LIVRE QUATRIÈME
AMGÉIOLOGIE.
Fig. 102.
(Celte figure est tirée de l’ouvrage encore inédit de Benjamin Angcr Traité d'anatomie chirurgicale).
ANGÉIOLOGIE.
ANGÉIOLOGIE.
L’angéiologie (ayyeïov, vaisseau; Àoyoç, discours) comprend l’étude des canaux parcourus par le sang, le chyle ou la lymphe. Le sang est lancé par le cœur dans des vaisseaux appelés artères , qui , par leurs divisions successives, atteignent aux limites de l’organisme. Elles se continuent par l’intermédiaire des capillaires avec d’autres canaux nommés veines , qui ramènent le sang des extrémités vers le cœur. Le mouvement régulier et circulaire dont est animé le liquide sanguin dans l’intérieur de ces vaisseaux constitue la circulation.
A ce système est adjoint une troisième espèce de vaisseaux, chylifères, lymphatiques, dont le tronc commun s’abouche dans le système circulatoire général. Ces vaisseaux ramènent à la masse sanguine, soit des parties réparatrices, soit le liquor transsudé des capillaires dans l’intimité des tissus et non utilisé par ces derniers.
Puisque le sang se meut, il faut un organe chargé de lui imprimer le mouvement. Cet organe, c’est le cœur.
L’étude de l’angéiologie se trouve donc naturellement divisée en quatre sections :
1° Cœur.
2° Artères.
3° Veines.
4° Lymphatiques.
PREMIÈRE SECTION
DU CŒUR
Le cœur, organe d’impulsion de la masse sanguine, est un muscle creux , situé dans le médiastin antérieur, entre les poumons, qui s’écartent en avant pour le loger, et le diaphragme, sur lequel il repose par sa face inférieure. En avant, le cœur est protégé par le sternum et par l’extrémité sternale des côtes gauches. Il n’est pas très-rare de le trouver séparé de ces dernières par une lame du poumon gauche qui s’interpose en partie entre lui et les parois thoraciques. Le cœur est entouré de toutes parts par une poche fîbro-séreuse , connue sous le nom de péricarde. C’est à la soudure de cette poche avec le centre phrénique que le cœur doit sa fixité dans la poitrine. Les gros vaisseaux lui forment une sorte de pédicule, auquel il est comme suspendu. Il se trouve en avant de l’aorte , de l’œsophage et de la colonne vertébrale.
La direction du cœur est. oblique d’arrière en avant, de droite à gauche et un peu de haut en bas.
Il est fort difficile de déterminer sur le cadavre les rapports exacts du cœur avec les parois thoraciques. Dès que l’on vient, en effet, à ouvrir la poitrine, les poumons se rétractent et le cœur suit nécessairement leur déplacement. Nous allons donner les rapports indiqués par Sappey, tout en faisant remarquer que ce ne sont là que des moyennes variables chez chaque individu , d’après le mode de configuration du thorax.
« Le péricarde s’étend dans le sens vertical de la base de l’appendice xyphoïde «à la partie moyenne de la première pièce du sternum ; son cul-de-sac supé-
DU CŒUR
rieur n'est éloigné de la fourchette de cet os que de 0m, 015 à 0m,018. Dans le «sens transversal, il se prolonge du coté gauche à 0in,08 ou 0m,10 de la ligne « médiane , au niveau des cinquième et quatrième espaces intercostaux , à 0m,06 « ou O11', 07 au niveau du troisième , à 0m,03 au niveau du deuxième. A droite «il s’étend à 0m,03 de la ligne médiane, au niveau des cinquième et quatrième «espaces intercostaux, et dépasse par conséquent le bord correspondant du «sternum de 0m,012 à 0m,015; plus haut il se cache derrière cet os.
«Les ventricules du cœur s’étendent dans le sens vertical , du bord supérieur «de la troisième côte gauche au bord inférieur de la cinquième, et dans le sens «transversal, à 0m,08 de la ligne médiane au niveau des troisième et quatrième « espaces. La pointe du cœur répond à la partie supérieure du sixième espace; «elle est distante de 0,08 à O111, 10 du plan médian.
«L’oreillette droite s’étend du cartilage de la troisième côte droite au carti- «lage de la sixième et transversalement à 0IU,04 de la ligne médiane : un ins- « t ruinent piquant plongé perpendiculairement dans le quatrième espace , à « O111, 015 du bord droit du sternum, la traverserait de part en part.
«L’oreillette gauche répond, par sa moitié externe, au troisième espace «gauche ainsi qu’au cartilage de la troisième côte, et par sa moitié interne, à «la partie correspondante du sternum. Un instrument piquant rasant le bord «gauche de cet os, au niveau du troisième espace, la traverserait en passant «par l’infundibulum du ventricule droit, qui la recouvre en partie.
«L’artère pulmonaire est située en arrière de l’articulation du cartilage de « la troisième côte gauche avec le sternum; mais elle s’étend à la fois un peu au- « dessous et un peu au-dessus de ce cartilage, de sorte qu’un stylet rasant son « bord supérieur ou son bord inférieur, au voisinage du sternum, arriverait « directement sur son tronc.
« L’aorte est située derrière la partie médiane et supérieure du sternum ; «elle s’étend depuis les cartilages des troisièmes côtes jusqu’au bord inférieur « des premières.
«La veine cave supérieure descend du cartilage de la première côte droite à « la partie interne du troisième espace correspondant. Elle est recouverte par « le sternum dans les deux tiers internes de son calibre. Un stylet rasant perpen- « diculairement le bord supérieur du cartilage de la deuxième côte droite, im- «médiatement en dehors du sternum, la blesserait; plongé sur le bord droit «du sternum, dans le deuxième espace , il l’atteindrait encore plus sûrement. »
Le cœur est formé de deux moitiés analogues soudées l’une à l’autre. Ces deux moitiés sont en relation, la droite avec le sang veineux, la gauche avec le sang artériel. Elles sont adossées et complètement séparées par une cloison médiane. On peut grossièrement les comparer chacune à un cône dont le sommet est à la pointe du cœur. Entre la base de ce cône et le sommet se trouve un étranglement transversal qui sépare chaque moitié en deux parties distinctes , mais communiquant ensemble. La cavité la plus rapprochée de la base prend le nom d 'oreillette, l’autre celui de ventricule.
Le volume du cœur varie évidemment à chaque instant sur le vivant, suivant que le cœur est contracté ou relâché. Il pourra varier également sur le cadavre : 1° suivant qu’il sera ou non distendu par du sang, et 2° suivant le moment où on l’examinera , pendant ou après la rigidité cadavérique. Nous
ANGÉIOLOGIE.
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Fig. 102 bis. — Face antérieure du cœur (d’après Bourgery) (*).