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II. ARTÈRES CAROTIDES PRIMITIVES (Fig

Préparation. — Désarticuler le sternum, l’enlever, disséquer le sterno-mastoïdien , le sectionner un peu au-dessus de ses insertions claviculaires et préparer soigneusement les carotides de leur origine à leur division.

Les artères carotides primitives sont destinées à la tête et à la face. Elles diffèrent dans leur origine : celle du coté droit naît du tronc bracliio -céphalique, celle du côté gauche provient de la crosse de l’aorte. Il en résulte une différence de longueur égale à la hauteur du tronc brachio-céphalique. De plus , ce dernier naissant sur la partie la plus élevée de la crosse aortique , et celle-ci

Fig. 133. — Carotides primitives (vues de face) et origine des branches de la sous-clavière (*).

se dirigeant en arrière et à gauche , la carotide primitive gauche se trouvera sur un plan un peu postérieur à sa congénère du côté droit. Dans la partie de leur trajet étendu de la hase du cou au bord inférieur du cartilage thyroïde, où elles se bifurquent, les deux carotides primitives sont verticales et offrent les mêmes rapports.

(*) 1) Tronc brachio-céphalique. — 2) Cnrotidc primitive. — 3) Sous-clavière. — 4) Mammaire interne. — 3) Sus-scapulaire. — G) Cervicale transverse. — 7) Vertébrale. — 8) Thyroïdienne inférieure. — 9) Cervicale ascendante. — \ ü) Thyroïdienne supérieure. — 11) Crico-thyroïdienne (laryngée inférieure).

ANGEIOLOGIJ

Il est aisé de comprendre que la carotide gauche doit avoir des rapports spéciaux depuis son origine jusqu’à la hase du cou. Dans cette portion de son étendue elle est oblique de bas en haut et de dedans en dehors, et répond : en «avant, à l’articulation sternale, dont elle est séparée par le tronc veineux brachiocéphalique gauche; en dehors, à la plèvre; en dedans, à son origine, au troncartériel brachio- céphalique. De la direction oblique en dehors de ces deux vaisseaux résulte un espace angulaire, dans le fond duquel se trouve la trachée. En arrière, la carotide primitive gauche répond au conduit aérien qu’elle croise, à l’œsophage et à la sous-clavière gauche.

Au cou, les rapports des deux carotides sont à peu près identiques. Elles sont recouvertes en avant par le sterno-cléido-mastoïdien correspondant; ainsi que Richet l’a fait remarquer, l’aponévrose d’insertion faciale de ce muscle les recouvre également en haut. Dans leur partie tout à fait inférieure , les carotides sont profondes et séparées de l’insertion du sterno-cléido-mastoïdien par l’épaisseur delà clavicule et les troncs veineux; plus haut, le muscle s’en rapproche et elles n’en sont plus séparées par le petit muscle omo-hyoïdien. La carotide primitive gauche étant sur un plan plus postérieur que celle du côte droit, répond à l’écartement des deux chefs du sterno-mastoïdien , tandis qu’à droite l’artère est tout à fait recouverte par le faisceau sternal de ce muscle. Les carotides sont encore en rapport en avant avec l’anse nerveuse formée par les branches descendantes du grand hypoglosse et du plexus cervical. La veine thyroïdienne supérieure croise également leur face antérieure à peu de distance de leur bifurcation.

En arrière, les carotides primitives répondent aux muscles grand droit antérieur et long du cou, qui les séparent des vertèbres cervicales. Au niveau de de la sixième vertèbre cervicale, un peu au-dessous du point où l’artère vertébrale pénètre dans le canal des apophyses transverses, l’artère thyroïdienne inférieure croise la carotide primitive en passant en arrière d’elle. En dedans, les carotides répondent à la trachée, au larynx , au pharynx et au corps thyroïde. Ce dernier rapport varie d’étendue suivant le plus ou moins de développement de cette glande vasculaire sanguine , qui peut même les recouvrir complètement et les séparer du muscle sterno -mastoïdien. La carotide gauche répond, en outre, à l’œsophage, qui à ce niveau est un peu dirigée à gauche. En dehors les carotides répondent à la veine jugulaire interne. Dans l’angle curviligne formé par l’adossement de ces deux vaisseaux se trouvent en arrière le nerf pneumo -gastrique et le cordon du grand sympathique. A la partie inférieure du tronc carotidien , le nerf pneumo-gastrique se place un peu en dehors de l’artère pour gagner, à droite, la face antérieure de la sous-clavière tout auprès de son origine; à gauche, le nerf reste parallèle au vaisseau , mais situé un peu plus en dehors qu’à sa partie supérieure. Les nerfs et les vaisseaux sont contenus dans une même gaine fibreuse.

