III. ARTÈRE SOUS-CLAVIÈRE (Fig
A droite, V artère sous-clavière naît du tronc brachio-céphalique ; à gauche elle tire son origine de la partie la plus reculée de la crosse de l’aorte. La sousclavière s’étend jusqu’au bord inférieur de la clavicule, où elle prend le nom (V artère axillaire. Dans ce trajet, la sous-clavière passe dans l’intervalle angulaire compris entre les muscles scalènes antérieur et postérieur, ce qui y a fait distinguer trois portions : Vune comprise en dedans de ces muscles , Vautre entre ces muscles et la troisième en dehors d’eux.
De la différence d’origine des deux .artères sous-clavières résultent nécessairement des différences de longueur et de rapports.
La sous-clavière gauche est plus longue que la droite de toute la hauteur du tronc brachio-céphalique, augmentée de la différence de niveau de la crosse aortique aux points d’origine de ces vaisseaux (tronc brachio-céphalique à droite et sous-clavière à gauche).
Les différences de rapports n’existent que dans la partie des sous-clavières située en dedans des muscles scalènes. Entre ces muscles et en dehors d’eux les rapports sont identiques à droite et à gauche.
La sous-clavière droite naît au niveau de l’articulation sterno-claviculaire , dont la séparent les muscles sterno -hyoïdien et thyroïdien , ainsi que le confluent des veines jugulaire interne et sous-clavière. Elle s’écarte alors angulairement de la carotide primitive , se dirige obliquement en haut et en dehors pour gagner l’espace compris entre les scalènes.
L’artère sous-clavière droite décrit ainsi une courbure à convexité supérieure , dont le sommet dépasse le bord supérieur de la clavicule d’une quantité variable , suivant les sujets.
Dans ce trajet elle répond : en avant , à la veine sous-clavière et successivement aux nerfs pneumo -gastrique, sympathique et phrénique, qui la croisent pour passer entre elle et la veine sous-clavière ; en dehors , à la plèvre, qui la sépare du poumon droit; en arrière, à l’apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale et au nerf récurrent , qui l’embrasse dans son anse antéropostérieure.
La sous-clavière gauche, naissant de la partie la plus reculée de la crosse aortique , est dès son origine profondément située sur le côté de la colonne vertébrable ; elle est d’abord ascendante et parallèle à la carotide primitive , dont elle est séparée en bas par les nerfs grand sympathique et pneumo-gastrique. Elle est appliquée sur la plèvre gauche, qui la sépare du poumon correspondant. La veine sous-clavière la croise à angle droit et est située au devant d’elle.
Pour se porter entre les muscles scalènes et contourner la face supérieure de la première côte, la sous-clavière gauche décrit un angle, dont le sommet ne remonte jamais aussi haut dans la région sus-scapulaire que la courbe décrite par l’artère du côté opposé.
A partir du moment où la sous-clavière s’engage entre les muscles scalènes, les rapports ne présentent plus aucune différence à droite et à gauche.
Entre les scalènes, la sous-clavière répond : en avant, au muscle scalène antérieur, qui la sépare de la veine sous-clavière; en haut et en arrière ,
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
aux branches d’origine du plexus brachial, qui, de même que le vaisseau artériel, traversent l’espace angulaire compris entre les scalènes ; en bas, à la première côte sur la face supérieure de laquelle elle repose.
En dehors des scalènes, elle a des rapports : en avant, avec le peaucier, puis avec le muscle sous-clavier, qui la sépare de la face inférieure de la clavicule ; en dedans et un peu en bas, avec la veine sous-clavière; en arrière et en dehors, avec les nerfs du plexus brachial , et en bas, avec la première côte.
La sous-clavière fournit sept branches collatérales très-importantes, qui naissent presque toutes en dedans des muscles scalènes. Nous les diviserons, comme tous les auteurs , en :
Deux supérieures, vertébrale et thyroïdienne inférieure.
Deux inférieures , mammaire interne et intercostale supérieure.
Trois externes, cervicale transverse, sus-scapulaire et cervicale profonde.
lo x^.rtèi*e vertébrale.
