‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 216 sur 322 · CHAPITRE III. LÉSIONS DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. LÉSIONS DES ARTICULATIONS

ligaments, des tendons, des fibro- cartilages infebolieulaires et des paquets de tissu 4 rougeàtre , mou , et abreuvé par ucoup de vaisseaux. A la hanche et à l'épaule, les enveloppes immédiates de l'articulation sont séparées de la peau par des couches musculaires épaisses, et présentent une laxité qu’on ne rencontre pas dans les jointures plus solides et moins mobiles, comme les ginglymes.

Il résulte de cette structure, que l’inflammation, à la suite des lésions traumatiques articulaires, a une grande tendance à se compliquer d'étranglement, à déterminer des symptômes locaux très-intenses, et qu’elle retentit avec une extrême vivacité sur l'ensemble de l’organisme. Les blessures de ce genre sont d'autant plus graves que les articulaions atteintes sont plus étendues,

plus serrées , plus compliquées par la multiplicité des éléments qui entrent dans leur composition.

| Les plaies, mêmes non pénétrantes , des articulations , lorsqu'elles ont dépassé l’épaisseur de la peau et entamé les couches fibreuses, constituent des lésions dont le traitement ne doit jamais être négligé. Il convient , toutes les fois que la disposition des parties le permet, de rapprocher, de réunir exactement leurs bords, à l’aide de longs emplâtres agglutinatifs , d’entourer

queur résolutive, de les placer dans le repos etlerelâchement , etde ne renouveler le pansement que le plus rarement possible. Lorsque la plaie est étendue , opérée par arrachement, ou accompagnée du froissement et de la contusion violente des tissus, le pansement unissant, les affusions continuelles d’eau fraîche, les évacuations sanguines générales abondantes, doivent être simultanément employés , afin de conjurer les accidents. En beaucoup de circonstances, je me suis bien irouvé de l'appareil amovible, tel qu’on l'applique dans les cas de fracture.

Les plaies pénétrantes sont constamment | beaucoup plus graves. La vue des surfaces articulaires, lorsque l'écartement de leurs bords le permet,et, dansles autres cas, la sortie dela synovie, reconnaissable à sa viscosité

les jointures de compresses imbibées de li-

et à la sensation onctueuse qu’elle donne au toucher, suffisent pour établir le diagnostic. Les sectiôns par instrument tranchant doivent être aussitôt réunies avec la plus g osrande exaclitude; les piqüres seront recouvertes de ee: morceaux de diachylon superposés , et de plus en plus grands, afin de prévenir sûrement la pénétration de l'air dans la cavité synoviale. La partie sera ensuite entourée d’un bandage inamovible, continuellement arrosé, pendant les premiers Jours , avec de l’eau fraiche, ou avec le liquide qui a servi à l’imbiber d’abord.

Les saignées générales, l’abstinence des aliments , le repos le plus absolu, et les boissons délayantes, compléteront le traitement. Si des accidents inflammatoires surviennent, on lèvera l’appareil, et des sangsues permanentes, en nombre proportionné à leur violence , seront appliquées. Dans le cas contraire , l'appareil ne sera renouvelé qu'à l’époque où tout danger aura disparu , c’est-à-dire du quinzième au vingtième jour.

Il ne faut pas oublier que les tissus fibreux s'enflamment plus tardivement et conservent plus longtemps les dispositions irritatives que la plupart des autres éléments de l’organisation , et que, dès lors , on doit, et ne pas trop tôt s’applaudir de ne point voir des accidents se développer, et ne pas cesser trop facilement l'emploi des médications propres à les prévenir ou à les combattre.

J'ai vu, plusieurs fois, la phlogose apparaître ou se réveiller, parce que le traitementavaitété abandonnétrop promptement, et que blessé et chirurgien s'étaient tro hâtés de se livrer à une trompeuse sécurité.

Les plaies d'armes à feu aux articulations, lorsqu'elles sont profondes , que les os sont brisés en plusieurs fragments , que les qe jectiles sont perdus Fans les Jointures , né-

| cessitent l'amputation des membres, ou la

résection des portions articulaires les plus compromises. Lorsque la solution de continuité ne présente pas des complications aussi graves, que l’articalation est seulement ou- EE et alors même que des portions d’os sont emportées , ET possible de tenter laconserva n sparties. Laréunion immédiate ne bn 4 avoir lieu , la plaie ”

doit être recouverte de linge fenêtré, enduit (5:

de cérat ou de styrax , de charpie , de bandages à demeure imbibés de liquides résolutifs, et le traitement antiphlogistique le plus énergique doit être mis en usage. Si les ouvertures des projectiles sont étroites , il convient de les agrandir par des incisions suffisantes, afin de prévenir l’étranglement. Sous le rapport de la léthalité de leurs blessures , on peut classer les articulations de la manière suivante : la hanche, le genou, l'épaule, l'articulation tibio-tarsienne, celle du coude, le poignet, les articulations du carpe et des doigts, du tarse et des orteils.

Lorsque les accidents primitifs d’irritation aigué et de fièvre intense, sont suivies, après | les plaies articulaires, d’une suppuration :

abondante, que les surfaces crépitent les |

unes sur les autres par suite de la destruc-

tion des cartilages, et que le sujets’affaiblit et | s’émacie rapidement, il convient de recourir | à l’amputation, avant que l’épuisement en- | tier des forces, les sueurs et la diarrhée |

colliquative se manifestent, et la rendent inutile.

En résumé, combattre l’inflammation est le point le plus important du traitement des plaies des articulations ; elle seule en cause

le danger, en prépare les résultats plus ou | moins désastreux. La réunion immédiate , !

les appareils à demeure, le repos absolu, |

les délayants, la diète , les évacuations san-

guines générales, et, au besoin, locales,

sont les médications dont le chirurgien ne

doit en aucün cas s'écarter. Souvent , après |

six, huit ou dix jours d’irrigations froides, j'ai imbibé les bandages de dis 'ution de

- des’ parties, n’ai découvért celles-ci que trois ou quatre semaines plus tard , alors que les plaies étaient cicatrisées.

Toujours produites par des mouvements

PE | Fil et trop étendus, ou par des chutes :

. dans lesquelles certaines parties sont violemment écartées de leur direction normale, les entorsés sont plus fréquentes aux extrémités des membres, telles que l'articulation tibio-tarsienne et le poignet, qu’à leur base. Les plus légères consistent dans le tiraillement passager des ligaments , qui reprennent bientôt leur état normal : une douleur vive, instantanée , bientôt suivie du réta-

Page 1