‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 179 sur 416 · I. VEINES DES CAVITÉS ENCÉPHALIQUES. — SINUS DE LA DURE-MÈRE · texte numérisé non relu

I. VEINES DES CAVITÉS ENCÉPHALIQUES. — SINUS DE LA DURE-MÈRE

Préparation. — On injecte les sinus par la veine jugulaire interne , c'est-à-dire du troue vers les rameaux, ce qui est facile à cause de l’absence des valvules. 11 faut, pour remplir les sinus, que l’injection soit pénétrante et que le sujet soit chauffé dans un bain. Pour les étudiei , on se sert de deux coupes: l’une, qui enlève la calotte du crâne et les sinus longitudinaux en ne permettant que d’étudier les sinus de la base ; l’autre est une coupe antéro-postérieure à deux travers de doigt de la ligne médiane et venant rejoindre une coupe transversale, qui n entame que la moitié latérale du crâne et qui part à un travers de doigt au-dessus de 1 arcade sourcillière pour aboutir à une môme distance au-dessus de la protubérance occipitale.

ANGEIOLOGIE.

Ces veines ramènent à la jugulaire interne le sang des membranes d’enveloppe des centres nerveux, de ces centres eux-mêmes, de la cavité orbitaire, et une grande partie de celui qui chemine dans le diploé des os du crâne. On leur a donné le nom générique de sinus de la dure-m'ere. Leur structure a été décrite plus haut, mais ils diffèrent encore des autres veines du corps par leur disposition générale, leur forme et leur calibre. Ils ne suivent pas les artères, sont situés le long des parois crâniennes, et tandis que les vaisseaux artériels occupent surtout la partie inférieure et antérieure de l’encéphale , les veines répondent plutôt à sa partie postérieure et supérieure. Les sinus n’ont point une forme circulaire, mais étant formés par un dédoublement de la dure-mère, ils sont triangulaires et prismatiques. Ils ne présentent pas de valvules à leur intérieur, mais des filaments de tissu connectif plus ou moins condensé, qui s’entrecroisent en différents points dans l’intérieur de leur cavité.

Les sinus restent constamment béants , ce qui tient à l’incompressibilité de leurs parois fibreuses. Il est à remarquer que ces vaisseaux veineux, quoique n’étant pas en relation directe avec les organes encéphaliques , suivent en général les grandes scissures de ces organes; les sinus latéraux suivent la rainure qui sépare le cerveau d’avec le cervelet etc. Cette disposition est facile à comprendre puisque les divisions de la masse encéphalique sont séparées les unes des autres par les lames de la dure-mère , lames dans l’intérieur desquelles sont creusés les sinus.

Les sinus de la dure-mère communiquent avec les veines de l’extérieur du crâne par des branches qui traversent les parois osseuses; les plus volumineuses de ces anastomoses sont connues sous le nom de veines émissaires de Santorini. Ils communiquent encore avec les sinus rachidiens et viennent tous, par l’intermédiaire des sinus latéraux, s’ouvrir dans la veine jugulaire interne.

Les veines du cerveau proprement dit peuvent être divisées en deux groupes: l’un, beaucoup plus considérable, périphérique, forme les veines des hémisphères; elles cheminent dans la pie-mère et viennent enfin s’ouvrir dans les différents sinus avoisinants. Le second groupe comprend les veines des parties centrales de l’encéphale; elles sont très-petites, cheminent soit dans les plexus choroïdes, soit dans la toile choroïdienne , et forment deux veines dites de Galien qui s’abouchent dans le sinus droit.

Les veines cérébelleuses sont toutes périphériques et s’ouvrent directement dans les sinus avoisinants.

1° Sinus longitudinal supérieur. — Ce sinus est impair et médian, il occupe le bord convexe de la grande faux du cerveau et s’étend depuis la crête frontale jusqu’à l’extrémité postérieure du sinus droit, c’est-à-dire jusqu’à la protubérance occipitale interne. Il se divise alors en deux branches, qui se continuent latéralement avec les sinus latéraux; la division du côté droit est toujours plus volumineuse que celle du côté gauche et existe quelquefois toute seule. Le sinus longitudinal supérieur est effilé à son extrémité antérieure, et va ensuite en s’élargissant le long de la gouttière sagittale (Fig. 151, 1).

