‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 188 sur 416 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER

Les vaisseaux lymphatiques viennent tous s’aboucher dans l’angle de réunion des veines sous-clavières avec les jugulaires internes par deux troncs distincts, le canal thoracique ht la grande veine lymphatique droite . Le premier ramène au système sanguin la lymphe et le chyle de toute la partie sous-diaphragmatique du corps, de la moitié gauche du diaphragme, du cœur, du poumon gauche, du membre supérieur gauche, de la moitié gauche du cou et de la tête, ainsi que ceux de la moitié gauche du thorax. La grande veine lymphatique droite s’abouche dans la sous-clavière de son côté et ramène la lymphe de la moitié correspondante du thorax, du poumon droit, de la moitié droite du diaphragme, de la moitié droite de la tête et du cou.

Ainsi que l’a fait remarquer Meyer, de Zurich , chacun de ces deux troncs peut être considéré comme formé de quatre branches, dont l’une originelle, les trois autres accessoires. La première est située le long du rachis à droite et à gauche, les trois autres sont l’une antérieure, le tronc mammaire , correspondant à la partie antérieure de la poitrine, la seconde externe , le tro)ic brachial, la troisième descendante, le tronc jugulaire. Nécessairement, en raison même de ce que nous avons dit plus haut, la branche d’origine du côté gauche est plus longue et plus volumineuse que celle du côté droit, tandis que les trois autres ont lo même volume et le même trajet.

DES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER

Nous étudierons sucessivement les lymphatiques qui sont communs aux deux troncs terminaux, puis ceux qui vont former le canal thoracique, et enfin nous terminerons par la description de ce dernier canal et de la veine lymphatique droite.

§ I. — Ganglions de la. tête et du cou et lymphatiques

qui sy rendent.

Les ganglions lymphatiques forment au cou et à la tête une chaîne non interrompue dont le siège principal est au-dessous du muscle sterno-mastoïdien , le long des vaisseaux veineux du cou. Ils remontent ainsi jusqu’à la base du crâne et se relient à des petits groupes situés les uns au-dessous et autour de la glande sous-maxillaire, ganglions sous-maxillaires (Fig. 158, 8); les autres au dedevant du pavillon de l’oreille et dans l’intérieur de la glande parotide , ganglions parotidiens ; d’autres en arrière et au-dessous de l’oreille et à la partie supérieure de la nuque, ganglions sous-occipitaux (Fig. 158, 7). La grande chaîne ganglionnaire principale du cou a été divisée elle-même d’une manière assez arbitraire en ganglions cervicaux supérieurs et ganglions cervicaux inférieurs (Fig. 158, 6). Les plus élevés d’entre eux sont situés le long des parois du pharynx et arrivent jusqu’au niveau de l’aponévrose buccinato -pharyngienne; on leur donne quelquefois le nom de ganglions faciaux profonds.

Tous les vaisseaux lymphatiques de la tête et du cou viennent aboutir à ces ganglions.

Les lymphatiques des téguments de la tête et du crâne peuvent être divisés en trois groupes, antérieur , latércd et postérieur .

Le premier groupe comprend les lymphatiques superficiels de la face et de la région frontale ainsi que ceux des lèvres. Les lymphatiques des téguments de la face et ceux des paupières naissent par des réseaux, qui se réunissent en troncs, dont les uns se dirigent en bas et en dehors pour aboutir aux ganglions sousmaxillaires, tandis que les autres, de même que ceux qui émanent de la région frontale , se portent en dehors et en arrière pour gagner les ganglions parotidiens. Les lymphatiques des lèvres forment d’abord un réseau extrêmement ténu et très-riche , et se divisent en troncs antérieurs , qui suivent les vaisseaux de la face, et en troncs postérieurs ou sous-muqueux , qui aboutissent aux ganglions sous-maxillaires après avoir traversé les attaches des muscles carré et triangulaire.

Le groupe latéral ou de la région temporale comprend les lymphatiques de la partie correspondante du cuir chevelu et ceux du pavillon de Voreille. Les premiers descendent de haut en bas et s’ouvrent les uns dans les ganglions parotidiens, les autres dans les ganglions sous-occipitaux les plus antérieurs. Le pavillon de l’oreille est recouvert d’un réseau fort remarquable qui le tapisse tout entier ainsi que le lobule ; les troncs qui en partent se réunissent aux précédents pour s’ouvrir dans les mêmes ganglions.

