I. ARTÈRE SACRÉE MOYENNE
Cette branche naîl de la face postérieure de l’aorte au niveau de sa division en iliaques primitives. Elle descend verticalement au devant du corps de la cinquième vertèbre lombaire et de la face antérieure du sacrum , pour se diviser
(*) I) Artère cubitale. 2) Artère radiale. — 3) Artère radio-palmaire s’anastomosant chez ce sujet avec la terminaison de I arcade superficielle. — ■{) Arcade palmaire superficielle. — 5) Collatérale externe du pouce recevant une anastomose de 1 arcade superficielle. — 6) Collatérale externe de l’index. — 7) Anastomose de l'arcade superficielle avec cette collatérale. — 8, 8, 8) Itranches métacarpiennes des deuxième, troisième et quatrième espaces , fournissant les collatérales des doigts. — 9) Collatérale interne du petit doigt. — 1 0) Branche profonde de la cubitale.
AMOÉÏOLOGTE.
au devant du coccyx , en deux branches , qui se recourbent en dehors et en haut et vont communiquer avec les sacrées latérales. Elles constituent ainsi deux arcades, de la convexité desquelles partent des rameaux, distribués au coccyx, aux muscles et ligaments qui s’y attachent, ainsi qu’à la glande eoccygienne (Eig. 141 et 142).
Dans ce trajet, la sacrée moyenne fournit :
1° La dernière artère lombaire , dont l’origine a lieu vers le milieu de la cinquième vertèbre des lombes. Elle se porte en dehors pour aller s’anastomoser avec l’iléo-lombaire.
2° Les artères sacrées , qui se portent transversalement au devant du corps des vertèbres sacrées et s’anastomosent avec les branches de la sacrée latérale.
IL ARTÈRES ILIAQUES PRIMITIVES (Fig. 419, 17).
L’aorte se bifurque au niveau du bord inférieur de la quatrième vertèbre lombaire pour fournir les artères iliaques primitives. Ces vaisseaux, trèsvolumineux, se dirigent en bas et en dehors jusqu’auprès de l’articulation sacro -vertébrale en longeant le bord interne du psoas.
Les artères iliaques primitives sont situées en arrière du péritoine , dont les séparent toujours les ganglions lymphatiques si nombreux de cette région. L’uretère et les vaisseaux spermatiques les croisent à angle aigu en passant au devant d’elles. Les veines iliaques primitives leur sont accolées et placées en arrière d’elles ; la veine gauche est en rapport, non-seulement, avec l’artère iliaque primitive correspondante, mais encore avec celle du côté droit, en arrière de laquelle elle se réunit à la veine de ce côté pour constituer le tronc de la veine cave inférieure ou ascendante.
Les artères iliaques primitives ne fournissent aucune branche collatérale et se divisent au niveau de l’articulation sacro-vertébrale en : 1° artère iliaque interne ou hypogastrique , destinée principalement aux organes intérieurs ou extérieurs du bassin , et 2° artère iliaque externe , destinée au membre inférieur.
1° Artère iliaque interne ou hypogastrique (Fig. 141 et 142, 6).
Préparalion. — Lier d’abord la fémorale du côté que l’on se propose de disséquer, et l’iliaque primitive du côté opposé. Séparer le bassin en deux moitiés inégales au moyen de traits de scie, portant, l’un, en dehors de la ligne médiane des vertèbres lombaires et sacrées, l’autre, en dehors de la symphyse pelvienne. Conserver dans la moitié la plus grande (celle que l'on doit préparer) la partie terminale du rectum, la vessie (l’utérus et le vagin chez la femme. Disséquer soigneusement les branches de l’hypogastrique en allant du tronc vers la terminaison.
U u peu moins volumineuse que l’iliaque externe, Y artère hypogastrique se porte en bas , en dedans et eti arrière de l’excavation pelvienne, au devant de l’articulation sacro -iliaque. Après un trajet d’une longueur variable, mais qui d’après les mesures de Sappey ne dépasse jamais 0nl,04, elle se divise en neuf branches chez l’homme et en onze branches chez la femme.