Ce sinus reçoit, outre les veines propres de la dure-mère :

1) Des veines de la face interne et de la face externe des hémisphères; ces

DES V K INES EN PARTICULIER

dernières, an nombre de six ou huit de chaque côté, cheminent d’abord le long- de la dure-mère, se dirigent en dedans, puis d’arrière en avant et s’ouvrent. enfin dans le sinus.

<2) Des veines diploïques, venues du frontal et des pariétaux; elles s’ouvrent dans le sinus soit directement soit par l’intermédiaire des veines de la duremère.

3) Un certain nombre de veinules anastomotiques venues des veines extracrâniennes, elles traversent des trous et des pertuis osseux; les plus remarquables d’entre elles passent par le trou pariétal.

Fig. 151. — Sinus de la dure-mère [vue latérale) d'après Bourgci-y (*).

2° Sinus longitudinal inférieur. — Moins long et moins volumineux que le précédent, ce sinus occupe la moitié postérieure du bord concave de la faux du cerveau; il est très-mince en avant, s’élargit successivement et s’abouche dans l’extrémité antérieure du sinus droit. Il reçoit quelques veinules de la face interne des hémisphères et les veinules de la faux du cerveau (Fig. 151, 2).

3° Sinus droit (Fig. 151, 3). — 11 occupe la partie moyenne de la tente du cervelet, c’est-à-dire le lieu de réunion de cette partie de la dure-mère avec la faux du cerveau; sa direction est oblique de haut en bas et d’avant en ar- (*)

(*) I) Sinus longitudinal supérieur. — 2) Sinus longitudinal inférieur. — 3) Sinus droit. — 4) Pressoir d’Hérophile.

ANC! ÉIOLOGIE.

rière. A son origine il reçoit le sinus longitudinal inférieur et les veines de Galien (Fig. 152, 5). Ces veines, très-souvent réunies en un seul tronc impair et médian, proviennent des ventricules latéraux; elles sont formées par la réunion de la veine choroidienne avec la veine du corps strié , dont nous décrirons le trajet en nous occupant du cerveau.

Le sinus droit reçoit en outre, tantôt par l’intermédiaire des veines de Galien, tantôt directement, des veines hémisphériques venues du lohe postérieur du cerveau, d’autres qui tirent leur origine de la hase de ce centre nerveux, et enfin une veine cérébelleuse supérieure, qui longe la face inférieure de la tente du cervelet pour s’ouvrir dans l’origine du sinus droit.

Au niveau de la protubérance occipitale interne, le sinus droit se réunit au sinus longitudinal supérieur, et de cette réunion naissent les deux sinus latéraux. Le point de jonction de ces différents troncs veineux est remarquable, il porte le nom de pressoir d’ Hérophile (Fig. 152 , 2).

4° Sinus latéraux. — Au nombre de deux, un de chaque côté, les sinus latéraux, dont nous venons de voir l’origine, se portent en dehors, suivent la gouttière latérale de l’occipital, celle du temporal, aboutissent au trou déchiré postérieur, où ils s’élargissent en formant le golfe de la veine jugulaire, et se continuent avec cette veine. Les sinus latéraux sont situés dans l’angle de

jonction du bord convexe de la tente du cervelet avec la dure-mère crânienne (Fig. 152, 3). Ils reçoivent en outre le sang de tous les sinus de la partie inférieure de la cavité crânienne et communiquent avec la veine cervicale profonde par la veine mastoïdienne, qui traverse le trou osseux de ce nom. La veine condylienne postérieure vient s’ouvrir également dans la partie la plus inférieure du sinus transverse et quelquefois dans le golfe de la veine jugulaire.

