CHAPITRE I. LÉSIONS DES EXTRÉMITÉS
faite à la peau, au delà de la matrice , le chirurgien s’emparait de la lèvre antérieure de la plaie , et l’enlevait jusqu’à l'extrémité de l'organe. Il en résultait uné plaie saignante , dont la cicatrisation ne tardait pas à avoir lieu.
Ce procédé estexcessivement douloureux, et peut, Je crois , être remplacé par un autre plus doux, et non moins assuré, du moins dans le plus grand nombre des cas.
L'ulcération de la matrice des ongles est
une affection assez commune parmi les militaires , et j'ai eu plusieurs fois l’occasion de l’observer. J’emploie, pour la combattre, les moyens suivants : 1° Si l'érosion n'existe pas encore, les topiques émollients , le repos, des saignées locales, suffisent fréquemment pour faire cesser l'irritation; et lattention de porter ensuite des chaussures plus longues , ainsi que de couper les on- -gles , l'empêche de se reproduire. 2° Si les érosions sont superficielles , et l’ongle encore adhérent, et présentant son aspect normal , les mêmes moyens que précédemment sont d’abord -employés ; puis je cautérise les plaies avec le nitrate acide de mercure. 8° Lorsque l’ongle est en partie détaché, noir , ramolli, contourné sur luimême, après avoir combattu l’inflammation vive, J'arrache cet ongle, puis Je cautérise avec le nitrate acide de mercure, Cette substance jouit, dans ce cas, d’une efficacité presque merveilleuse. J'ai vu guérir, après deux ou trois cautérisations, les érosions les plus profondes et du plus fâcheux aspect. Toutes les fois que la maladie n’a pas désorganisé la matrice de Pongle, il se reproduit , et le sujet, non-seulement guérit, mais ne conserve aucune difformité, circonstance précieuse aux doigts, et que ne comporte pas le procédé de Dupuytren.
Bien entendu que, si la maladie dépendait d’une cause interne, dartreuse , syphilitique ou autre, il conviendrait de la combattre avant de recourir à aueune opération. Ces cas sont rares.
Au gros orteil , plus souvent au côté externe qu’à l'interne , et quelquefois à tous deux en méme temps, l’ongle, soit par excès de largeur et de solidité , soit par la pression de chaussures étroites, ou par
d’autres causes analogues , touche, par la partie la plus antérieure de son bord latéral, au fond du sillon quile recoit. Cette pression n’est d’abord douloureuse que dans de rares circonstances, puis elle devient plus fréquente, plus pénible, et graduellement, les parties molles sirritent, s’enflamment , se tuméfient, s’ulcèrent, ‘se couvrent de fongosités. Le malade ne peut alors ni se tenir longtemps debout, ni marcher , ni supporter là moindre pression de la chaussure.
Le traitement de l’ongle incarné est un de ceux qui ont le plus excité les méditations des chirurgiens,
À. Beaucoup d’entre eux, avec les anciens.
ont pensé qu’il convenait d’agir principalement sur les parties molles et sur l’ongle, de manière à cicatriser la première partie et à éloigner l’autre de leur surface. De là les tampons glissés sous l’ongle, les plaques de fer-blanc ou de plomb de Desault, destinées à affaisser les chairs fongueuses et à provoquer l'accroissement de l’ongle audessus d’elles. De là encore les incisions et les cautérisations des bourrelets ulcérés.
Ces procédés, d’un emploi difficile ou douloureux, sont tous incertains, et, dans le plus grand nombre de cas, ne procurent que des soulagements passagers. |
B. D’autres personnes ont agi spécialement sur l’ongle : 1° en le coupant, en l’amincissant, pour le rendre plus souple et plus affaissable ; 2° en retranchant une portion triangulaire de sa partie moyenne, et en réunissant, à l’aide d’un fil, les deux côtés de la perte de substance, afin de rétirer ses bords des chairs irritées ; 3° en coupant l’angle opposé à celui qui est incarné, dans l'intention de faire dévier l'organe entier du côté sain, etc. Ces procédés sont rejetés de la pratique, comme imeflicaces , au moins dans les cas graves.
C. On a détruit l’ongle dans sa portion incarnée et agi en même temps sur les chairs malades : 1° en appliquant , sur le tiers ou la moitié de l'organe , du côté affecté, de la pôtasse caustique, de manière à réduire en escarre et l’ongle et.les parties molles qu’il irrite ; procédé incertain, difficile à calculer, et qui, tantôt va au delà, et tantôt reste en
decà du but ; 2° en arrachant l’ongle, Dupuytren fendait longitudinalement cet organe, en glissant au-dessous de lui la lame pointue de ciseaux forts et bien affilés; puis, saisissant chacune de ses moitiés avec de fortes pinces à disséquer, il le détachait, en le roulant, de son extrémité vers sa base, sur l'instrument, et le séparait jusque dans sa matrice. Borné au côté malade, ou étendu à la totalité de l’ongle, si les dos bordssétaient incarnés , ce procédé est fort douloureux et réussit bien; 8° en enlevant l'ongle par excision. Pour cela, plusieurs personnes traversent avec un bistouri, porté en dédolant, les chairs irritées et l'ongle lui-même, à une distance convenable ; puis séparent d’arrière en avant ces parties el achèvent de les détacher, en reportant l’in-