Les carotides primitives, n’émettant aucune branche collatérale, sont d’un calibre uniforme dans toute leur étendue ; au-dessous de leur division, elles présentent néanmoins un renflement plus ou moins considérable , mais constant.

Elles se divisent au niveau du bord supérieur du cartilage thyroïde eu carotide interne et carotide externe , dont la direction initiale semble continuer celle du tronc générateur. (Nous avons vu quelquefois la pharyngienne

DES ARTÈRES EN PARTICULIER

inférieure naître divisait en trois grêle.)

du point de séparation de la carotide primitive, qui alors se branches, dont deux volumineuses et une beaucoup plus

1° A.i*tèi*e carotide externe (F ig. 121, 2).

Préparation. — Inciser les téguments depuis la base du cou jusqu’au sommet de la tète, en passant au devant du pavillon de l’oreille; faire tomber sur cette incision verticale deux incisions transversales circonscrivant, l’inférieure, la racine du cou jusqu’à la ligne médiane, la supérieure partageant le crâne en deux parties égales; disséquer alors les deux lambeaux quadrilatères ainsi obtenus, l’un en avant, l’autre en arrière; enlever la parotide et procéder à la préparation des différentes branches en allant de leur origine à leur terminaison. Pour la linguale , il faudra enlever par des traits de scie une moitié de la mâchoire, de la branche montante à la symphyse. Pour l’occipitale, il faudra détacher le splénius à ses insertions céphaliques, et enfin pour la pharyngienne il sera nécessaire de pratiquer la coupe du pharynx.

La carotide externe , un peu moins volumineuse clans l’espèce humaine que la carotide interne, s’étend du bord supérieur du cartilage thyroïde au condyle de la mâchoire , où elle se divise en deux branches. Elle est située à son origine en avant et. un peu en dedans de la carotide interne et n’est, donc externe que par sa distribution aux parties extérieures du crâne.

La carotide externe est presque superficielle à son origine (’), et n’est recouverte que par la peau , le peaucier et l’aponévrose d’insertion faciale du sternocléido-mastoïdien. Elle devient d’autant plus profonde qu’elle s’élève davantage. Située d’abord en dedans et en avant de la carotide interne , la carotide externe s’engage entre les muscles stylo-hyoïdien et digastrique, situés en avant, et les stylo -pharyngien et stylo-glosse, qui lui répondent en arrière. Le nerf grand hypoglosse la croise en avant au même niveau ; puis elle se porte un peu en dehors et en arrière, et la carotide interne, qu’elle croise, lui devient alors réellement interne. A son origine , elle répond en dedans aux parois du pharynx ; un peu au-dessous de l’angle de la mâchoire, elle s’en écarte , se dirige en dehors et se place à la face interne de la glande parotide, qui d’ordinaire l’enveloppe de toute part.

Immédiatement après sa naissance, la carotide externe fournit six branches, dont trois se dirigent en avant, une en dedans et deux en arrière. Ces divisions sont tellement rapprochées les unes des autres, à leur origine, que la carotide externe semble se séparer en un véritable bouquet artériel , complété par la continuation du tronc primitif, dont alors le calibre est considérablement diminué.

A. THYROÏDIENNE SUPÉRIEURE (Fig. 123, 10).

C’est la première branche fournie par la carotide externe. Elle naît très-près de la linguale et souvent par un tronc commun avec cette dernière.

La thyroïdienne supérieure se porte d’abord en dedans; puis, après un court trajet, elle s’infléchit et devient descendante , s’applique sur les parois du pharynx, recouverte par les muscles omo-hyoïdien et sterno- thyroïdien et gagne l’extrémité supérieure du lobe du corps thyroïde ; elle se divise alors en

(') La position superficielle de ce vaisseau est duc à ce que le sterno-mastoïdien est oblique d’avant en arrière et de has en haut, tandis que l’artère est sensiblement verticale; il en résulte un écartement angulaire, dans l’aire duquel la carotide externe n’est plus recouverte que par les parties sus-jacentes au muscle sterno-mastoïdien.

ANGEIOLOGIE. (*)

Fig. 124. — Artère carotide externe et ses branches ( faciale , temporale superficielle,

occipitale etc.).