Cette artère naît en haut et en arrière du tronc de la sous-clavière à quelque distance en dedans des scalènes ; puis elle remonte un peu obliquement en dehors, croise la face postérieure de la thyroïdienne inférieure, se place entre les insertions du scalène antérieur et du long du cou et s’engage dans le canal des apophyses transverses des vertèbres cervicales (Fig. 132, 6). Elle y pénètre d’ordinaire par le trou de la sixième vertèbre. Dans ce conduit ostéomembraneux , elle est située en avant des nerfs cervicaux , et au niveau de chaque trou de conjugaison elle fournit un petit rameau spinal , qui se partage dans le canal rachidien comme ceux que nous avons vus provenir des artères intercostales.
Au sortir de l’apophyse transverse de l’axis, la vertébrale gagne le trou de celle de l’atlas ; comme celle-ci se trouve sur un plan plus externe que la précédente, l’artère décrit, pour l’atteindre, une courbure verticale à convexité externe (Fig. 130, 2).
Puis la vertébrale devient horizontale, décrit une nouvelle courbure à concavité interne , qui contourne la partie postérieure de la masse latérale de
(*) I) Vertébrale. — 2) Son premier coude. — 3) Branches antérieures. — 4) Branches postérieures. — 5) Nerfs cervicaux. — 6) Veine jugulaire interne. — 7) Nerf vague. — 8) Nerf glosso-pharyngien.
Artère vertébrale dans le canal des apophyses transverses (*).
ANGÉTOLOGTE.
l’atlas , se loge dans une petite gouttière que présente l’arc postérieur de cette vertèbre (Mg. 131, 2, 3), traverse la membrane occipito-atloïdienne et la duremère, longe le côté latéral du bulbe en se rapprochant de la ligne médiane et, au niveau du bord postérieur de la protubérance annulaire, se réunit angulairement à sa congénère du côté opposé pour constituer le tronc basilaire (Fig. 129, 13).
^ Outre les petites branches spinales que
nous lui avons vu émettre dans le canal des apophyses transverses , ainsi que des rameaux musculaires destinés aux muscles profonds de la nuque et du cou, la vertébrale fournit encore, après avoir traversé la dure-mère :
1° Un e petite artère méningée , qui se distribue à la dure-mère des fosses occipitales.
2° U artère spinale postérieure , petite branche qui gagne la face postérieure du bulbe , fournit un petit rameau très-grêle aux côtés du quatrième ventricule et un rameau descendant, qui se continue avec la série des rameaux spinaux postérieurs venus des vertébrales , des intercostales et des lombaires. Il en résulte un long et grêle vaisseau artériel , qui fournit des ramuscules anastomosés avec ceux du côté opposé et ceux de la spinale antérieure.
3° L 'artère spinale antérieure (Fig. 129, 19). — Un peu plus volumineuse que la précédente, cette artère se dirige en bas et un peu en dedans sur la face antérieure du bulbe, s’unit à celle du côté opposé pour constituer un tronc unique et médian, qui se continue dans toute la longueur de la moelle, grâce aux anastomoses qu’il reçoit des vertébrales , des intercostales et des lombaires.
4° L 'artère cérébelleuse inférieure et postérieure (Fig. 129, 18). — Cette branche assez volumineuse se porte en dehors, passe soit entre les fdets d’origine du nerf grand hypoglosse, soit en arrière d’eux, contourne le bulbe pour passer à sa face supérieure et se distribue à la face inférieure du lobe correspondant du cervelet; les rameaux les plus internes s’anastomosent avec ceux du côté opposé, sur le vermis inferior.
Fig. 131.
Vertébrale au moment où elle pénètre dans le canal rachidien, à travers la mem- ■ brane occipito-atloïdienne (*).
Tronc basilaire (Fig. 129, 14).
Ce tronc, formé par la réunion angulaire des deux vertébrales , est appliqué sur la ligne médiane de la face inférieure de la protubérance annulaire, qui présente un sillon superficiel pour le recevoir; il se dirige d’arrière en avant jusqu’au niveau de l’origine des pédoncules cérébraux et se divise alors en deux branches terminales , les artères cérébrales postérieures. (*)
(*) 1) Coude vertical do la vertébrale. — 2) Son coude horizontal. — 3) Sa pénétration à travers la membrane occipito-atloïdienne.
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
Artère cérébrale postérieure (Fig. 129, 15). — Elle naît à angle obtus, au niveau du bord antérieur de la protubérance annulaire, s’infléchit en dehors, passe en avant du nerf oculo-moteur commun, qui la sépare de l’artère cérébelleuse supérieure , reçoit l’anastomose de la communicante postérieure , se porte en arrière en contournant le pédoncule cérébral , longe la grande fente de Bichat et se distribue par ses nombreux rameaux à la face inférieure et à la partie la plus postérieure du lobe occipital du cerveau.
