlent leur présence que lorsque la lumière tombe de côté sur eux. [is ont souvent alors l'apparence de petits godets , à bords réguliers et arrondis , qui tendent à s’affaisser.
Des ulcères plus graves résultent, soit de ramollissements plus profonds de la cornée , soit d’abcès considérables, développés entre les lames de cette membrane. Ils offrent ordinairement une surface opaque, un fond grisâtre, ramolili, pultacé, des bords élevés, blanchâtres, vers lesquels, souvent, des vaisseaux apparents à l’œil nu se dirigent de quelques points de la circonférence de la cornée.
Ces derniers ulcères s’accompagnent de photophobie , de larmoiement , de douleurs continuelles ; ils tendent à s racerôfthe”, surtout en profohdenk, et achèvent souvent de perforer la cornée. Ceux des deux premiers genres, au contraire, sont presque constamment exempts de symplômes de vive irritation, et leur guérison s’obtient avec assez de facilité. Quelquefois, ils ne laissent pas même de traces appréciables de leur existence ; tandis que les autres sont suivis de cica- trices épaisses, imperméables à la lumière, et généralement indélébiles.
Il m'est démontré que le traitement de la kératite chronique , poursuivi avéc persévé:
rance, est encore celui qui réussit le mieux contre les ulcérations de la cornée. J'ai vu employer, ét J'ai souvent mis en usage contre les plus graves d’entre eux , la cautérisation , préconisée par Scarpa ; et dans beaucoup de cas, leurs progrès, non-seulement ne furent pas arrêtés , mais recurent de l’opération un accroissement plus rapide. Ce n’est qu'après avoir épuisé en quelque sorte l'action du traitement antiphlogistique et dérivatif, que, si les ulcères persistent, il conviendra de les cautériser ; l’insufflation du calomélas , ou l’instillation du laudanum à la surface de l'œil , conseillées par quelques ocuiistes, peuvent alors être associés à la cautérisation, afin de préparer ou de favoriser ses effets.
La cautérisation doit être exécutée au moyen d'un cylindre de nitrate d'argent, taillé en cône à son extrémité. Le malade étant convenablement assis et maintenu, la tète appuyée contre la poitrine d’un aide, etrenversée en arrière, le chirurgien abaisse avec la main gauche la paupière inférieure, tandis que l’autre est relevée par l’aide.
Puis il porte rapidement le cylindre sur l’ulcère. L’œil échappe à linstant même au contact douloureux , et se cache sous le rebord sourcilier. Un flot d’eau fraiche doit aussitôt être jeté sur lui, à l’aide d’une éponge, afin d’entrainer les parties non combinées du caustique. Cette précaution est indispensable, toutes les fois que l'on pratique la cautérisation de la surface oculaire.
Lorsque l'opération réussit , l'œil, d’abord irrité, cesse, en: peu de jours, d'être douloureux ; l'ulcère perd son aspect grisâtre et ramolli; ses bords s’affaissent, et la tendance vers la cicatrisation se prononce.
Il est assez souvent nécessaire , pour hâter sa marche, de recourir une seconde ou même une troisième fois au même moyen, ou de soutenir ses effets à l’aide de l’application locale du calomélas ou du laudanum.
La cornée est-elle complétement perforée par lulcère ou le ramollissement inflammatoire? l'humeur aqueuse s'écoule par la plaie, dans laquelle l'iris se trouve entrainé et s'engage bientôt. Assez souvent, cette perforation est annoncée par une sorle de
claquement, que les malades ressentent dans l'œil, et qui est suivi de l’écoulement d’une quantité variable de liquide. Les chambres se videraient complétement, si l'iris, en s'appliquant à la plaie, n’en opérait l’oblitération. |
La hernie de l'iris a recu, d’après son volume, des noms spéciaux, trop peu importants pour être rappelés. Elle se présente sous la forme d’une tumeur arrondie, noiïrâtre, tantôt à base assez large, tantôt pédiculée, et d’un volume variable depuis celui de la tête d’une petite mouche, jusqu’à celui d’un grain de chénevis. Quelquefois, plusieurs perforations existant les unes près des autres, l'iris, engagé dans toutes, forme une tumeur analogue à une grappe de raisin. D'abord libre, entre les bords de l'ouverture qu’elletraverse, cette membrane contracte avec eux de solides adhérences.
En examinant de côté la chambreantérieure de l’œil , on voit le plan de l'iris se rapprocher, sur le point perforé, de la surface concave de la cornée et s’y fixer. La pupille est déformée, plus ou moins allongée, et parfois effacée , par l’engagement de quantités plus ou moins grandes de son rebord dans l’ouverture accidentelle.
L’œil est presque toujours douloureux, larmoyant; la tumeur que produit l’iris s’irrite par le contact de l'air, par le frottement des paupières, ce qui entretient dans l'organe un état inflammatoire obscur et profond. Chez quelques sujets, toutefois, la hernie demeure presque inaperçue, tant sont peu marqués les accidents qu’elle occasionne. Après la guérison, l'iris reste fixé à la cicatrice extérieure, et les fonctions de l’œil éprouvent un obstacle proportionné à l'étendue de l’opacité de Ia cornée, et au degré du rétrécissement pupillaire.
Lorsqu'une plaie vient d’être faite à la cornée, ou lorsque cette membrane s’est récemment perforée, il est possible de prévenir la hernie de l'iris, de la réduire en totalité ou en partie, et surtout de s'opposer à son accroissement, en faisant coucher les malades sur le dos et en établissant à la surface de l'œil une légère compression.
Les tentatives pour repousser directement
la membrane avec un stylet mousse sont presque constamment insuffisantes; elles peuvent même devenir nuisibles, en irritant l'œil. On assure qu'après quelques jours, les adhérences s’étant faites, cette réduction n’est plus possible ; cela n’est vrai que pour les hernies opérées à travers les plaies ou les ulcères de la cornée, disposés à se cicatriser. Mais les ulcérations à bords grisätres , ramollis, et qui font encore des progrès, ne contractent pas aussi aisément l’inflammation adhésive. Elles laissent presque toujours, au contraire, l'iris libre et disposé à sortir en quantités de plus en plus considérables , jusqu’à ce qu’elles aient acquis une disposition plus favorable à la guérison. Il résulte de là que la pratique de Dupuyiren, relative à la situation renversée des sujets et à la compression légère de l'œil, peut être, en certains cas, même contre des hernies déjà anciennes, d’une application utile.
De tous les moyens proposés contre la hernie de l'iris, tels que la ligature, la section, le refoulement de la tumeur, un seul, la cautérisation à l’aide du nitrate d'argent fondu , est généralement employé dans la pratique. Cette opération doit être faite de telle sorte que la tumeur soit seule touchée ; et, comme pour les ulcères de la cornée, il ne convient d’y recourir que dans les cas assez rares où la maladie résiste au traitement d’abord employé contre la kératite chronique. Cette conduite est celle dont une longue expérience avait démontré à Demours les incontestables avantages.
Les opacités ou les taches de la cornée doivent être l’objet d’une attention spéciale ; car elles offrent de notables différences sous le triple rapport de l'origine, de l’organisation, et du traitement.
1° La tache est-elle le résultat d’une plaie ou d’un ulcère, parvenus à la cicatrisation ? Elle offre une teinte blanche, fortement opaque, une structure solide, une forme analogue à celle qu’affectait la solution de continuité primitive ; aucun vaisseau ne l’alimente ; elle fait plutôt saillie qu’elle n’est enfoncée, et n’excite ni douleur ni susceptibilité dans l'œil. C’est le leucoma des auteurs,
2 Lorsque la tache succède à l’abcès intersticiel de la cornée, devenu sec par l'absorption des parties du pus les moins solides , elle offre une tache jaunâtre , plus ou moins épaisse , arrondie , qui laisse audevant d’elle un certain nombre de lames transparentes, ainsi qu’on peut le reconnaître en examinant l’œil de côté. Dans ce cas encore , il ne reste ordinairement dans l’organe aucune susceptibilité morbide, aucune dépression , aucun appareil vasculaire dilaté.
8° La tache de la cornée se présente fréquemment sous la forme d’une plaque opaline , légère, superficielle, plus dense à sa partie moyenne qu'à ses bords, irrégulière dans son contour, et d’un diamètre variable depuis la tête d’une épingle jusqu’à la largeur d’une lentille. Ces taches, quelquefois multiples, portent le nom de nuages ou de néphétions. Elles s’accompagnent presque toujours d’un degré plus ou moins marqué de kératite chronique. Dans la plupart des cas, un faisceau variqueux, venant de la conjonctive, pénètre jusqu’à la cornée et semble les alimenter. Aussi longtemps que persiste l’irritation de la cornée, elles tendent à s’accroître, à s’épaissir, à opposer à la vision un obstacle incessamment plus prononcé.
4° Chez quelques sujets, et suivant le même mécanisme que pour la production du nuage, la cornée, devenue opaque, s’épaissit, se couvre de bosselures , et présente un aspect grisâtre, analogue à celui de la craie ou du blanc de perle. Elle semble même parfois rugueuse au toucher. Ces taches sont en général fort étendues ; elles envahissent même parfois toute la cornée, qu’on a vue passer à l’état osseux.
5° Chez les vieillards, la cornée , par une altération analogue à celle qui produit l’ossification des artères ou l’opacité du cristallin, se couvre à sa circonférence d’un cercle blanchâtre, opaque, dont les dimensions s’accroissent successivement , et qui peut gêner notablement la vision. Quelques
sujets Jeunes ont présenté, sans cause ap- préciable , cette forme d’altération d’ailleurs peu grave.
6° Quelques taies présentent une struc-
ture variqueuse, reçoivent de nombreux vaisseaux, font saillie à la surface de la cornée, où leur structure molle et spongieuse se trahit par une teinte rosée. Elles sont ordinairement larges, irrégulières, et ne constituent qu’une variété du nuage, plus grave que celle dont il a déjà été question.
7° Chez certains sujets, des vaisseaux de la conjonctive , dilatés par suite de l’inflammation chronique, franchissent la limite de la cornée, et semblent détacher des autres la lame la plus superficielle, ou muqueuse, de cette membrane. Il résulte de cette disposition une tache triangulaire , dont la base correspond à la circonférence, tandis que le sommet est plus ou moins rapproché du centre de la cornée. Cette tache, blanche, molle, sillonnée de la base à la pointe par des vaisseaux variqueux , porte spécialement le nom de ptérygion. Chez le plus grand nombre des sujets , une seule de ces taches existe et se dirige de l'angle externe vers le centre de l'œil; parfois les deux angles présentent la même disposition ; et lorsque, plusieurs ptérygions existant en même temps , la cornée est envahie dans la plus grande partie ou dans la totalité de son étendue, la maladie porte le nom de pannus. Enfin , le ptérygion , accompagné à son début des symptômes de la kératite, existe, plus tard, isolément, sans que l’œil soit le siége d'aucun désordre autre que celui qui résulte de l'obstacle qu’il apporte à l'exercice de la vision.