Le groupe postérieur est formé par les lymphatiques de la région occipitale , qui se portent de haut en bas, puis d’arrière en avant, et s’ouvrent dans les ganglions sous -occipitaux.

Les ganglions sous-maxillaires et sous-occipitaux se réunissent aux ganglions cervicaux supérieurs par des troncs qui accompagnent les branches de la veine jugulaire externe. Les ganglions parotidiens aboutissent soit directement aux ganglions profonds, soit aux ganglions sous-maxillaires.

ANGÉIOLOGIE.

Fig. 158. — Lymphatiques de la tête, du cou, de la partie supérieure du tronc et du cœur

(d’après Mascagni) (*). j

(*•) 1) Canal thoracique. — 2) Son embouchure dans le confluent des veines jugulaire interne et sous-clavière gauches. — 3) Lymphatiques de la face pleurale du diaphragme. — 4) Lymphatiques du cœur. — Ü) Ganglions axillaires. — G) Ganglions cervicaux. — 7) Ganglions sous-occipitaux. — 8) Ganglions sous-maxillaires. - 9) Lymphatiques des parois du thorax allant aboutir aux ganglions thoraciques et axillaires.

DES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER

Les lymphatiques profonds du crâne sont ceux qui proviennent des méninges ; ils accompagnent les uns les veines méningées moyennes , les autres Partère carotide ou la jugulaire interne, et sortent par les trous sphéno-épineux , carotidien ou déchiré postérieur pour se jeter dans les ganglions faciaux profonds. Ceux qui viennent des cavités orbitaire et nasale arrivent dans la fosse ptérygo -palatine par la fente sphénoïdale et le trou sphéno -palatin et se jettent dans les mêmes ganglions. 11 en est de même de ceux de la voûte palatine, du voile du palais et des gencives. Les lymphatiques de la langue forment sur le dos et les parties latérales de cet organe un réseau compliqué dont les mailles sont très-étroites et les canaux très-grèles. De ces réseaux partent des troncs qui se dirigent les uns en avant et en bas, les autres en arrière et latéialement; les premiers se jettent dans les ganglions sous-maxillaires, les deiniers dans les ganglions cervicaux les plus supérieurs. Il est à remarquer que le réseau dorsal est surtout développé autour des papilles et surtout des papilles caliciformes.

Les vaisseaux lymphatiques superficiels du cou se jettent dans les ganglions cervicaux inférieurs. Les lymphatiques du corps, thyroïde sont très-nombreux et très- développés; on peut les diviser en deux groupes, les supérieurs qui se jettent dans les ganglions cervicaux supérieurs, et les inférieurs qui aboutissent aux ganglions cervicaux inférieurs. Les vaisseaux blancs qui partent du larynx et des parties latérales du pharynx vont aux ganglions cervicaux supérieurs ; ceux qui émanent de la portion cervicale de l’œsophage et de la trachée se déversent dans les ganglions cervicaux inférieurs. Quelques lymphatiques accompagnent toujours l’artère et la veine vertébrales, ils aboutissent aux mêmes ganglions.

Des ganglions cervicaux partent des vaisseaux afférents , qui vont à droite dans la grande veine lymphatique et à gauche dans le canal thoracique.

§ II. — Ganglions axillaires et lymphatiques qui s’y rendent.

A la racine du membre supérieur se trouve un grand nombre de ganglions, qui forment quelques groupes reliés entre eux. Ce sont les ganglions axillaires , situés au fond même de l’aisselle ; les ganglions sous-claviculaires , que 1 on rencontre dans la fosse sous-claviculaire au-dessous des attaches claviculaires du grand pectoral et du deltoïde; les ganglions thoraciques, placés le long du bord antérieur de l’aisselle; les ganglions sous-scapulaires, situés au-dessous de l’omoplate le long du bord postérieur de l’aisselle.

A ces ganglions aboutissent tous les lymphatiques du membre supérieur ,

de la partie supérieure et latérale du thorax et ceux de la mamelle.