L’origine de toutes ces branches est très- variable : tantôt, elles naissent isolément du tronc générateur, tantôt, elles proviennent de deux ou trois grosses divisions.
DES ARTÈRES EN PARTICULIER. 443
Comme tous les anatomistes, nous les diviserons en branches intra-pelviennes et branches extra-pelviennes . Les premières se subdivisent à leur four en branches intr a -pelviennes viscérales et pariétales.
Fi?. Ul. — Artère hypogastrique chez l'homme {côté gauche'} (*).
A. BRANCHES INTRA-PELVIENNES VISCÉRALES, a) Artère ombilicale.
Chez le fœtus, cette ai tere est d un calibre très-considérable et s’étend jusque dans le placenta; mais après la naissance elle s’atrophie rapidement , ses parois s’épaississent, et à sa place on ne retrouve plus qu’un cordon fibreux étendu de 1 hypogashique a 1 ombilic. Chez 1 adulte, ce cordon est cependant perméable dans une longueur variable.
b Artere iliaque primitive. — 2) Artère iliaque externe. — 3) Artère circonflexe iliaque. — 4) Artère épigastrique. — oi Artère sacrée moyenne. — 6) Artère iléo- lombaire. — 7) Artère sacrée latérale. — 8) Artère fcssiere. — 9) Attere ischiatique. — 10) Artère honteuse interne. — 11) Artère obturatrice. — 12) Artère ombilicale fournissant une \ésicale. 13) Artère hémorrhoïclaie moyenne '(du côté opposé). — 14) Artère vésico-prostatique , d u côté opposé). l i) Altère vésicale latérale (provenant de l’ombilicale du côté opposé). — 10) Uretère. —
1 / ) C.inal déli rent sectionné |s) Artère lombaire. — 19) Artère mésentérique inférieure coupée. — 20) Canal déférent du côté opposé.
ANGÉIOLOGIE.
Cette artère se dirige d’abord en bas et en avant, se porte vers les côtés latéraux de la vessie, se réfléchit, gagne la face postérieure des parois de l’abdomen et arrive à l’ombilic. Les deux artères ombilicales forment ainsi un triangle étendu de la vessie à l’ombilic.
Dans son trajet, l’artère ombilicale fournit toujours une ou deux branches vésicales , destinées aux parois latérales du réservoir urinaire.
b) Artère vésicale inférieure ou vésico-prostatique.
Elle naît, toujours directement de l’hypogastrique , passe entre le rectum et la vessie, ou entre le vagin et la vessie, fournit des ramuscules aux vésicules séminales et arrive jusqu’à la prostate (Fig. 141 , 14). Elle s’épuise dans celte glande, après avoir donné de petites branches au bas-fond de la vessie. (*)
(*) I) Aorte. — 2) Al tère iliaque primitive. — 3) Artère iliaque externe. — 4) Artère cireonllexe iliaque. — ri) Artère épigastrique. — 6) Artère iliaque interne. — 7) Artère iléo-lombaire. — 8) Artère obturatrice. — 9) Artère sacrée moyenne. — 10) Artère sacrée latérale. — 11) Arcade anastomotique de ces deux dernières artères. — 12) Artère fessière. — 13) Artère iscliiatique. — 14) Artère liémorrhoidale moyenne. - lo) Artère honteuse interne.
10) Artère utérine. — 17) Artère vaginale. — 18) Artère vésicale. — 19) Artère ombilicale perméable seulement dans une partie de son étendue.
des artères en particulier.
c) Artère hémorrhoïdale moyenne.
D’une origine Irès-variable, cette brandie est d’autant moins volumineuse que l’hémorrhoïdale supérieure, venue de la mésentérique intérieure , est plus développée. Elle gagne les cotés latéraux de la portion inférieure du rectum et s’anastomose avec les hémorrhoïdales supérieure et intérieure (1‘ ig. <■ > )•
Elle fournit toujours des rameaux au bas-fond île la vessie ; ces rameaux , connus sous le nom de vésicales postérieures , longent le côté interne des vésicules séminales et donnent l'artère déférentielle , branche Ires-grc e , qui accompagne le canal déférent jusque dans les bourses , où elle s anastomose avec l’artère épididy maire , branche de la spermatique.