Les opacités de la cornée dont il est ici question ne sont jamais dangereuses, en ce sens qu’elles ne menacent l'œil d'aucune dégénérescence susceptible de compromettre son existence ; mais elles ont ordinairement une gravité notable , en cet autre sens qu’elles résistent à tous les moyens de traitement, ou même qu'elles tendent à s’accroître , à rendre la cornée entière opaque,
-et à priver ainsi le sujet de l'organe affecté.
1° Le leucome, les cicatrices de tous genres , les amas considérables de matière purulente , épaissie entre les lames de la cornée , sont incurables. Par les progrès de l’âge, et chez de jeunes sujets, on a bien vu parfois des taches de ce genre s’affaiblir,
diminuer d’étendue et mème disparaitre ; mais ces cas sont fort rares. Les dérivatifs , les sétons, le laudanum, instillé entre les paupières, peuvent être toutefois employés sans inconvénient, surtout contre les épanchements anciens.
2° Les nuages entretenus par la présence de ramifications vasculaires, venant de la conjonctive et allant se perdre dans la plaque opaline, cèdent fréquemment à la destruction de ces vaisseaux, dilatés et variqueux. Le malade étant convenablement situé et maintenu, le chirurgien peut les soulever avec une aiguille à cataracte, un bistouri délié, ou tout autre instrument analogue , et les diviser ; mais ils sont alors singulièrement disposés à se reproduire, par la réunion de leurs extrémités dans la cicatrice. Un procédé plus assuré consiste à les saisir, en même temps que la conjonctive , avec des pinces à érignes , et à exciser une portion de leur longueur, à l’aide des ciseaux. On réussit également assez bien, en les cautérisant avec le nitrate d'argent fondu , porté transversalement sur eux, de manière à les désorganiser. Cette cautérisation , ou l’excision partielle, m'ont fait obtenir plusieurs fois des guérisons rapides.
8° Lorsque la portion opaque de la cornée est molle, vasculaire, mobile sur les portions plus profondes de la membrane, et surtout lorsque la tache affecte la forme triangulaire propre au ptérygion, l’excision est le procédé le plus sûr qu’on puisse lui opposer. Après avoir saisi et soulevé la lame extérieure de la tache , comme pour la séparer des parties qu'elle recouvre , un bistouri aigu, étant glissé au-dessous d'elle, de sa base vers sa pointe , on l’incise d’a.
bord dans toute sa longueur, Puis, les deux lambeaux seront pincés à leur tour, et retranchés avec des ciseaux déliés, courbes sur le plat.
L’excision partielle de la base du ptérygion , conseillée par Scarpa, ainsique par M. Richerand, est rarement suffisante. Si Ja tache, toutefois , se prolongeait au centre de la cornée, il ne conviendrait peut-être pas de poursuivre jusque-là la dissection, à raison de la cicatrice dont la plaie serait
suivie, Ces opérations, au surplus, aing
que le fait observer Boyer ,ne procurent presque jamais que des succès incomplets. Des lotions , d’abord émollientes et tièdes, puis astringentes et toniques, contribuent d’ailleurs à assurer leurs bons effets.
La cautérisation a été conseillée dans ces circonstances, tantôt par l’attouchement immédiat de la tache avec le cylindre de nitrate d'argent fondu, et tantôt à l’aide de la dissolution de demi-grain à un grain de ce sel dans une once d’eau distillée. Malgré les succès invoqués à l’appui de ces procédés , l’excision me semble préférable.
4° Lorsque les opérations indiquées ont
été pratiquées, ou lorsque les taches sont
solides , opalines , superficielles et exemptes de dilatation variqueuse , on se trouve souvent bien, pour achever la guérison, d’instiller entre les paupières du laudanum de Sydenham. L’etficacité de ces instillations , répétées deux ou trois fois par jour, est attestée par de nombreux succès.
mise ES
Dupuytiren se louait beaucoup d'insuflla- 4
tions de poudres composées de sucre candi, de tuthie préparée et de calomélas à la vapeur, mélangés par parties égales.
La Sp ras du sulfate 4 cadmium à la dose d’un à quatre et à six grains par once d’eau, instillée quatre fois par jour entre les paupières, vantée avec enthousiasme par Rosenbaum , n’a pas justifié tous les éloges dont , en France même, elle a été l'objet. L’alun mêlé au sucre, dans la proportion d’une partie sur six; les pommades avec le deutoxyde de mercure, la teinture d’opium ou l'extrait de ciguë, et une foule de préparations analogues, ont successivement trompé de la même manière l'attente des praticiens,
5° Dans tous les cas, comme adjuvants aux opérations, aux insufflations ou aux instillations, il convient de placer un séton à la nuque , de purger fréquemment le malade , de prescrire les médications antiscrofuleuses ou autres, que l’état de la constitution peut rendre nécessaires, et enfin de combattre avec activité et persévérance la kératite chronique.
À la suite d’excitations habituelles de
l'œil , telles que celles qui résultent de traivaux prolongés, sur des objets ténus ou
éclairés avec force , on observe parfois une proéminence marquée de la cornée transparçnte. Les Jeunes sujets y sont plus exposés que les adultes ; les cris violents ont parfois déterminé brusquement la maladie, qui affecte tantôt un seul œil, et Le plus souvent les deux yeux. Les “rt se plaignent d’un sentiment incommode de plénise et de tension dans le globe oculaire, La vue perd de sa netteté : il n'existe audevant des objets ni voile, ni brouillard, ni corps étrangers, mais les lignes qui les délimitent sont mal arrêtées et comme confuses. Les malades sont d’abord myopes, puis regardent les objets de côté , et enfin ne peuvent plus distinguer, même les corps très-volumineux. L’œil, examiné directement , ne présente rien d’anomal, au premier abord. Mais en le resardant de profil, on voit que la cornée, au lieu de décrire un segment de sphère, offre une surface co-
… noïde, plus ou moins allongée et saillante, | qui correspond, tantôt au centre, et tantôt
à l’un des côtés de l’axe de l’œil. La chambre
antérieure a manifestement une étendue
antéro-postérieure exagérée. Et cet excès de profondeur contribue sans doute, avec l’altération de la courbure de la surface oculaire, à produire le trouble de la vision dont se plaignent les malades. Dans quelques cas, assez rares , la cornée , en devenant conique, sans perdre de sa transparence augmente cependant d'épaisseur, et offre une surface brillante, analogue à celle du cristal, Cette disposition ne peut être bien distinguée de la précédente que par l'examen latéral de l'œil.
La conicité de la cornée ne guérit presque jamais. Chez la plupart des sujets, elle augmente, au contraire , graduellement , et Ja maladie constitue enfin une véritable hydrophthalmie. D’autres fois, incessamment irritée par le frottement des paupières ou par le contact atmosphérique, la. cornée s’enflamme, devient opaque , se ramollit, et le staphylôme se caractérise. Dans les cas les plus heureux, la conicité reste stationnaire, et les malades remédient à l’aide de lunettes concaves à l’imperfection de la Yision.
Des collyres astringents , l’instillation de
AT la décoction de tabac, l'exposition de l'œil au contact de vapeurs ammoniacales ou aromatiques ; des dérivatifs énergiques, dirigés sur les organes digestifs ; Le séton à la nuque; l'attention de porter des lunettes colorées, afin de diminuer la vivacité des impressions de la [lumière ; l'éloignement de tout travail pénible et susceptible de fatiouer les yeux, tels sont les moyens les plus rationnels que Île chirurgien puisse opposer à la conicité de la cornée. La ponction de l’œil, aussi bien que l’abaissement du cristallin , pratiqués par quelques oculistes, constituent des: opérations trop graves, et qui font courir à l’orsane trop 1 A dangers pour qu’il soit Cove d’y recourir, aussi longtemps que la conicité seule existe, et ne s'accompagne encore ni d'accidents inflammatoires intenses, ni d’abolition de la vue.
Consistant, comme l'affection précédente, en une saillie variable de la cornée, le staphylôme proprement dit présente ce caractère distinctif, d’ètre en même temps accompagné d’une altération profonde et d’une opacité plus ou moins considérable de cette membrane. Presque toujours, il existe en même temps une adhérence partielle ou incomplète de l'iris à la cornée, devenue saillante. La tumeur est tantôt formée par la cornée dilatée et amincie, et tantôt par une augmentation considérable de l'épaisseur de cette membrane. Les variétés d’altération que produit la kératite, les résultats divers des perforations du miroir de l’œil, selon qu'elles sont larges ou étroites, expliquent parfaitement ces dispositions différentes dustaphylôme. Lorsque l’adhérence de l'iris n'est que partielle, la chambre antérieure de l’œil persiste, la pupille offrant de l’irrégularité, ou n’existant plus ; dans d’autres cas, l’adhérence étant complète, la chambre antérieure est effacée, et la partie postérieure de l’œil agrandie par la convexité de l'iris ; chez certains sujets, enfin, confondu avec la cornée en avant, l'iris est appliqué en arrière contre le cristallin ; de telle sorte que les deux chambres sont effacées, et que la lentille, ainsi que le corps vitré, poussés en avant, se logent jusqu’à un certain point dans la poche que leur offre le staphylôme,
Les désordres inséparables de cette affection peuvent encore être augmentés par l’inflammation chronique et habituelle de
la tumeur soumise aux frottements des pau- |
pières, imparfaitement abritée contre le contact atmosphérique, et dont la surface s’ulcère ou tend à contracter la dégénérescence cancéreuse.
En lui-même le staphylôme est constamment incurable. Si la saillie ne présente qu’un très-petit volume, si les adhérences de l'iris ne sont que partielles, ilest parfois possible de rétablir, en partie, les fonctions visuelles par l'ouverture d’une pupille artificielle, vis-à-vis d’un des points dela cornée demeurés transparents. Si la tumeur, bien qu’entraînant la perte de l'usage de l'organe, reste stationnaire et indolente, il convient de la respecter. Dans les cas contraires, on peut ou vider l’œil à l’aide du trois-quarts, ou, mieux encore, pratiquer la rescision de sa partieantérieure. Cette dernière opération convient spécialement lorsque la cornée est ulcérée , douloureuse , ramollie ou fongueuse ; si l’altération était passée à l’état de cancer, l’extirpation totale de l’œil devrait lui être préférée, comme présentant une garantie beaucoup plus grande contre la reproduction du mal.
- Le malade étant placé et maintenu comme
s’il s'agissait de pratiquer l'opération de la cataracte, le chirurgien, avec un cératotome ordinaire, traverse la cornée d’un côté à l'autre, et y forme un lambeau inférieur, lequel est aussitôt soulevé avec des pinces, et retranché à sa base, soit avec le même couteau, soit, ce qui est plus commode, avec des ciseaux courbes sur leurs faces.
Demours avait imaginé pour cette opération une sorte d’anneau en cuivre, qui s’appliquait à la surface du staphylôme, et au-devant duquel une lame tranchante, poussée par un ressort, détachait toute la portion exubérante de la tumeur. Cet instrument , analogue à ceux de Guérin et de Dumont pour l'incision de la cornée, dans l'opération de la cataracte, est complétement inutile.
