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ARTICLE II. — ARTÈRE AORTE

Préparation. — Après avoir étudié l’origine de l’aorte et sa portion ascendante au moyeu de la préparation que nous avons indiquée pour l’artère pulmonaire, ouvrir largement le coté gauche delà poitrine, enlever le poumon gauche en sectionnant sa racine, l’aorte thoracique se trouvera aussitôt. Pour l’aorte abdominale, voy. les préparations du tronc cœliaque, des mésentériques et des iliaques.

L’aorte s’étend depuis le ventricule gauche jusqu’au niveau de la quatrième vertèbre lombaire. A son origine elle se trouve placée en arrière de l’artère pulmonaire et se dirige d’abord en haut, en avant et à droite pour contourner ce vaisseau, puis elle remonte presque verticalement et au niveau de la réflexion du péricarde, elle s’infléchit et constitue une arcade connue sous le nom de crosse de l’aorte. Pour bien comprendre la direction de cette courbure, il est nécessaire de se rappeler que le plan dans lequel est comprise l’origine de l’aorte est plus antérieur que le plan de la colonne vertébrale qu’elle doit gagner, .que de plus, à son émergence du ventricule gauche elle est située un peu à droite de la ligne médiane, tandis que c’est la face latérale gauche du corps de la troisième vertèbre dorsale qu’elle va gagner. Il en résulte que la crosse aortique est dirigée de droite à gauche et d’avant en arrière.

L’aorte appliquée sur le côté gauche des corps vertébraux se dirige ensuite vers l’anneau des piliers du diaphragme pour passer dans l’abdomen. Cet anneau musculaire est situé à peu près dans le plan médian. L’artère tend donc à se rapprocher insensiblement de ce plan, qu’elle continue à occuper jusqu’à sa terminaison au niveau de la quatrième vertèbre lombaire. 11 est inutile de dire qu’appliquée sur le rachis, elle en suit les courbures, qu’elle est concave en avant, à la région dorsale , et convexe dans le même sens, aux lombes.

Au niveau des valvules sigmoïdes, le calibre de l’aorte présente trois renflements, qui correspondent à ces replis. Les sinus aortiques , sur une artère injectée, offrent l’apparence de trois bosses saillantes, occupant chacune le tiers de la circonférence du vaisseau (Fig. 107).

On est dans l’usage de diviser l’aorte en trois parties : 1° la crosse de l'aorte, comprise de l’origine du vaisseau jusqu’au point où la bronche gauche le croise perpendiculairement; 2° Y aorte thoracique , qui s’étend jusqu’aux piliers du diaphragme; 3° Y aorte abdominale.

1° La crosse de l’aorte répond d’abord à son origine, en arrière, aux deux oreillettes, à droite, àl’auricule de ce côté, à gauche, au tronc de l’artère pulmonaire, et en avant, àl’infundibulum. Le péricarde, en se réfléchissant lui fournit un feuillet séreux qui l’entoure jusqu’à une hauteur variable , mais qui répond d’ordinaire au point où l’artère pulmonaire s’engage au-dessous d’elle. A ce niveau , la veine cave supérieure est parallèle à l’aorte et située à sa droite ; la branche droite de l’artère pulmonaire lui est, au contraire perpendiculaire et passe en arrière d’elle.

Dans son trajet oblique en arrière et à gauche, l’aorte répond successivement à la terminaison de la trachée, à la bronche gauche qui se place dans la crosse, et de postérieure lui devient antérieure, puis à l’œsophage et à la colonne vertébrale. Elle est croisée en avant par le nerf phrénique gauche; sa

DES ARTERES EN PARTICULIER

partie inférieure est embrassée par le nerf récurrent gauche, qui se réfléchit autour d’elle. L’aorte est séparée du poumon gauche par le feuillet correspondant du médiastin. D’après Sappey, la convexité de la crosse est située, chez l’adulte, à 0m,020ou 0ra, 025 au-dessous de la fourchette sternale, à 0m,012 ou 0m,015 chez le vieillard, à 0in,008 ou O111, 010 chez l’enfant.

2° L'aorte thoracique répond, en dedans, à la colonne vertébrale sur laquelle elle est appliquée, au canal thoracique qui , au niveau de la quatrième vertèbre dorsale , la croise à angle très-aigu en se plaçant en arrière d’elle ; à gauche ou en dehors elle est séparée du poumon par le feuillet du médiastin. L’œsophage est d’abord situé en-dedans oie l’aorte, et plus bas en avant de ce vaisseau.

