II. Des pansEmENTs
* On nomme pansement , l'application mé- -thodique des appareils el des médicaments externes sur les parties malades. Si l’action bien dirigée des instruments prépare. le succès des opérations , des pansements consécutifs, exécutés avec attention, l’assurent et le rendent plus complet et plus brillant encore, par la rapidité et la facilité des guérisons qu’ils procurent. L’art de soigner une plaie, de panser une fracture, d'appliquer convenablement les diverses pieces d’un appareil, ne doit pas être dédaigné ; il constitue l’une des parties les plus importantes de la chirurgie, et l’on ne rencontre qu’assez rarement des hommes qui excellent dans la pratique manuelle des opérations qu’il exige.
Avant de Side à un pansement, il convient de préparer d’abord tout ce qui doit y être employé. Des vases propres à recevoir les portions salies de l’ancien ap- pareil ; de l’eau tiède , simple ou chargée de quelque substance médicamenteuse , destinée soit à imbiber les objets dont la partie malade est couverte , afin de rendre leur enlèvement plus facile, soit à laver les bords de la solution de continuité, soit enfin à mouiller les plumasseaux ou les compresses
dont on va se servir; du feu dans un réchaud , si la tapitnture est très- basse , ou si iiques objets, tels que des émplitres agolutinatifs , ont besoin d'être préalablement échauffés ; des draps repliés emgléses; enfin, une ou blosieatrs: bougies, si la lumière naturelle est insuffisante : tels sont les objets, pour ainsi dire “accessoires au pansement , qu'il faut d'abord disposer. Ensuite viennent les instruments et les pièces d’ appareil dont on doit faire usage. Les premiers sont ordinairement des ciseaux propres à couper le linge, la charpie , ou d’autres substances également molles, une spatule, destinée à étendre les onguents ou les emplâtres ; des pinces à anneaux, dont on seseri pour saisir et détacher Les portions salies de l’ancien appareil : et, suivant les cas , des canules , des sondes, des stylets, etd’autres instruments du méme genre, que l’on emploie pour enfoncer à de plus ou moins grandes profondeurs , dés mèches, des tentes ou des bourdonnets. Parmi les substances dont on fait le plus ordinairement usage durant les pansemenis , on remarque É charpie, disposée en gâteaux.
mous et spongieux, où en plumasseaux
aplatis , et assez solides pour être couverts,
d'onguent; les compresses, qui sont,lonouetles, carrées, ou diversement figurées , suivant les usages qu’elles doivent remplir; les bandes et les bandages , appropriés relativement à leur étendue et à leur forme, au volume et à la figure des parties qu'ils doivent recouvrir; enfin, dans quelques cas spéciaux, on ajoute à ces objets des bourdonnets, des mèches , des trochisques médicamenteux , du fil, des aiguilles, de l’éponge préparée, en un mot tout ce que l’on juge convenable afin de remplir les indications que présente la maladie qui exige l'exécution du pansement. Ces divers objets doivent être disposés sur un plat ou sur une tablette, dans un ordre tel qu'ils s'offrent pour ainsi dire d'eux-mêmes au see à mesure‘qu’il en a besoin.
Toutes ces dispositions étant faites, set rien de ce qui peut être utile n'ayant été oublié, l'opérateur, assisté d’un, de deux, ou d’un plus grand nombre d’aides , découvre avec précaution la partie affectée, et
lui do ne la situation qu’elle doit avoir pour le pansement. Cette situation varie suivant la nature de la lésion et la région du corps qu’elle occupe. Mais, dans tous les cas . les mouvements que l’on est obligé d'imprimer au sujet doivent êlre exécutés avec délicatesse et précaution ; et, afin de n’occasionner ni fatigue, ni douleur, les aides se chargeront de sbver la partie, de la porter, el de la soutenir dans la situation qui convient. Un drap, plié en plusieurs doubles et glissé sous elle, est destiné à recevoir “les liquides etles matières qui peuvent s’écouler ; quelquefois il est indispensable de préparer des vases pour ce dernier objet, Le “chirurgien alors détache et emporte ee premières pièces de l'ancien appareil, successivement celles qui sont plus cette dément situées. Tous ses mouvements doivent être dou, légers , attentifs à n'imprimer aucune secousse, à n'exciter aucune sensation" désagréable ou douloureuse. Si du sang coagulé ou desséché, si du pus ou d’ autres liquides avaient pénétré l'appareil, et le collaient,aux parties en°le durcissant, il faudrait l'humecier avec de l’éau tiède, soit à l'instant méme du pansement, soit un . quart d’heure ou une‘heure auparavant.
IL'convient de mettre à l'opération du pansement toute la célérité possible : l’action de l’air sur les plaies et sa pénétration dans les foyers purulents, est toujours défavorable. On doit éviter les brusques transitions de la température duwlit du sujet à
celle de l’atmosphère de l'appartement , au
moyen du réchaud que l’on tient rapproché, et auquel on échautfe Iéfèrement les pièces d'appareil avant de les appliquer. Il importe de se prémunir contre les courants d'air, et ‘pour cela tout doit étre clos autour du sujet. Une compresse recouvrira la solution de continuité pendant qu'on en nettoie les bords ; souvent même, al convient, lorsqu'elle est irès-grande , de ne la découvrir que par parties, que l’on panse successivement avant de toucher aux portions voisines. Enfin le corpsentier doit rester couvert, pour que le sujet n’éprouve aucun refroidissement dangereux. Ces attentions contribuent toutes au succès du traitement, et l'on voit souvent leur oubli non-seulement