Après la rescision de la cornée, qu'il est convenable de faire plutôt trop étendue que troprestreinte, l’œil se vide immédiatement,
en grande partie. Les paupières seront aussitôt rapprochées, et un traitement antiphlogistique très-actif devra s'opposer au développement d’une inflammation intense, toujours imminente. Sans qu’il soit besoin d'exercer sur le globe oculaire aucune pression, et par la seule rétraction lente et organique des tissus, cet organe achève graduellement de repousser les tumeurs qu’il renferme; il se recroqueville, se flétrit, et se transforme en un bulbe solide et mobile, sur lequel un œil artificiel peut être ensuite assez facilement adapté.
SCLÉROTITE.
Maladie rare , encore peu connue , et sur laquelle tous les ophthalmologistes ne sont pas d’accord, la sclérotite semble, selon le plus grand nombre d’entre eux, constituer | spécialement cette forme de l’inflammation | oculaire à laquelle ils ont imposé le nom | d’ophthalmie rhumatismale. Les causes qui | la produisent alors sont celles du rhumatisme | lui-même : suppression brusque de la transpiration, vicissitudes atmosphériques rapides et variées, etc.
La sclérotite, bien que résultant de l’acton de causes générales, n’affecte cependant, chez le plus grand nombre des sujets, qu'un seul œil. On observe, autour de la cornée, une rougeur pâle, bleuâtre, s’étendant plus ou moins loin vers le pourtour de l'orbite. Cette rougeur est formée par une multitude de petits vaisseaux, droits, déliés, parallèles , immobiles au-dessous de la conjonctive, dont ils ne partagent pas les mouvements. Tantôt cette rougeur est partielle , et ne se montre que sur quelques points de la circonférence de la cornée ; tantôt, quoique étendue à tout le contour de cette membrane, elle ne l’environne que d’un cercle peu large et rayonné; tantôt enfin, ce qui est plus rare, toute la portion de la sclérotique accessible à la vue participe à l'injection , que l’on doit supposer se prolonger aussi sur les portions postérieures de cette membrane.
Les sujets éprouvent dans l'organe affecté une douleur intense accompagnée d’élancements, qui s’'augmente par l’exposition au
lo | l': PES . ments de laine, sont autant de moyens qui | peuvent être utilement ajoutés au traitement
contact atmosphérique: plus encore que par l’impression dela lumière, laquelle n’est pas,
| en général, très-pénible.
La phlogose de la sclérotique se propage
| facilement à la conjonctive, et l'œil présente | alors l'injection de deux ordres de vaisseaux, les uns superficiels , flexueux et mobiles
avec la membrane muqueuse, les autres
profonds , rectilignes, faisant corps dŸéc le
plan fibreux, et immobiles comme lui. Tous les symptômes de l’ophthalmie ordinaire s'ajoutent, à raison de cette complication,
aux précédents. Les douleurs acquièrent quelquefois une extrême violence, retentis-
sent à la région temporale, et offrent des alternatives de rémissions et d’exacerbations
qui ont lieu surtout le soir. La photophobie
dévient excessive. Le larmoiement est souvent considérable, mais non purulent. Enfin, la kératite , avec ses caractères d’opacité , de ramollissement ou d’ulcération de la cornée, vient quelquefois encore s'ajouter à la
"maladie première , et menacer l'œil d’un
grand danger.
Simple , la sclérotite est rarement suivie d'altérations très-profondes. On l’a vue alterner, pendant des temps fort longs, avec les rhumatismes fibreux ou articulaires, et
. quelquefois même avec l'urétrite.
Récenteet aiguë, cette maladie ne réclame
guère d'autre traitement que celui de l’ophthalmie ou conjonctivite ordinaire. On
croit seulement avoir constaté que les collyres réussissent assez mal contre elle, et que les applications chaudes, sèches et aromatiques , leur sunt généralement préférables. Lorsque la maladie passe à l’état chronique, et surtout lorsqu'elle alterne
avec d’autres affections rhumatismales , la teinture de colchique d’automne à l’inté-
rieur, l’antimoine , la poudre de Dower, le gaiac, et d’autres substances analogues ; les frictions irritantes ou les vésicatoires volants sur les régions du corps primitivement dou-
reuses , l'usage des eaux thermales, ntion de couvrir tout le corps de vète-
de l’inflammation oculaire.
Ramollie, à la manière de tous les autres
| tissus, par l’inflammation prolongée, l’en-
ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, T, Il,
veloppe fibreuse de l'œil cède que (1 sur un ou plusieurs points de su et présente des bosselures qui ont re nom de staphylômes de la sclérotic tumeurs résultent parfois aussi d’altérations plus profondes, auxquelles la membrane fibreuse a secondairement participé, en se laissant distendre, amincir, et enfin dilater à des degrés variables. Ces derniers cas sont même plus fréquents que les autres :
des iritis chroniques , avec dilatation variqueuse des vaisseaux ciliaires ; des hydropisies enkystées, développées entre la sclérotique et la choroïde ; des vascularisations de cette dernière membrane; des tumeurs mélaniques, des fongus hématodes et enfin l’hydrophthalmie, sont les lésions qui produisent le plus souvent les staphy- Iômes secondaires de la sclérotique.
Antérieure, lorsqu'elle se forme au niveau du corps ciliaire et de la grande circonférence de l'iris, et postérieure, dans les cas : où elle envahit des points plus reculés en arrière, l’affection qui nous occupe se pré-
sente sous l’apparence d’une tumeur arron-
die, plus ou moins saillante, faisant corps avec le globe oculaire, et manifestement recouverte par toutes les membranes extérieures de cet organe. En même temps que la première inspection décèle sa présence, se manifestent les symptômes, souvent plus difficiles à saisir, qui accompagnent les lésions profondes dont elle peut être la conséquence, et dont il sera question plus loin.
Cette affection, lorsqu'elle a son origine dans le simple ramollissement inflammatoire de la sclérotique, reste assez souvent stationnaire, ne troublant que fort peu l’exercice de la vision. Dans les autres cas, elle fait des progrès, et s'accompagne de désordres fonctionnels , en rapport avec l’altération qui la produit: À
Les astringents, les dérivatifs, les révulsifs, les applications de la glace sur l'œil, sont des moyens dont on peut obtenir de bons effets, lorsque le staphylôme ne dépend que du ramollissement de la sclérotique. Si la maladie est stationnaire et ancienne, on doit désespérer de la faire rétrograder, et il convient de s'abstenir de tout traitement
énergique. Quant auxstaphylômes symptomatiques,, auçun traitement spécial ne leur est applicable : il ne doit être question, lorsqu’ils se manifestent ‘que de rechercher et de combattre leurs causes éloignées ; et presque toujours ils néceséitent , ee leur volume est considérable, Tablation de l'organe qui en est le siége.
ART, III. Lésions dE LA RÉGION MOYENNE DE L'OgIL, —— TRiTris.
Toutes les causes susceptibles de déterminer la conjonctivite ou la kératite peuvent également provoquer l’inflammation de firis. À raison de sa vascularité, du très-crand nombre des nerfs qui l’animent, des liens
étroits qui l’unissent à la rétine et au cer-
veau mette membrane est éminemment disposée à recevoir et à conserver l'irritation. Les impressions prolongées d’une lumière vive, la fatigue résultant de travaux déli- Cats, exécutés sur des objets petits et fortement éclairés , la brusque cessation des éxanthèmes ou de douleurs arthritiques, la syphilis, et, selon B. Travers, l'abus des mercuriaux : telles sont les principales circonstantes qui produisent le plus fréquemment l’iritis.
Cette affection débute assez ordinairement par une douleur obtuse et une sensation incommode de plénitude dans l'œil.
Bien que difficilement supportée, la lumière ne détermine pas d’abord de douleur vive ; mais la vision est léoèrement confuse. La pupille se rétrécit et diminue de mobilité.
‘Chez la plupart des sujets , il semble que le volume de l'humeur aqueuse soit aug- ‘menté, et le rebord pupillaire ’incline vers Je crillir Après un temps variable, l'iris “Change d'aspect , et passe du bleu où du :gris au vert, où du noir et du brun au rouge foncé, Ces altérations de couleur , es à lafflux du sang, commencent à la URSS ‘rénce püpitläre , et s'étendent graduellement à toute la surface de la Ad LS ‘Alors aussi apparaît autour de la cornée transparente , “cercle blanchätre étroit, une auréole rouge,
ornée par les vaisseaux injectés de” la Mes
mais séparée d'elle par un
grande circonférence de l'iris, qui se der
nent à travers la sclérotique. : ii Ces phénomènes sont d’äutant plus DH noncés que l’iritis est plus intense. Ainsi,
les douleurs oculaires S. ’étendent souvent,
non-seulement à lorbite et au front, où elles sont déchirantes , mais à tout le côté correspondant de la tête, jusqu’à la nuque.
La vue devient trouble, s’affaiblit, et cesse dès les premiers jours. La can IauE de l'iris s’altère très-promptement : cette membrane semble comme lavée, dépolie, tomenteuse, hérissée de flocons lanugineux ; parfois, on y distingue des taches sanguines, formées par de véritables ecchymoses. Le cercle inflammatoire extérieur devient ,. dans ces ças.
graves, d’un rouge foncé, livide ; et l'irri= tation , se propageant successivement à la conjonctive ainsi qu’à la cornée, détermine le chémosis sur la première, et l’opacité plus ou moins marquée de la seconde. La photophobie est telle que la moindre impression lumineuse offense l'œil, La pupille étroite ÿ« immobile , irrégulière et comme frangée, semble fixée au cristallin, Des productions albumineuses, réticulées, l’embarrassent ou.
même l’oblitèrent, ce qui rend la vision confuse ou impossible. À ces degrés élevés de la maladie, l’œil tout entier est compromis : la conjonctivite ainsi que la kératite sont manifestes ; l'extrême photophobie an-
| nonce lirritation de la rétine ; enfin , les
larmes brûlantes qui s’écoulent incessamment, sont l'effet de l’irritation sympathique de leur appareil sécréteur.
L'iritis chronique dépasse rarement en intensité le degré le plus faible de la mala-
| die; mais, en se prolongeant, elle détermine
des altérations qui, dans les cas même les plus obscurs, ne sauraient laisser de doutes sur son existence. La douleur ; la photophobie et l'injection vasculaire extérieure, sont assez peu marquées chez quelques sujets ; mais l'iris acquiert une teinte nouvelle, marquée surtout à son rebord intepne ; sa surface devient inégale; la pupille se resserre de plus en plus, affecte une forme irrégulière ; et des linéaments albumineux, étendus entre les divers points de sa circonférence , font paraître au malade les objets
recouverts d’une sorte de réseau ou de toile
à larges 1 AE 1 Ces obstacles ngraduellement augmentés, constituent plus tard un voile opaqüe, qui rend la vision à peu près impossible. CA
L'impression brusque et prolongée d'un air froid et humide , ou toute autre cause, susceptible de ec le rhumatisme chez les sujets prédisposés à cette affection, peut aussi provoquer l’iritis. L’invasion est alors brusque , la douleur vive , l'injection considérable ; suivant M. Sichel, la pupille s’allonge et ee une forme ovalaire de haut en bas. La maladie disparait parfois alors pour se renouveler ensuite ; elle peut n’aitteindre qu’un seul œil ; et lorsque tous deux sont envahis , c’est ordinairement à des degrés inégaux. Enfin, les accidents présentent des exacerbations marquées , qui se renouvellent à des intervalles plus ou moins rapprochés , toujours irréguliers.
