I. BRANCHES SUS-DIAPHRAGMATIQUES
1° Artères coronaires . du cœur.
Préparation. — Injecter par la carotide primitive et non par l’aorte; sortir soigneusement le cœur de la poitrine, soit isolément, soit avec les poumons; enlever le péricarde et le tissu adipeux ; rejeter à droite l’artère pulmonaire ou mieux encore la sectionner à son origine.
Les premières branches fournies par l’aorte sont les artères cardiaques ou coronaires.
Au nombre de deux , les artères coronaires fournissent chacune une branche située dans le sillon auriculo -ventriculaire, et une autre dans le sillon interventriculaire, d’où résultent, par leurs anastomoses, deux grands cercles entourant le cœur et comparables, l’un à un méridien , l’autre à un équateur.
Elles naissent toutes deux de l’aorte, à très-peu de distance des valvules sigmoïdes, de telle façon que, si ces voiles membraneux venaient, ainsi qu’on l’a cru longtemps, s’appliquer pendant la systole contre les parois mêmes de l’aorte, le sang ne pourrait pénétrer dans ces vaisseaux. C’èst à Cl. Bernard que l’on doit cette remarque si juste. (*)
Fig. J H». — Planche schématique destinée à faire comprendre les deux cercles des artères coronaires (*).
(*) i) Aorte. — 2) Artère pulmonaire coupée à son origine. — 3) Artère coronaire antérieure. — 4) Sa branche uuriculo-ventriculairc. — b) Sa branche ventriculaire. — G) Artère coronaire postérieure. — 7) Sa branche auriculo-vcntriculaire. — 8) Sa branche ventriculaire (les lignes ponctuées indiquent la continuation des vaisseaux sur la face postérieure du cœur).
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
V artère coronaire anterieure ou gauche (Fig. 102 bis , 9) est à son origine assez profondément située entre l’extrémité de l’auricule gauche et l’infundibulum. Au moment où elle se dégage de cet espace, elle fournit sa branche auriculo-ventriculaire qui se dirige à gauche, logée dans le sillon séparant ces deux poches cardiaques, les contourne et vient en arrière s’anastomoser avec la branche correspondante de la coronaire droite. Dans ce trajet elle donne des rameaux ventriculaires et des rameaux auriculaires plus grêles.
Le tronc de la coronaire gauche continue sa direction primitive dans le sillon interventriculaire et arrive ainsi jusqu’à la pointe du cœur, où elle s’anastomose avec les rameaux terminaux de la coronaire droite. Elle fournit dans ce trajet des branches nombreuses destinées aux ventricules, surtout au ventricule gauche, et un rameau grêle et constant, qui pénètre jusqu’à la cloison dans laquelle il se distribue.
L’artère coronaire droite ou postérieure (Fig. 103, 5) naît sur le côté droit du tronc aortique et se trouve comprise à son origine entre l’auricule droit et le bord de l’infundibulum , elle chemine d’abord dans le sillon auriculo-ventriculaire gauche et gagne ainsi la face postérieure du cœur. Au niveau du point d’intersection des deux sillons de cette face , elle se divise en deux branches : l’une, beaucoup moins volumineuse, continue la direction primitive de l’artère et vient s’anastomoser avec la branche auriculo -ventriculaire de la coronaire gauche; l’autre, d’un calibre plus considérable, descend dans le sillon interventriculaire et vient à la pointe du cœur s’anastomoser avec la terminaison de la cardiaque antérieure.
Ces deux branches fournissent dans leur trajet des rameaux analogues à ceux fournis par la coronaire antérieure.
A peu de distance de leur origine, les deux artères cardiaques émettent chacune deux rameaux très-grêles destinés à l’artère pulmonaire et à l’aorte. Ces rameaux s’anastomosent entre eux et communiquent de plus avec l’artère bronchique gauche.
S° Artères bronchiques (Fig. 119, 2).
On en trouve le plus ordinairement deux, plus rarement trois ou quatre.
La bronchique gauche provient toujours de la concavité de la crosse aortique, elle gagne ensuite la bronche gauche, avec laquelle elle pénètre dans le poumon. Elle fournit des rameaux œsophagiens, des minuscules destinés au tronc de l’aorte et anastomotiques avec les cardiaques, des rameaux à l’oreillette gauche et d’autres, très-grèles, aux ganglions bronchiques avoisinants.
La bronchique droite tire son origine tantôt isolément de la concavité de l’aorte, tantôt d’un tronc commun avec la précédente. Très-souvent aussi el,le provient de la première intercostale aortique. Elle gagne la bronche correspondante et donne des rameaux collatéraux à l’œsophage, à la trachée, au péricarde et au médiastin. (Pour la distribution de ces artères dans les poumons et leurs anastomoses avec l’artère pulmonaire, voy. la Splanchnologie.)
3° i\i*tèi*es œsophagiennes (Fig. 119, 3).
De la partie antérieure de l’aorte naît une série de petits rameaux artériels, dont le nombre varie de 3 à 6. Ils sont destinés à la partie de l’œsophage qui est en rapport avec l’aorte. Ces rameaux fournissent tous des petites branches
ANCrÉTOLOfilE.
ascendantes et descendantes qui communiquent les unes avec les autres. Les plus élevées s’anastomosent avec les rameaux œsophagiens de la partie supérieure de ce canal, rameaux qui proviennent de la thyroïdienne inférieure; les derniers communiquent avec des petites branches ascendantes venues de la coronaire stomachique.
L’aorte fournit encore dans sa partie thoracique quelques petites artérioles destinées au médiastin et connues sous le nom de médiastines postérieures . Elles s’anastomosent avec des rameaux très-grêles, les médiastines antérieures , qui proviennent delà mammaire interne.