A. Les lymphatiques des parties latérales du thorax peuvent être divisés en antérieurs et en postérieurs.

Les premiers, nés des téguments de la région, remontent sur la face latérale du muscle grand dentelé et arrivent aux ganglions thoraciques; on en voit toujours quelques-uns qui remontent directement aux ganglions sous-claviculaires. Les lymphatiques postérieurs de cette région comprennent ceux de la partie supérieure des lomhes, du dos et de la partie inférieure de la nuque;

ANGÉÏOLOGIE.

/■; sewu

Fig. 159.

Lymphatiques du membre svpériéhr (d’après Mascagni) (*).

les ganglions sous-scapulaires. Sappey fait remarquer qu’ils présentent une disposition particulière : « ceux du côté droit naissent «du côté gauche, et réciproquement, de « telle sorte qu’il y a entre-croisement des « uns et des autres sur la ligne médiane. »

B. Les lymphatiques de la mamelle naissent, soit de la peau et surtout de l’aréole, soit de la glande elle-même et de ses lobules. Les premiers se réunissent en formant un réseau délicat, qui entoure le mamelon et l’aréole; de là ils se portent en bas et en dedans vers le pourtour de la mamelle et forment plusieurs troncs, auxquels viennent se joindre les lymphatiques profonds. Ces troncs remontent le long des parois du thorax et viennent s’ouvrir dans les ganglions axillaires. Cette disposition anatomique explique l’engorgement de ces ganglions dans les affections du sein.

C. Les lymphatiques du membre supérieur se divisent en superficiels et profonds.

Les premiers naissent de toute la surface cutanée du membre et surtout de la peau des doigts. Ils forment sur la face palmaire des doigts un réseau très -serré, surtout au niveau de la phalangette, dont les mailles s’élargissent en se rapprochant de la paume de la main. Ce réseau fournit des ramuscules, qui se portent en arrière et en haut sur les côtés latéraux de chaque doigt et constituent ainsi un ou deux troncs collatéraux internes et externes du doigt. Dans les espaces interdigitaux, ces troncs passent sur la face dorsale de la main, s’anastomosent et arrivent au poignet. Ils se divisent alors en deux groupes , dont les uns suivent les veines radiales, les autres les veines cubitales. Ces deux groupes sont donc, le premier antérieur et externe, le second antérieur et interne.

Au niveau du pli du coude, il vient s’y joindre un groupe médian qui part de la paume de la main et suit la veine médiane. Les lymphatiques enlacent alors la face antérieure et les bords externe et interne de

(*; I) Ganglions axillaires. — 2) Ganglions épitrochléens.

DES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER

l’avant-bras. Ceux qui suivent le bord cubital rencontrent ordinairement audessus de l’épitrochlée un ganglion sus-épitrochléen (Fig. 159, 2), souvent double, et continuent à remonter jusqu’aux ganglions axillaires. Les lymphatiques moyens et externes remontent également , se rassemblent de plus en plus et gagnent successivement la face interne du bras pour se jeter également dans les ganglions axillaires. On en voit quelquefois un ou deux qui longent la veine céphalique et aboutissent aux ganglions sous-claviculaires. D’après Aubry, de Rennes, cité par Sappey, on trouverait exceptionnellement dans cet interstice celluleux un, deux ou trois petits ganglions qui se relieraient aux ganglions sou s - cl a vi cul aires.

Les lymphatiques profonds du membre supérieur suivent le trajet des différents vaisseaux et se terminent dans les ganglions de l’aisselle. On trouve quelquefois sur leur parcours, à l’avant-bras, un ou plusieurs ganglions d’un petit volume ; au bras on en rencontre beaucoup plus souvent trois ou quatre de la grosseur d’une lentille.

Les vaisseaux afférents des ganglions axillaires forment un ou plusieurs troncs , qui aboutissent à gauche dans le canal thoracique et à droite dans la grande veine lymphatique.

§ III. — Ganglions sternaux et médiastinaux antérieurs et lymphatiques

qui s’y rendent.