Il est utile de faire remarquer que les différentes artères vésicales que nous avons déjà décrites, ainsi que celles que nous signalerons encore , communiquent laige ment entre elles sur la vessie.
Chez la femme , on trouve en outre :
d) Artère utérine (Fig. 142, 16).
Elle liait d’ordinaire directement de l’iliaque interne, quelquefois pai un tronc commun avec la vaginale ou la honteuse interne. L’uterme gagne le côté latéral du vagin , s’engage dans l’épaisseur du ligament large s enroule en tire-bouchon et arrive aux bords de l’utérus , sur les deux laces duquel elle se distribue en s’anastomosant avec F utéro- ovarienne.
Pendant la gestation les artères utérines prennent un volume très-considérable et leurs flexuosités se prononcent de plus en plus.
e) Artère vaginale (Fig. 142, 17).
- Elle se dirige obliquement en bas et en avant , gagne les côtés latéraux du vagin et se divise en nombreux rameaux sur le pourtour de ce canal.
L’artère vaginale fournit toujours une artère vésicale et une branche au
bulbe du vagin.
B. BRANCHES 1NTR A-PELVIENNES PARIÉTALES.
a) Artère iléu-lornbaire (Fig. 141 , 6).
Cette artère est la première branche que fournit 1 artère hypogastrique, kl le se porte d’abord en haut, en dehors et en arrière, recouverte par le muscle psoas, et se divise bientôt en deux branches : l’une ascendante , l’autre transversale.
La branche ascendante se divise à son tour au niveau du dernier trou de conjugaison en rameau spinal , qui pénètre dans le canal rachidien (fl s \ comporte comme tous les rameaux spinaux que nous avons déjà étudiés , et en i ameau musculaire , destiné au psoas et au carré lombaire:
La branche transversale se dirige en dehors, passe sous le psoas et se pat lage en deux rameaux • l’un , superficiel , qui se ramilie dans le muscle iliaque
ANGKIOLOGIF..
ot. s’anastomose avec des branches de la circonflexe iliaque venue de l’iliaque externe; l’autre , profond, qui chemine entre le muscle iliaque et l’os et s’épuise en rameaux musculaires périostiques et osseux.
h) Artère sacrée latérale (Fig. 142, 2).
Elle provient souvent de la fessière. Cette artère se dirige en bas et un peu en dedans, en avant des nerfs sacrés et du muscle pyramidal, longe les côtés latéraux du sacrum et' s’infléchit en dedans au niveau du coccyx , pour s’anastomoser en arcade avec la sacrée moyenne.
La sacrée latérale fournit :
1° Des branches antérieures, horizontales, situées sur la face antérieure des pièces ru sacrum. Ces branches communiquent avec des rameaux correspondants de la sacrée moyenne.
2° Des rameaux spinaux , qui pénètrent à travers les trous sacrés antérieurs, fournissent une branche rachidienne et une branche musculaire, qui sort par les trous sacrés postérieurs pour se distribuer à la masse sacro- lombaire.
G. BRANCHES EXTRA-PELVIENNES.
a) Artère obturatrice (Fig. 141 et 144).
Cette artère , dont les anomalies ont tant excité l’intérêt des chirurgiens , naît le plus ordinairement de l’hypogastrique , soit isolément, soit par un tronc commun avec la fessière. Elle se porte aussitôt en avant , un peu en dehors et en bas sur la face libre de l’aponévrose du muscle obturateur interne et gagne ainsi le canal sous-pubien, dans lequel elle s’engage. Arrivée entre les deux muscles obturateurs, elle se divise en deux branches.
L’une, plus petite, se dirige en dehors et s’anastomose avec l’ischiatique au niveau du bord inférieur du muscle carré crural. Elle fournit un petit rameau articulaire, qui pénètre par l’échancrure cotyloïdienne et parcourt le canal que lui constitue le ligament rond pour arriver à la tète du fémur, dans laquelle il se distribue.