Cette artère fournit toujours une petite branche choroïdienne postérieure , qui remonte de bas en haut et gagne la toile choroïdienne, avec laquelle elle pénètre dans le troisième ventricule.
De son origine à sa terminaison le tronc basilaire émet :
1° U artère cérébelleuse inférieure et antérieure (Fig. 129, 17). — Elle se porte directement en dehors, passe au-dessus du nerf oculo-moteur externe, au-dessus des nerfs facial et auditif, s’infléchit un peu en haut pour gagner la partie antérieure de la face inférieure du cervelet, sur laquelle elle se ramifie.
2° Un certain nombre de branches variables d’origine et de calibre, qui sont destinées à la protubérance et. aux pédoncules cérébelleux moyens, qu’elles contournent.
3° U artère cérébelleuse supérieure (Fig. 129, 16). — Cette artère fort, remarquable naît du tronc basilaire immédiatement avant sa division. Elle se porte en dehors, longe le sillon qui sépare la protubérance du pédoncule cérébral , s’accole au nerf pathétique, avec lequel elle contourne ce pédoncule, et arrive ainsi à la face supérieure du cervelet, sur laquelle elle se partage, en rameaux internes , destinés au vermis supérieur et à la valvule de Vieussens, et en rameaux externes , qui embrassent toute cette face du cervelet.
Si nous reprenons maintenant l’ensemble des artères de la base du cerveau, il sera aisé de comprendre que ces artères forment par leurs anastomoses , non pas un cercle, comme le disait. Willis, ni un hexagone, comme on l’a dit depuis, mais bien un heptagone, dans lequel se trouvent inscrits : lechiasma des nerfs optiques, la tige pituitaire, le tube cinéreum et les corps mamillaires. Cet heptagone est formé, do droite à gauche, par : 1° l’artère cérébrale postérieure droite; 2° la communicante postérieure; 3° la cérébrale antérieure; 4° la communicante antérieure; 5° la cérébrale antérieure gauche; 6° la communicante postérieure; 7° la cérébrale postérieure.
Artèi*e thyroïdienne Inférieure (Fig. 132, 4j.
L 'artère thyorïdienne inférieure naît en dehors de la vertébrale sur un point diamétralement opposé à l’origine de la mammaire interne; elle monte presque verticalement jusqu’au niveau de la septième vertèbre cervicale, en avant des muscles prévertébraux , se recourbe en dedans , passe en arrière de la veine jugulaire interne, du nerf pneumo -gastrique et de la carotide primitive et en avant de l’artère vertébrale.
11 résulte des rapports de la thyroïdienne inférieure avec la carotide primitive en avant et la vertébrale en arrière, qu’en un point de leur trajet ces trois vaisseaux sont superposés dans un plan antéro-postérieur.
L’artère thyroïdienne inférieure aborde le corps thyroïde par sa face profonde et se divise en trois branches terminales, dont l’une longe le bord externe, l’autre la face trachéale, et la troisième, plus petite , le bord inferieur de cette
anceiologie.
r,ande vas?"!ai,e ®anKuine. Ces I rois branches s’anastomosent entre elles , avec cllenne su^érfeur^U °PP0Sé et avec les b™nche.s terminales de la thyroï-
, son trajeÇ l’artère thyroïdienne inférieure fournit la cervicale ascenu c, petite adore dont I origine est variable. Elle remonte entre les attaches
c e, e anterieur et du grand droit antérieur du cou et se perd dans les muscles rie cette région (Fig. 132, 5).
Fig. 132. — Arl.ères thyroïdienne intérieure et cervicale profonde (*).
La cervicale ascendante fournit quelques rameaux spinaux très-grêles, qui passent à travers les trous de conjugaison de cette région, pour se distribuer comme tous les rameaux spinaux que nous avons déjà étudiés.
La thyroïdienne inférieure fournit encore des rameaux aux muscles sousliyoïdiens , a 1 œsophage et surtout a la trachée. Ces derniers s’anastomosent avec les bronchiques.
, (*) I) Carotide primitive. - 2) Thyroïdienne supérieure. -3) Sous-clavière. - 4) Thyroïdienne inférieure. -
o) Cervicale ascendante — 6, C) Vertébrale. — 7) Cervicale profonde.