LIVRE VII. MALADIES DEJ'APPAREIL DE LA HLOCOMOTION
les moyens de traitement qu il convient d'employer.
Des concrétions blanches , solides , élastiques , d'appafene@cartilagineuse , et d’un volume variable > depuis celui. d’un grain de Millet ou de chènevis, Jusqu'à À d’un gros s pois, et de forme plus ou moins irréeueré. se développent assez souvent dans les articulations. Leur étiologie est fort obseure. Il semble, cependant , qu elles prennent naissance HR le tissu cellulaire sousséreux, et qu'après s'être accrues, en faisant de plus en plus saillie dans la jointure, elles finissent parse détacher de leur pédicule et y 7 devenir entièrement libres.
On les rencontre plus souvent au genou que partout ailleurs.
En glissant entreles surfaces articulaires, les corps étrangers flottants dans les jointures occasionnent une douleur subite , extrèmement vive, qui arrête tout à coup le malade. Cette douleur se dissipe, soit par le glissement spontané du corps.entre les surfaces lisses et humidesiqui le pressent , soit par l'effet de mouvements lentement imprimés aux os , jusqu’à ce que le dégagement désiré soit obtenu. La nature de ces douleurs, leur apparition irrégulière, et indépendante de toute cause d’entorse, leur disparition complète par l'éloignement de leur cause , peuvent bien faire soupconner l'existence d’un corps étranger ; mais la conviction ne s’acquiert qu’attant que ce-
-lui-ci devient accessible au toucher, à tra-
vers les enveloppes de l’articulation ; et presque toujours , les malades sont les premiers à les découvrir, et à indiquer leur présence au Aline. 34 ;
Gette affection est fort grave. Abandonnés à eux-mêmes , les corps étrangers qui nous occupent irritent les parties, y développent une inflammation chronique, .dont les progrès , plus ou moins lents, se terminent par P hydrarthrose et la fe te À de la j jointure qui les recèle. Si, pour éviter ces conséquences funestes , on arecours à l'opération, celle-ci, par celamême qu’elle exige l’incision des enrel articulaires, fait courir aux malades, de nouveaux dangers, ‘que l'habileté la plus CA du peut prévenir entièrement. Et cependant,
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la raison conséille d'y recourir , et même de ne pas attendre pour le faire que les parties aïent subi de profondes altérations : car alors l’amputation serait le seul procédé -praticable. En opérant en temps opportun, si le sujet est d’une bonne constitution , la guérison est très-probable, et dans le cas d’insuccès l’amputation offrira encore une dernière ressource; en tardant trop longtemps, toutes ces chances de conserver ie membre s’évanouiraient.
Pour extraire ces corps étrangers, le chirurgien , après avoir reconnu leur présence , doit les attirer et les fixer dans un endroit où la capsule articulaire soit lâche, etencontact presque immédiat avec la peau, comme , au genou , le côté interne et inférieur de la rotule, au coude, les parties latérales de l’olécrâne. Le membre étant placé dans l’extension, et convenablement fixé, le chirurgien déplace autant que possible la peau latéralement ; puis pratique, sur la saillie formée par le corps étranger, une incision longitudinale, qui pénètre jus-
qu’à lui. L’extraction est parfois difficile, à raison de la forme arrondie et de la surface lisse de la production morbide, qui glisse facilement entre les mors des pinces, et pourrait se perdre de nouveau dans la jointure, si l’on n’y apportait une grande attention. Je me suis bien trouvé, pour cette extraction, de l’emploi de pinces à ligature, terminées par de petits crochets, comme
les pinces à cataracte de M. Maunoir. Après
la sortie du corps étranger, la peau doit être abandonnée à elle-même; son ouverture cesse d’être parallèle avec celle de la membrane synoviale, et la réunion immédiate étant opérée , l’intérieur de l’articulation se trouve aussitôt à l'abri du contact de l'air. Le traitement consécutif ne diffère pas de celui des plaies simples des articulations. J'ai eu deux fois l’occasion de pratiquer , au genou, cette opération, et, dans les deux cas, aucun accident n'est survenu. :
Résultat de l'inflammation plus ou moins vive d’une membrane synoviale, l’hydarthrose existe à l’état aigu ou sous la forme chronique. Dans le premier cas, les phénomènes de la phlogose articulaire, comme ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, T. 11:
la douleur vive, la rougeur, la tension , la fièvre et des phénomènes d’excitation générale laccompagnent, la dominent, et servent de base aux indications curatives.