La seconde branche terminale de l’obturatrice continue acheminer entre les muscles obturateurs , puis entre le pectiné et l’obturateur externe et se distribue à ces muscles, ainsi qu’à la partie supérieure des adducteurs , en s’anastomosant avec la circonflexe interne venue de la fémorale. Elle fournit un petit rameau , qui vient jusqu’aux bourses chez l’homme et aux grandes lèvres chez la femme.
Avant de s’engager dans le trou sous-pubien , V obturatrice émet toujours une petite branche ascendante, qui s’anastomose avec un rameau semblable venu de l’épigastrique.
L’ obturatrice peut provenir directement de l'iliaque externe, elle se dirige alors obliquement en bas et en dedans pour gagner le trou sous-pubien.
Beaucoup plus fréquemment on la voit naître par un tronc commun avec l’épigastrique. Ce tronc peut être court ou long. Dans le premier cas, l’artère obturatrice se dirige obliquement en bas et en dedans, sans avoir aucun rapport avec le ligament
DES ARTERES EN PARTICULIER
de Gimbernat , pour atteindre le canal sous-pubien. Lorsqu’au contraire, le tronc commun d’origine est long, l’obturatrice gagne un peu obliquement en bas et en dedans la base du ligament de Gimbernat, qu’elle parcourt pour arriver au trou ovale.
On a vu l'obturatrice naître de la fémorale. Elle passe alors en arrière de la veine fémorale pour gagner son bord interne, le long duquel elle remonte. Elle traverse le canal crural , se réfléchit sur la branche horizontale du pubis et arrive au canal sous-pubien.
b) Artère fessière (Fig. 141 , 8 et 145).
Cette artère se dirige en bas et en arrière, passe entre les branches antérieures de là dernière paire nerveuse lombaire et de la première sacrée, gagne la partie supérieure de la grande échancrure sciatique, dans laquelle elle s’engage en passant sur le bord supérieur du muscle pyramidal , et se divise aussitôt en plusieurs branches : les unes superficielles, qui cheminent entre le grand et le moyen fessier et se distribuent à ces muscles ; les autres profondes, qui se placent soit entre les petit et moyen fessiers, soit entre ces muscles et la face externe de l’os des îles. Elles arrivent par leurs extrémités jusqu’au niveau du muscle tenseur du fascia lata, et s’anastomosent les unes avec la circonflexe antérieure, les autres avec l’ischiatique.
c) Artère ischiatique (Fig. 141 , 9 et 145).
Moins volumineuse que la précédente , Yischiatique descend presque verticalement le long des parois du bassin , se dirige en dehors entre les dernières branches' d’origine du plexus sacré et passe par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique , entre le bord inférieur du muscle pyramidal et le petit ligament sacro-sciatique. En cet endroit elle est située entre la honteuse interne, qui est en dedans, et le grand nerf sciatique , qui est en dehors.
Elle fournit alors des rameaux au grand fessier, à la partie inférieure de ce même muscle, au petit fessier, et enfin des branches très-importantes, qui s’anastomosent les unes avec la circonflexe interne et les autres avec la première artère perforante venue de la fémorale.
d) Artère honteuse interne.
D’un calibre égal à celui de l’ischiatique , V artère honteuse interne , que l’on peut considérer comme la terminaison de l’hypogastrique, s’incline en bas et un peu en dehors, et sort par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique (Fig. 141 , 10). Elle rentre dans le bassin par la petite échancrure sciatique , en contournant l’épine sciatique , et vient se placer sur la face interne du muscle obturateur interne , entre ce muscle et l’aponévrose qui le recouvre ; elle longe ainsi les branches ascendante de l’ischion et descendante du pubis, en passant au-dessus du muscle transverse et de la racine des corps caverneux (Fig. 143, 1).
Arrivée à l’angle de réunion de ces corps, V artère honteuse interne se divise en deux branches terminales :
1° La caverneuse , qui pénètre dans ce corps érectile, auquel elle se distribue (Fig. 143, 6).
2° La dorsale de la verge, qui continue le trajet primitif du tronc de la honteuse, passe sur le côté du ligament suspenseur de la verge (Fig. 143, 7),
ANCEIOLOGIE.
longe la face supérieure du corps caverneux parallèlement à celle du côté opposé et arrive à la hase du gland. Elle s’anastomose alors avec sa congénère, forme une espèce de couronne artérielle qui embrasse la circonférence de l’organe et émet des branches préputiales très-grêles et d’autres plus volumineuses
destinées au gland.
