III. Résection de
l’artii'ulalion tibio tarsienne.
Procédé
de
Moreau,
Dans le cas où la tête de l’humérus est broyée par un coup de feu, l’on a pu, en agrandissant les ouvertures faites par la balle, extraira les esquilles, et même faire sortir assez l’os pour en opérer la résection. Ce procédé n’est pas applicable aux cas où la têle de l’humérus est tuméfiée : il faut alors tailler un lambeau qui lui permette de sortir; pour cela le procédé de La Faye, modifié par M. Dupuylren, et dont il sera parlé plus bas, est le plus convenable. La plupart des opérations proposées pour exécuter l’amputation du bras dans son articulation supérieure sont d’ailleurs applicables à la résection de la tête de fhumérus.
Pour retrancher l’articulation libio-tarsienne, il faut faire une incision longue de deux pouces , étendue du bord postérieur du péroné, jusque derrière et au-dessous de la malléole externe. Une seconde incision, partant de la partie inférieure de celle-ci, se prolonge en avant jusqu’à l’insertion du muscle petit péronier. En dedans, une incision longitudinale est également pratiquée sur le bord postérieur du tibia, jusqu’au sommet de la malléole, pour de là se contourner en avant vers l’attache du muscle jambier antérieur. Le péroné étant isolé, on le coupe d’un coup de ciseau, ou avec la scie, au-dessus de la maladie, et sa partie inférieure est extirpée. Ou renverse ensuite le pied eu dehors, on coupe les ligamens attachés à la malléole interne ; et le tibia faisant saillie à travers la plaie de ce côté, on en retranche tout ce qui est carié. Si l’astragale présente lui-même des traces de maladie, on peut aisément emporter son éminence articulaire. Le pied étant ensuite replacé dans sa rectitude normale, on rapproche les lambeaux, et la conso-
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lîdalion s’opère entre le tarse et les extrémités des os de la jambe. »
Park exécuta la résection du genou en 1781. Il fit au-devant de la rotule une incision cruciale, dont les lambeaux furent écartés, ce qui permit d’ouvrir l’articulation, d’isoler successivement les os, et d’en retrancher une assez grande partie. Le membre étant étendu et contenu avec solidité, Moreau fit de chaque côté de Textrémité du fémur une incision longitudinale, qu’il réunit par une division en travers des narties situées au-dessous de
la rotule. Le ligament de cet os, et les ligamens latéraux étant divisés, le fémur fut mis à découvert, puis scié à un pouce au-dessus de sa surface articulaire, et l’on termina l’opération par l’extraction de la pièce osseuse.
La manœuvre de ce procédé est longue et laborieuse. Il vaut mieux, ainsi que nous l’avons plusieurs fois éprouvé, M. Sanson et moi, couper d’abord transversalement les iégumens du genou au-dessous de la rotule, après avoir fait fléchir la jambe. Les ligamens latéraux et le ligament roluîien étant divisés, les ligamens croisés sont facilement coupés ; puis, isolant successivement le fémur et le tibia, on retranche de ces os la longueur indiquée par les progrès du mal. La jambe est ensuite reportée dans l’extension, la plaje réunie, et une gouttière retient le membre dans sa rectitude, jusqu’à l’entière consolidation des parties.
De toutes les résections articulaires, celles des membres supérieurs présentent seules une utilité réelle, en ce qu’elles permettent de conserver tous les rnouvemens de la main et des doigts. Aussi convient-il d’y recourir, au coude et à l’épaule, toutes les fois que cela est praticable