SUPÉRIEUR
a) Aponévrose palmaire.
Cetle aponévrose recouvre en dedans et en dehors, où elle est très-mince, les muscles des éminences thénar et hypothénar et , dans sa partie moyenne , beaucoup plus forte, s’étend comme un pont fibreux d’une éminence à l’autre pour protéger les tendons fléchisseurs , les nerfs et les vaisseaux de la paume de la main.
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Fig. 90. — Aponévrose palmaire (*).
1° Aponévrose palmaire moyenne (Fig. 90, 3). — Cette aponévrose, très-forte et très-résistante, forme un triangle dont les bords correspondent aux deux éminences thénar et hypothénar et la base au niveau de la tête des métacarpiens. Elle se compose de fibres superficielles et de fibres profondes.
(*) O Tendon du palmaire grêle. — 2) Son expansion à l’aponévrose de l’éminence thénar. — 3) Fibres longitudinales de 1 aponévrose palmaire. — 4) Sa continuation avec l’aponévrose de l’éminence thénar. — 5) Section de 1 aponévrose. — 6) Sa réflexion en dedans. — 7) Fibres transversales. — 8) Soudure de ses libres à la gaine des tendons. — 9) Languettes cutanées de l’aponévrose. — 10) Section des languettes cutanées. — 11) Arcades aponévrotiques interdigitales. — 12) Leur continuité avec les languettes cutanées. — 13) Ligament transverse du métacarpe. — 14) Palmaire cutané. — 15) Section de la peau au bord cubital de la main. — 10) Aponévrose de l’éminence thénar. — 17) Aponévrose de l’éminence hypothénar. — 18) Artère collatérale des doigts. — 19) Nerl collatéral des doigts. — 20) Lombricaux.
MYOLOGIE.
Les libres les plus superficielles (3) 11e paraissent être autre chose que l’épanouissement clu tendon du palmaire grêle (4), qui s’étalerait en éventail en arrivant à la paume de la main. Ces libres, arrivées à la base de l’aponévrose palmaire, se ramassent pour former quatre languettes minces, qui se rendent vers la racine des doigts pour s’y terminer d’une façon qui sera décrite plus tard, languettes cutanées de l’aponévrose palmaire (9).
Au-dessous de ces fibres superficielles on trouve un plan profond constitué par des fibres transversales et obliques. Elles proviennent de la face antérieure et du bord inférieur du ligament annulaire du carpe, d’une expansion fibreuse partant du pisiforme, des aponévroses palmaire interne et externe. Les fibres transversales sont surtout très-prononcées à la base de l’aponévrose , au niveau des articulations métacarpo-phalangiennes et du pli cutané palmaire inférieur. Elles forment là une bandelette forte, large de près de 0m,01 (7), croisant transversalement les fibres verticales et allant en s’élargissant un peu du bord interne au bord externe de la main.
Les connexions de l’aponévrose palmaire avec les parties voisines sont très-importantes et présentent une assez grande complication.
A. Connexions avec la peau. — Sa face antérieure séparée de la peau par du tissu cellulo-adipeux donne attache en dedans et en haut au palmaire cutané ; de cette face se détachent une quantité de petites brides fibreuses allant à la face profonde de la peau, surtout au niveau des plis que présente cette dernière. Mais c’est surtout à la racine des doigts que se rencontre une disposition particulière très-remarquable. Si on suit les quatre languettes cutanées provenant des fibres superficielles de l’aponévrose , on les voit se terminer en partie dans la peau du pli digito-palmaire , en partie en se confondant avec des lamelles fibreuses transversales (11) tout à fait souscutanées, tendues entre les racines des doigts ; ces lamelles, arcades fibreuses interdigitales , ont une concavité inférieure correspondant aux replis interdigitaux, et sont bien visibles quand on écarte les deux doigts voisins pour augmenter leur tension ; au niveau des doigts elles se continuent par des libres en X avec un fascia blanchâtre, qui se perd dans le tissu cellulo-adipeux deg phalanges.