(*) 1 ) Carotide primitive. —2) Carotide externe. — 3) Carotide interne. — 4) Thyroïdienne supérieure. — S) Linguale. — 6) Faciale. — 7) Sous-mentale. — 8) Occipitale. — 9) Occipitale devenue superficielle. — 10) Auriculaire postérieure. — 11) Temporale superficielle. — 12) Transverse do la face. — 13) Coronaire labiale. — 14) Dorsale du nez. — 15) Terminaison de lu faciale anastomosée avec la nasale, branche de l’ophthalmique.

DES ARTÈRES EN PARTICULIER

trois branches terminales : l’une qui longe le bord externe de ce lobe, l’autre qui en suit le bord supérieur, et la troisième ou postérieure qui se place entre la glande et la trachée. Ces trois branches artérielles, très-flexueuses , émettent un nombre considérable de rameaux, qui pénètrent le tissu de l’organe et s’anastomosent soit entre eux soit avec les rameaux correspondants de la thyroïdienne inférieure de leur côté , ou encore avec ceux des thyroïdiennes du côté opposé.

11 est à remarquer que le volume de ces artères est en rapport avec le développement de la glande vasculaire sanguine à laquelle elles sont destinées.

Les thyroïdiennes supérieures fournissent trois branches collatérales :

1° La ster no -mastoïdienne , artériole très-grêle , qui se rend au muscle de ce nom , en passant au-devant de la carotide primitive et de la jugulaire interne.

2° La laryngée supérieure , plus importante par sa distribution et par son volume , naît, au niveau de l’inflexion de la thyroïdienne , se dirige en avant et en dedans, passe sous le muscle thyro - hyoïdien , donne une petite branche qui continue son trajet sur la face antérieure de la membrane thyro-hyoïdienne et une autre qui pénètre dans le larynx en traversant cette membrane et qui fournit des rameaux à l’épiglotte , à la muqueuse et aux muscles de l’organe vocal (Fig. 125, 2).

3° La laryngée inférieure ou crico -thyroïdienne. — Cette petite branche chemine sur la face antérieure de la membrane de ce nom et s’anastomose avec celle du côté opposé. Elle fournit des ramuscules, qui perforent la membrane et se répandent dans le larynx (Fig. 123, 11).

B. LINGUALE.

V artère linguale naît de la partie antérieure de la carotide externe, audessus de la thyroïdienne supérieure et souvent par un tronc commun avec cette dernière. D’autres fois, elle s’unit à son origine à la faciale, qui est située au-dessus d’elle (Fig. 124, 5).

La direction de la linguale est très-flexueuse ; elle se dirige d’abord un peu en haut et en dedans , en arrière du tendon du digastrique et du nerf grand hypoglosse, longe les grandes cornes de l’os hyoïde, jusque vers leur partie moyenne, recouverte par le muscle hyo-glosse qui la sépare du nerf hypoglosse, gagne la face inférieure de la langue et arrive ainsi jusqu’à la pointe de cet organe. Dans cette dernière partie de son trajet, elle est située entre le génioglosse qui est en dedans, le lingual inférieur qui est en dehors et le nerf lingual qui est en bas.

A son extrémité elle prend le nom cV artère ranine et s’anastomose avec celle du côté opposé , en fournissant des ramuscules à la muqueuse des deux faces de la langue, ainsi qu’aux muscles intrinsèques de cet organe.

Dans son trajet, l’artère linguale fournit trois rameaux :

1° U artère sus -hyoïdienne longe le bord supérieur de l’os hyoïde, placée entre les muscles génio-glosse et génio -hyoïdien.

2° 1j artère dorsale de la langue , très-grêle aussi , naît au voisinage de la grande corne de l’os hyoïde , remonte le long du muscle stylo-glosse et arrive à la base de la langue, sur laquelle elle se ramifie en donnant des ramuscules descendants à l’épiglotte (Fig. 125, 5).

ANGÉIOLOCiïE.

3° L 'artère sublinguale , d’un volume plus considérable que les deux précédentes, provient du point où l’artère linguale quitte l’os hyoïde pour gagner la face intérieure de la langue. Elle continue le trajet de ce vaisseau et chemine entre le génio-glosse et le mylo-hyoïdien , fournit des ramuscules norn-

l ig. 12 j. — Artère linguale \*).

breux à ces muscles et au génio -hyoïdien , contourne la glande subliguuale , lui donne des artérioles et vient au-dessous du filet de la langue s’anastomoser avec celle du côté opposé (Fig. 125 , 6).

