‹ Nouveaux élémens de physiologieChapitre 2 sur 23 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Depuis l'ëpoque à laquelle fut publié pour la première fois cet ouvrage , si souvent re'imprimé et tant de fois traduit, la physiologie a subi une re'volution qui chaque jour tend à devenir plus complète. Vers la fin du dix-huitième siècle, le vitalisme régnait presque exclusivement dans nos écoles : disciples de Bordeu , tout était pour nous subordonné à l'influence suprême de l'organisation et de la vie; les vérités physiologiques nous paraissaient d'un ordre plus élevé que celles dont s'occupent les physiciens et les chimistes. Professant avec Aristote , q^oii le physicien s'ar-

ij PEÉPACË.

réte^ la le médecin commence^ nous n'admettions qu'avec une extrême réserve les explications de la chimie pneumatique, si brillante alors, et cultivée par des hommes d'un si rare génie. Le souvenir du mal qu'avaient fait à la médecine les théories physicochimiques des Boerhaave et des Sylvius, ajoutait à la défiance que les bons esprits avaient conçue touchant les applications possibles des sciences accessoires à celle de l'économie animale : vainement des hommes du talent le plus élevé tentaient de soumettre la physiologie à l'empire de la j>hysique, et d'expliquer par les lois de cette dernière les phénomènes de l'organisme ; tous ces envahissemens étaient repoussés avec vigueur ou surveillés d'un œil jaloux. C'est dans cet esprit, c'est sous l'empire de ces idées, que furent composés les livres de Pinel et de son école ; c'est sous leur influence que cet ouvrage et ceux de Bichat furent écrits.

Cependant les collaborateurs de Lavoisier, parmi lesquels il me suffira de nommer un géomètre du premier ordre, M. de Laplace, continuaient à soutenir que la physiologie n'é-

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taît qu une branche de la physique , les êtres vivans, comme les corps inorganiques, paraissant complètement soumis aux lois générales de la matière. Une découverte inattendue vint ajouter à la probabilité de leurs opinions. Dans la première année du siècle, en 1800, Volta démontra qu'il suffisait de disposer dans un certain ordre, des substances hétérogènes , pour développer l'électricité par le simple contact de ces substances, et donner naissance à une multitude de phénomènes. Dès ce moment on comprit que dans le principe de ces phénomènes pourrait bien résider la cause de la vie ; et les assertions de quelques médecins obscurs , parmi lesquels néanmoins on rencontre avec surprise le nom d'un homme horriblement fameux (i), furent traitées par nous avec moins de mépris.

Les médecins et les savans d'Allemagne ne se contentèrent point d'admettre cette opinion comme une simple conjecture : l'appareil de Volta leur parut donner l'explication de

(i) Marat,

iv PRÉFACE.

la vie, dont les actions si variées devaient de'pendre de la diversité des organes et du mélange des parties hétérogènes dont se composent les corps organisés ou vivans. Prochaska, Pfaff, Sprengel, Ritter, Hildebrant, Autenrieth , Humboldt lui-même , professèrent que tout dans l'homme, comme dans le reste de la nature, existe sous l'empire de deux forces opposées : tout dans leurs ouvrages s'expliqua par les forces polaires et les lois de l'antagonisme; tout fut attraction ou répulsion, dilatation ou condensation; selon eux, les élémens impondérables , à la tête desquels il faut placer le principe de l'électricité identique avec celui des phénomènes du magnétisme, plus ou moins adhérens à nos organes, en déterminent l'action différente, suivant que, par leur nature diverse, nos parties jouissent d'une propriété isolante ou conductrice de ces agens de la nature.

Le principe de l'électricité n'est point en effet soumis aux lois ordinaires de la matière, ne gravite point vers le centre de la terre ; son action, en s'exerçant, ne tend point essentiellement à s'épuiser et à s'affaiblir comme

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