Sur la face interne du sternum , le long de l’artère mammaire interne se trouvent quelques ganglions lymphatiques qui forment le groupe des ganglions sternaux ; ils se relient à quelques autres ganglions situés sur la partie antérieure de la face supérieure du diaphragme, au devant du péricarde, et à la face antérieure des gros vaisseaux, on les désigne sous le nom de ganglions médiastinaux antérieurs . Ces deux groupes communiquent ensemble et reçoivent :

1° Les lymphatiques qui suivent les vaisseaux sanguins mammaires internes. Ils tirent leur origine de la partie médiane de la paroi antérieure de l’abdomen située au-dessus de l’ombilic, et de la partie des parois du thorax à laquelle se distribuent les vaisseaux mammaires internes. Ils traversent les attaches antérieures du diaphragme sur les côtés de l’appendice xyphoïde.

2° Les lymphatiques de la partie antérieure de la face co)ivexe du foie , qui se dirigent vers le ligament suspenseur, pénètrent dans la poitrine en traversant la partie antérieure des attaches du diaphragme et vont se jeter dans les ganglions médiastinaux antérieurs.

3° Les lymphatiques antérieurs et médians du diaphragme , qui viennent bientôt s’aboucher dans les ganglions mammaires internes.

4° Les lymphatiques du péricarde , dont quelques-uns, les plus élevés, se rendent aux ganglions bronchiques.

5° Les lymphatiques du coeur (Fig. 158, 4). — On peut les diviser, comme

les artères dont ils suivent le trajet, en coronaires antérieurs et coronaires postérieurs. Les premiers longent le sillon interventriculaire antérieur et la moitié gauche du sillon interauriculo-ventriculaire, se joignent au niveau de l’infundibulum et cheminent le long de la face postérieure de l’artère pulmonaire

ANGÉJOLOGIE.

pour se jeter dans les ganglions médiastinaux antérieurs. Les seconds longent l’artère coronaire postérieure et se réunissent en deux ou trois troncs, qui cheminent sur la face antérieure du tronc aortique pour se jeter dans les mêmes

ganglions

6° Les lymphatiques du thymus , qui rejoignent les vaisseaux blancs mammaires internes.

Les vaisseaux efférents de cette chaîne ganglionnaire forment un tronc assez court qui s’ouvre par une ou plusieurs branches dans le canal thoracique à gauche et dans la grande veine lymphatique à droite.

§ IV. — Ganglions médiastinaux postérieurs et bronchiques , et lymphatiques qui s’y rendent.

Les ganglions lymphatiques forment dans le médiastin postérieur, le long de l’œsophage et de l’aorte, un groupe désigné sous le nom de ganglions médiastinaux postérieurs . Ils sont en relation avec des ganglions plus petits logés dans la partie la plus reculée des espaces intercostaux. Ils communiquent encore avec les ganglions bronchiques, volumineux et nombreux, situés au niveau de la bifurcation de la trachée et le long de la racine des bronches. Les ganglions bronchiques sont très-remarquables par leur coloration noire et la fréquence de leurs altérations tuberculeuses ou caséeuses.

Les lymphatiques des parois du thorax ou lymphatiques intercostaux suivent les artères intercostales, viennent s’ouvrir dans les ganglions situés à la partie postérieure des espaces qu’ils parcourent, et vont de là, les uns dans les ganglions médiastinaux postérieurs, les autres directement au canal thoracique.

Des parois de l’œsophage partent également des vaisseaux , qui vont s’ouvrir dans les ganglions médiastinaux postérieurs. Il s’y joint ordinairement deux vaisseaux assez volumineux , qui rampent sur les parties latérales et postérieures de la face convexe du diaphragme.

Les lymphatiques du poumon peuvent être divisés en superficiels et profonds. Les premiers naissent soit de la plèvre viscérale soit de la base des lobules pulmonaires et arrivent à la superficie. Ils y forment des vaisseaux trèsdéliés, dont les canaux sont comme variqueux en certains points; Ces varicosités ont été considérées comme normales par Jarjavay et comme pathologiques par Sappey. De ces réseaux sus -lobulaires partent des rameaux qui vont se jeter dans les ganglions bronchiques.