Assez fréquemment on voit provenir cette artère de la sous-mentale, branche d e la faciale.

G. ARTÈRE FACIALE (Fig. 123, 6).

Plus volumineuse que la précédente, l 'artère faciale remonte d’abord obliquement en avant, en haut et en dedans, recouverte par le nerf grand hypoglosse, les muscles digastrique et stylo-hyoïdien; elle s’applique ensuite sur la face externe de la partie postérieure de la glande sous-maxillaire et s’y creuse nu sillon. La faciale gagne ainsi le bord inférieur du maxillaire, sur lequel elle se (*)

(*) 1) Thyroïdienne supérieure. — 2) Laryngée su péri •tire, — 3) Sous-nienlale. — 4) Linguale. — 5) Dorsale de la langue. — fi) Sublinguale.

DES ARTERES EN PARTICULIER

réfléchit au niveau du bord antérieur dumassèter, et arrive à la face en se dirigeant vers l’angle des lèvres. Dans cette partie de son trajet, elle est recouverte par le peaucier et la peau , et repose en dedans sur le muscle buccinateur. Jusqu’auprès de la commissure labiale, l’artère faciale était oblique en dedans et en haut; à ce niveau elle s’infléchit et devient beaucoup plus directement ascendante pour gagner l’angle interne de l’œil, où, réduite à un très-petit calibre, elle s’anastomose à plein canal avec la nasale, branche de l’ophthalmique (Fig. 124 , 15). A partir de la commissure labiale jusqu’à sa terminaison, la faciale est à peu près sous-cutanée et. se trouve au devant des muscles élévateurs superficiels et profonds de la lèvre.

Outre un grand nombre de branches destinées aux muscles, à la peau et à la glande sous -maxillaire , ainsi que des rameaux anastomosés avec la buccale, la sous-orbitaire et la transverse de la face, l’artère faciale fournit, à partir de

son origine :

1° La palatine ascendante ou inférieure , qui passe entre les muscles styloglosse et stylo -pharyngien, s’infléchit un peu en dedans et en haut, s’applique sur les constricteurs moyen et supérieur du pharynx , et se termine en plusieurs rameaux très-grêles, qui se distribuent aux muscles du voile du palais, à la muqueuse palatine et à la trompe d’Eustache. Elle s’anastomose avec la palatine supérieure et les branches terminales de la pharyngienne inférieure.

Dans son trajet, la palatine inférieure fournit des rameaux à la base de la langue et à l’amygdale. Ils s’anastomosent avec des branches de la dorsale de la langue.

2° La sous-mentale. — Très-variable par son volume et son origine, cette artère longe la face interne de la mâchoire inférieure, se place entre le mylohyoïdien et le ventre antérieur du digastrique, fournit à ces muscles et arrive sur la face antérieure de la symphyse du menton pour s’anastomoser avec les rameaux de la dentaire inférieure (Fig. 125, 3).

On voit quelquefois la sous-mentale fournir la sublingale, dont, plus rarement , elle provient elle-même.

3° La coronaire labiale inférieure , qui part de la faciale un peu au-dessous de la commissure , gagne la face profonde de la lèvre inférieure, recouverte par le triangulaire des lèvres et l’orbiculaire, et s’anastomose avec celle du côté opposé, après avoir fourni un très-grand nombre de rameaux ascendants et descendants.

4° La coronaire labiale supérieure. (Fig. 124, 13). — Cette branche naît quelquefois par un tronc commun avec la précédente; plus souvent elle provient isolément de la faciale au niveau même de la commissure. Elle est assez volumineuse et chemine, très-rapprochée de la muqueuse, en arrière du muscle orbiculaire, jusqu’à la ligne médiane, ou elle s’anastomose avec sa congénère du côté opposé. De cette communication partent deux rameaux qui remontent jusqu’à la cloison du nez, qu’ils longent d’arrière en avant, et qui viennent sur le sommet de cet organe se diviser en un grand nombre de ramuscules, qui s’anastomosent avec ceux de l’aile du nez.

5° La

du nez

branche naso-lobaire , (Fig. 124, 14), qui gagne le cartilage de l’aile et fournit des rameaux situés le long des bords supérieur et inférieur

ANGÉIOLOGIE.

de ce cartilage jusqu’à la ligne médiane, où ils communiquent avec leurs congénères du côté opposé et avec les ramuscules de l’artère de la cloison , venue de la coronaire labiale supérieure.

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