‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 30 sur 170 · A LEUR GUERISON · texte numérisé non relu

A LEUR GUERISON

Les chirurgieDs ont présenté diverses délinîtlons des plaies , exigeant , les uns que l’on ne comprît sous cette dénomination que les divisions récentes et sanglantes des tissus vivans ; les autres qu’on étendît son acception jusqu’aux solutions de continuité qui suppurent , de manière , toutefois , à ce que celles qui sont entretenues par des causes morbifiques intérieures fussent séparées avec soin des autres. Suivant les premiers, les plaies qui suppurent sont des ulcères ; suivant les autres, les ulcères ne sont autre chose que des divisions entretenues ou occasionées par des causes internes locales ou générales. Et ici encore M. ilîcherand, par exemple , ne comprend pas parmi les ulcères les plaies qui sont entretenues par des callosités , des varices , des productions fongueuses, tandis que M. Boyer ne manque pas de les placer dans cette catégorie.

On voit que je néglige de parier des opinions et des distinctions établies par les anciens entre les ulcères télépliienSj, chironienSy pha^édéniqucs, etc.; je le fais parcequ’il est temps de reléguer toutes ces absurdités dans les livres consacrés à Thistoire de Fart. Mais à quoi tiennent les dissidences que Foii observe encore aujourd’hui sur les mêmes obiels ? Il faut en attribuer la cause h cette manie

de séparer ce qui se touche par tous les points , à ce reste d’esprit scolastique, dont les meilleurs esprits ne sont pas exempts , et qui consiste à vouloir toujours couper et diviser , en attachant une importance presque ridicule à des distinctions sans utilité. Lorsqu’un praticien est appelé pour donner des soins à un sujet qui présente une plaie , qu’a-t-il autre chose à faire qu’à examiner l’aspect de la solution de continuité et à tra-vailler à sa guérison en écartant les causes locales ou générales qui Fentre*tiennent ? Que cette division soit une plaie ou un ulcère, cela lui importe peu ; cela ne change rien aux indications curatives que la maladie présente : tout le talent consiste à bien observer les phénomènes de celle ci; et l’habileté, à pratiquer tes opérations ou à administrer le traitement intérieur convenables.

Pour nous, il n’y aura donc que des solutions de continuité; et, passant en revue les causes qui peuvent les produire , les accidens dont elles sont susceptibles d’être accompagnées , les modifications organiques locales ou générales qui les entretiennent et les perpétuent chez quelques sujets , nous aurons terminé leur histoire et fait connaître la manière suivant laquelle le praticien doit les combattre dans toutes les circonstances.

Presque toujours produites par Faction de corps extérieurs sur les tissus vivans , les solutions de continuité peuvent dépendre, ou d’une séparation brusquement opérée entre les fibres de nos organes , ou de la désorganisation d’une partie de ces derniers , soit par le calorique, soit par les agens cfhimiques; ou bien, enfin, du développement d’une inflammation, qui a pour effet l’uîcéralion des tissus qu’elle envahit. Dans !‘e premier cas, la divi-

Les distincliona établies entre ces maladies sont imnilcs dans la pratique.

et pour nous il n’y a que des solutions de continuité , occasionées ou entretenues par

diverses causes.

Elles .sont le résultat , nu de violences extérieures, ou de l’actiori d’agen.s chimiques , ou de

phlegmasies

ulcéreuses.

Les causes (les premières sont très variées.

i” Trailenieni de.s piqûres.

sion existe dès le premier instant; dans le second, elle n’aura réellement lieu qu’aprèsla chute de la partie désorganisée; dans le troisième, des causes irritantes externes ou internes, la produisent et tendent à l’agrandir.

Les premières peuvent être le résultat, soit de l’action d’instrumens piquans, tranchans ou contondans , soit de tractions immodérées exercées sur les organes. De là , les divisions que l’on désigne sous les noms de plaies par piqûre , par incision , par contusion et par arrachement OU par rupture. Dans le plus grand nombre des cas, elles sont apparentes , c’est-à-dire que les tégumens sont divisés en même temps que les tissus sous-jacens ; d’autres fois, au contraire , on dit qu’elles sont cachées, parceque les tégumens restés entiers recouvrent les organes divisés, c’est ce qui a lieu dans les contusions , les ruptures musculaires ou tendineuses , etc. Tantôt enfin les tissus sont simplement divisés, et tantôt une partie de leur substance a été détruite ou emportée par la cause vulnérante , ce qui a fait encore distinguer ces lésions en plaies simples et en plaies avec perte de substance.

Les plaies par piqûres, lorsqu’elles ne sont accompagnées ni de vives douleurs qui annoncent la lésion d’un nerf, ni de tumeur sanguine produite par la blessure d’un gros vaisseau , doivent être abandonnées à ellesmêmes; leurs bords et les parois de leur trajet ne sauraient s’écarter beaucoup, et le gonflement léger qui s’en empare suffit pour les maintenir en contact. Une mouche d’emplâtre de diachylum gommé à chacune de leurs extrémités, des compresses trempées dans une dissolution étendue d’acétate de plomb, et le repos absolu de la partie, sulflsent ordinairement pour en procurer la gué-

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rison. Des évacuations sanguines générales , des applications émollientes, et même de*s saignées locales, sont propres h prévenir et à combattre l’inflammation vive dont les blessures de ce genre sont quelquefois suivies. Des débridemens sont nécessaires lorsqu’un membre entouré par de fortes aponévroses est traversé, et que da phlogose se complique d’étranglement; mais comme ces accidèns sont assez rares, ü faut, dans le premier instant, se borner à des soins généraux et préservatifs, et attendre, pour exécuter des opérations douloureuses et graves, que des phénomènes d’irritation les rendent nécessaires.