Les lymphatiques pulmonaires profonds partent du sommet du lobule ainsi (pie , probablement, de la muqueuse des bronches et se dirigent vers la radicule bronchique qu’ils entourent. Ils forment un réseau remarquable, communiquant avec le réseau sus-lobulaire, ce qui fait qu’on peut aisément les injecter l’un par l’autre. Les troncules qui en partent sont assez nombreux, suivent les canaux aériens et les vaisssaux sanguins et vont se jeter d’abord dans les ganglions que l’on trouve le long des bronches, dans l’intérieur même du parenchyme pulmonaire, puis de là dans les ganglions bronchiques. D’après Jarjavay, les lymphatiques profonds du poumon sont remarquables par le peu de développement de leurs valvules, ce qui permet de les injecter de leur terminaison à leur origine.

HE S LYMPHATIQUES EN PAIITICU LIEU

Dos ganglions médiastinaux postérieurs et des ganglions bronchiques partent dos rameaux assez considérables qui vont se jeter en partie dans le canal thoracique et. en partie dans la grande veine lymphatique droite. 11 est à remarquer (pie ce ne sont que les lymphatiques émanés de la partie supérieure du poumon droit qui se rendent dans cette dernière, ceux de la partie inférieure de 1 organe vont au canal thoracique. On trouve du reste de fréquentes exceptions à cette règle.

Ces rameaux forment les troncs broncho-médiastinaux qui, d’après Meyer, de Zurich, peuvent être considérés comme les troncs d’origine des deux branches terminales du système lymphatique. Ils sont situés le long des côtés latéraux du rachis et reçoivent, à droite, les troncs jugulaire, axillaire et mammaire interne du même côté. La réunion de ces quatre vaisseaux forme, d’après lui, la grande veine lymphatique droite. Il en est de même à gauche, seulement le canal thoracique venant s’y joindre, et son calibre étant de beaucoup supérieur a celui du tronc broncho -médiastinal gauche, on dit que ce dernier se jette dans le canal thoracique.

§ V. — Ganglions sus-aortiques et lymphatiques qui s’y rendent.

On trouve au devant de l’aorte abdominale un très-grand nombre de ganglions lymphatiques, qui s’étendent du bord supérieur du pancréas à la bifurcation de l’aorte, ce sont les ganglions sus-ciovtiques. A ce groupe principal se rattachent des ganglions accessoires , appartenant en propre à chaque organe ou annexe du tube digestif et situés entre les feuillets du péritoine. Ce sont les ganglions stomachaux placés au niveau de la grande et de la petite courbure de l’estomac entre les lames de l’épiploon ; les ganglions spléniques que l’on trouve dans l’épiploon gastro-splénique, ceux du foie entre les lames de l’épiploon gastro-hépatique, et enfin les ganglions mésentériques entre les deux feuillets de mésentère et des méso -colons.

Lymphatiques de Vestomac. — Ils sont superficiels et profonds. Les premiers forment sous la séreuse un plexus dont les différentes branches sont variqueuses d’après Bonamy, et donnent naissance à des troncules, dont la direction est perpendiculaire à l’axe de l’estomac. Ils vont aboutir aux mandions assez petits que l’on trouve le long des deux courbures de l’organe.

Les seconds forment également un réseau sous-muqueux très-compliqué dont les rameaux et les troncules gagnent la superficie de l’estomac et suivent le trajet des artères. Les lymphatiques qui longent l’artère coronaire stomachique vont aux ganglions de la petite courbure ; ceux qui suivent la gastroépiploïque gauche se jettent dans les ganglions spléniques; ceux qui accompagnent 1 artère gastro-épiploïque droite vont aux ganglions hépatiques.

Lymphatiques des intestins. — Ceux de l’intestin grêle sont désignés plus spécialement sous le nom de chylifères et sont beaucoup plus nombreux que ceux qui partent du gros intestin. Ils forment toujours un double plan superficiel et profond. Le premier est sous-séreux et constitue un réseau à mailles allongées, dont les branches sont variqueuses. De ce réseau partent des troncules, qui bientôt se dirigent perpendiculairement à l’axe de l’intestin et arrivent dans le mésentère.

ANGEIOLOGIE.

