SUR LES OPÉRATIONS ED LES PANSEMENTS
fournissent quelquefois des flots de sang noir qui menacent en peu d’instants Ja vie du sujet. Cela a lieu surtout dans les opérations pratiquées près des grandes cavités, comme au cou et à,la base des membres, où de.grosses veines sont intéressées. Les efforts des malades, leurs cris et tout ce qui ralentit l’action sltbondit o, détermine, entretient et augmente les hétmufidètes de ce genre. Le meilleur moyen d'y remédier consiste à suspendre un instant l’action des instruments, à rassurer le malade, à l'engager à respirer largement, sans effort, LR . manière à ce que la circulation pulmonaire soit libre et sans entrave. On voit alors l’écoulement du sang veineux cesser de luimême et ne plus reparaître si les mêmes causes ne le reproduisent. .
Leschirurgiens du moyen âge attachaient
une haute importance à prévenir les douleurs ie les opérations entraînent après elles ou à les empécher d’étrefsenties. Pour cela , ils prodiguaient les narcotiques à l’intérieur, ou engourdissaient les parties à / l'aide de ligatures circulaires très-serrées. Mais ces précautions, plus nuisibles qu’utiles, sont aujourd'hui rejetées de la saine pratique. On se contente, chez les sujets tres-sensibles et très-irritables , d'administrer, quelque temps avant l'opération , une potion antispasmodique légèrement opiacce : : c'est dans la célérité, et dans la manière méthodique de faire agir les instruments, Le là chirurgie aréclecels trouve les plus sûrs moyens d’ abréger les douleurs du malade , et de abiainitle leur violence.
L’ bémorsatie et la douleur étant. à laide des préparations indiquées , écartées autant que possible des opérations, deux accidents peuvent encore entraver celles-ci et jeter le chirurgien dans de grands embarras : ce sont les mouvements convulsifs et les défailances réitérées du sujet: Dans le premier cas , il faut suspendre l’action des instruments, et attendre, pour continuer, que le calme soit rétabli. Quelquefois, on est obligé, afin de prévenir cet accident, ou de ne pas trop fatiguer le malade, de séparer l'opération en deux temps, que l'on exécute à des intervalles plus ou moins éloignés. Les opérations de la fistule lacrymale
et de la taille sont spécialementsusceptibles
d’être ainsi divisées. Quant aux défaillances,
elles ont lieu plutôt par la perte du sang et par la crainte qu’éprouve le sujet que par toute autre cause. Les douleurs de l’opération sont plus propres à les dissiper qu’à les produise eb quoiqu'elles se manifestent , il n’en faut pas moins continuer d’épérer, pourvu toutefois que l’on ait arrêté d’abord l’hémorragie, si elle existait.
M. Wardtôs propose même de jeter lou-
jours les sujets craintifs et irritables dans un état profond de syncope avant de les opérer ; et pour cela, il leur tire tout à coup une quantité plus ou moins considérable de sang. Suivant lui, les suites de l'opération sont alors plus simples et plus favorables que dans les cas ordinaires. Cette pratique peut être utile chez quelques individus; mais la brusque soustraction d’une grande masse de sang , immédiatement avant une opération, est “AScsgtiBte aussi de présenter des inconvénients trop graves pour 1 l'on puisse l’autoriser comme précepte général , et il ne semble pas’ que l'exemple du praticien anglais ait encore trouvé beaucoup aitfitatéttebt
L'opération étant terminée, le chirurgien doit procéder à la recherche des vaisseaux divisés. sur lesquels il n’a point encore placé de ligature. Les Fontaines ataloniques le buidéront toujours sûrement dans la recherche des gros troncs ou des branches
principales ; et, leurs extrémités étant dé-
couvertes , il les saisira au moyen de pinces à ligatures , tandis qu’un aïde les étreindra d'un ruban de fil ciré. Cette ligature immédiate des vaisseaux est le moyen le plus simple et le plus efficace d’arrèter les hémorragies. Les fils cirés ne ‘froissent | pas les plaies , ils n’opposent que peu d’obstacles à la réunion de leurs bords ; leur action non plus que leur présence nipcecait pas sensiblement l'irritation des tissus ;et toutes les fois qu’on peut les employer, à doivent être préférés au tamponnement, à la cautérisation, auûx caustiques et aux autres moyens analogues d’arrèter les hémorrapies.
ya, ainsi que nous le démontrerons plus doit k plus de sûreté, sans qu'il y ait
moins de simplicité à à pratiquer la ligature qu'à recourir à la torsion des artères , procédé récemment préconisé jusqu’à l’enthousiasme , et qui déjà semble tomber en une désuétude prématurée. La torsion ne doit ètre considérée que comme un moyen succédané de la ligature.
