‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 5 sur 170 · LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

LIV. I. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS

Ce qu’il faut faire avant

les opérations.

lO S’assurer que celles - ci sont néce.ssaircs , possibles , et si de grands avantages doivent résulter de

leur exécution.

il ne doit jamais oublier que les opérations qui nécessitent la division ou la désorganisation de nos tissus sont ordinairement accompagnées de douleurs très vives, quelquefois d’hémorragies abondantes, et constamment suivies d’inflammations locales intenses , qui peuvent devenir la cause des accidens les plus graves et même de la mort. 11 ne faut donc recourir à ces ressources extrêmes de la chirurgie que dans les cas où toutes les médications internes et externes seraient inutiles , ou sont demeurées sans succès; et lorsqu’alors on s’est décidé à opérer , il faut tout prévoir , tout disposer , tout faire , avant , pendant et après les opérations , pour que , d’une part , elles soient exécutées promptement , commodément et sûrement , et que, de l’autre, aucun accident ne les accompagne et ne leur succède.

Avant de pratiquer aucune opération , l’on doit connaître assez bien la nature de la maladie , son étendue , la disposition des organes affectés , et la structure des parties voisines, pour être assuré , qu’il n’existe pas d’autre moyen de guérir le sujet; 2*^ que l’opération aura pour eilèt, ou la destruction complète du mai , ou un tel soulagement , et une prolongation assez considérable de la vie du malade, pour que ces avantages compensent les douleurs et les dangers attachés à l’exécution du procédé opératoire ; 5® que l’opération elle-même est pos-sible , c’est-è-dire qu’on pourra l’exécuter tout enlière, sans compromettre immédiatement ou d’une manière éloignée l’existence du sujet, plus queue le fait la maladie elle-même. Ces restrictions sont les seules que la raison impose h rexécution des opérations chirurgicales; et toutes les déclamations que l’on s’est permises contre

les procédés nouveaux , récemment pratiqués en Angleterre, en France et en Italie, restent sans valeur, lorsqu il est démontré que la plupart de ceux que l’on attaque satisfont aux conditions établies plus haut. Il est évident que Fhabileté plus ou moins grande des chirurgiens établit ,des différences correspondantes dans les opérations qu’ils peuvent entreprendre : il serait téméraire à telle personne de vouloir pratiquer mne opération qui sera simple pour une autre,* et l’hontme de genie peut souvent abandonner avec avantage les routes battues, se frayer des .voies nouvelles , et exécuter des choses dont le vulgaire n’aurait pas même, conçu la possibilité, Les jeunes chirurgiens -doivent avoiri: toujours présent à 1 esprit qu il n’est pas d'opération difficile pour celui qui joint , à' la présence* d’esprit et au sang-froid , l’adresse et l’assurance que donnent des connaissances anatomiques positives et la fréquente exécution des procédés sur le cadavre et sur les sujiets vivâhs,î fi.r Tantôt les opérations sont imEùédiatement néeessaires, et doivent être pratiquées surde^champl, sans.qo’aucuixe temporisation puisse , etre admise sans^» danger tantôt , au contraire, on peut attendre , pour ^opérer , que le sujet se trouvé dans des circén$|ancesx plus ifavora-M^ prompte guérison. A la .première’ de ccf catégories* à-ppartienneiît : toutes les affections ijnL déterminant des accidens très graves, et comprométtant açtuellement la vie du sujet , ne sont accessibles qu’aux instrumen's' chirurgicaux; telles sont les plaies artérielles , les fractures avec enfoncement aux os du crâne , certaines hernies étranglées avec force et vivement enflammées , fetc. ; 2® les lésions qui doivent être inévitablement suivies de

2 O Fixer l’époque où l’on doit opérer.

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phénomènes très “dangereux ^ durant la manifestation desquels on ne pourra opérer ^ et qui peuvent occasîoner la mort, sans qu’aprèsdeur cessation l’opération soit moins néeessaîré. Les plaies d’armes à feu ou autres , qui nécessitent l’amputation , sont' dans ce cas. Le point de doctrine qui est relatif aux amputations pratiquées immédiatement'ou après la période inflammatoire , n’a été l’objet de tant de discussions que parceqiié l’on n’a pas assez compris qu’il ne devait y être question que des cas où l’opération est jugée absolument indispensable. Or, dàfns - ces ‘ Occasions , il est évident qu’euiopérant sur-iechamp , on abrège les douleurs' du sujet, en* même temps qu’on lui' fait éviter? lès dangers qui résulteraient dü développement d’une vive inflammation d’ünè suppuration abondante et d’un séjour prolongé' dans les hôpitaux. -Dans les» das douteux , on peut et l’on doit se dispenser ‘d’opérer; mais dans ceux oùola guérison ne saurait manifestement avôirdieu sans opération , il faut incontestablement pratiquer, ( immédiatement celle - ci. Or , ces nécessités varierit , non seulement à raison de la gravité des blessures é mais encore suivant les circonstances où, se trouve le malade. En effet, telle lésion que l’on pourrait espérer de guérir dans un hôpital sédentaire et bien approvisionné exige impérieusement l’amputation sur un champ de bataille , lorsque l’on est privé de tout , et que le blessé, sans appareil ou imparfaitement pansé , doit être transporté à de grandes distances sur de mauvaises voitures.

Les maladies qui permettent une temporisation plus ou moins longue sont celles qui n’occasionent pas de trouble notable dans les principales fonctions , ou qui

laissent encore subsister l’espoir de les guérir sans opération. Dans le premier cas , la vie n’étant pas compromise , et une attente de quelques mois ne pouvant pas aggraver la situation du sujet , il est souvent utile, ou de remettre l’opération à une saison plus favorable , ou de combattre et de détruire d’abord les lésions accidentelles qui compliquent la maladie principale , ou enfin d’attendre que certaines affections morbides , actuellement régnantes , aient cessé leurs ravages. Les anciens n’opéraient de la cataracte et n’extrayaient les calculs urinaires qu’au printemps et à l’automne ; non que ces opérations ne pussent réussir dans tous les temps , mais parcequ’ils croyaient ces saisons plus favorables au prompt rétablissement des sujets. Cette observation est peut-être trop négligée par la plupart des chirurgiens de nos jours ; et lorsque rien ne s’y oppose , je pense qu’il convient d’imiter encore la conduite de nos prédécesseurs. Si des maladies compliquent la lésion principale , et peuvent nuire au résultat de l’opération, il ne faut pratiquer celle- ' ci qu’après les avoir détruites,* telles sont les ophthalmies et les douleurs de tête dans les cas de cataracte ; les coliques habituelles , et la sensibilité du ventre dans ceux de calcul vésical , etc. Enfin , il n’est pas prudent d’opérer; sans une absolue nécessité, toutes les fois qu’il règne, des maladies plus ou moins dangereuses. Les opérés sont plus disposés que les autres personnes à contracter ces affections, qui aggravent alors les résultats des opérations, et en compromettent ou en détruisent le succès. Il serait superflu , d’après ce qui précède, d’insister sur la nécessité , dans les maladies susceptibles de guérison par un traitement interne ou externe approprié, de différer l’o-

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