CHAPITRE V
MUSCLES DE LA TÊTE
Ces muscles se divisent en muscles épicraniens , muscles de la face et. muscles de la mâchoire inférieure. Les premiers forment une calotte musculo-aponévrotique sur la voûte du crâne ; les seconds , insérés en général par une de leurs deux extrémités à la peau , sont distribués autour des ouvertures naturelles de la face; les derniers produisent les mouvements d’élévation et de latéralité de la mâchoire inférieure.
ARTICLE I. — MUSCLES ÉPICRANIENS (Fig. 79).
Préparation. — Faire une incision sur la ligne médiane depuis la racine du nez jusqu’à la protubérance occipitale externe; de son extrémité antérieure mener jusqu’à l’os malaire une incision dans la direction de l’arcade orbitaire ; de son extrémité postérieure en conduire une le long de la ligne courbe supérieure de l’occipital jusqu’à l’apophyse mastoïde. Ces incisions de la peau doivent être très-superficielles pour ne pas intéresser les muscles et l’aponévrose, dont la dissection réclame du reste les plus grandes précautions. Pour les trois muscles auriculaires, il faut, pour s’assurer de leur position, tirer l’oreille successivement en bas, en avant et en arrière, c’est-à-dire dans la direction de chacun de ces muscles; on voit alors se former un pli cutané correspondant à chaque muscle auriculaire, et il suffit de l’inciser pour tomber sur les fibres charnues, qu’on suivra ensuite jusqu’à leurs insertions épicràniennes et auriculaires.
Ces muscles, étalés, très-minces, forment quatre groupes : un antérieur ou frontal , un postérieur ou occipital , deux latéraux ou auriculaires ; tous ces muscles se rendent sur les bords d’une aponévrose, aponévrose épicranienne qui recouvre comme une calotte la voûte du crâne; aussi pourraient-ils être considérés comme un seul muscle polygastrique , muscle épicranien.
1 0 Aponévrose épicranienne. — C’est une lame forte , à la face profonde du cuir chevelu, mobile au contraire, quadrangulaire.
nacrée , très-adhérente sur les os et de forme
2° Occipital (Fig. 63,1). — Ce muscle s’attache en bas aux deux tiers externes de la ligne courbe occipitale supérieure (Fig. 14, XX'), en haut, au bord postérieur de l’aponévrose épicranienne.
Fig. 77. — Muscles de la lêle; couche superficielle (*).
!*) 1) Frontal. — 2) Auriculaire antérieur. — 3) Auriculaire supérieur. — 4) Auriculaire postérieur. — 5) Pyramidal. — G) Tendon direct do l’orbiculaire. — 7) Orbiculaire des paupières. — 8) Releveur superficiel de l’aile du nez et de la lèvre supérieure. — 9) Releveur profond. — -10) Transverse du nez. — 11) Transverse supérieur. — t2) Myrtiforme. — 13) Muscle dilatateur de l’aile du nez. — 14) Petit zygomatique. — 15) Grand zygomatique.— 10) Canin. — 17) Orbiculaire des lèvres. — 18) Buccinateur. — 19) Triangulaire des lèvres. — 20) Carré du menton. — 21) Houppe du menton. — 22) Masséter. — 23) Parotide et canal de Sténon.
MYOLOGTE.
3° Muscle frontal (Fig. 77 , 1). — Ce muscle, séparé de celui du côté opposé par une languette de l’aponévrose avançant sur la ligne médiane, s’attache en haut au bord antérieur de l’aponévrose épicranienne; en bas ses fibres s’insèrent, les unes à la peau de la région du sourcil et de la région du nez, les autres aux os, près de l’angle interne de l’œil (apophyse montante du maxillaire supérieur et os nasaux); il envoie en outre des faisceaux à l’orbiculaire. Le faisceau musculaire le plus interne, qui vient de la partie inférieure de Vos nasal (Fig. 15, B), constitue un petit muscle à part, le pyramidal (Fig. 72, 5), qui, en haut, prend aussi quelques insertions à la peau de la racine du nez. Les fibres des pyramidaux s’entre-croisent souvent sur la ligne médiane. Les muscles frontal et occipital ont leurs libres dirigées dans le même sens , c’està-dire d’avant en arrière, et la continuité est établie par les fibres antéro-postérieures de l’aponévrose épicranienne.