L’artère honteuse interne fournit dans son trajet :
1° Dans le bassin , des branches vésicales et quelques vaginales chez la femme.
Fig. 143. — Artère honteuse interne chez l'homme ( région périnéale).
2° Au niveau de la tubérosité de l’ischion, les hémorrhoïdales inférieures , multiples d’ordinaire , qui se dirigent en arrière et en bas et vont au pourtour de l’anus s’anastomoser avec les branches de l’hémorrhoïdale moyenne, venue de l’hypogastrique (Fig. 143 , 2).
3Ü Un peu plus loin, l’ artère 'périnéale superficielle (Fig. 143, 3), qui passe au-dessous du muscle transverse du périnée, chemine dans le triangle formé par ce muscle en arrière , le bulbo- caverneux en dedans et l’ischio-caverneux en dehors, fournit à ces muscles, gagne la racine des bourses, et se distribue au scrotum, au dartos et par une branche à la cloison.
La périnéale superficielle s’anastomose avec les honteuses externes et la spermatique. (*)
(*) 1) Tronc- de l'artère honteuse interne. — -) Artère liémorrhoïdale inférieure. — 3) Artère superficielle du périnée (elle est coupée à droite). — 4) Artère transverse du périnée ou bulbeuse — î>) Continuation du tronc de la honteuse interne — 6) Artère caverneuse pénétrant dans Je corps caverneux sectionné. — 7) Artère dorsale de la verge.
DES ARTÈRES EN PARTICULIER
4° Artère transverse du périnée ou artère bulbeuse (Fig. 146, 4). — Elle naît un peu en avant du muscle transverse , se dirige en dedans et gagne la bulbe de l’urèthre, auquel elle est destinée. Souvent cette artère est double. Elle est située , non pas entre les aponévroses périnéales moyenne et inférieure, mais entre les deux lames de l’aponévrose moyenne ou ligament de Carcassonne .
Chez la femme, Y artère périnéale superficielle va aux grandes lèvres ; la bulbeuse, au bulbe du vagin; la caverneuse , très-grèle, au corps caverneux du clitoris.
La dorsale de la verge devient chez elle V artère clitoridienne , dont le volume est en rapport avec les petites dimensions de cet organe.
8» Artère iliaque externe (Fig. 114, 2).
V artère iliaque externe est étendue de l’iliaque primitive à l’arcade crurale , où elle se continue sous le nom cV artère fémorale. Elle est oblique en bas et en dehors, et répond : en avant, au péritoine; en dehors, au fascia iliaca; en arrière , à la veine iliaque, qui , plus bas , occupe son côté interne.
Cette artère ne fournit que deux branches collatérales importantes :
a) Artère épigastrique (Fig. 144, 4).
Ce vaisseau , dont l’étude intéresse au plus haut degré les chirurgiens, naît à peu près à un demi-centimètre au-dessus de l’arcade crurale. Il se dirige aussitôt en dedans, en bas et en avant entre la veine iliaque, qui est en bas, et le péritoine, qui est au-dessus de lui. L’épigastrique s’infléchit alors en décrivant une courbure à concavité supérieure, dans laquelle se trouve embrassé le canal déférent chez l’homme, le ligament rond chez la femme, et remonte obliquement en dedans et en haut , en arrière du fascia transversalis et en avant du péritoine, entre les fossettes inguinales interne et externe. L’artère gagne ainsi le bord externe du muscle droit de l’abdomen , puis la face postérieure de ce muscle , pénètre dans son épaisseur , devient verticale au niveau de l’ombilic et s’anastomose largement avec les branches terminales de la mammaire interne. Avant de pénétrer dans le muscle droit , l’épigastrique est située entre le péritoine, qui est en arrière, et le fascia transversalis (remplacé plus haut par la lame postérieure de la gaine du muscle grand droit) , qui est en avant.
