‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 18 sur 170 · LIV. I. CHAP. II. DE L INFLAMMATION · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. II. DE L INFLAMMATION

malade, dénoue la roseile de la ligature en même temps qu’il place le pouce de l’autre main sur l’ouverture de la veine. Un linge mouillé sert à laver le membre, qui doit être ensuite essuyé. Puis, glissant le pouce en bas, de manière à tendre la peau dans le sens de la longueur de l’incision , en même temps que le vaisseau ne cesse pas d’être comprimé au-dessous d’elle, le chirurgien place la petite compresse carrée sur la plaie, et la soutient avec l’indicateur, le médius et l’annulaire de la main qui a fait l’ouverture de la veine, et dont le pouce correspond à la face postérieure du membre. Alors, une bande ordinaire, longue de deux aunes et non roulée, est jetée sur le pli du coude ; le chef en est retenu par le pouce de la main qui embrasse cette partie, tandis qu’avec le reste de son étendue on fait sur l’avant-bras et le bras alternativement, des tours en huit de chiffre qui s’entre-croisent sur la compresse. Les deux chefs sont enfin noués, ou fixés par une épingle à la partie externe du membre.

Telle est l’opération de la saignée ; opération minu' tieuse dans ses détails , quelquefois difficile dans son exécution, et que les jeunes praticiens ne sauraient trop répéter, aOn de se rendre familiers tous les détails et tous les mouveraens qu’elle exige.

Ulislacles Diverses circonstances peuvent, après la ponction faite

à la sorlie

du sang. avec la lancette , empêcher le sang de couler convena-

blement au dehors. 11 se peut d’abord que l’on ait manqué la veine, qui, trop mobile ou trop petite, a fui devant la pointe de l’instrument , ou qui, à raison de sa profondeur , n’a pu être atteinte. Dans ce cas , rien ne sort par la plaie , et la vue ou le doigt font reconnaître la

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situation du vaisseau en avant , en arrière ou au-dessous d’elîe. On doit en conséquence reporter la lancette dans Fiiicision, et, prenant mieux ses mesures, ouvrir la veine sans hésiter. D’autres fois , l’ouverture faite h cette dernière est trop petite, et le sang ne peut sortir que goutte à goutte; les mêmes observations font reconnaître celte circonstance , et l’agrandissement de la plaie rétablit encore la régularité de l’opération. Il arrive assez souvent que, dans les mouvemens qui succèdent à la ponction de la veine, l’ouverture de cet organé cesse d’être parallèle à celle de la peau: le chirurgien doit alors ramener celleci au-devant de l’autre, et l’y maintenir jusqu’à la fin de l’opération. Des paquets graisseux se glissent quelquefois, chez les sujets gras, entre les lèvres de la plaie des tégumens, et f obstruent de manière à empêcher la sortie du liquide: il convient alors de les écarter avec la tête d\ine épingle , ou d’achever leur extraction avec la pointe des pinces à pansement. Enfin , on observe assez souvent qu’après être sorti d’abord avec liberté et avec force, le jet du sang s’arrête lout-à-coup , sans cause évidente, et que la saignée se trouve subitement interrompue. Ce phénomène dépend presque toujours de ce que la ligature étant trop serrée , le sang -artériel n’afllue plus dans le membre, et que les veines cessent d’en fournir, aussitôt que celui qui les distendait s’est écoulé. Si l’on explore dans ce cas l’artère radiale, on reconnaît qu’elle ne bat plus : il faut alors relâcher la ligature , et la circulation artérielle se rétablissant, on voit le sang reparaître. La faiblesse du jet du sang dépend quelquefois aussi de ce que l’ouverture de la veine est trop large, relativement à son calibre; et l’on est obligé, pour détruire, au

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