‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoireChapitre 25 sur 322 · LIVRE I. CHAPITRE II: DE L'INFLAMMATION · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAPITRE II: DE L'INFLAMMATION

ses interstices , le rendiplus compacte, plus . homogène , plus friable; les matériaux or-.

ganiques dode il était pénétré s’altèrent, a) disparaissent par l'absorption, et, après. u temps plus ou moins considérable, on n'y découvre plus qu’une substance cellulo-vascu-., laire, dont la nature ne varie presque pas, quel que soit l’organe affecté. C'est ainsi que la peau, les ubiles , les membranes muqueuses , la substance cérébrale , les cartilages, les os eux-mêmes, sont dénaturés par l’inflammation , lorsqu'elle est intense et prolongée.

Parvenue à ce degré d'intensité, la phlopose ne reste jamais isolée dans l'organe qui en est le siége : elle tend constamment à s'étendre, à se propager, par la voie des syrapathids: vers les principaux organes de l’économie vivante, et à détecrnifies des désordres notables dans l’action du cerveau, du cœur et de l'appareil digestif. Est-elle modérée? une fièvre peu intense se manifeste et suit les modifications successives qu’elle éprouve elle-même. Est-elle intense au contraire? chez les sujets nerveux , elle déterminera des spasmes, des convulsions ou d’autres phénomènes du même genre; chez les sujets appelés bilieux , où l'appareil gastro-hépatique jouit d’un surcroit d’activité, elle provoquera des dégoûts, des nausées, des vomissements, et tous les accidents qui caractérisent les vives irritations de cet “appareil. Enfin, détermine-t-elle sympathiquement une gastro: -entérite intense? on voit survenir les phénomènes de ce que les médecins ont longtemps appelé fièvre bilieuse grave, fièvre adynamique ou fièvre ataxique.

Dans tous les cas , le pronostic doit être d'autant plus grave que l'organe primitivement affecté est plus important à la vie, que sa phlogose est plus violente, et qu'il . agitsympathiquement avec plus de force sur les parties centrales de l'économie.

On ne saurait, sans inconvénient, laisser les inflammations, même les plus légères, parcourir leurs périodes , sans combattre les causes quitendent à les exaspérer, sans chercher à modérer leur violence et à diminuer leur durée. Il est donc toujours prudent de leur opposer des moyens curatifs appropriés.

Li ” ET DES OPÉRATIONS QU'ELLE RÉCLAME. 15

. On peut diviser en trois ordres les indicans chirurgicales Uflmisationis aiguës. Les unes apparment au traitement local de ces affecs; les autres, aux moyens généraux à l’aide desquels on favorise les effets de ce traitement ; les dernières, enfin, à la révulsion , qui consiste à exciter des irritations artificielles assez intenses pour déplacer'ou faire cesser l’irritation morbide.

L’inflammation est-elle peu intense et

sous-cutanée? on peut se borner à recouvrir la partie affectée , où la région qui lui

correspond , de flanelle ou de compresses épaisses , et repliées en plusieurs doubles, imbibées de quelque liquide émollient , tel que la décoction de racine de guimauve. Il importe que ce topique soit assez fréquemment renouvelé, pour qu’il ne se refroidisse pas sur la partie; et, afin que le linge ou le tissu de laine ne mouillent pas le lit du malade, on a soin de les tordre avant d’en faire l’application. Il convient même de les recouvrir d’un morceau de taffetas gommé, qui s'oppose à la propagation de l'humidité, retient le calorique, et entretient au- des: | sous de lui une chaleur douce et constante.

À l’aide de ces précautions, la région ma-

jade est en quelque sorte plongée dans un.

bain de vapeur permanent , qui la relâche ‘et qui ne tarde pas ordinairement à diminuer la violence de lirritation dont elle est le siége,, M. Blaquière avait proposé de substituer à à la flanelle et au linge des tranches minces d’éponge fine, que l'on appliquerait sur les parties , en aÿant l'attention de les arroser fréquemment d’eau de guimauve.

Cetopique devait avoir; sur les fomentations ordinaires , l'avantage de pouvoir demeurer appliqué pus longtemps. Plus légère que le

cataplasme, l'éponge paraissait susceptible

d’occasionner moins d’embarras, de ne pas salir la partie qu'elle recouvre, et de fatiguer moins par son poids, tout en remplissant les mêmes indications. L'expérience n’a pas encore prononcé sur la réalité de ces avantages. On sent, au surplus , combien, il importe, pendant que l’on renouvelle les fomentations, de prévenir l’action répercussive du froid sur les parties affectées, que Jon maintient dans un état continuel de

ui sont indiquées par

«transpiration, et même sur. le corps tout ‘entier, qui participe plus ou moins à cet état.

Il est à peiñe\ utile de faire observer qu’en changeant la nâture du liquide, employé, on peut rende les fomentations toniques, irritantes , narcotiques , ou répercussivés , ct remplir avec elles les indications les plus variées. À

Employées contre les douleurs et les irri, tations des parties profondes , plus souvent

D.» x. 48 que dans les cas de phlegmasie extérieure

aiguë, les embrocations sont faites au moyen d'huiles ou de graisses , médiocrement échauffées , et étendues sur les técuments qui correspondent aux organestaffectés.