Le plan protond ou sous-muqueux naît des villosités intestinales, dans l’intérieur de chacune desquelles on trouve un petit troncule terminé en culde-sac. Ce petit rameau gagne le tissu sous-muqueux, passe entre les fibrilles de la tunique musculeuse et arrive enfin entre les feuillets du mésentère. Autour des follicules clos et des plaques de Peyer on trouve toujours une sorte de réseau circulaire à mailles très-serrées, constitué par les vaisseaux efférenfs de ces glandules lymphatiques, dont les branches viennent se réunir aux précédentes pour aboutir aux ganglions mésentériques. Ces ganglions communiquent les uns avec les autres en formant ainsi plusieurs chaînes, qui aboutissent toutes par leurs efférents aux ganglions sus-aortiques. Les lymphatiques du gros intestin , quoique en moindre nombre que ceux de l’intestin grêle , se comportent de la même manière , aboutissent aux ganglions situés entre les lames des méso- colons et vont enfin aux ganglions susaortiques.

Lymphatiques du pancréas. — Partis des différents lobules, tous ces vaisseaux gagnent le bord supérieur de la glande et vont avec les efférents des ganglions spléniques se jeter dans les ganglions sus -aortiques.

Lymphatiques de la rate. — D’après Tomsa, il existe dans la rate deux plans de vaisseaux lymphatiques. Le premier, superficiel, naît des tissus intervasculaires de l’organe, ses rameaux se dirigent vers la périphérie et gagnent le hile pour se jeter dans les ganglions spléniques. Ils sont assez rares et grêles chez l’homme, mais très-nombreux et développés chez le cheval. Les vaisseaux lymphatiques profonds naissent des gaines qui entourent les capillaires artériels (gaines identiques à celles décrites par Ch. Robin sur les capillaires du cerveau), et vont au hile se jeter dans les ganglions nombreux qu’on trouve en cet endroit.

Lymphatiques du foie. — Nous avons déjà décrit les lymphatiques de la partie médiane et antérieure de la surface convexe du foie et nous avons vu qu’ils se jettent dans les ganglions sternaux. Ceux qui partent des parties latérales et postérieures de la face convexe du foie se dirigent en bas vers les ligaments triangulaires ou vers la face inférieure et gagnent les ganglions susaortiques les plus élevés. Les vaisseaux qui émanent de la partie moyenne de la même face se portent au contraire en haut et traversent le diaphragme pour se jeter dans les ganglions médiastinaux antérieurs.

Sur la face inférieure du foie se trouve un très-grand nombre de lymphatiques, qui appartiennent soit à la glande elle-même soit au réservoir biliaire. Ils suivent la veine porte et vont aboutir aux ganglions sus- aortiques.

Outre ces vaisseaux superficiels, il existe dans le foie des lymphatiques profonds. Leurs plexus entourent les vaisseaux sanguins et biliaires, et fournissent des troncs , dont les uns suivent la veine porte , se réunissent au niveau du sillon transverse aux lymphatiques superficiels de la face concave et se rendent avec eux aux ganglions sus- aortiques, tandis que les autres accompagnent les divisions des veines sus-hépatiques, arrivent jusqu’à la veine cave, qu’ils entourent, passent avec elle à travers le diaphragme et se jettent dans les ganglions médiastinaux.

Les efférents des ganglions sus-aortiques vont tous au canal thoracique ou à la citerne de Pecquet.

UES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER

§ VI. — Ganglions lombaire^ et lymphatiques qui s’y rendent.

Au devant des insertions du psoas , en dehors de l’aorte à gauche et de la veine cave inférieure à droite l’on trouve un groupe assez considérable de ganglions d’un volume variable, ce sont les ganglions lombaires. Ils reçoivent les lymphatiques de l’utérus, de la trompe et de l’ovaire chez la femme, ceux du testicule chez l’homme , ceux des reins et des capsules surrénales.

Lymphatiques cle V utérus , de la trompe et de V ovaire. — Les premiers participent pendant la grossesse au grand développement de l’organe et offrent alors un volume relativement considérable. Ils se dirigent en dehors et gagnent les artères utéro- ovariennes , dont ils suivent le trajet. Après avoir reçu les lymphatiques de la trompe et de l’ovaire, ils vont se jeter dans les ganglions lombaires. Il est à remarquer que les lymphatiques du col de l’utérus suivent au contraire les artères utérines et aboutissent aux ganglions pelviens.

