LIV. ï. CHAP. I. GÉNÉRALITÉS
5® Déterminer le lieu où
l’opéralion doit être faite.
pération jusqu’à ce que l’insuffisance de ce traitement ait été bien constatée. C’est à cette époque seulement qtie l’opération est proposable. Or , à mesure que la médecine physiologique sera plus généralement et plus judicieusement appliquée à la chirurgie, on verra s’augmentep> le nombre des guérisons produites par les moyens thérapeutiques ordinaires, et diminuer dans la même proportion celui des cas où les opérations les plus graves sont jugées nécessaires.
On admet généralement , pour les opérations , un lieu de nécessité et un lieu d’élection. Le premier est, diton, fixé par la nature même et le siège de la maladie , qui exige que l’on porte finstrument sur les organes alTectés ; tandis que l’autre , correspondant à des parties saines , peut être choisi plus loin ou plus près du lieu que la lésion occupe. Ainsi , l’extirpation d’une mamelle cancéreuse, la résection d’une articulation, sont toujours exécutées dans un lieu de nécessité, tandis que la jambe peut être àmputée plus ou moins haut dans les ma- ^ ladies du pied , et la ligature de l’artère crurale pratiquée soit au creux du jarret, soit au milieu de la cuisse, dans les anévrismes poplités. Mais aucun de ces lieux n’est indifférent pour le résultat de l’opération ; on ne peut donc choisir au hasard celui qui s’offre le premier à l’esprit. Suivant que l’opération est pratiquée dans tel ou tel endroit , ou la guérison est plus ou moins facile et assurée , ou le sujet se sert plus aisément des organes mutilés qui lui restent, ou enfin d’autres inconvéniens ou d’autres avantages se manifestenl. Il n’y a donc pas dès lors , à proprement parler, de lieu d’élection ; car le lieu par lequel on peut attaquer le plus
directement le mal , et le faire cesser, le plus promptement , le plus sûrement et avec le moins de douleur possible ; le lieu qui permet à la plaie de se cicatriser le plus facilement , aux parties opérées d’être ensuite le plus utiles , ce lieu est de nécessité , il doit être adopté , et le chirurgien judicieux ne saurait en choisir un autre.
Ces objets préliminaires étant arrêtés , il convient de fixer la méthode et le procédé suivant lesquels on se propose d’opérer. Les méthodes opératoires sont distinguées les unes des autres d’après les parties que l’on divise pour exécuter une opération quelconque. Les procédés sont, au contraire, les diverses manières suivant lesquelles on peut diviser les mêmes parties. Les méthodes ont donc entre elles des différences bien tranchées et fort importantes à connaître. Elles varient et par la situation et par la forme des plaies , et dès lors aussi par la facilité plus ou moins grande avec laquelle le sujet guérit. Les procédés , au contraire , ne sont souvent distingués que par l’espèce d’instrument dont on fait usage, ou par l’endroit où commence l’incision , par la direction qu’on lui donne, etc. ; mais l’opération reste fondamentalement la même , et elle présente constamment presque tous les avantages et tous les inconvéniens qui sont inhérens à la méthode à laquelle elle se rapporte.
Pendant long-temps les chirurgiens attachèrent , dans le choix qu’ils faisaient de leurs opérations , la plus grande importance à la facilité et à la célérité avec lesquelles ils pouvaient les exécuter. On peut dire qu’ils prenaient à tâche d’escamoter plutôt que de retrancher ou de diviser méthodiquement les parties malades. C’est pour atteindre ce but qu’ils inventèrent la plupart de ces in-
4® Faire choix de la méthode et du procédé opératoire.
Définition de l’une
et de i’aulie.
Motifs qui doivent alors guider le chirurgien.