DE L'INFLAMMATION ET DE SON TRAITEMENT
L'inflammation est cet état dans lequel les tissus vivants sont tuméfiés, douloureux,
plus chauds et pénétrés par une plus grande
quantité de sang que dans l’état normal.
Différente de l'injection pârce que, dans
celle-ci, le sang n’a pas abandonné ses Vaisseaux ,
avec elle, ractères physiques , l’inflammation est l’af-
fection qui excite le plus fréquemment la | sollicitude du chirurgien, Elle forme par
elle-même une foule de maladies, auxquelles on a donné des noms divers , suivant le siége et la nature des phédihèis qu'elles ice minent, Tels sont l’érésipèle, le flegmon, l'ophthalmie , l’otite , l’ostéite, les tumeurs blanches , etc.
La classification des maladies en lésions
tandis que pour la constituer il | a pénétré la trame des tissus , s’est combiné | et lui imprime de nouveaux ca-
mécaniques , lésions vitales et lésions 6rganiques , proposée par un professeur habile, dont les,ovuvrages ont puissamment contribué à SEUL pe les connaissances chirurgicales et physiolo ogiques acquisès au commencement de ce siècle, est complétement irrationnelle. fl n’est pas de lésion vitale qui n’entraine des désordres dans la structure organique ;"il n’est pas de lésion mécanique qui ne soit immédiatement suivie de modifications morbides dans les mouvements vitaux ; il n'est pas de lésion organique qui n'ait été précédée et qui ne s'accompagne actuellement d’altérations plus ou moins graves des actions vitales qui président à la sensibilité et à la nutrition.
Dans le plus grand nombre de cas, en effet, la phlogose succède aux lésions physiques extérieures, qui agissent constamment
comme des causes puissantes d’irritation.
Les contusions, lesplaies, les déplacements, déterminent Loujours, dans les tissus qui en sont le siége, et une augmentation manifeste dans les mouvements vitaux, et l’afflux du sang. Si les organes, après LA violences
exercées sur eux, ne s’enflammaient pas,
et si cette mation ne troublait point sympathiquement l'action des principaux viscéres , la plupart des. blessures set les opérations les plus graves: seraient sans danger. La mort ne pourrait être occasionnée que par la lésion profonde et instantanée’ des gros vaisseaux, ou par la destruction mécanique des organes centraux de l’économie vivanie. Or cés accidents sont assez rares ; les opérations ne vont pas jusqu’à: les produire ; et l’on peut affirmer
qu’en chirurgie, comme en médecine pro-
prement dite, c’est l’inflammation qui fait périr l'immense majorité des sujets auxquels on prodigue les secours'de la thérapeutique.
Le chirurgien doit done fixer toute son attention sur cet état de l'organisme ; il faut