Chez les sujets goutteux, liritis, quirem-
place parfois les accès de la ranladie babi-
tuelle , détermine des douleurs intenses, plus vives la nuit que le jour; une sensation d’engourdissement autour de l'orbite
| ll L ] et du larmoiement, précèdent souvent l’invasion de ces douleurs ; l'injection vasculaire extérieure est d’un rouge pourpre; la pupille , dit. M. Sichel, s’allonge iransversalement ; enfin la céphalaloie, les douleurs dans les membres, les crampes, les nausées, les
vomissements êt les autres symptômes ordi- |
naires aux affections goutteuses accompagnent fréquemment cette forme de l'iritis.
On a donné comme caractères propres à l’inflammation vénérienne de l'iris, üne teinte cuivrée du rebord pupillaire , l’existence de petites excroissances ou végétations à la surface de la membrane, la teinte rouge terne de l'anneau sclérotical, l'allongement de la pupille dans une direction eblique de hauten bas et de dedans en dehors, Fangle supérieur étant plus aigu et plus allongé que l'autre; enfin l'existence de douleurs plus vives la nuit et à la chaleur du lit que du- rant le jour, . Lorsque l'iritis se manifeste chez des su-
jets saturés de mercure, B. Travers n'hésite
pas à considérer ce métal comme la cause
provocatrice de la maladie. Il affirme l'avoir souvent observée dans. ces circonstances ;
fort long, | paresse à se dilater, en même temps que la
mais il n ‘indique aucun, symptôme. à l’aide duquel on puisse distinguer l'iritis mercurielle, soit de l'iritis ordinaire ou idiopathique, soit même de l’iritis syphilitique: ;
Les yeux affectés d'iritis offrent un aspect spécial, tellement distinct de toutes les autres apparences que peut leur communiquer l’ophthalmie, qu'il est difficile, dans le plus grand nombre des cas , de ne pas reconnaître dès le premier abord la nature de la lésion. Le cercle rouge , entourantda cornée à distance ; le changement de couleur de l'iris ; le rétrécissement, l’immobilité plus ou moins complète et l'embarras dela pupille ; la confusion de la vue, bien quela cornée soit transparente : tels sont les principaux caractères sur lesquels repose le diagnostic. Dans la kératite , la cornée es st. bias entourée d’üne auréole Lies 5 AIS le cercle rouge est alors appuyé contre la membrane irritée , laquelle présente ,.en outre, une opagité prononcée, Dans les cas de complication avec la conjonctivite ; la kératite, la selérotite et d’autres affections aiguës de l’œit, l’iritis peut sans doute rester ignorée ; mais son diagnostic est d’aûtant moins important alors pour la pratique, que l'inflammation ; étant plus générale, compromet davantage la. totalité de lappareil oculaire.
Quant aux variétés de liritis, il est douteux qu'on puisse les distinguer d’après les formes spéciales que, sole quelques personnes, elles impriment à la pupille? l'esprit se-refuse à admettre les rapports indiqués comme constants entre les caus fets; et ce sera plutôt sur les circonstances particulières dans lesquelles se trouve le, sujet, que sur les aberrations de l’ouvet-.
ture pupillairé, que le chirurgien dévra fonder le diagnostic,
Peu de ie font courir à l'œil le danger d'altérations aussi graves et aussi diffs ciles à combattre que liritis. Aiguë, et n’existant qu’à un faible degré; , la résolution peut la terminer ; mais dans ce cas même, bien que le plus favorable, la pupille conserve souyent encore, pendant un temps du resserrement, ou plutôt de la
ue reste confuse et imparfaite, À un degré +4”
plus élevé , il est rare que la guérison soit jamais complète : la plupart des sujets conservent des adhérences de l'iris à la capsule cristalline, laquelle tantôt conserve sa transparenc ». et tantôt devient opaque à des degrés divers. Si les adhérences sont par-
tielles , la pupille affecte, durant ses mou-.
vements , une forme irrégulière, due à ce que ses points libres s’écartent ou se rapprochent du centre, tandis que les autres conservent nécessairement avec lui les mêmes rapports. L'immobilité est parfaite , au contraire, lorsque l’adhérence s’étend à tout le contour de l’ouverture. D’autres fois, l'iris, longtemps en contact avec la capsule, mais restant libre , laisse appliquée, à la face antérieure de cette membrane, une partie de son pigment, qui la colore, détruit sa transparence, et constitue une variété de la fausse cataracte. Après les degrés les plus intenses de l’iritis, la pupille , ou s’efface, par le rapprochement et la confusion de sa circonférence , ou reste obstruée par une matière floconneuse, jaunâtre, opaque, réticulée, et même par une véritable pseudomembrane. La suppuration peut être le résultat de l’iritis. Tantôt le pus forme alors des abcès saillants à la partie antérieure de la membrane, et tantôt, l’exhalation purulente se faisant à sa surface, la matière se détache, tombe dans l'humeur aqueuse, qu’elle trouble, et chez quelques sujets remplit les chambres de l’œil. Dans d’autres cas, enfin, l'humeur Vitrée, le cristallin et d’autres parties profondes , augmentant de vo- Jume , l'iris Msse en avant , devient convexe, se rapproche de la cornée et° peut contracter avec sa face interne de solides adhérences. SE S'il importe à la thérapeutique de ne pas méconnaître les inflammations de l'iris , c'est encore moins à raison du traitement spécial que ces affections , toujours graves , peuvent exiger, qu’afin de né pas se laisser abuserwpar le peu d’altération que présentent assez souvent, pendant leur durée, les parties extérieures de l’œil , et de ne point négliger de leur opposer , en temps opportun , les moyens les plus énergiques. Les -saignées locales et générales, les pédiluves,
Jes boissons délayantes, les lavements irri2 F2 I
-tants, les applications fraîches et calmantes
continuelles, les vésicatoires , les sétons et
les autres moyens analogues, devront être en quelque sorte prodigués. Le mercure, tantôt à l’intérieur, sous la forme de calomélas, seul, ou uni à l’opium, à la ciguë ou à la magnésie , tantôt en frictions sur la base de l'orbite, en combinant l’onguent napolitain à l'extrait de belladone, a été vivement préconisé, afin de prévenir la formation des pseudo-membranes pupillaires et les abcès de l'iris. Le chirurgien ne doit pas craindre de pousser l’usage de ces préparations, jusqu’à déterminer une salivation abondante. Elles me semblent préférables à la térébenthine , tant vantée par Carmichaël. L'expérience a démontré*que le calo-
mélas , en particulier , administré à doses
| pressées, jouit, contre l’iritis, d’une effica-
cité spéciale, plus marquée que conire les autres phlegmasies oculaires. Aussi ne doit-on jamais ni négliger nimême tarder d'y recourir. Les onctions avec les dissolutions épaisses d'extrait de belladone ou de jusquiame,:
étendues sur les paupières, ont souvent pour effet d’apaiser les douleurs et de maintenir l'ouverture de la pupille. Elles peuvent être aisément combinées avec les moyens antiphlogistiques ou révulsifs.
À l'iritis, plus qu’à aucune inflammation des parties constituant la région oculaire moyenne, se rattache l’épanchement du pus dans les cavités de l'humeur aqueuse, Cette matière provient tantôt d’abcès formés à la surface de l'iris, ou entre les lames les plus profondes de la cornée, et qui se sont ouverts dans la chambre antérieure; tantôt d’une exhalation directe de la membrane de l'humeur aqueuse, exhalation dont les pro-.
duits se sont accumulés dans la double cavité qu’elle tapisse. A l’hypopyon de pus, le seul qui mérite véritablement ce nom, il convient de rallier les amas de sang que l’on observe assez fréquemment dans les chambres de l'œil, soit après les percussions directes de cet organe, soit lorsque l’inflammation, étant excessive, prend le caractère hémorragique. ?
Quoi qu’il en soit, la matière étrangère:
apparaît à la partie inférieure de la chambre antérieure sous la forme d’une tache semi-
lu paire, convexe en bas, où elle suit le con- Le de la cornée, et terminée en haut par une ligne droite, horizontale. Cette tache, jaune , rougeâtre ou rouge, suivant qu’elle est formée par du pus, par un liquide sanguinolent, ou par du sang pur, s'élève graduellement jusqu’à la pupille, puis la ‘dépasse et parfois s'étend à toute la hauteur de la cornée. Il est évident que, dans les cas rares où la maladie débute par la chambre postérieure, le chirurgien ne peut la reconnaître que lorsque ha matière , arrivée à la hauteur de la pupille, reflue en avant , et s'écoule entre la cornée et l'iris. Et, réciproquement, dans les cas où l’épanchement, commencé dans la chambre antérieure , arrive à la pupille, il semble qu'un temps d'arrêt soit apporté à ses progrès, parce que la matière qui le forme passe derrière l'iris, et ne recommence à s'élever que quand le niveau entre les deux divisions de la cavité est établi.
Comme toutes les suppurations, celle qui constitue l’hypopyon est presque toujours accompagnée d’une diminution notable dans les accidents inflammatoires, lesquels ne se dissipent j jamais entièrement , mais passent à l’état chronique. Si l'inflamnattée s'éteint en grande partie, le malade peut reprendre EN lncscutes de ses occupations, la tache restant d’abord stationnaire, et l'absorption la faisant ensuite graduellement disparaître. Dans les cas les plus fréquents, sous l’influence de l’irritation qui se.continue, l’œil reste douloureux et irritable, ou la cornée se ramollit, se perfore, et "Lvre passage à la matière épanchée. L’écoulement de celle-ci n’a lieu qu'avec peine , les chambres se vident , l'iris est entraînée à l’ouverture anomale , et la guérison ne peut être obtenue sans de ue 4 , Qui entravent ou abolissent la v
L'examen latéral de l'œil fait assez aisément distinguer opyor de l'abcèsinterstitiel de la ne IL est à remarquer toutefois que, dans les cas d’exhalation purulente directe , le pus, quoique renfermé dans la cavité de l’humeur aqueuse , est, chez beaucoup de sujets, trop épais, À op plastique, trop adhérent aux parties quide recélent, pour obéir facilement aux incli-
naisons de la tête, et changer rapidement de situation, suivant que les malades restent debout ou se couchent sur un côté ou l'autre.
Lorsque, malgré l' emploi judicieux des, moyens de traitement les plus propres à préxenir la suppuration, lhypopyon commence à se former, il convient, d’abord, de continuer à combattre l’inflammation; jusqu’ à ce que l’œil ait perdu la sensibilité exagérée, la rougeur et la chaleur qui caractérisent cet état. Ces moyens antiphlogistiques , aidés de révulsifs sur le canal intestinal, et du calomel, du séton à la nuque,des pédiluves sinapisées, et d’autres médications analogues, ont SAUT produit d’excellents effets.