Outre des rameaux aux muscles profonds de la paroi abdominale antérieure, l’épigastrique fournit :
1° Le rameau funiculaire, qui se détache au niveau de la réflexion de l’épigastrique, s accolle au cordon auquel il est destiné et communique avec les artères honteuses externes et spermatique. Chez la femme ce rameau suit le ligament rond et va se perdre dans les grandes lèvres.
■ “ " L n rameau anastomotique à V obturatrice , qui suit le trajet parcouru par celle-ci quand elle naît de l’épigastrique.
b) Artère circonflexe iliaque (Fig. 144, 8).
Ln peu moins volumineuse que la précédente, cette artère naît à peu près au même niveau que l’épigastrique, mais sur le côté opposé du tronc de l’iliaque
Beaunis et Bouchard. 29
ANGKI0L0G1E.
externe. Elle longe d’abord l’arcade crurale, arrive au niveau de l’épine iliaque antéro-supérieure et fournit un rameau destiné aux muscles transverse et petit oblique, rameau qui s’anastomose par ses branches avec les lombaires.
La circonflexe se place alors le long de la lèvre interne de la crcte iliaque, émet des branches nombreuses destinées au muscle iliaque, d’autres qui s’anastomosent avec l’iléo-lombaire, et vient enfin se terminer dans les muscles transverse et petit oblique de l’abdomen.
Artère fémorale (Fig. 144).
V artère fémorale s’étend depuis l’arcade crurale jusqu’à l’anneau du troisième adducteur, où elle prend le nom d 'artère poplitée. Elle se dirige de liant en bas et de dehors en dedans, suivant une ligne qui partirait, ainsi que l’a fait remarquer Richet , non du milieu de l’arcade crurale, mais de l’union de son tiers interne avec ses deux tiers externes , et qui aboutirait au côté interne de la cuisse , à quatre travers de doigt au-dessus du tubercule du troisième adducteur.
Dans sa partie supérieure l’artère fémorale se trouve située dans un triangle, formé en dedans par le premier adducteur, en dehors par le couturier et en haut par le pli de l’aine. L’artère le parcourt à la manière d’une perpendiculaire abaissée de la base au sommet. A la sortie de ce triangle la fémorale se loge dans la gouttière que forment, à la cuisse, en dehors le vaste interne et en dedans le plan des adducteurs jusqu’au moment où elle s’engage dans l’anneau fibreux connu sous le nom éC anneau des adducteurs (Fig. 144, B).
Le muscle couturier étant étendu sur la cuisse comme une écharpe dirigée de dehors en dedans et de haut en bas , répond donc en haut au côté externe de l’artère, en bas à son côté interne, tandis qu’au milieu il passe au devant d’elle et la recouvre.
La fémorale répond, en arrière et successivement de haut en bas, au bord interne du psoas iliaque, dont les fibres la séparent de l’éminence iléo-pectinée, à la tète du fémur, au muscle pectiné et enfin au plan des adducteurs. En dehors d’elle se trouvent, en haut, le tendon du psoas iliaque, et dans le reste de son étendue le vaste interne; en dedans, le pectiné et les adducteurs.
Près de l’anneau crural , la veine fémorale est située en dedans de l’artère et est contenue dans la même gaine fibreuse ; plus bas, elle lui devient postérieure. Au niveau de l’anneau crural on trouve toujours au devant des vaisseaux des ganglions lymphatiques nombreux.
Le nerf crural est situé en dehors de l’artère et se trouve dans la gaine du muscle psoas-iliaque. Plus bas, l’artère fémorale est longée immédiatement par le nerf saphène interne, qui l’abandonne dans la gaine tics adducteurs.
L 'artère fémorale fournit :
1° Artère tégumenteuse abdominale (Fig. 144, 3). — Petite artère assez grêle, qui naît immédiatement au-dessous de l’arcade crurale, se dirige obliquement en haut et en dedans dans la couche sous-cutanée de P abdomen, et arrive au voisinage de l’ombilic où elle se perd. Elle communique par des rameaux avec l’épigastrique et la circonflexe iliaque.
2° Artères honteuses externes (Fig. 144, 4, 5). — L'une, sous-cutanée, liait près de l’arcade crurale, traverse la gaine des vaisseaux fémoraux, se dirige
I H'S AUTEllES EN PARTICULIER.
l igr. 141. — A titre, fémorale ('*).