Quelques.chirurgiens varient presque à l’infini les topiques de ce genre, et les préconisent contre une foulé de maladies, bien -que leur efficacité soit douteuse, au moins en ‘beaucoup de circonstances, et qu “elles ne puissent pénétrer bien loin dans l'épaisseur des tissus. Les embrocations d'huile camphrée, d’huile de jusquiame, d'huile de camomille, ete., ont une réputation po= pulaire toute les “fhumatismes , les coliques, les contractures misculaÿiss et autres affections analogues, qu'elles contribuent parfois à soulager, si elles ne les suérissent pas. Pour quelles soient utiles, il faut, après qu’on les a terminées, recouvrir la partie d’une flanelle chaude, et y entretenir une douce transpiration, à l’ nil des moyens indiqués précédemment. L

Les cataplasmes constituent le topique le plus généralement «employé contre les inflammations aiguës. On les prépare en faisant une sorte de bouillie avec de la mie de pain, ou de la farine de graines émollientes et de l’eau. Pour l’appliquer convenablement, il faut, étendre la masse du cataplasme sur un linge dont on reploie les bords, afin de l'empêcher de se répandre et de salir les parties voisines. Il importe que cette pâte ne soit ni trop épaisse ni trop liquide : dans le premier cas, son action serait presque nulle; dans l’autre, on ne pourrait la fixer sur lorgane qu’elle doit recouvrir. Afin de le maintenir en contact, il faut placer sur le cataplasme une compresse plus grande que lui, recouverte à son tour par un bandage, que l'on serre

davantage à ses extrémités qu’à sa partie moyenne. Tantôt ce topique est placé immédiatement sur laspartie malade, tantôt, au contraire , on intérposeun linge fin entre lui et l'organe. Dans le premier cas, il agit plus efficacement; dans l’autre, il ne salit pas la peau et ne pénètre dans aucune cavité, ce qui est un avantage qu'on ne doit pas négliger, lorsque l'application se, fait au visage , sur les yeux, les oreilles , etc. . . Les cataplasmes ne doivent Jamais rester appliqués plus de douze heures,, parce que

la chaleur des parties enflammées dessèche

promptement ou fait aisément fermenter la pâte quisforme leur base, et qui devient alors irritante. Ce,dernier inconvénient est très-sensible lorsque le lait entre dans leur composilion ; c'est pourquoi l’on substitue généralement la décoction de guimauve à ce liquide. La farine de graine de lin elleméme, lorsqu'elle n’est pas très-fraiche, rancit et devient âcre en peu de temps ; de telle sorte que la mie de pain doit presque toujours lui être préférée. Comme les fomentations , les cataplasmes sont susceptibles d'acquérir de$ propriétés différentes , et de remplir une foule d’indications , suivant la nature des säbstances avec lesquelles on les compose : c’est ainsi que la terre sigillée et l'acétate de plomb les rendent résolutifs, que le vin et les aromates leur communiquent des qualiles excitantes et toniques, elc.. |

Un des sédatifs les plus puissants que l’on possède contre les inflammations est le froid; mais il convient plutôt au début ou alors qu’on ne fait encore que les redouter, qu’à l’époque de la plus grande intensité de ces maladies. Il est donc spécialement utile dans les cas où, après l'action d’une violence extérieure, on cherche à prévenir la congestion locale dont la partie blessée doit devenir le siége. On l'applique alors, soit en plongeant les organes affectés dans de l’eau très-froide ou même glacée, soit en les recouvrant d'une vessie remplie de glace concassée ou de linges imbibés d’eau de puits. Mais, quel que soit le procédé dont on fasse usage, 1l faut se rappeler que pour être sédatif et pour apaiser ou prévenir les mouvements inflammatoires, le froid doit

Li | LIVRE, 1. CHAPITRE LL. DE L’INFLAMMATION

rester pendant longtemps appliqué sur les

parties vivantes. Si son impression n’était, |

que momentanée, elle serait inévitablement suivie d’une exaltation nouvelle d'action.

qui accrôitrait la violence des accidents que l’on se propose de combattre. Douze à vingtquatre heures sont les termes moyens de la durée qu’il convient de donner aux applications réfrigérantes, Il est presque inutile d'ajouter que l’on doit renouveler le liquide à mesure qu'il s’'échauffe, et la glace aussitôt qu'elle est fondue. Te

J'ai plusieurs fois prévenu ou combattu, avec succès les accidents inflammatoires dont les plaies des articulations, les fractures compliquées et d’autres lésions analogues tendent à devenir le siége , à l’aide d’arrosements avee l’eau froide , renouvelés tous les quarts d'heure, et prolongés pendant huit à dix jours. Un morceau de taffetas gommé, placé sous le membre, prévient l’inondatien de la couche du sujet, et conduit l’excédant du liquide dans un vase desuné à le recevoir. Plus les irrigations froides doivent être continuées longtemps, et moins il est utile de les faire à une température très-basse, Dans les cas indiqués , j'emploie ordinairement l’eau à la température des appartements, dans lesquels on la laisse séjourner. Un siphon, plongé dans un vase rempli d’eau, et versant continuellement le liquide sur lappareil, supplée très- bien à RAR en à nl esp Ur sente même, ainsi que la fait observer M. Bérard, l'avantage de rendre l’action réfrigérante plus uniforme et plus constante,

Quelques praticiens anglais ont proposé de m1 él M ; ste ns et violentes, par la compression, soit des tissus malades , soit des troncs artériels qui s’y rendent. Mais il faut alors que cette action puisse être exercée d’une manière égale el soutenue sur toute l'étendue de la partie affectée. Il est évident que la compression

n’est utile qu’en rendant labord du sang

moins vif, moins rapide , el en s’opposant à ce que ce liquide ne vienne accroitre, par sa présence, l’irritation de la partie phlogosée. La compression agit dans ces cas d'une manière analogue aux évacuations

ve d creer ter tr O rer

Page 1