5° Sinus caverneux (Fig. 152, 11). — Ils sont placés sur les côtés latéraux de la selle turcique, et remarquables par leur grand diamètre comparé à leur peu de longueur. Ils s’étendent depuis la fente sphénoïdale jusqu’au sommet du rocher. Leur cavité est parsemée d’un grand nombre de filaments, qui s’entrecroisent plus ou moins et rappellent un peu la disposition des corps caverneux. L’artère carotide interne parcourt ce sinus en y décrivant une double courbure ; elle y pénètre aussitôt après sa sortie du canal carotidien , et en ressort au niveau de l’apophyse clinoïde antérieure. Le nerf oculo-moteur externe pénètre par la partie postérieure du sinus caverneux , près de l’extrémité antérieure du sinus pétreux inférieur, se dirige en avant et un peu en dehors , passe audessous de l’artère et sort par la partie la plus antérieure du sinus, qu’il parcourt ainsi dans sa plus grande étendue. Dans la paroi externe du sinus caverneux, c’est-à-dire dans le feuillet fibreux , se trouvent logés les nerfs pathétique, pculo-moteur commun et ophthalmique de Willis.

Le sinus caverneux reçoit :

1) La veine ophthalmique. — Elle représente assez exactement par ses branches les divisions de l’artère ophthalmique. Les veines ciliaires diffèrent cependant des artères correspondantes. Elles se réunissent sur Ja choroïde en quatre groupes distincts, anastomosés entre eux par leurs extrémités, et forment des tourbillons désignés sous le nom de vas a vorticosa , se terminant chacun dans une branche unique, qui perfore la sclérotique. Quant aux veines de

DES VEINES EN PARTICULIER

l’iris ou ciliaires antérieures, elles vont, d’après Sappey, se jeter dans les veines musculaires.

Au niveau du grand angle de l’œil, la veine ophthalmique communique avec la veine angulaire; à sa terminaison, elle ne passe pas, comme l’artère de son nom, à travers le trou optique, mais bien par la fente sphénoïdale, et est constituée par un, deux ou trois troncs, qui s’ouvrent dans le plexus caverneux.

Fig. 152. — Sinus de la dure-mère ( vus de haut en bas) (*).

2) La veine méningée moyenne , qui accompagne les branches antérieures de l’artère de ce nom.

3) Des veines hémisphériques venues de la face inférieure du lobe antérieur du cerveau.

Le sinus caverneux communique latéralement avec le sinus circulaire de la selle turcique, en bas avec le plexus ptérygoïdien par plusieurs veinules émissaires, et se termine en arrière dans les sinus pétreux inférieur et supérieur. (*)

(*) 1) Sinus longitudinal supérieur coupé transversalement. — 2) Pressoir d’Hérophile. — 3) Sinus latéral. — ■i) Sinus droit. — 5) Veines de Galien. — 6) Sinus occipital postérieur. — 7) Golfe de la veine jugulaire — 8) Sinus circulaire du trou occipital. — 9) Sinus pétreux inférieur. — 10) Sinus pétreux supérieur. — H) Sinus caverneux. 12) Sinus transverse de la selle turcique. — 13)Sinus circulaire de la selle turcique. — 14) Tente du cervelet, dont la moitié du côté opposé a été enlevée pour permettre de voir les sinus de la base du crâne.

Beaunis et Bouchard.

ANGEIOLOGIE.

„ (3° Sinus circulaire de la selle turcique ou sinus de Ridley (Fig. 152, 13). — Il entoure le corps pituitaire , sa branche postérieure est plus large que l’antérieure Ces deux branches se réunissent sur les côtés de la selle turcique et s ouvrent latéralement de chaque côté dans les sinus caverneux. Le sinus circulaire n est donc qu une anastomose entre les deux sinus caverneux. Il reçoit quelques veinules de la dure-mère et du corps pituitaire.

7° Sinus transverse de la selle turcique ou de Littré (Fig. 152, 12).

Il est situé en arrière et au-dessous des apophyses clinoïdes postérieures et dirigé transversalement. Souvent il est double ou triple, et fait communiquer les sinus pétreux inférieurs et les sinus caverneux. Il paraît devenir plus considérable chez les vieillards.