Quelles que soient la profondeur et la direction des plaies faites à nos parties par des instrumens tranchans, le premier phénomène qu’elles présentent est l’écartement de leurs bords, produit à la fois par l’élasticité et la retraite des tissus divisés, et par la contraction de ceux d’entre eux qui peuvent exercer cette action. Aussi l’indication principale à remplir alors , consiste-t-elle^ après avoir extrait les corps étrangers, lié les vaisseaux et nettoyé la surface de la division, à rapprocher et à réunir les lèvres de celle-ci.

Pour cela , il faut d’abord placer la partie dans une telle situation que les bords de la plaie tendent d’euxmêmes à se rapprocher, et que les tissus qu’elle aflecte soient dans le relâchement. C’est dans cette intention que l’on incline les portions de membre voisines de celle qui est blessée, du côté de la solution de continuité, lorsque celle-ci est transversale. Ainsi , par exemple, les plaies en travers de la partie antérieure de la cuisse, exigent que la jambe soit étendue sur le fémur et le mem-

Traitement des incisions.

Elles doivent être réunies

imrnédialement,

J. Situation de la partie.

B. Bandag;e vinissanl.

Il difïere pour les plaies en travers ,

bre entier soulevé vers le bassin : une situation contraire serait la plus utile si la division occupait la face postérieure du membre. En un mot, il faut toujours rapprocher les attaches des muscles coupés en travers : on les met ainsi dans le relâchement, et si la plaie alors n’est pas entièrement réunie, ses bords sont du moins placés dans la condition la plus favorable à cette réunion. Quant aux plaies en long, on recommande généralement de donner au membre une telle situation que leurs angles soient écartés, afin que leurs bords se rapprochent avec plus d’exactitude,* mais les tiraillemens qui accompagnent une telle situation la rendent plus nuisible qu’utile, et il vaut beaucoup mieux, alors, laisser les parties dans le relâchement, entre la flexion et l’extension. Les divisions obliques doivent être, en général, assimilées aux plaies en travers.

Mais la situation seule ne suffit jamais pour mettre en contact les bords des solutions de continuité, et il faut y joindre l’action d’autres moyens, parmi lesquels le bandage unissant est un des plus utiles. La plaie est-elle transversale ; on prépare deux compresses d’une longueur égale à celle du membre blessé, et aussi large que la plaie est longue. Une de ces compresses doit être divisée jusqu’à sa partie moyenne en autant de chefs qu’elle a de pouces de largeur; sur l’autre, on fait autant de boutonnières que l’on a taillé de languettes à la première. Enfin , deux bandes roulées chacune à un cylindre complètent l’appareil. On couche la bandelette fendue sur le membre, et l’on fixe son extrémité restée entière audessous de la blessure au moyen de la bande, dont les circulaires embrassent cette extrémité plusieurs fois re pliée sur eux, puis l’on remonte par des doloires jusqu’au

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voisinage de la plaie où l’on fait tenir le cylindre par iTn aide. L’autre compresse est placée et fixée supérieurement de la même manière; et la seconde bande, ramenée aussi près de la plaie, est encore confiée à l’aide. Alors, passant les lanières de l’une dans les boutonnières de l’autre, qui doivent correspondre à la solution de continuité , et tirant leurs extrémités en sens contraire, le chirurgien rapproche exactement les bords de la plaie. Avec le cylindre de la bande supérieure, il descend par des doloires sur la compresse supérieure^ dont il replie plusieurs fois l’extrémité sur les dernières circulaires. La bande inférieure , à son tour , sert à maintenir supérieurement les chefs de la compresse inférieure , et tout le membre se trouve exactement recouvert. Ce bandage agit, d’une part en poussant l’une vers l’autre les parois opposées de la plaie , de l’autre , en comprimant les. muscles et en s’opposant à leurs contractions. Pour qu’il soit bien fait, il faut que , pressant également toutes les parties qu’il embrasse, aucune douleur ne suive son application. Afin de prévenir l’engorgement œdémateux de la portion inférieure du membre , il importe d’y placer un bandage roulé, étendu depuis l’e^émsté des doigts ou des orteils jusqu’à la partie inférieure du bandage unissant.

Pour les plaies longitudinales , on prend une pièce de linge un peu plus large que la plaie n’est étendue , et assez longue pour faire trois à quatre fois le tour du membre. Cette bande est roulée à^ un cylindre ; son chef libre doit être fendu en lanières longues de dix à douze pouces et larges d’un pouce. A une distance plus ou moins considérable, on pratique autant de boutonnières que l’on

el pour les plaies longitudiiiaies.

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