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LIV. VII. MALADIES DE L'APPAREIL DE LA LOCOMOTION

3° le périoste des extrémités des os; 4° la membrane synoviale et les paquets celluleux qui en dépendent; $° les cartilages; 6° les os eux-mêmes. |

Des phénomènes spéciaux caractérisent l'affection de ces diverses parties : le gonflement extérieur soulève les téguments, les altère, les fait adhérer aux parties sousjacentes; l'affection des ligaments détermine leur ramollissement et détruit la solidité de la jointure ; la lésion du périoste donne lieu à une tuméfaction profonde, moins dure que celle des os, sans empêchement notable dans les mouvements , sans changement de couleur, de consistance ou de rapports de la peau ; l’altération de la synoviale consiste presque toujours dans un état fongueux, qui l'épaissit, la rend saillante et produit la plupart des apparences de l’hydarthrose :

j'ai eu cinq ou six fois l’occasion d’observer cette forme de dégénérescence pathologique; aux cartilages, se rapporte presque toujours une usure, une absorption de leur tissu, qui laisse à découvert les extrémités osseuses et rend leurs frottements rudes et crépitants ; enfin, les lésions des os consistent en des tuméfactions, des productions fongueuses, des caries plus ou moins considérables, etc.

Née dans une de ces parties, l’irritation et la phlogose se propagent graduellement aux autres , s'étendent plus ou moins profondément, et envahissent enfin la totalité ou la plus grande partie des tissus qui constituent l'articulation. À mesure que cette extension a lieu , les symptômes énumérés précédemment s'ajoutent les uns aux autres et forment un ensemble plus compliqué.

Lés noms de tumeur blanche, de tumeur scrofuleuse, etc., donnés aux arthrites chroniques doivent être bannis d'un langage chirurgical correct et sévère. C'est, dans tous Les cas de ce genre, l’inflammation qu’ii s'agit d'étudier, en tenant compte des parties qu’elle affecte déjà, et de celles qu’elle épargne encore. En se Pret cet état morbide provoque presque‘toujours la formation de foyers purulents qui se portent !

au dehors, dont les ouvertures restent fistuleuses, et qui communiquent, soit avec

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les tissus fibreux ou les ligaments extérieurs, ramollis et fongueux, soit avec les os enflammés et cariés, soit avec les cavités synoviales remplies de pus.

Au début des affections qui les atteignent, les extrémités des os augmentent souvent de volume, ou leurs cavités se rétrécissent ; de, là l'allongement des membres, qui fait des progrès jusqu'à ce que, les surfaces n'étant plus retenues l’une contre l’autre , le raccourcissement, ou, pour mieux dire, la luxation, lui succède, D’autres fois, les cartilages étant usés, les bords de la cavité se carient, et la tête de l'os glisse immédiatement au dehors. Dans quelques cas, enfin, à la hanche, par exemple, le fond de la cavité cotyloïide se perfore, et la tête usée du fémur pénètre dans le bassin, L'action musculaire ou la pesanteur, agissant sur los le plus mobile, déterminent toujours le sens du déplacement qu’il devra éprouver, lorsque les résistances qui le retiennent encore seront vaincues.

Les arthrites chroniques constituent toujours des affections excessivement graves.

Les douleurs qui les accompagnent, la suppuration qu’elles entretiennent, l'influence sympathique qu’elles exercent sur les principaux viscères, sont autant de circonstances qui provoquent et hâtent l'affaiblissement graduel des sujets, l'épuisement de leurs forces , et l'apparition du marasme qui les entraine enfin au tombeau. Celles qui comportent la pratique d’opérations dont le résultat est de débarrasser les malades de leur présence, permettent de conserver à ce prix la vie des sujets; les autres, comme celles de la hanche, des jointures du bassin et de la colonne vertébrale, sont presque constamment mortelles,

Le pronostic est,'en outre, d'autant

plus grave que des parties articulaires plus nombreuses et plus profondes sont déjà affectées, et que la constitution du malade est plus rapprochée de l'état scrofuleux.

Quel que soit leur siége, les arthrites chroniques, aussi longtemps que des phénomènes d’irritaiion les accompagnent, doivent être traitées par le repos absolu, les saignées locales , les bains, les topiques émollients, On s’est plusieurs fois bien trouvé

de saignées locales , alternant.avec la compression exercée à l’aide d'appareils inamovibles, et de l’immobilité absolue et prolongée des parties. Dans d’auires cas, on a eu recours avec avantage aux révulsifs, aux vésicatoires, aux moxas, et aux autres irritants cutanés, dont on couvre les environs de l'articulation affectée, Mais il ne convient d'employer ces derniers moyens , que lorsqu'on a longtemps insisté sur les antiphlogistiques, qui suffisent fréquemment pour faire obtenir la guérison. Chez les sujets faibles et scrofuleux, on aura recours aux amers, aux ferrugineux, aux bons aliments, aux bains chargés de sel marin , aux eaux thermales sulfureuses , aux vêtements de laine appliqués sur tout le corps, et à l'ensemble des moyens hygiéniques analoques.

L’ankylose ou l’immobilité des articulations qui exécutent, dans l’état normal, des mouvements plus ou moins étendus, dépend de dispositions organiques variées.

Elle est complète ou incomplète, selon que la mobilité est entièrement abolie ou seulement restreinte.

Tantôt l'obstacle au jeu libre des parties réside dans les tissus extérieurs , tels que les ligaments, qui ont perdu leur souplesse, les gaines fibreuses , formées par des adhérences, et qui ne laissent plus glisser les tendons , et enfin les muscles affaiblis par le repos ou la compression, ou rétractés d’une manière permanente ; tantôt 1l consiste dans des adhésions plus ou moins in-.

times de diverses portions de la surface synoviale entre elles, et même dans la soudure immédiate des extrémités des os , mis à découvert par l'absorption ou l’usure de leurs cartilages.

Les plaies pénétrantes des articulations, les fractures des extrémités articulaires des os, les arthrites aiguës de tous les genres, la longue inactivité des membres, comme celle que nécessite parfois le traitement des fractures, telles sont les causes les plus ordinaires de l’ankylose, De ces causes, la plus générale est l’inflammation. A la suite

des accidents traumatiques , l’ankylose sur-

vient d'autant plus sûrement , et se montre d'autant plus parfaite et rebelle, que cette

affection a été plus intense et plus prolongée.

Les ankyloses qui ont leurs causes immédiates dans les tissus articulaires extérieurs, sont ordinairement incomplètes et suscepübles de guérison, ou du moins de grande amélioration. Celles qui dépendent d’adhérences membraneuses intérieures peuvent encore , bien que plus difficilement , être en grande partie dissipées. Mais celles qui succèdent aux arthrites intenses, durant lesquelles les surfaces osseuses ont crépité les unes sur les autres, par la destruction des cartilages, sont incurables.

S’opposer au développement et aux progrès de l'inflammation dans les lésions articulaires , est un des moyens les plus sûrs de prévenir lankylose dont elles menacent

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