(*) A (F.c muscle couturier est en place). — 1) Artère fémoiale. — 2) Artère fémorale profonde. — •'!) Artère tégumenleuse abdominale. — 4) Artère honteuse externe sous-cutanée. — o) Artère honteuse externe sous-aponévrotique. — 0) Branches du triceps.
B. (Les muscles couturier et droit antérieur sont enlevés, ainsi que les muscles de l’abdomen, le grand droit seul est conservé et maintenu en place au moyen d’une érigne). — I) Artère fémorale. — 2) Altère épigastrique. —
ANGÉIOLOGIE.
en dedans presque transversalement et se distribue à la partie antérieure des bourses chez l’homme et aux grandes lèvres chez la femme. Elle s’anastomose avec celle du côté opposé.
U autre, sous-aponévrotique dans la plus grande partie de son trajet, riait un peu au-dessous de la précédente et se dirige également en dedans. Elle traverse l’aponévrose et se ramifie dans les bourses. Elle s’anastomose avec la honteuse externe sous-cutanée, avec la périnéale superficielle, avec le rameau funiculaire de l’épigastrique et enfin dans son trajet sous-aponévrotique avec la terminaison de l’obturatrice.
3° Grande artère musculaire ou artère du triceps (Fig. 144 B, 7). — Elle se dirige en dehors et en bas , passe sous le muscle droit antérieur , puis sous le bord du vaste externe, et se distribue à ces muscles ainsi qu’au vaste interne. Très-souvent cette artère provient de la fémorale profonde.
4° Artère fémorale profonde (Fig. 144 B, 4). — Assez volumineuse pour avoir été considérée comme une branche de bifurcation , cette artère naît du côté externe de la fémorale à environ 0m,Ü4 au-dessous de l’arcade de Fallope, se dirige en arrière , puis en bas entre le pectiné et le vaste interne et plus tard entre le premier et le troisième adducteurs. Un peu au-dessus de l’anneau de ce dernier muscle, elle le traverse pour arriver à la partie postérieure delà cuisse et se perdre dans les muscles biceps et demi -membraneux. Les rameaux terminaux s’anastomosent avec les articulaires supérieures (Fig. 145, 6)
La fémorale profonde , outre des branches nombreuses destinées aux muscles internes de la cuisse, fournit trois artères,' dont le mode de distribution est identique et que l’on désigne sous le nom d e perforantes .
La première ou perforante supérieure passe au travers de la partie supérieure du muscle grand adducteur, fournit une branche ascendante, qui se perd dans le grand fessier en s’anastomosant avec la circonflexe interne et l’ischiatique, et une branche inférieure, qui se perd dans les muscles postérieurs de la cuisse et dont des rameaux vont communiquer avec la branche ascendante de la deuxième perforante (Fig. 145, 5).
La deuxième perforante ou moyenne traverse le grand adducteur à quelque distance au-dessous de la précédente, fournit un rameau ascendant, anastomosé avec la branche descendante de la perforante supérieure, et un rameau inférieur, qui se perd dans les muscles postérieurs et communique avec le rameau ascendant delà troisième artère perforante.
La troisième perforante ou inférieure est plus petite que les deux premières et manque quelquefois. Elle se comporte comme les deux précédentes. Son rameau inférieur s’anastomose avec les branches terminales de la fémorale profonde.
Si, à ces trois artères perforantes, on ajoute la circonflexe interne et les branches terminales de la fémorale profonde, anastomosées,, la première avec l’ischiatique , et la dernière avec les articulaires, on voit qu’il existe à la partie postérieure de la cuisse un grand système ramifié , qui fait communiquer l’artère hypogastrique avec
3) Artère circonflexe iliaque. — 4) Artère fémorale profonde. — o) Artère circonflexe externe. — 6) Coutin urrtion du tronc de la fémorale profonde. — 7) Branches musculaires du triceps. — 8) Artère honteuse externe sous-cutanée. — 9) Artère honteuse externe sous-aponévrotique. — 10) Artère grande anastomotique. — II) Artère articulaire supérieure interne.