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CHAPITRE V. MALADIES DES OS

ramollit réellement, chez les sujets adultes, cela dépend d’une irritation fixée sur l’organe ou sur les organes affectés, Les coups, les chutes, les métastases d’inflammations variées , le scorbut, la syphilis, etc., ne produisent de semblables effets qu’en irritant les parties qui en sont le siége ; toujours, d’ailleurs , les inflammations provoquées à dessein dans le tissu osseux commencent par le ramollir. Il convient d'observer, toutefois, que cette lésion est plus fréquemment et plus facilement produite chez les scrofuleux que chez les sujets doués d’un tempérament plus heureux; mais je crois avoir démontré, dans un autre ouvrage, en quoi consistent et le tempérament lymphatique et les affections scrofuleuses (1). Dans tous les cas, combattre ou rappeler à leur siége primitif les irritations qui ont provoqué le ramollissement des os, détruire le scorbut ou la syphilis, et rétablir la santé générale, éviter toutes les actions susceptibles d'augmenter l’incurvation des organes ramollis, tout en faisant exécu- ” ter au sujet autant demouvements que possible, rendre enfin de l’énergie à la nutrition, tels sont les moyens qu'il convient le mieux d’opposer à la maladie qui nous occupe.

La friabilité des os, effet assez commun des irritations syphilitiques , dartreuses ou cancéreuses, semble dépendre d’une :influence particulière et irritante exercée par ces affections sur le tissu osseux. Les fractures que cette friabilité rend, chez les sujets qu’elle affecte, si faciles à s’opérer, doivent être combattues au moyen des appareils contentifs ordinaires, en même temps que, par des traitements internes appro-

priés, on détruit la cause profonde et générale qui a porté atteinte à la solidité normale du squelette.

Susceptible d’être produite par toutes les causes irritantes internes et externes, et succédant constamment à une inflammation manifeste, la carie n’est autre chose que l’ulcération du tissu osseux, ulcération analogue à celle des parties molles, et qui n’en

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(x) Principes généraux de Physiologie pathologique. Paris, 1828. 2 vol. in-8c.

ÉLÉMENTS DE CHIRURGIE, Te, 11.

diffère qu’à raison de la structure spéciale de l'organe qu’elle affecte. Les parties spongieuses des os sont plus souvent atteintes de carie que leurs portions compactes. Lorsque cette affection se développe, le périoste se détache de l'os, du pus s’amasse au-dessous de lui, les parties molles voisines s’irritent, se tuméfient, selaissent distendre, et forment à l'extérieur des abcès dont les ouvertures demeurent fistuleuses. L'os luimème se détruit, devient prisâtre, brun ou livide; sa substance perd sa solidité ; il se transforme en une masse spongieuse, composée de lamelles friables, qui s’usent et se détachent en parcelles presque pulvérulentes ; un ichor sanieux découle de la surface de l’ulcère , d’où s'élèvent quelquefois des chairs fongueuses. Ces altérations sont plus ou moins profondes; elles font des ravages d'autant plus faciles et plus étendus que les os sont plus vasculaires et plus spongieux, comme ceux du carpe, du tarse, les vertèbres, lestètes articulaires des grands os longs, etc.

Combattre la cause interne qui a déterminé la carie ou favorisé son développement, opposer à celle-ci les émollients et les saignées locales, lorsque l’irritation des parties environnantes est vive et les douleurs aiguës ; chercher, en d’autres cas opposés, à changer le mode de vitalité des parties au moyen de certains stimulants préconisés à cet effet, comme les chlorures, la créosote tant vantée et sitôt déthue de sa vogue passagère ; et enfin enlever les parties affectées avec la scie, la gouge et le maillet, ou les désorganiser au moyen du cautère actuel , telle est la marche à suivre pour guérir cette affection. Afin de cautériser les parties cariées des os , il faut les découvrir à l’aide d’incisions convenables, absterger le sang ou le pus qui les baignent, emporter avec la rugine tout ce qui est très-spongieux et ramolli, et enfin étendre sur elles un ou plusieurs cautères, afin de les réduire en une escarre solide, sous laquelle des bourgeons celluleux et vasculaires de bonne nature puissent se développer. Des lames de carton, ou des linges épais, disposés sur les parties molles, les préservent de l'atteinte du feu.

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