3° Dans l’abdomen, Y aorte longe la face antérieure du corps des vertèbres lombaires ; elle est placée en arrière du pancréas et de la partie inférieure du duodénum, puis elle est recouverte par les circonvolutions de l’intestin grêle. Chez les sujets maigres l’on peut, à travers les parois du ventre, en déplaçant les anses intestinales, arriver à la comprimer sur les corps de la troisième et de la quatrième vertèbre des lombes. L’aorte abdominale est longée sur son côté droit par la veine cave inférieure dont la direction lui est parallèle.

A la hauteur de la quatrième vertèbre lombaire , l’aorte se bifurque à angle aigu. Les deux branches qu’elle fournit sont désignées sous le nom cV artères iliaques primitives. Entre ces deux troncs vasculaires et sur le plan postérieur de l’aorte, liait, chez l’homme, un rameau assez grêle qui continue la direction du tronc aortique, c’est l’artère sacrée moyenne. S’il est rudimentaire dans l’espèce humaine , il est d’autant plus développé chez les animaux que chez eux l’appendice caudal présente des dimensions plus considérables , et quand le volume de cet appendice l’emporte sur celui des membres postérieurs , connue chez les lézards par exemple , la sacrée moyenne l’emporte aussi par son volume sur les iliaques, il existe donc alors une véritable aorte caudale.

L’aorte fournit un grand nombre de branches, puisque d’elle et de* ses divisions doivent naître toutes les artères du corps. Toutes celles qui amènent le sang aux extrémités inférieures et aux organes contenus dans le bassin, sont des divisions des artères iliaques primitives. Celles qui vont à la tète et aux membres supérieurs naissent de la convexité de la crosse, au nombre de trois branches : deux pour le côté gauche, une seule, qui se divisera plus loin, pour le côté droit. Si l’on s’est bien rendu compte de l’obliquité de la direction de la crosse aortique, il sera aisé de comprendre que la branche destinée au côté droit, le tronc b rachio- céphalique, liait plus à droite et plus en avant que les deux artères destinées au côté gauche, et que de plus, la sous-clavière gauche est située plus profondément en arrière et plus à gauche que la carotide primitive du même côté. Nous y reviendrons en parlant de chacune de ces artères en particulier.

Les branches antérieures de l’aorte descendante sont toutes destinées aux organes splanchniques qui se trouvent sur son trajet.

Les branches postérieures et latérales, au contraire, vont aux parois du tronc.

Jl est bon de se rappeler cependant que les branches pariétales peuvent fournir également des rameaux aux organes avoisinants, et que, d’autre part, les troncs splanchniques peuvent donner des rameaux pariétaux, ce qui, traduit en langage physiologique, revient à dire que la constitution du liquide artériel étant

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ANÜÉIOLOCIE.

une et 'constante, il n’y a aucun inconvénient à ce qu’un même vaisseau fournisse des branches à des muscles, à des os ou à des glandes et des organes centraux.

Au niveau de la crosse de l’aorte, surtout chez le vieillard , il existe toujours , alors même que l’artère n’est pas malade, une dilatation du calibre du vaisseau. On la désigne sous le nom de sinus de l'aorte. Elle paraît due au choc incessant de l’ondée sanguine. C’est à la plus grande dimension de ce sinus qu il faut attribuer la différence de rapport de la partie supérieure de la crosse avec la fourchette sternale chez l’adulte et chez le vieillard.

Nous suivrons l’ordre généralement admis, et décrirons d’abord les branches de l’aorte thoracique et abdominale, en prenant depuis son origine jusqu’à sa division, puis nous étudierons les branches ascendantes et enfin les troncs terminaux .

il y a bien quelques inconvénients à procéder ainsi, à cause des anastomoses des différents vaisseaux entre eux, mais d’un autre côté, les avantages de cette méthode l’emportent de beaucoup sur les inconvénients, que nous tâcherons, au reste, de pallier en rappelant toujours l’origine des rameaux anastomotiques et en renvoyant à la description des branches qui les fournissent.

§ I. — Branches thoraciques et abdominales de l’aorte.

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