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LIVRE VII

Les os enflammés se ment, et forment des tumeurs, qui varient,

sous le double rapport de leur volume et de

leur aspect. Ces tumeurs affectent plus spécialement les os durs et superficiellement placés, que les autres. Elles naissent de deux manières différentes : les unes, ce sont les plus rares , dépendent réellement de la tuméfaction et de l’engorgement de l'os, dont les lames se soulèvent, se développent et deviennent saillantes dans une étendue variable. Les autres, que l’on rencontre dans la majorité des cas, sont produites par Faffection simultanée du périoste et de la surface de l'organe qu’il recouvre. La membrane fibreuse s'engorge, devientrougeâtre, et ses vaisseaux se développent. Bientôt se dépose entre elle et le tissu osseux une matière blanchâtre, qui passe, avec plus ou moins de rapidité, de l’état gélatineux à l’organisation du cartilage, et de ce point à la consistance osseuse. Ces productions constituent des os nouveaux, en quelque sorte surajoutés aux os anciens. Examinées peu de temps après la formation, les exostoses dont il s’agit sont composées de lames osseuses encore susceptibles d’être séparées de los normal, soit par une longue macération, soit par divers procédés mécaniques.

À une époque plus éloignée , la base de la tumeur se confond avec lorgane qui la supporte! et se trouve recouverte, comme lui, parle périoste, ainsi que par des lames compactes qui se continuent avec les parties analogues du reste de l'os.

Les ‘exostoses sont chroniques ou aiguës.

Dans le premier cas, elles deviennent indolentes, äcquièrent la solidité de l’ivoire, ou restent molles, et quelquefois se remplissent d'hydatides. Dans le second, de vives douleurs continuent de s’y faire sentir ; leur accroissement est rapide ; souvent des abcès où-des caries se forment dans leur cavité, ou des chairs fongueuses s’y développent.

Dans tous les cas, en même temps que l'on Combat avec énergie la cause de la maladié, il convient de couvrir la tumeur de topiques émollients, d'appliquer sur elle des sangsues, et d’enrayer autant que possible

44 x L4 b x 0 ° son développement , à l’aide des antiphlo- LU - \ u * Ê r gistiques, Ces moyens suflisent assez fré- :

gonflent fréquem-

MALADIES DE L'APPAREIL DE LA LOCOMOTION

: quemment pour faire disparaître les exos-

toses récentes et syphilitiques. Lorsque la tumeur persiste, après la disparition de tous les phénomènes de V'irritation, et si elle n’apporte aucune gène dans les mouvements

des parties voisines, on peut l'abandonner

A elle-même. Dans le cas contraire , il con-

vient de la découvrir, et de l'emporter, soit en sciant sa base en dédolant, soit en la divisant verticalement en un certain nombre de portions, qu'on fait sauter ensuite avec la gouge et le maillet. Ces opérations sont trop variées, suivant la diversité des cas, pour que l’on puisse présenter, relativement à leur exécution, autre chose que des règles très-générales. Il ne convient de les entreprendre que lorsqu'on est assuré d’avoir détruit les causes qui ont provoqué l’apparition de la tumeur. |

Il convient de désigner sous le nom de dégénérescence fongueuse du tissu osseux cette affection dans laquelle l'os est tuméfié, et pour ainsi dire dilaté et distendu par une substance carniforme, développée dans son intérieur. On a décrit cette maladie sous le titre de spina-ventosa , dénomination qui doit être bannie du langage chirurgical , puisqu’elle ne présente aucune idée exacte de la lésion qui s’y rapporte. La dégénérescence fongueuse des os est toujours le produit de l'irritation de ces organes : des lésions extérieures la provoquent souvent ; une douleur, tantôt vive, tantôt sourde et profonde, se fait sentir dans la partie affectée ; des abcès se forment à sa surface, la fièvre hectique survient , et la mort est le résuliat d'un désordre aussi profond. A

l'examen cadavérique, on trouve la sub-

stance osseuse raréfiée, formant une sorte de cage dans laquelle le tissu fongueux est renfermé.

Cette maladie ne guérit que chez les sujets très-jeunes, où l’on voit, quoique rarement, la tumeur suppurer pendant quelque temps, puis s’affaisser et disparaitre. Dans le plus grand nombre des cas, l’amputation du membre est indispensable. Il serait possible, toutefois, qu’en combattant à leur naissance, par des moyens antiphlogistiques locaux assez actifs, les irritations des os, on

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prévini les dégénérescences qui nous occu- |

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