DES ARTÈRES
Préparation des artères. — Pour étudier le système artériel on a recours aux injections de matière solidifiable. Les injections sont ou générales ou partielles, suivant les préparations que l’on se propose d’obtenir. Les injections poussées par les gros troncs donnent en général de meilleurs résultats que celles qui se font par les artères de moyen calibre.
Quand l’on veut faire une injection générale et que l’on désire remplir les branches les plus fines des vaisseaux , il faut préalablement échauffer le sujet en le plongeant pendant deux à trois heures dans un bain. Après l’en avoir retiré, on ouvre la cage thoracique en ayant soin de détacher les cartilages aussi près du sternum que possible , à cause dû voisinage de l’artère mammaire interne; il est facile alors, soit de luxer la partie supérieure de cet os dans ses articulations claviculaires, soit de le scier en travers au-dessus de l’articulation de sa première pièce avec la seconde. Par l’ouverture ainsi obtenue, on pénètre dans la poitrine; on recherche l’aorte et on l’isole. On ouvre ce vaisseau , et dans son intérieur on fait pénétrer un tube métallique, qu’il faut avoir soin de fixer solidement au moyen de plusieurs tours de fil. Il faut se servir dans ces injections de tubes dont l’ouverture est aussi grande que possible pour éviter le refroidissement. Une bonne précaution consiste à chauffer au préalable le tube métallique. L’on peut encore obtenir une bonne injection générale en faisant pénétrer le liquide par l’une des carotides primitives, et de préférence celle du côté gauche. Le seul inconvénient qui enrésulte est de perdre ainsi une certaine quantité de matière à injection, qui pénètre dans le cœur en forçant les valvules sigmoïdes de l’aorte.
Il est nécessaire, quand on fait une injection partielle, de choisir de préférence la plus grosse artère de la région. Une précaution qui ne saurait être trop recommandée, consiste à lier au préalable tous les troncs artériels qui de cette région s’étendent au loin. C’est ainsi que, pour obtenir une injection parfaite des artères du tronc, il est indispensable de lier d’abord les carotides, les sous-clavières et les crurales; tout l’effort tendra alors à faire pénétrer le liquide dans les branches de l’aorte descendante. Nous reviendrons sur tous ces détails que l’expérience enseigne du reste à tous ceux qui fréquentent assidûment les amphithéâtres.
Pour faire une bonne injection il faut, avant tout, préparer la matière coagulable. Il est d’usage de se servir d’un mélange de suif et de cire, coloré par du vermillon pour les artères et par du bleu de Prusse pour les veines. Plus la quantité de cire est grande, plus l’injection devient cassante; si au contraire le suif est employé seul, elle est trop molle. Une proportion un peu forte de cette dernière substance rend l’injection plus pénétrante. On augmente encore cette propriété de pénétration en injectant à l’avance dans les vaisseaux une petite quantité d’essence de térébenthine. Le liquide obtenu par la fusion du mélange de cire et de suif doit être assez chaud pour que sa fluidité soit parfaite, sans cependant être bouillant. Dans ce dernier cas il y aurait une véritable coction des parois vasculaires; elles pourraient même être désorganisées et livrer passage au liquide, qui se répandrait dans les tissus ambiants. La seringue préalablement chauffée sera chargée de liquide; on en expulsera l’air qui pourrait y avoir pénétré, et l’injection sera poussée par la canule placée dans le vaisseau. Le premier effort sera énergique; dès que l’on sentira une résistance, la pression devra diminuer et s’exercer ensuite d’une manière constante jusqu’à ce que le piston soit repoussé par la pression intérieure. La seringue sera retirée et la canule fermée par un bouchon en bois préparé d’avance; si, au contraire, on se sert d’une canule à robinet, il suffira de fermer celui-ci jusqu’au complet refroidissement.
Si l’on veut obtenir des injections très -fines, comme celles destinées à l’étude de la distribution vasculaire dans l’intimité des organes, on se sert de liquides froids, de vernis à l’alcool , d’essence de térébenthine, que l’on colore avec du vermillon.
Pour préparer une artère, il convient de l’isoler des parties voisines, surtout des veines qui l’entourent; il faut avoir soin de vider ces dernières avant de les sectionner, sans cela le sang tacherait la préparation et en rendrait l’élude difficile. Quant aux muscles et aux nerfs il est important de les ménager pour se rendre compte de leurs rapports avec les artères.
ANCÉIOLOGIE.
Autant que possible il faut préparer les artères en allant du tronc vers les rameaux ; quelquefois cependant, pour les vaisseaux profonds, il est opportun de suivre une marche inverse et de commencer par disséquer les branches. En toute circonstance il est avantageux de préparer toutes les divisions collatérales et terminales d’un vaisseau, l’on aura ainsi sous les yeux une vue d’ensemble qui restera facilement gravée dans la mémoire.