À l’état chronique, l’hydropisie articulaire est caractérisée par une tuméfaction plus ou moins considérable de la jointure,
sans douleur , sans changement de çouleur
à la peau, et n’opposant , en général, d’autre obstacle aux mouvements que celui qui résulte de la distension des parties par le liquide. L'articulation présente, aux endroits où ses enveloppes sont lâches et libres, des élévations molles et fluctuantes, plus ou moins considérables. Au genou, la rotule est entourée de deux bourrelets arrondis, réunis en haut, en forme de fer à cheval ; sa face interne est , par la présence du liquide , éloignée de la poulie fémorale, contre laquelle, lorsqu'on la presse brusquement, elle s'applique , en faisant sentir un choc dur et sec, en même temps que les saillies latérales deviennent plus tendues.
Des dispositions analogues se manifestent autour de l’olécrâne , dans l’hydarthrose du coude, et aux environs des malléoles dans celle de l'articulation tibio-tarsienne , etc. A l'état aigu , la présence de la sérosité dans la capsule articulaire est une circonstance presque indifférente , la maladie devant être jugée spécialement d’après l'intensité des accidentsinflammatoires. À l’état chronique, l’hydarthrose est une affection plus grave, plus rebelle aux moyens locaux et généraux de traitement , et qui s’accompagne de l’affaiblissement de la Jointure, en même temps que l'irritation obscure dont elle est l’effet, détermine trop souvent l’altération profonde et irremédiable de la
membrane synoviale.
Aussi longtemps que l’hydarthrose s’accompagne encore de chaleur, de rougeur, de douleurs locales, les saignées capillaïres, opérées au moyen de sangsues ou de ventouses scarifiées, les applications émollientes , et les autres médications antiphlo= gistiques doivent être mises en usage. Un des topiques qui conviennent le pe à consiste dans l'application immédiate de compresses en flanelle, humectées de décoction émolliente chaude, et recouvertes
d'un morceau de taffetas gommé , maintenu par une bande. Devenue chronique, l’hydarthrose réclame l'emploi des résolutifs, de la compression, des vésicatoires volants, et même des moxas, moyens auxquels on ajoute des révulsifs intestinaux, et les médications conseillées contre les causes générales internes qui peuvent avoir facilité le développement de l'affection. L’administration des sudorifiques et des mercuriaux produit de bons effets, lorsque la maladie succède à des accidents syphilitiques. J’ai plusieurs fois employé le mercure en frictions locales, sans en obtenir de résultat satisfaisant. Îl est rare que l’on soit obligé de recourir à la ponction de l'articulation malade, opération facile, qui a plusieurs fois réussi, mais dont les conséquences peuvent être des plus graves , et après laquelle il importe de prévenir, par la réunion de la piqûre, le repos de la partie, et une compression douce et large des surfaces articulaires, le développement des accidents inflammatoires et la reproduction trop rapide de l’épanchement.
L'inflammation aiguë des articulations , suite commune de la plupart des lésions dont ces parties peuvent être le siége , est caractérisée par des symptômes locaux et généraux, ordinairementintenses, dont les résultats peuvent devenir fort graves, et qui réclament l'emploi du traitement antiphlogistique le plus actif. J'ai déjà eu tant de fois occasion , dans les parties précédentes de cet ouvrage, de m'occuper de l'inflammation aiguë et de son traitement, qu'il serait superflu d’y revenir de nouveau.
L’inflammation lente et chronique des tissus qui entourent , affermissent ou constituent les articulations, est très-souvent la suite de lésions traumatiques diverses, notamment des contusions, des distensions, des entorses et des fractures intra-articulaires. La constitution scrofuleuse et l’enfance y prédisposent les sujets ; dans l'âge adulte, la goutte et le rhumatisme l’occasionnent fréquemment.
.L’arthrite chronique peut affecter primitivement : 1° l’appareil celluleux et aponévrotique placé sous la peau, et qui enveloppe la jointure ; 2° les ligaments articulaires ;
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