Parmi les tepiques, les voculistes ont vanté les pommades irritantes (deutoxyde de mercure, 6 grains; opium pur, 8 grains; beurre frais, 2 gros); les frictions avec
l’onguent napolitain à la base de l'orbite,
les vapeurs alcalines ou celles du baume de Fioraventi, etc. Lorsque les accidents inflammatoires sont dissipés , ces moyens procurent parfois des avantages réels.
La compression de l'œil, le coucher du malade sur le dos db les frictions exercées, par l'intermédiaire de la paupière supérieure, sur la cornée, afin de AE pus dans l'humeur aqueuse, sont trop In caces, et la ponction ou l'incision dé la cornée sont trop dangereuses, pour qu’il convienne d'accorder beatcoup de co ance à ces procédés. L’incision de 1 | C conviendrait qu’autant que la collec serait très-considérable et: 1e des + à provoqués par la distension de l'œil se manifesteraient. :
Indépendamment de toute diminttion la sensibilité de la rétine, la pupille hr d CR de présenter un .état habituel
de dilatation plus ou moins considérable.
Cette affection, assez souvent sympathique de l'hydrencéphalieÿ peut être le résultat de
erses autres lésions du système nerveux et principalement de l’irritation vermin du canal alimentaire ÿ © certain à narcotico-àcres,, comme Îa b La jusquiame , la At AN à de souvent considérable
nm le sulfate de zinc, l’infusion de tabac,
ga
parfois pour cause immédiate des adhérences dé l'iris à la capsule cristalline.
© Le mydriasé à pour effet de laisser pénétrer au fond de l'œil des quantités exagérées .de rayons lumine 1x, de manière à fatiguer, à irriter la rétine , et à exposer à l'ÉRISEL ment de sa sensibilité. Beaucoup de sujets, toutefois , n’en sont pas incommodés d’une manière HéEiBTe: La persistance de la fa- ‘eülté de voir distingue suffisamment la paralysie isolée de TR de l’inaction dont cette membrane est frappée, lors de l’amaurose.
La dilâtation anormale de la pupille reconnaissant toujours des causes spéciales, c’est à rechercher ces causes que le chirurgien doit s'attacher d’abord , afin d’en obtenir Ja guérison. 1 lé HAtOn cérébrale, celle du canal alimentaire, les htprésstons spéciales de certains narcotiques, les adhérences à la capsule cristalline, attireront
donc, selon les cas, son attention, et devront .
être ét tU ES par des moyens appropriés.
Dans les cas rares et obscurs où les causes de la maladie se dérobent à l'observation, la paralysie de l'iris, considérée comme essentielle, semble ré lémploi des stimulants éxtérieurs, tels que les collÿres avec linstillation entre les paupières d’une ditsohe tiôn de deux à six grains de muriate de soude dans! une once d’eau distillée. Les volants promenés au-dessus du
, et à | intérieur l’arnica, la valériane, Mniets, , ont té conseillés. Enfin, lorsque la maladie Em rebelle à tous les traitements, on pallie assez bien les incom- 4 modités qu ’elleBhtrtte en faisant porter au jet des lunettes AIO en bleu , en vert ou en noir. y Par opposition avec la maladie précédente, ruvile présente , assez souvênt , un résse ement considérable, qui s ‘oppose à l'exercice régulier dé vision. Cet état . de Mpiacuon, quelquefois produit a | ie eux, appliqués incessamment à des objet. Hétiquts ét fortement éclairés , st su généralement lerésultat d'obhont alténé la texture de l'iris.
we ; Le V atk
"ci L Ja st ychnine par la méthode ender-
toujours , il s’accompagne d’ufie
irritation actuelle et persévérante du ford de l’œil. Il est plus rarement sympathique
dé lésions du système nerveux, comine lhystérie, l’'hypocondrie, ete.
Un rétrécissement habituel dé la pupille, LA l'absence de la lumière ne parvient pas à dilater, tel est le caractère distinctif de cette MERE OU Lorsque nulle complication ne s'y ajoute , les parties profondes sont noires, veloutées, transparentes, et la sensation visuelle est parfaitement distincte.
Cette maladie est peu grave, et se dissipe spontanément , dans les cas où des inflammations vives ne l'ont pas précédée, de manière à fixer l'iris au cristallin, ou à dé: truire les propriétés organiques de cette membrane. Les myosis de cette dernière catégorie sont presque toujours incurables.
Rappeler lesexanthèmes dont la répercussion JT avoir produit l'affection oculaire ; ; diminuer par des évacuations sanguines , des purgatifs, des bains, des révulsifs cutanés, la turgescence encéphalique et.
l'irritation des parties intérieures de l'œil; . dans les cas où les causes sont.
recourir , obscures ou indéterminables, à l'extrait de belladone ou à la jusquiame , tant à
l'intérieur qu’en applications locales et par la voie endermique, telles sont les méthodes de traitement qu'il convient, selon les cas, d’opposer au myosis.
Sous l'influence de l’irritation obscure et prolongée des membranes qui exhalent lhumeur aqueuse ou l'humeur vitrée , ces Jiquides augmentent parfois d'äbondähicé di:
l'œil devient le siége d’une véritablé hydro:
pisie, analogue à celles de toutes les autres
cavités séreuses. M. Veller l’attribue à une inflammation chronique de la membrane intèrne de la cornée et de la surface de l'iris, mflammation qui détermine cet la sécrétion abondante de l'humeur aqueuse, détruirait l'équilibre entre la sécrétion et l'absorption, et paralyserait la force absorbante. Il ignore s’il peut survenir une Aa ptite du corps vitré indépendant de cet état; mais toutes les fois qu’il a pu observer cette dernière nuance de la maladie, il a constaté qu'elle SALES sait que lorSBUE l'accumulation de l'hum queuse dans ] oitié antérieure de l’œil était déjà portée Se degré considé
rable. ni convient donc pas d’attacher une importance fondamentale aux distinctions suivantes, admises par les auteurs.
Selon plusieurs d’entre eux, il existe, en effet , trois variétés de l’hydrophthalmie , qu’ils distinguent, selon que la maladie résulte de l'exagération de quantité de l’humeur aqueuse, ou que le corps vitré, augmenté de volume et devenu plus liquidé, en est le siége, ou bien enfin que ces deux parties sont simultanément affectées.
Développée dans les chambres de lœil, l'hydrophthalmie s'annonce par la saillie plus considérable des parties antérieures de l'organe ; la cornée, sans perdre sa transparence, s’avance davantage entre les paupières, etaugmente en tous sens de dimension, au point de présenter, chez quelques sujets, une étendue quadruple de celle qui lui est ordinaire ; l'œil semble acquérir une forme ovalaire de haut en bas, due à ce que les parties moyennes des paupières s’écartent plus , proportionnellement, que leurs angles, lesquels semblent même se rapprocher.
‘On serait tenté de penser , au premier aspect, d’après sa grosseur et sa saillie, que l'organe malade a été emprunté à un ab beaucoup plus considérable que l’autre. La chambre antérieure de l'œil augmente de profondeur ; l'iris perd de sa Hobitee puis demeure immobile entre la contraction et la dilatation. Cette membrane ne devient ni concave ni convexe ; sa coloration semble seulement augmenter parfois. Enfin, le malade , au début de l'affection , est obligé de faire usage de lunettes à verres concaves; Ja vue s’affaiblit ensuite, par l'effet de la compression des parties profondes; plus tard, elle s'éteint. Lorsque la maladie est ancienne, la cornée s’irrite et perd sa translucidité.
L'augmentation de volume avec dilatation du corps vitré, est annoncée par le développement de la partie postérieure de l'œil, dont la cornée fait saillie, sans devenir HR étendue; l'iris présente en avant une convexité manifeste fparfois très-prononcée.
e dans le caS précédent, cette memroide et peu mobile ; mais cet état jue toujours accompagné d'une
est pr
pille , qui constitue, selon plusieurs ocu: .
| listes, un des caractères spéciaux de la dila-
tation du corps vitré. Le globe occulaire est plus dur en arrière, et ses mouvements sont plus gênés que REY l'autre espèce d'hydrophthalmie.
Lorsque les deux causes de l'hydrophthalmie se réunissent, les signes attachés à chacune d'elles offrent une association remarquable. L'œil présente assez ordinairement un état variqueux très-prononcé. Son volume devient parfois tellement considérable, qu'il sortten partie de l'orbite, et présente cet aspect spécial auquel les auteurs ont donné le nom de buphihalmie,
A l'hydrophthalmie se rallient constamment, comme causes, ou comme résultats |
: DAPENTA TM des altérations profondes. des
parties les ste importantes de l’œil. La :
membrane de l'humeur aqueuse a été Se y vée épaissie, opaque; la cornée transpa rante s’obscurcit, se ramollit, “s'ulcère; le cristallin, dissous dans liihète de Morgagni, perd sa transparence, et sa capsule denene opaque. La rétine et la choroïde, devenues fibreuses,, Variqueuses, épaissies, ou privées de consistance , sont souvent le siége de dégénérescences diverses, telles que le carionôme ou le fongus hématodes.
Enfin, la membrane hyaloïde se transforme assez souvent en une sorte de kÿste, r'ésistant, à cavité unique , rempli par un liquide séreux, plus ou moinsätransparent, dans lequel flottent les débris des cloisons NE rieures du corps vitré. ab Ru Quelle que soit son origines hyürop
thalmie, lorsque ses progrès se contint entraine presque toujour a} à produite par l'augmentation de la convexité des membranes antérieures et le volume exagéré des humeurs de l'œil, un affaiblis-
Rueut de plus en plus ës 0 de la vue,
puis une amaurose tellement complète , que la plus vive lumière ne produit plus aucune impression. Dans beaucoup de cas , les parties profondes et sensibles , compritnées par le liquide, contre lequel réagit la sclérotique, donnent lieu à des DURE d’abord obscures , puis plus intenses, bornées , à leur début , au globe oculaire, et qui, éten-
sorte de tremblement oseillatoire de la pu- | dues à la Brofondèur de Pan” se propa-
gent enfin à tout le côté correspondant de
‘la tête. Ces douleurs deviennent tellement
atroces, qu’elles privent les malades du moindre repos, et occasionnent les accidents les plus redoutables, et même la mort, par la propagation de l’irritation au cerveau. Lorsque la distension de l’œil est portée très-loin, et que la cornée transparente se ramollit, elle cède sur quelque point, se déchire, laisse s’écouler les liquides accumulés derrière elle, Jusqu'à ce que l’organe, graduellement réduit à un bulbe mobile , se flétrisse au fond de la cavité qu’il débordait peu de temps auparavant.
L’affection qui peut entraîner des désordres aussi considérables , est toujours, même * dans les cas les plus légers, une lésion grave. Et comme ses causes sont toujours obscures, il est généralement douteux que n puisse arrèter ses progrès , lesquels , ordinairement , Se poursuivent avec plus Où moins de précipitation ou de lenteur. !] convient d'ajouter, toutefois, que l'hydrophthalmie produite par l’exhalation accrue de lhumeur aqueuse est moins dangereuse que celle qui dépend de l’hypertrophie et de la dilution du corps vitré; tandis que celle qui dépend de la réunion de ces deux ordres de causes, l'emporte en gravité sur chacune des deux autres , considérée isolément.