4° Muscles auriculaires. — Ces muscles , au nombre de trois de chaque côté, auriculaires antérieur, supérieur et postérieur, s’attachent tous à l’aponévrose épicranienne.
a) Le muscle auriculaire antérieur , attrahens auriculam (Fig. 77, 2), trèsmince, quelquefois à peine visible, s’attache à la partie antérieure du conduit auditif cartilagineux.
b) Le muscle auriculaire supérieur, attollens auricidam (Fig. 77, 3), large, rayonné, s’insère à la convexité de la fossette de Vcinthélix.
c) Le muscle auriculaire postérieur , retrahens auricidam (Fig. 77, 4) , se compose de un ou deux petits faisceaux allant de l’aponévrose épicrânienne , au niveau de l’apophyse mastoïde (Fig. 13, C), à la convexité de la conque.
Nerfs. — Tous ces muscles sont innervés par le nerf facial. L’occipital reçoit, en outre de fins filets du petit nerf occipital.
Action. — Tous ces muscles sont tenseurs de l’aponévrose épicrânienne; ils peuvent en outre la faire mouvoir, et avec elle le cuir chevelu, soit d’avant en arrière (point fixe à l’occipital), soit d’arrière en avant (point fixe au frontal). Quand cette aponévrose est fixée par l’occipital , le frontal prend son point fixe à ses insertions épicraniennes et élève les sourcils en plissant transversalement la peau du front ; au point de vue physiognomique , c’est le muscle de l’attention , et par ses contractions d’intensité variable il peut en rendre les différents degrés et les divers modes (surprise, admiration, ébahissement, épouvante). Le pyramidal prend son point fixe en bas, plisse transversalement la peau de la racine du nez et abaisse la peau de la région intersourcilière; il est donc physiologiquement antagoniste du frontal. Sa contraction rend les sentiments tristes et concentrés et s’associe ordinairement à celle du sourcilier pour l’expression agressive, dure. L’action des trois auriculaires, très-variable suivant les individus, se déduit facilement de leur situation.
MUSCLES DE LA FACE
Préparation. — Faire une incision verticale et médiane allant de la racine du nez à la lèvre supérieure; inciser de même la lèvre inférieure jusqu’à la partie inférieure du menton; faire tomber sur cette incision verticale médiane trois incisions transversales; la première, partant de la racine du nez et passant au-dessus de l’arcade orbitaire; la seconde, partant de la commissure des lèvres et allant jusque près de l’oreille; la troisième, suivant le bord inférieur de la mâchoire inférieure et dépassant un peu l’angle du maxillaire. Ces incisions doivent être trèssuperficielles pour ne pas intéresser les fibres charnues. Celle dissection est très-difficile et
MUSCLES DE LA TÊTE
demande beaucoup d’attention et de patience; autant que possible, on enlèvera avec la peau le tissu cellulaire et la graisse qui recouvrent les fibres charnues. Comme ces fibres charnues s’insèrent en beaucoup d’endroits à la peau, on est obligé de les couper ; mais il faut le faire le plus près possible de leur insertion cutanée, sans cela la préparation aurait un aspect haché, qu’il est impossible, du reste, d’éviter pour certains muscles. On doit redoubler d’attention au niveau de la partie palpébrale de l’orbiculaire des paupières , du transverse du nez et du risorius de Santorini. Certains muscles, par exemple le myrtiforme et la houppe du menton , ne peuvent être vus complètement qu’alors qu’on les dissèque du côté de la muqueuse, après avoir renversé les lèvres en dehors. Pour disséquer le buccinateur, on tend le muscle en gonflant les joues par de l’étoupe introduite dans la cavité buccale; pour voiries insertions postérieures de ce muscle, il faut détacher par un trait de scie la branche de la mâchoire du reste de l’os; aussi son étude doit-elle être renvoyée après celle des muscles de la mâchoire inférieure. C’est surtout pour la préparation des muscles de la face qu’il importe de choisir un sujet maigre et bien musclé.
Ces muscles se divisent en trois groupes disposés autour des orifices des paupières , des narines et des lèvres. Tous sont innervés par le nerf facial.