Lymphatiques du testicule. — Ces vaisseaux sont extrêmement nombreux et peuvent être divisés en raison de leur situation en superficiels et profonds. Les premiers sont sous-séreux et recouvrent presque la totalité de la glande séminale, dont ils gagnent le bord supérieur. Les seconds, étudiés dans ces derniers temps par Tomsa et Ludwig, cheminent dans le testicule en suivant les vaisseaux sanguins à travers les fibres réticulées que l’albuginée envoie dans la profondeur. Ils arrivent au bord supérieur de la glande et se réunissent aux lymphatiques superficiels. Ils remontent alors, reçoivent les lympatiques de l’épididyme et gagnent l’anneau inguinal en formant des éléments du cordon. Arrivés dans l’abdomen, ils accompagnent les vaisseaux sanguins spermatiques et aboutissent aux ganglions lombaires.

Lymphatiques des reins et des capsules surrénales. — Les lymphatiques des reins naissent de la profondeur des glandes urinaires, ils suivent la distribution des vaisseaux sanguins et ne paraissent pas très-nombreux. Us gagnent le hile du rein, s’accolent à la veine rénale et se jettent dans les ganglions lombaires. On a décrit des lymphatiques superficiels du rein, qui viendraient aboutir également aux ganglions lombaires en se réunissant aux précédents au niveau du hile, mais leur existence ne parait pas démontrée.

Quant aux lymphatiques des capsules surrénales, ils proviennent de l’intimité de cette glande vasculaire sanguine, et se joignent à ceux des reins pour aboutir aux memes ganglions.

Les efférents des ganglions lombaires se jettent dans la citerne de PecqueL

§ ~ Ganglions pelviens, et lymphatiques qui s'y rendent.

Dans 1 excavation pelvienne se trouve un groupe^ ganglionnaire, relié en haut aux ganglions lombaires, en bas et en dehors aux ganglions iliaques externes; il se compose de deux groupes distincts : l’un latéral, compris entre les vaisseaux iliaques interne et externe, est formé par les ganglions hypogastriques, et s étend jusqu’à la partie supérieure de la grande échancrure sciatique, 1 autie, médian, est formé par des ganglions disséminés au devant

ces lions sacies antérieurs et dans l’épaisseur du méso-rectum, ganglions sacrés.

Beaunis et Buuciiako. 33

ANGÈ10L0GJE.

Les lymphatiques qui y arrivent sont :

1° Les lymphatiques du rectum. — Ces vaisseaux forment deux plexus qui paraissent indépendants l’un de l’autre; le premier est sous-séreux , le second est sous-muqueux et communique largement avec le plexus sous-cutané du pourtour de l’anus. Ils forment tous les deux des troncs, qui aboutissent soit aux ganglions du méso-rectum, soit directement aux ganglions sacrés.

2° Les lymphatiques de la vessie. — Ils sont disposés comme les précédents en deux plexus sous-séreux et sous-muqueux. On les voit gagner les parties latérales du réservoir urinaire et suivre le trajet des artères vésicales; d’après Sappey, on trouve à ce niveau quelques petits ganglions, dans lesquels ils pénètrent avant d’atteindre les ganglions hypogastriques.

3° Les lymphatiques des vésicules séminales. — Ils sont très-nombreux , suivent l’artère vésico-prostatique , et se rendent également aux ganglions hypogastriques.

4° Les lymphatiques du col de Vutèrus et de la partie postérieure du va gin . — Autour du museau de tanche existe un plexus lymphatique très-lin , dont les vaisseaux ainsi que ceux qui partent de toute l’étendue du col utérin se rendent aux ganglions hypogastriques. Il en est de même de ceux de la partie postérieure du vagin , qui accompagnent l’artère vaginale.

5° Les lymphatiques fessiers et ischiatiques . — Ils suivent les artères correspondantes, sont assez peu nombreux et rencontrent quelquefois sur leur trajet de petits ganglions, qu’ils traversent avant de pénétrer dans le bassin par la grande échancrure sciatique. Ils aboutissent aux ganglions hypogastriques.

6° Les lymphatiques obturateurs. — Encore moins nombreux que les précédents, ces vaisseaux suivent l’artère obturatrice, pénètrent dans le bassin par le canal sous-pubien et vont aux ganglions hypogastriques.