Quelle que soit la variété de l’hydrophthalmie que l'on ait sous les yeux , la première indication qu’elle présente consiste dans la recherche des causes qui ont pu:la produire , et dans l'emploi des moyens pro-
pres à les combattre. La répercussion de quelque exantièe semble-telle avoir concouru à la production de la maladie? il convient de le rappeler, par tous les procédés possibles, à son siége primitif, Le sujet est-il scrofuleux, cachectique? des médications appropriées à son état seront prescrites, Une application trop constante , une ‘fatigue exagérées des yeux semblent-elles la cause de Ja maladie ? le repos le plus absolu des organes affectés, les dérivatifs sur le canal intestinal, les exutoires , les diurétiques , tels que la scille , le nitre , les baies de genièvre en poudre ou en décoction, la
digitale pourprée en poudre, administrée à doses croissantes, jusqu’à déterminer des’ vertiges et une diminution très-notable de la fréquence du pouls , tels sont les moyens les plus convenables. Le calomélas, uni à la digitale , jouit alors d’une confiance méritée. Enfin, dans le cas d’irritation plus vive de l’œil , et chez les sujets pléthoriques, les évacuations sanguines générales et locales devront précéder ou accompagner l'emploi des médications indiquées.
Divers topiques ont été préconisés contre l'hydrophthalmie. Parmi les plus remarquables , sont rangés les collyres mucilagineux et opiacés, lorsque l’irritation est encore vive; les sachets aromatiques, secs et chauds, chez les sujets lymphatiques ; les frictions avec l’onguent mercuriel et la digitale, ou l’opium, sur le contour de l'orbite et le front. Le baume de vie de Hoffmann, la teinture aromatique, l'ammoniaque , em.
ployés également en frictions, peuvent produire de bons effets. Une compression uniforme et constante , exercée sur l'œil offrirait peut-être des avantages, si le sujet pouvait la supporter. | . En général, il importe de ne recourir aux médicaments spéciaux, aux révulsifs, aux excitants, que lorsque l'irritation locale a été combattue avec énergie, et complétement détruite par des antiphlogistiques.
Lorsque la douleur oculaire devient intense, que la maladie a résisté à tous les moyens de traitement, et que le volume de l'œil est considérable , l'indication de vider, en partie ou en totalité, l'organe affecté se présente. Dans le premier cas, on n’évacue que l'humeur aqueuse; dans le second, toutes les parties liquides intérieures doivent s'échapper, et l’œil se réduire à un bulbe peu volumineux et mobile au fond de l'orbite.
Pratiquée par les anciens , la once de l'œil fut régularisée par Nuck. Ce chirurgien se servaittd’un petit trois-quarts qu’il plongeait au centre de la cornée, Woolhouse l'enfonçait dans la chambre postérieure ,+à travers la sclérotique. Le couteau à cataracte est généralement préféré à ces instruments spéciaux. Le séton porté tra où chambre antérieure , au moyen
Le
est oublié avec raison. La nécessité de la ponction étant établie , le chirurgien, après avoir fait placer ntemablement le sujet, plonge à à la partie inférieure de la cornée, soit l extrémité d’une lancette , soit un couteau à à cataracte, et y pratique une incision de deux à trois Tone. L'humeur aqueuse s'écoule aussitôt, et continue à suinter pendant les jours suivants. Aucune mèche ne doit être introduite dans la petite plaie :
elle serait plus nuisible, en irritant les partes, qu'utile par la persistance de l’écoulement qu’elle pourrait assurer. Les paupières seront rapprochées après la ponction ; une compression médiocre pourra être exercée sur l’œil, et il conviendra de redoubler d'énergie , dans l'emploi des traitements indiqués par la nature de la maladie,
Si l'humeur vitrée semble être spécialément affectée, le couteau ou la lancette pourront être portés sur lui, à travers la sclérotique. L’incision peut être faite alors, à trois ou quatre lignes en arrière du bord de la cornée, et former une ouverture-dirigée d’arrière en avant, parallèlement à la marche des vaisseaux et des nerfs. Cette dernière opération est de beaucoup plus incertaine que l’autre dans ses résultats.
La ponction antérieure , par la cornée, a pu être renouvelée plusieurs fois sur le même œil , à mesure que l'humeur aqueuse se reproduisait, et l’art possède quelques exemples de guérisons obtenues de cette manière.
Lorsque l’œil est devenu variqueux, que les douleurs sont très-intenses , et la buphthalmie très-prononcée, la ponction ne suffit plus. L’œil doit être détruit. Les chirurgiens n’incisent plus crucialement la cornée, selon le conseil de Celse; ils n’ont plus recours à la section faite sur la sclérotique,
dans la chambre postérieure rene Is
préfèrent avec raison la résection de la cornée, pratiquée , soit au moyen deWinstrune de Demours, soit, mieux encore, selon le conseil de San ‘avec le couteau à cataracte, qui É.. à une moitié de la cir-
conférence de nn embrane, dont le lam- : L dés eÉ
beau est saisi avec des pinces et séparé avec
se
ciseaux , ainsi que Je l'aiexposé à à l’ocdu staphylôme de la cornée. #
dé] Fr
- des variétés assez nombreuses ,
de l'iris. On observe alors :
57 h PuPILLE ARTIFICIELLE,
Quelques sujets naissent avec la membrane pupillaire intacte, l'iris imperforé, et sont par conséquent frappés de cécité congénitale. Telle était la situation de la Jeune fille pour laquelle Cheselden créa l’opération de la pupille artificielle. Dans le plus grand nombre des cas, l’atrésie est accidentelle , et dépend de lésions diverses de texture, survenues , sous l'influence de l’inflammation , à l'iris , à la c cornée transparente ou au isiailin.
Les lésions qui oblitèrent , rétrécissent à un très-haut degré ou rendent inutile l’ouverture de l'iris, peuvent présenter, soit à raison des causes qui les occasioñnent, soit par leurs combinaisons ou complications toutes importantes à connaître , parce qu’elles doivent être prises en Fi Aa considération lors de l'opération de la pupille artificielle.
1° La cornée transparente conservant son état normal , la pupille peut être éblitérée :
Par la persistance de la membrane pupillaire ; : .
Par une pseudo-membranesépaisse, ou des exsudations plastiques moins consistantes., produites par l’inflammation ;
Par le resserrement graduel et l’adhérence du contour interne de l'iris à luimême. r
2 Ces lésions peuvent être compliqu d’altération à la cornée, dont l'affection à
été, dans beaucoup de cas , la cause de celle *
L’adhérence de cette membrane à la cornée (synéchie antérieure), la pupille n'étant que peu compromise, mais correspondant à une tache plus ou moins é aisse êt large du miroir de l’œil ; as
. L’adhérence avec A * ment extrême ou oblitération complète de la pupille.
3° Aux altérations de l'iris peuvent se joindre. celles des parties plus profondes dl 11. Ce sont :
L’adhérence de l'iris à la capsule du cristallin (synéchie postérieure), la pupille étant très-resserrée ou, effacée ; 4
L’adhérence à la cap$ule devenue ellemême opaque;
Le plaucôme, l'atrophie du corps vitré ou
l'amaurose.
«4° Deux altérations , indépendantes de + Viris, peuvent encore exiger la pratique de — laipupille artificielle et doivént , par conséquent, trouver place i ici, Ce sont :
En avant de l'iris, les opacités irremédiables de la cornée, placées vis-à-vis’ dé la pupille , assez HAE pour ne pas.permettre one lumineux d’arriver jusqu’à elle, tout en laissant de lärges portions transparentes vers la circonférence de la membrane :
En arrière, l’opacité de la cavité du corps
itré : 4 reçoit le cristallin, lorsqu'elle suëécède à l'opération de la Gta ee, et résiste à tous les moyens de traitémEht; a” à Avant d’ entreprendre aucune opération de pupille artificielle, le chirurgien doit fixer son attention sur les points suivants : AI est de nécessité absolue que la vision soit abolie, sinon d’une manière complète, ins x" un tel degré que ce qui en reste, imparfait pour être utile au malade, puisse être sacrifié sans a goraver sensiblement son état. L’ opération étant de nature à déterminer, én même temps que des accidents graves, la -désorganisation,de ce qui est encore sain dans l’appareil oculaire, il est évident que cette chance ne doit être courue que "par les personnes qui n’ont d’ ailleurs plus rien d’important à perdre. Il y a plus on ne doit pas opérer de la pupille artificidfle un œil, bien que placé dans les conditions dont il s’agit, lorsque l’autre est encore sain, parce que, indépendamment de la possibilité de rendre ce dernier malade, l'opération, en plaçant les deux organes dans des conditions très-différentes , aurait pour résultat de troubler leur action. 2° Le corps hyaloïdien et la rétine doivent avoir conservé , lun son volume, sa consistance et sa translucidité, l’autre sa sensi- «bilité normale, conditions sans lesquelles l'opération serait nécessairement iñfructueuse. La forme , les dimensions, la consistance du globe de l'œil; linjection des vaisseaux de la sclérotique, de {a choroïde, wdes corps ciliaires ; ’inflaimation habituelle et chronique de la conjonctive , sont autant de points qui méritent un tes à
3° Bien que, dans certains cas, la rétine, privée depuis longtemps des impressions lumineuses, ait paru suspendre ses fonctions plutôt que les cesser entièrement, puisqu'elle a pu les exércer LE I ENS après l'opération, comme les exemples de ce genre sont rares, et que l’on ne possède aucun moyen de les distinguer, à priori, de ceux où l’amaurose existe tement ‘il convient de s'abstenir d'opérer, toutes fs fois que les sujets ne peuvent distinguer le jour ou la lumière vive de l'obscurité. Si, dans les
| cas douteux, il juge convenable d'agir, le
chirurgien ne doit le faire qu'avec circonspection , et après avoir prévenu des incertitudes dont le résultat est environné. Cette régle s'applique à toutes les altérations du globe oculaire , qui constituent des contreindications At plus positives qu’elles sont mieux caractérisées et plus profondes.
4° Dans les cas d’opacité de la cornée, il est indispensable que le quart au moins le cette membraneaïtconservé sa transparence, afin que l’ouverture faite à l'iris puisse recevoir une quantité de rayons lumineux suffisante pour rendre la vision utile, Les chambres , et spécialement l’antérieure , doivent également avoir conservé, vis-à-vis du siége de l’opération, leur profondeur normale, car l’expérience a démontré Que, si cette disposition n'existe prs> la création de l’ou- -verture nouvelle n’a que des résultats fort médiocres.
5° Le jeune âge doit être considéré, à raison de la mobilité des yeux, de leur irritabilité et de l’indocilité des sujets, comme “une condition défavorable. Les règles qui président à l’opération de la cataracte sont sénéralement applicables , sous ce rapport, à la création d’une pupille nouvelle.