B. Connexions avec les tendons fléchisseurs. — Si l’on incise, pour les rabattre en haut, les quatre languettes cutanées de l’aponévrose palmaire, on voit alors que la bandelette fibreuse transversale correspondant au pli palmaire inférieur se comporte de la façon suivante. Au niveau des tendons fléchisseurs de chaque doigt elle se soude (8) à la gaine des tendons, qui peut en être considérée comme un épanouissement ; en effet, en détachant la partie supérieure de l’aponévrose palmaire et en la renversant en bas , on voit se détacher de sa face profonde des cloisons verticales au nombre de huit, qui passent l’une en dedans, l’autre en dehors des tendons fléchisseurs de chaque doigt, en remontant plus haut du côté interne, et se jettent sur l’aponévrose interosseuse antérieure ; elles forment ainsi quatre gaines , dans lesquelles s’engagent les tendons fléchisseurs. Il résulte de cette disposition qu’on trouve à ce niveau en arrière de l’aponévrose sept arcades ou mieux sept canaux fibreux, quatre dans lesquels sont les tendons fléchisseurs et qui se continuent avec les gaines des tendons ; trois intermédiaires à ceux-ci et constitués , en avant par l’aponévrose palmaire , en arrière par le ligament transverse du métacarpe (13) ou la partie inférieure épaissie de l’aponévrose interosseuse antérieure , sur les côtés par les gaines des fléchisseurs et les cloisons qui se détachent de la face profonde de l’aponévrose palmaire ; ces trois canaux donnent passage aux vaisseaux et nerfs collatéraux des doigts (18, 19) et aux lombricaux (20) contenus dans une petite gaine spéciale.
G. Terminaison de l’aponévrose palmaire en dedans et en dehors. — a) En dehors: elle se continue au niveau des muscles court abducteur et court fléchisseur du pouce
MUSCLES DU MEMBRE SUPÉRIEUR
avec une lame cellulo-graisseuse qui les recouvre, mais qui est distincte de la lamelle aponévrotique mince constituant la gaine propre de ces muscles. Au-dessous du court adducteur, elle va, en formant une gaine au premier lombrical , s’insérer à la partie externe île la première phalange de l’index et de la gaine de ses tendons fléchisseurs. — b) En dedans : en haut elle fournit des insertions au palmaire cutané ; plus bas , elle se jette en se recourbant en dedans du tendon du fléchisseur du petit doigt sur l’aponévrose interosseuse et la partie supérieure et interne de la première phalange du petit doigt.
2° Aponévrose palmaire externe (Fig. 90, 16). — Mince, assez résistante, distincte de la lame cellulo-adipeuse , qui continue le bord externe de l’aponévrose palmaire moyenne , elle recouvre les muscles court abducteur , court fléchisseur et adducteur du pouce. En dehors elle s’insère au bord externe du premier métacarpien, en dedans à l’aponévrose interosseuse antérieure le long du troisième métacarpien en suivant les insertions de l’adducteur du pouce ; en haut elle semble une expansion du long abducteur du pouce. La loge qu’elle constitue est divisée en loges secondaires, qui séparent les différents muscles du pouce.
3° Aponévrose palmaire interne (Fig. 90, 17). — Son feuillet antérieur passe en avant du court abducteur et du court fléchisseur du petit doigt; ce feuillet part du bord interne de l’aponévrose palmaire moyenne et va s’attacher au bord interne du cinquième métacarpien sur une arcade fibreuse située en dedans de l’opposant. Son feuillet postérieur passe entre l’opposant et les interosseux du quatrième espace et va au bord antérieur du cinquième métacarpien. Il en résulte une loge divisée en deux loges secondaires : une superficielle pour le court abducteur et le court fléchisseur, une profonde pour l’opposant.
b) Aponévrose dorsale.
Cette aponévrose mince, continue en haut avec le ligament annulaire dorsal du carpe, est soudée aux bords des tendons extenseurs, qu’elle réunit, et se continue avec eux sur la face dorsale des phalanges. Un tissu cellulaire lâche la sépare de la peau et de l’aponévrose interosseuse postérieure.
c) Aponévroses interosseuses .
Ces deux aponévroses , l’une dorsale , l’autre palmaire , complètent avec les faces latérales des métacarpiens les gaines des interosseux. L’aponévrose antérieure s’épaissit à sa partie inférieure et forme, en avant de la tête des métacarpiens, cette bandelette transversale qui, isolée du reste par la dissection , porte le nom de ligament transverse du métacarpe.