Quoi qu'il en soit , lorsque le vaisseau, se dérobant à l’action des pinces, ne peut être ni saisi, ni lié, ni tordu, une compression directe exercée sur son ouverlure, où mieux encore une compression éloignée, pratiquée sur son trajet, entre le point de sa division et le cœur, sont souvent fort utiles, Mais ces moyens fatiguent toujours les parties; leur action diminue facilement d’intensité par l’affaissement des tissus , ou le relâchement des appareils, et l'hémorragie qu'ils avaient d’abord arrètée reparaît assez souvent après un temps très-court,.
Aussi. la cautérisation avec le fer incandescent doit-elle encore mériter la préférence Sur la compression, toutes les fois que le vaisseau est ouvert au fond d’une plaie étroite, et au-milieu de parties sensibles et irritables, dont l’inflammation serait augmentée par le tamponnement. Quant aux caustiques, tant usités autrefois, ils sont définitivement et presque universellement rejetés. *
Les détails relatifs au manuel de ces diverses opérations hémostatiques appartiennent d’ailleurs à l’histoire des lésions des artères, et y trouveront leur place.
La: solution de continuité étant entièrement débarrassée du sang qui recouvre sa surface et ses bords, on rapproche ceux-ci autant que possible, et l’on procède à une réunion aussi exacte que le comporte la disposition des organes. Des emplâtres agolutinatifs servent or dis Ana à cette partie au pansement ; un morceau de linge percé de trous et enduit de cérat, étendu sur la plaie, prévient le collement des gâteaux de charpie dont on la recouvre; et quelques compresses , soutenues par un bandage approprié, complètent l'appareil.
Le sujet doit être ensuite replacé doucement dans son lit, et la partie opérée située de manière à ce que, libre de toute compression, elle n'éprouve aucune fatioue, Il
LINRE,L./CHAPITRE I. GÉNÉRAIITÉS ‘
convient que le malade lui-même conserve
la position la plus commode et la plus favorable à à l'organe affecté. La chambre qui le reçoit doit avoir une température médiocrement élevée ; l'air en sera fréquemment renouvelé, et la propreté la plus scrupuleuse
y sera eniretenue. D'autant plus couvert
que le froid est plus grand, le sujet doit être entretenu dans un état constant de calme et de tranquillité morale et physique.
Si, aussitôt après l'opération, il se trouve très-affaibli par la perte du sang , quelques gouttes de vin vieux peuvent lui être administrées avec avantage. Mais , en général,
il convient alors de s ani des excitants,
et surtout des substances alcooliques : dans l'état d'épuisement et de susceptibilité qui succède aux grandes opérations , ces moyens déterminent facilement des excitations viscérales dangereuses , ou bien ils achèvent de détruire le reste des forces , par la réaction momentanée qu’ils provoquent , et laissent retomber les sujets dans un affaissement plus profond que celui dontils les ont fait sortir pendant quelques instants. Le meilleur tonique dont on puisse alors faire usage consiste dans la satisfaction que le malade éprouve d’être délivré de son mal, dans le repos qu’on lui laisse goûter, dans le sommeil qui se manifeste souvent, et qui répare les forces nerveuses. Une potion calfnante . ordinairement composée de huit à douze gouttes de laudanum et d'autant d’éther sulfurique , dans six onces de véhicule, contribue merveilléusement à produire ces heureux efleis, en apaisant, chez les sujets irritables, le tumulte intérieur et le spasme excités par l'opération. Quelques opérés sont saisis d’un froid glacial, de contractions nerveuses HAE mA d une concentration irrésistible et alarmante des mouvements organiques. Des frictions sèches , faites avec de la flanelle échauffée, l'application de linges brülants sur tout le corps, et spécialement sur la région précordiale et le thorax, l'ingestion de quelques infusions aromatiques , sont les meilleurs moyens de remédier à cet état. Ce n’est, en général, qu'après un intervalle de quelques heures, et lorsque l’économie vivante à repris l'exercice régulier de ses