6° Enfin, Wadhérence de l'iris au cristal- En , et l’'opagtté de ce corps ou de sa membrané ,) entraînent la nécessité absolue de pratiquer l'opération de la cataracte; et de ne recourir à celle de la pupille selle, que lorsque la mue suffit pas pour rétablir la Vision. Quelques oculis rejettent l'opération , tourelles fois ne ‘on bérences s'étendent à à plus ou à moins du tirs de la cificonférence de la pupil n
déta de cette limite, elles peuvent, dise
Lo | * LÉSIONS DE L'APPAREIL DE LA VISION. 59
ils, être qe ites , en n'ikénie temps que l’on agit sur Je eñétallin ôpaque, pour le dépla= cer ou l’extraire. Plus considérables, au contraire , elles hécessiteraient de tels tirail- Jements dans la pupille que l’iritis deviendrait inévitable. Ces données sont trop absolues :
lorsque la vision est abolie, le chirurgien doit constamment, quoique avec prudence, obéir à cet axiome : melius, anceps quam nullum.
Sur le plus grand nombre des sujets , le point de la cornée vis-à-vis duquel la nouvelle pupille doit être ouverte, est commandé par le siége et l’étendue de la maladie. Mais, lorsque la nature de Paltération laisse le choix au chirurgien , il doit préférer à tous lés autres endroits le cénire de la pupille.
Après ce point, Viennent successivement , comme lieux d'élection, le côté interne, puis l’externe, ensuite l'intérieur et enfin la partie supérieure, qui de toutes id la moins avantageuse.
Pratiquer à travers l'iris une ouverture
nouvelle, destinée à remplacer la pupille naturelle oblitérée, obstruée, ou rendue inutile par des obstacles à la vision, situés devant ou derrière elle , tel est d'objet de l'opération dite de la pupille artificielle.
Cette opération, due au génie de Cheselden ; peut étre exécutée suivant trois méthodes principales, à chacune desquelles se rallient de nombreuses modifications, et qui ont pour caractères : 1°lincision simple ou composée de l'iris ; 2° l’excision de portions plus ou moins considérables de cette membrane ; 3° la séparation de sa grande circonférence d’avec le cercle ciliaire.
Il est facile d'arriver à l'iris, afin de l'inciser, par la chambre postérieure ou par la
bre antérieure de l'œil. 5 +
… Cheselden, Sharp et plus récemment MM. Adams, Wardrop, Weinhold, “ “ ont adopté la premiére de ces voies. Quel s qu'ils soient, les instruments doivent alors ètre portés sur la sclérotique, à deux lignes environ derrière la cornée, un peu au-dessous du niveau de l'extrémité externe du diamètre transversal de l'œil. Dirigés de telle sorte qu’un de leurs bords corresponde en avant et l'autre en arrière, et de manière à faire une incision parallèle à à la direction des
vaisseaux et des nerf ciliaires, ces instru ments doivent être glissés derrière l'iris, et dirigés ensuite contre cette membrane, sans toucher, s’il se peut, au cristallin ou à la capsule.
Cheselden se servit d’un couteau à lame étroite ; tranchant d’un seul côté. L’ayant fait pénétrer dans la chambre postérieure , il traversa immédiatement l'iris d’arrièreen avant à sa partie externe, puis continuant à pousser l'instrument jusqu’au côté interne, et appliquant le tranchant contre la membrane, il l'incisa iransversalement, dans les deux tiers environ de son étendue. Sharp adopta ce procédé, que M. Wardrop vient de rénouveler, en le pratiquant avec l’aiguille à cataracte, substituée au' couteau.
M. Adams , après avoir incisé l'iris, comme Cheselden, porte son couteau contre le cristallin, divise ce corps, le broie, disperse ses fragments, et surtout s'applique à en interposer quelques débris entre les lèvres de la plaie de l'iris , afin de prévenir sa rétraction.
Un chirurgien allemand , M. Weinhold connu par Hinvalitiol de quelques instr ments ingénieux, se sert de ciseaux sh © déliés pour former une aiguille lorsqu'ils sont fermés, Introduits ainsi dans la chambre postérieure, le chirurgien les ouvre, fait passer une de leurs lames à travers l'iris :
incise cette membrane transversalement , puis, s'attaquant au cristallin , il abaisse cet organe dans le corps vitré avant de retirer l'instrument.
Inciser d’abord verticalement l’irisavecune aiguille en fer de lance, portée < au lie Pélection pour l'opération de la cataracte, puissur l'extrémité de cette section en conduire une seconde, transversale, de manière à former un Mabésu triangulaire semblable à celui de M: Maunoir, tel est lerprocédé préconisé par Bagita. Il est d’une exécution fort difficile, à raison dela mollesse de la membrane, qu’ils agit de diviser.
Des incisions analogues ont été pratiquées par lathambre antérieure.
La plupart des chirurgiens qui attaquérent la cornée pour pénétrer jusqu’à Piris #1 l'ont fait en Mn 2 première de ces membranes comme s’il s'était agi de l'opé-
ration de la cataracte par extraction, L'incision doit être seulement un peu moins étendue. Ils ont, en général , établi ce précepte , dans les cas d’opacité de la cornée, de porter le couteau sur des portions saines de cette membrane, afin d'éviter les obstacles que son altération pourrait opposer à la cicatrisation de la plaie. L'expérience, toutefois, n’a pas justifié cette crainte. Elle autorise au contraire les praticiens à inciser la cornée sur ses portions opaques, et à imiter en cela Richter, Beer, et quelques autres oculistes. Ce procédé permet de profiter des parties encore transparentes de la membrane, que la cicatrice eût réduites ou peut-être effacées.
Janin pensait déjà que, pour rendre la nouvelle pupille permanente , il fallait que les fibres rayonnantes de l'iris fussent divisées transversalement, de manière à per-
mettre aux fibres circulaires d’écarter les |
lèvres de la plaie. Afin de remplir cette indication, Janin , après avoir incisé la cornée, portait dans la chambre antérieure de l'œil des ciseaux, avecune des branches desquels il traversait l'iris, puis y faisait uneincision werticale, placée un peu en dedans de la “pupille normale ou. du centre de la mémbrane. Pellier, qui adoptait dans les cas ordinaires le procédé de Janin, se contenta une fois d'agrandir la pupille normale avec des ciseaux guidés sur une sonde cannelée,
Guérin incisa crucialement avec le couteau à cararacte le centre de l'iris, et y fit quatre lambeaux, dont les pointes , en s’é- Cartant sur leur base, laissèrent libre une ouverture assez large et de forme arrondie, Ce procédé fut adopté par Flajani , qui l’exécuta avec l'aiguille à cataracte.
Richter pratiquait une incision , verticale ou horizontale , avec le couteau de Cheselden, porté sous le lambeau de la cornée.
L’aiguille à cataracte. conduite de la même
manière , semble plus commode à Reichen-
bach. Beer incisait du même coup la cornée et l'iris, à peu près comme Wenzel le faisait pour la capsule du cristallin, dansd'ôpération de la cataracte par extraction. [. Velpeaua modifié ce procédé, en faisant usage d’un couteau tranchant des deux côtés , et
allongé comme une lancetie à du de
serpent. Ayant pénétré dans la chambre
antérieure de l'œil, ce chirurgien traverse d’abord l'iris d'avant en arrière, puis une seconde fois d’arrière en avant, après un trajet de deux à trois lignes, et continuant à pousser l'instrument, les deux tranchants agrandissent la double incision, et détachent d’un côté la portion traversée de l'iris , avant que la pointe arrive à l’extrémité opposée du diamètre de l’œil, contre la face interne de la cornée, Cette membrane ne présente dès lors ‘qu’une seule ponction. Il résulte de ce procédé un lambeau iridien , libre en bas , à pédicule fori étroit en haut, qui se retire sur son point d’adhérence, etdisparait. Quelquefois même le pédicule étant coupé , l'iris éprouve une véritable perte de substance.
À travers une petite incision de la cornée, M. Weller porta dans la chambre antérieure une aiguille à cataracte, recourbée , traversa l'iris, y fit une srande incision verticale, et, s’apercevant que le cristallin était opaque, reporta l'instrument sur ce corps, le déplaça et l’attira entre les lèvres de la nouvelle pupille, afin de les empêcher de se réunir.
Des ciseaux dont les tranchants sont placés en dehors, et qui, fermés, représentent assez bien le couteau de Daviel, étant portés dans la chambre antérieure, arrivent jusqu'à l'iris, traversent cette membrane, puis étant ouverts, servent à y pratiquer une incision de grandeur convenable. Cette ingénieux procédé semble avoir été suggéré à M. Montain par la manière d'agir du lithotome caché dans l’opération de la taille.
Fondé sur l'étude anatomique de l'iris, et conforme aux idées déjà émises p ar Janin , le procédé de M. Maunoir a eu un retentissement très-considérable. Il con siste , après avoir incisé la cornée , suivant le mode ordinaire, à porter dans la chambre antérieure de l’œil, des ciseaux coudés dans le sens de leurs bords, et dont la lame correspondant à la convexité de la courbure est aiguë, tandis que l’autre est mousse.
Avec la pointe aiguë de ces ciseaux, le chirurgien traverse d’abord l'iris près de sa circonférence et l’incise jusqu’à la pupille
LÉSIONS DE L'APPAREIL DE LA VISION, Ke | 61
naturelle. Reportant ensuite l'instrument sur un autre point, il fait à la membrane une seconde incision, laquelle partant également de la circonférence et se rendant au centre, circonscrit avec la première un lambeau triangulaire ; celui-ci se recroqueville sur sa base , et laisse libre une ouverture étendue, qui se confond avec la pupille normale , lorsqu'elle existe encore.
M. Carron du Villards à imaginé pour cette opération des ciseaux plus déliés que ceux de M. Maunoir , dont les lames sont maintenues écartées à l’aide d’un ressort, et qui présentent à leurs branches , au lieu d’anneaux, des manches analogues à ceux des dnitémet à cataracte. Si cet instrument peut être plus aisément présenté dans toutes les directions aux parties sur lesquelles il doit agir, cet avantage semble compensé par une moindre solidité dans la main qui le tient et le dirige.
Les règles générales établies plus haut, relativement à la pénétration des instruments à travers la sclérotique ou la cornée transparente, sont parfaitement applicables à la séparation du bord ciliaire de liris d'avec ses adhérences, opération qui, de même que les précédentes, peut être pratiquée par la chambre antérieure ou par la chambre postérieure de l’œil.
Une aiguille à cataracte, un peu plus recourbée que celle dont il se servait ordinairement, étant introduite dans la chambre postérieure de Pœil, comme s’il s'agissait d’abaisser la cataracte , Scarpa allait avec la pointe de cette aiguille, dirigée en avant, accrocher la portion interne et supérieure de la circonférence de l'iris, l’attirait vers le centre de la membrane, et la détachait de ses adhérences dans l’étendue de quatre à cinq lignes.
Vers la fin de sa vie , Scarpa pratiqua le même procédé à travers la cornée,
Léveillé, en imitant Scarpa , se servit de l'aiguille à cataracte ordinaire, et commenca par abaisser le cristallin. Adam Schmidt, Flajani, Himly, Beer, Riecke et plusieurs autres chirurgiens , ont suivi les traces de Scarpa et Léveillé, sans rien ajouter d’important à leurs procédés.