8° Sinus pétreux supérieurs (Fig. 152, 10). — Ces sinus sont situés dans une gouttière, que leur présente le bord supérieur des rochers, et compris dans le point où la grande circonférence de la tente du cervelet se réunit à la duremère crânienne. Leur calibre n’est pas considérable; ils font communiquer les sinus caverneux avec les sinus latéraux , et s’ouvrent dans ces derniers au point où ils quittent la gouttière latérale de l’occipital pour passer dans celle du temporal. Ils reçoivent des veinules méningées, cérébelleuses, ainsi que d’autres venues de la protubérance annulaire.

9° Sinus pétreux inférieurs (Fig. 152, 9). — Moins longs, mais plus larges que les précédents, ils sont placés de chaque côté le long du bord inférieur et postérieur du rocher. Ils font communiquer les sinus caverneux et le sinus transverse de la selle turcique avec les sinus latéraux , dans lesquels ils s’ouvrent au niveau du golfe de la veine jugulaire. Ils reçoivent : les sinus occipitaux antérieurs, qui les anastomosent avec le sinus circulaire du trou occipital , une veinule qui sort du rocher par le canal du vestibule , des veinules méningées, et une branche émissaire, qui passe par le trou déchiré antérieur et vient du plexus ptérygoïdien.

10° Sinus circulaire du trou occipital (Fig. 152 , 8). — Son nom indique sa position et sa configuration. D’un calibre assez faible , il communique en bas avec les sinus rachidiens, latéralement avec les sinus pétreux inférieurs par l’intermédiaire des sinus occipitaux antérieurs, et en arrière avec les sinus occipitaux postérieurs.

11° Sinus occipitaux antérieurs. — Assez grêles et d’une existence qui paraît inconstante, ces sinus partent latéralement du sinus circulaire du trou occipital , se dirigent en avant et en dehors, et vont s’ouvrir plus ou moins haut dans les sinus pétreux inférieurs.

12° Sinus occipitaux postérieurs (Fig. 152, G). — Ils sont plus volumineux que les précédents et partent du sinus transverse pour venir s’ouvrir à la face inférieure du sinus droit, chacun par un orifice spécial. Chemin faisant ils reçoivent une branche du sinus circulaire du trou occipital.

Veine» (lipidiques.

Les veines diploïques, de même que les sinus de la dure-mère, ne sont pas semblables aux autres vaisseaux veineux du corps ; ce sont des canaux creusés dans l’intérieur des os du crâne et tapissés d’une couche épithéliale. On trouve d’ordinaire quatre troncs veineux principaux pour chaque côté.

DES VEINES EN PAUT1CUL1EH

1° Une veine diplolque frontale , qui s’ouvre dans la veine sus-orbitaire. Cette veine communique dans son trajet avec celle du côté opposé et avec les veines de la dure-mère.

2° Une veine diplolque temporale antérieure , formée par les branches venues de la moitié antérieure du pariétal et de la partie postérieure du frontal. Elle vient s’ouvrir dans la veine méningée moyenne tout près de son embouchure, tantôt par un seul trou, tantôt par plusieurs ouvertures.

3° Une veine diplolque temporale postérieure. — Elle ramène le sang des canaux de la moitié postérieure du pariétal et de la partie antérieure du temporal, et s’ouvre dans le sinus transverse ou dans une veine de l’extérieur du crâne, au niveau de l’angle postérieur et inférieur du pariétal.

4° Une veine diplolque occipitale. — Elle se dirige de haut en bas et de dedans en dehors, et vient s’ouvrir soit dans les veines occipitales, soit dans le sinus latéral de son côté.

Toutes ces veines diploïques sont remarquables par l’extrême intrication de leurs branches et de leurs rameaux dans l’intérieur des os. Elles forment des mailles irrégulières qui ne se prêtent à aucune description. Elles augmentent de volume avec l’âge et sont surtout très -développées chez le vieillard.

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