ÉPANCHEMENTS ABDOMINAUX
nature et le siége de ces collections diverses, d’un secours plus puissant que les.
phénomènes actuels,
Ceux-ci, se réduisent, en effet, presque toujours , à la sensation d’une ur plus ou moins considérable, circonscrite à une ou à plusieurs des régions de l'abdomen, donnant un son mat au plessimètre , faisant éprouver la sensation d’une fluctuation plus ou moins distincte , et souvent exempte de tension, de douleur, de changement de couleur à la peau. Ces phénomènes suffisent pour caractériser une collection de liquide ; mais ils n’en indiquent ni l’origine, ni la nature , ni le siége.
Que la tumeur soit survenue sans cause appréciable, qu’elle occupe la région antérieure de l’abdomen, et fasse proéminer lombilic , en donnant sur toute cette région un son mat, il sera présumable qu’on a sous les yeux une hydropisie partielle de l’épiploon. Qu'elle se soit développée à la partie supérieure du ventre, qu’elle occupe toute ainsi que je l'ai vu une fois , le chirurgien sera fondé à admettre une collection dans l’arrière-cavité péritonéale.
Les abcès sont précédés de phlogose, de douleur locale , de fièvre, de frissons irréguliers ; et les signes déduits de ces désordres des fonctions intérieures, ajoutés à la considération du lieu où la tumeur existe, suffisent pour déterminer quel est le parenchyme affecté. |
Les irrégularités de l’excrétion urinaire,
“la teinte jaune du corps, la décoloration des
matières stercorales , indiquent suffisamment la lésion des organes élaborateurs ou des canaux d'évacuation de l'urine ou de la bile,
Enfin , il sera présumable qu’il s’agit de kystes hydatidiques, lorsque la tumeur, d’abord globuleuse, mobile, circonscrite, fluctuante , indolore , placée aux environs du foie , n’aura été précédée d’aucune irritation Dear d'aucune lésion traumatique, d'aucun ÉRAEe considérable dans les fonc.
tions.
Bien qu’il soit d’une haute importance de préciser et Le siége de la collection que l’on a Sous les yeux, et [a nature du liquide
qu’elle renferme, il l’est peut-être davantage encore pour le chirurgien de déterminer $i ses parois sont adhérentes ou non au feuillet pariétal ‘du péritoine, ou,.en d’autres termes, s’il sera possible da pénétrer jusqu’à. son intérieur sans ouvrir la grande cavité péritonéale , et sans s’exposer à y faire épancher le liquide pathologique, dont le contact avec la membrane séreuse peut être suivi d'accidents promptement funestes.
Il n’est qu’un seul phénomène susceptible de donner quelque certitude à cet égard :
c’est l'affection des parois abdominales ellesmêmes , caractérisée par la tuméfaction, la rougeur, l’'empâtement profond de la région correspondant à la collection morbide. En l'absence de ces résultats de l’extension du travail éliminateur, on ne peut avoir que des présomptions , susceptibles d’être trop souvent démenties par l'expérience. Et alors
| même que les signes dont il s’agit existent,
ils sont nan sants pour déterminer Pétar due et le degré de solidité des adhérences dont ils Piquet la formation.
Dans l'incertitude où se trouve trop souvent placé le praticien le plus habile, il est évident que la prudence lui impose la loi d'agir toujours comme si les adhérences dont il s’agit n’existaient pas; car s’il les rencontre tout organisées, il n’aura rien fait perdre au malade en opérant avec un excès de précaution ; et si elles sont absentes, en les faisant naître, il aura conjuré de graves dangers.
Ducs personnes, el entre autres M. Récamier, ont proposé alors l’application de la potasse caustique. Un morceau suffisamment volumineux de cette substance devrait être placée sur le point le plus saillant de la tumeur. Après la formation de l’escarre, celle-ci étant divisée , une quantité nouvelle de l'alcali PE être portée au fond de la plaie, afin d'achever la désorganisation de toute l'épaisseur ‘des parois Rs La chute spontanée des parties atteintes par le caustique serait suivie de l'évacuation du liquide , et le reste du traitement rentrerait dans les règles générales. |
Un chirurgien anglais, M, Graves, de Du-
blin, dans‘ un cas d'abcès à la région du foie, incisa la peau, le tissû cellulaire souscutané ;, les couches musculaires superfi-
cielles, et attendit ‘de la diminution des
résistances extérieures, la proéminence de la coilection sur le point incisé, et son ouverture spontanée au dehors. L'événement justifia les espérances du praticien ; des adhérences se formèrent, l'érosion eut lieu, le liquide fut évacué , et la guérison s’ensuivit.
Avant de recourir à aucune opération, quelques personnes ont insisté sur la nécessité de faire à la tumeur une ponction exploratrice , avec un trois-quarts presque capillaire , afin de s’assurer de la nature et des qualités du liquide qu’elle contient.
Mais cette ponction sera-t-elle sans danger? qui peut prévoir quelles parties se trouvent entre le foyer et le point du ventre sur lequel on applique le trois-quarts ? les parties celluleuses, musculaires et cutanées traversées par lui se rapprocheront bientôt; en sera-t-il de même du kyste, peut-être fibreux, que distend la matière morbide ? Et si celle-ci est irritante pour le péritoine, le suintement qui aura lieu par l'ouverture ne pourra-t-il pas déterminer une péritonite grave? Et si enfin le trois-quarts tombe sur une masse squirreuse ou cancéreuse , la piqûre du tissu pathologique n'imprimera-t-elle pas un nouveau degré de rapidité à la désorganisation de la tumeur ?
La ponction exploratrice doit donc être rejetée : tant que la fluctuation n’est pas manifeste, il ne faut pas opérer; et lorsqu'elle est évidente, la nature du liquide ne change en rien les indications , et le procédé opératoire ne recoit de la connaissance de cette nature aucun changement.
L’incision de M. Graves à pu réussir dans un cas d’ahcès au foie ; mais le succès eût été moins assuré s’il s'était agi de tumeur enkystée proprement dite, parce que la tendance à l'élimination est alors moins énerpique ; et la plaie extérieure aurait bien pu se cicatriser avant que les adhérences se fussent produites, et que l'évacuation du liquide se fût opérée.
L'application de la potasse est évidemment dangereuse, d'abord parce que le caustique
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