Bonzel s’écarta de la route suivie par ces
“détacher, et de l’amener à
praticiens : : il fit d’abord à la cornée; une petite incision , ayec le couteau à catar:
puis, à th we la plaie, glissawdans la 1 chambre antérieure un crochet délié, avec lequel il alla saisir et décoller l'iris.
M. Frattini se sert de l’aiguille comme Scarpa , mais après avoir traversé la cornée, il va, en la faisant remonter, piquer le bord ciliaire, qu’il incise plutôt qu’il ne le détache. Ce procédé ne trouvera que peu d’imitateurs. ;
Des exemples trop nombreux de pupilles artificielles , d’abord larges et successivement rétrécies et effacées , ayant été observés, les chirurgiens a pensé que cet insuccès pourrait être sûrement évité en amenant la portion séparée de l'iris à la plaie de la cornée, et en l’y mat Jusqu’à la formation des adhérences nécessaires pour J'y fixer.
Les instruments imaginés pour pratiquer cette opération sont très-nombreux. Il suffira d’en donner ici une idée sommaire. *
M. Langenbeck, après avoir fait à la cornée une incision de deux lignes d'étendue, à trois lignes environ du lieu où le décollement doit être opéré, introduit dans la petite plaie un crochet délié, contenu dans un tube en or. Lorsqu'on presse sur un bouton placé près du manche, le crochet sort de sa gaine, et peut traverser l'iris; un ressort en spirale le fait rentrer, au contraire , lorsque la pression cesse, et la portion traversée se trouve saisie. Il devient, dès lors, facile en tirant sur elle, de la la plaie extérieure , dans laquelle on l’engage.
Le coréocion de M. Langenbeck a été difié légèrement , F,
Lie mOo-
M. Jungken. Les instruments de Reisiigen.
tant des aiguilles lorsqu'ils sont fermés, s'ouvrant à la manière des pinces , et pouvant ainsi saisir facilement et solidement l'iris. Ce luxe chirurgical est sans utilité réelle.
Le raphian-kystron de M. Embden diffère des instruments précédents en ce qu'il présente une aiguille à cataracte , sur laquelle est adapté un crochet. Lorsque l'aiguille a
pénétré à travers l'iris où la cornée, le crochet mobile, étant poussé en avant, de 2 pointe et peut aller traverser et saisir l'iris:
D’autres crocligts masqués , adaptés à deé
sigles Mint été imaginés par divérs thi-
iens, et leur manière d’agir est trop
facile à à comprendre pour qu’il soit méces=
saire de s’y arrêter.
: Voulant combiner l'incision de l'iris avec le décollement de sa grande circonférence , M. Donégana fit construire unesaiguille, recourbée en forme de faucille, et trans:
chante du côté de sa concavité. Cette aiguille étant portée, à la manièreaccoutumée, sur la ,sclérotique, parcouft la chambre péétéMette de l'œil, et sert à détacher la portion opposée du bord ciliaire de l'iris.
Tournant ensuite le tranchant de l’instru:
ment contre le lambeau ;sle chirurgien trape. 2 -ci à sa base, et le divise perpendiculairement à son bprel libre. La nouvelle pupille présente la forme d’un ‘iriangle irrégulier, dont les bords tendent plus tard à s 'arrondir., ,
Le procédé d’Assalini ne diffère de ceux de Beer, de Reisingen et autres chirurgiens diiilntel qu’en céque, après avoir saisi l'iris avec une pince à crochet, introduite dans la chambre antérieure , et avoir attiré le bord'idéta é de cette sh M à la plaie, au na de l'y fixer, le chirurgien italien continue à le faire saillir au dehors et en retranche une portion avec les ciseaux de Daviel.
Wenzel ineisait la cornéé comme pour
l'opération de la cataracte par extraction;
t du même coup la pointe de F4 coûteau vers l'iris; il y pratiquait une incision demi-circulaire. Des pinces servaient à saisir ensüite ce lambeau ; et des ciseaux à le retfäncher. Ce procédé a été légèrement modifié par Demours.
Walter; après une incision de trois lignes, faite à la cornée, va saisir l'iris avec un crochet, l’attire au dehors et en retranche une partie. M. Lallemand s’est servi de la même manière d’une pince à érigne, à branches très-déliées.
Gibson, Beer et quelques autres oculistes se sont contentés de faire à la cornée une
ponction peu étendue; puis, pressant doucement sur l'œil; ils ont détérminé la formation d’uné procidence de l'iris, dont il devenait dès lors facile de saisir et de retrancher la portion saillante;
Inciser la cornée, puis porter dans la chambre antériéure ; sur l'iris, des pinces terminées par deux espèces de godets tranchants , de manière à y faire une pertede substance arrondié, tel est le procédé de Physick. Il n’a pas eu encoré en France d’imitateurs:
Attachant unie grande importance à exciser une portion dé l'iris en place, Weinhold, Kunstmann, Giorgi, ont imaginé des instruments composés ; aiguilles-couteaux, où aiguilles-ciseaux; lesquels, portés dans l'œil, à travers la cornée ou la sclérotique, servent à traverser l'iris; à le saisir et à opérer sa résection. L'art est plus encombré qu’enrichi par les acquisitions de ce genre,
Quelques oculistes, Riecke entre autres, ont essayé dediviser la sclérotique etd’introduire par la chambre postérieure les instrumerits destinés soit à exciser l'iris en place, soit à l’attirer en dehors, de manière, à pouvoir retrancher une portion de sa substance.
M. Muter ; après avoir fait à la selérotique; près sa la cornée ; une ponction peu étendue, y plonge uné lame de ciseaux dont l’autre lame traverse la cornée, de telle sorte que l'iris, compris entré clés peut être divisé jusqu à son bord pupillaire. Deux incisions ainsi faites, permettent de circonscrire un lambeau dont le sommet, attiré en dehors, est facilement retranché,
Dans l'intention d'agrandir le champ des applications de l’opération qui nous occüpe, quelques personnes ont tenté, non-seulement de placer la pupille nouvelle plus loin qu’on ne l'avait encore fait du centre de l'œil, mais de créer, pour livrer passage aux rayons lumineux , des points transparents là où il n’en existe æaturéllément pas: Autenrieth imagina de pratiquer à la selérotique el à la ide une perte de substance qui permit aux faisceaux lumineux de pénétrer, par un des côtés de l’æil, jusqu'à la rétine. Les essais tentés sur les animaux vivanis n’ont pas réussi et l’on peut considérer cette idée comme définitivement aban-
donnée. Il en est de même de l’excision de la * cornée, devenue opaque, proposée par Darwin et d'autres. à "Adams, dans les cas d’opacité centrale de la cornée , sans rétrécissement notable de la pupille, pensa que l’on pourrait déplacer cette ouverture, l’allonger , la faire corress . pondre à des portions demeurées transparentes de la membrane antérieure. Pour cela, après avoir fait à la cornée une ponction , il déterminait le prolapsus de l'iris, saisissait la portion sortie, et la fixait à la plaie en déplaçant la pupille. Ce procédé a été pratiqué avec de légères modifications par Himly, qui alla saisir l'iris avec un crochet au lieu de lui laisser faire saillie au dehors. Embden, aû contraire, après avoir provoqué la dilatation de la pupille au moyen de la belladone, plongea son raphian-kystron dans la chambre postérieure de l’œil, saisit le bord pupillaire, le renversa en arrière, l’aitira et le maintint dans la plaie de la sclérotique. ‘
Je dois presque m’excuser d’avoir accordé tant d'espace à la fastidieuse indication des procédés relatifs à la pupille artificielle” : mais cette opération a été déjà si souvent pratiquée, les circonstances qui la nécessitent varient tellement entre elles , et les . chirurgiens qui l’ont mise en usage attachent une si grande importance au mérite, presque puéril, d’avoir changé quelque chose à ce qu’avaient fait leurs devanciers, que, partie par nécessité, partie en cédant à l’entraînement d’une sorte de mode, je n’ai pu me dispenser d’entrer dans des détails dont il m’eût semblé convenable de laisser, dès maintenant, la plus grande partie dans l'oubli qui lés attend bientôt. Que l’on me sache cependant gré encore des dénominations trop barbares, des instruments trop étranges que j'ai eu le courage de sacrifier. . |
L'examen comparatif a. re que nous avons décrites, fournitles résultats suivants :
1° L'incision simple de l'iris est généralement suivie, sur quelque point et suivant quelque direction qu’on la pratique, du rétrécissement, et après un temps assez court, de l'oblitération de la nouvelle pupille,
2° Bien qu’à un moindre degré, et seule-
ment après un temps plus long, les incisions.
composées, en V ou autres, présentent le
. ?. © . ve CA , même inconvémient, Les difficultés dépen-
dant de la flaccidité de l'iris et de la po 1-
bilité de blesser le cristallin et sa capsule, .
sont d’ailleurs plus marquées dans ce mode opératoire que dans le précédent, |
8° Il est spécialement applicable, toutefois, aux cas d’atrésie congénitale de la pus pille ; il peut être employé lors de l’oblité-
‘ration accidentelie ; et dans ces deüx
circonstances, le procédé de M. Maunoir semble être celui qui présente le plus d’avantages.
4° L’iridectomie promet incontestable ment des résultats plus assurés que#le:
lambeaux; elle n’est pas d’une exécution beaucoup plus difficile, et elle convient. dans la plupart des cas. Les procédés de Beer, de Jungken ou de Lallemand, peuvent sérvir parfaitement à l’exécuter. “
5° L'iridodialysie offre les inconvénients graves de placer, la nouvelle pupille trop loin de l'axe de l’œil, de déterminer des épanchements sanguins parfois abondants, et de metire moins sûrement que l’iridectomie à l'abri de la récidive. La fixation du lambeau à la plaie où son incision,.
dient. que faiblement à ces imperfections.
| Cette opération convient cependant lorsque
le centre de la cornée est opaque dans une | orande étendue , que la surface cristalline | du corps vitré a perdu sa transparence apres | l'opération de la cataracte, et enfin lorsque | d’autres opérations ont été pratiquées sans | succès. Les procédés de Scarpa, de Græfe et | autres analogues , doivent alors* mériter la | préférence,
6° En général, l'opération à travers la
| cornée est préférable à celle par laquelle on divise la sclérotique : celle-ci ne doit étre | mise en usage que dans des cas exception=
nels, lorsque la cornée f par exemple, est
| trop largement affectée.
7° Le cristallin doit être abaïssé ou extrait,
| toutes les fois que son opacité est reconnue ;
| la prudence exige qu’on en agisse de même | lorsque, par le jeu des instruments, on pré- | sume que ce corps ou son enveloppe ont été
atteints ou blessés pendant l'opération,
«8° Dans tous les cas, et par quelque procédé qu’on opère, il importe de donner à la
nouvelle pupille les dimensions les plus
considérables possibles.
9° Enfin, malgré toutes ces précautions, l'opération de la pupille artificielle est une de celles dont le succès est le plus douteux, à raison, soit des accidents qu’elle peut entraîner , soit des récidives auxquelles «elle laisse les malades exposés. Il est à regretter que nous ne possédions aucun renseigne-
ment authentique sur les proportions des :
succès aux revers après son emploi.