‹ Nouveaux élémens de chirurgie et de médecine opératoire, ouvrage contenant l'exposition complète des maladies chirurgicales, et des opérations qu'elles réclamentChapitre 96 sur 170 · LÉSIONS DU COEUR · texte numérisé non relu

LÉSIONS DU COEUR

Les solutions de continuité étendues et qui pénètrent dans les cavités du cœur sont constamment et rapidement mortelles. Les piqûres étroites et obliquement dirigées, ne permettant pas au sang de s’échapper à grands flots à chaque contraction de l’organe, peuvent toutefois laisser vivre le sujet pendant un temps plus ou moins long. Ce fait a été constaté par Saviard , Rodius , Muller, Abington, MM. Boyer, Latour et beaucoup d’autres praticiens. Dans ces cas, les signes de la lésion du cœur sont fort obscurs. Ils doivent être déduits de la situation et de la direction de la plaie, du trouble extrême ou de l’affaiblissement rapide du mouvement circulatoire, de la prompte résolution des forces générales , etc. La chirurgie alors est impuissante. D’amples saignées peuvent seules retarder la marche des accidens, et donner, s’il est possible, à la nature le temps d’organiser un caillot susceptible de suspendre ou d’arrêter l’hémorragie.

Lorsque la présence d’un liquide séreux dans le péricarde n’est plus douteuse, et que le malade, menacé de

lO Plaies (lu coeur.

Traitemenl

qu’elles

réclament.

âO

JJydropàvicmte,

Circonstances où elle exige l’opéraüoH,

Procédé de Senac.

Procédé de Desault.

M. Skieldenip.

458 li. V. CH. I. MALADIES DE l’app. DE LA CIRCULATION, CtC.

perdre prochainement la vie, a fait usage sans succès de tous les moyens internes que la médecine emploie en pareil cas, je pense qu’il vaut mieux recourir à l’ouverture de l’enveloppe séreuse du cœur, que d’abandonner le sujet à une mort assurée.

Senac, pour qui cette opération n’avait rien ni d’effrayant ni de dangereux, voulait qu’on l’exécutât au moyen d’un trois-quarts, porté entre les seconde et troisième côtes asternaîes gauches , à deux pouces du sternum, et dirigé d’avant en arrière, et de dehors en dedans, derrière la base de l’appendice xyphoïde. Cette opération exposerait évidemment à la lésion des parties les plus importantes, et elle n’a sans doute jamais été exécutée.

Desault, dans un cas où il croyait qu’une hydropéricarde existait, incisa entre la sixième et la septième côte sternale dm côté gauche. Après la section des tégumens et des muscles, le doigt porté dans la plaie fit reconnaître une poche remplie de liquide, et servit à diriger la pointe du bistouri. La sérosité étant écoulée, on crut sentir le cœur à nu au fond de la plaie ; mais l’ouverture du cadavre fit découvrir qu’il ne s’était agi que d’un hydrothorax circonscrit de la partie antérieure et inférieure de la plèvre et que le péricarde n’avait pas été entamé.

M. Skielderup conseille d’appliquer sur le côté gauche de la partie inférieure du sternum une couronne de trépan, et d’inciser l’enveloppe du cœur à travers cette ouverture. Il est évident qu’un tel procédé, plus douloureux et plus compliqué que celui de Desault, aurait le désavantage de laisser une plaie difficile à cicatriser et à tra-

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