Les efférents des deux groupes de ganglions pelviens se portent en haut et vont tous aboutir aux ganglions lombaires , en formant autour des artères hypogastrique et iliaque primitive un plexus , plexus iliaque interne , remarquable par la multiplicité et la grosseur relative des vaisseaux qui le forment.

§ VIII. — Ganglions inguinaux , et lymphatiques qui s’y rendent.

A la racine du membre inférieur se trouve un groupe important de ganglions lymphatiques. On le divise en trois groupes secondaires, ganglions iliaques externes , ganglions inguinaux superficiels et ganglions inguinaux profonds (Fig. 160, 1).

Les ganglions iliaques externes sont peu nombreux, mais assez volumineux , ils entourent les vaisseaux sanguins de ce nom; le plus inférieur d’entre eux s’applique sur l’ouverture interne du canal crural , qu’il contribue à fermer.

Les ganglions inguinaux superficiels sont situés au niveau de l’embouchure tle la veine saphène interne au-dessus du fascia crebriformis.

Les ganglions inguinaux profonds sont sous-aponévrotiques et situés en dedans de la veine fémorale, dont les sépare une lame celluleuse.

A ce groupe de ganglions viennent aboutir les lymphatiques de la moitié sous-ombilicale des parois de l’abdomen , des téguments des fesses et du périnée, des organes génitaux externes et du membre inférieur.

DES LYMPHATIQUES EN PARTICULIER. 515

■1° Lymphatiques de lu moitié sous-ombilicale des pavois de l’abdomen. On les divise en superficiels et en profonds.

Le?> pi emieis sont antérieurs et postérieurs. Les antérieurs descendent verticalement au-dessous des téguments et aboutissent aux ganglions inguinaux superficiels les plus élevés. Les postérieurs partent des téguments de l'a région lombaire, communiquent avec ceux du côté opposé, avec ceux du dos et ceux de^ fesses, contournent la paroi abdominale et aboutissent aux mêmes ganglions que les précédents.

Les lymphatiques protonds de cette région suivent les uns l’artère épigastrique, les autres 1 artère circonflexe iliaque et arrivent aux ganglions iliaques externes.

Lymphatiques des téguments des fesses et du périnée. — Les vaisseaux lymphatiques des tesses parcourent un trajet différent, suivant qu’ils partent des téguments de la région externe ou de la région interne des fesses.

Les premiers se portent en dehors et en avant, contournent la hanche et vont aux ganglions inguinaux superficiels les plus externes. Les seconds se diligent en dedans et en avant, se réunissent à ceux du pourtour de l’anus et du péiinée et arrivent aux ganglions inguinaux superficiels les . plus internes.

Lymphatiques des organes génitaux chez Vhomme. — On les divise en lymphatiques du pénis et lymphatiques du scrotum.

Le pénis donne naissance à des vaisseaux lymphatiques : par son enveloppe tégumentaire , par le gland et par l’urèthre.

Les lymphatiques qui naissent de l’enveloppe tégumentaire sont surtout nombreux sur le prépuce. Ils forment à sa surface interne et externe un plexus remarquable, qui se continue par un tronc entourant la couronne du gland ; de ce tronc partent des rameaux qui cheminent sur le dos de la verge , reçoivent des branches émanées de l’enveloppe cutanée de l’organe, et arrivent au niveau du ligament suspenseur où ils se divisent pour se jeter à droite et à gauche dans les ganglions inguinaux profonds.

Les lymphatiques de l’urèthre cheminent dans le tissu sous-muqueux de ce canal en formant un plexus à mailles allongées et à branches variqueuses; ils uennent, au niveau du méat urinaire, communiquer avec les lymphatiques du gland. Ces derniers naissent d’un plexus très-remarquable, qui entoure cet appendice érectile , forment alors plusieurs troncs, auxquels se joignent les lymphatiques uréthraux, et cheminent sur les côtés du frein. Arrivés à la

couronne du gland, ils la contournent et se réunissent aux lymphatiques du prépuce.

L< sciotum est peut-être la partie de l’enveloppe cutanée qui émet le plus de lymphatiques. Ils forment un plexus très-serré, duquel partent des troncs assez nombreux, qui suivent les vaisseaux sanguins honteux externes et aboutissent aux ganglions inguinaux.

Chez la femme les lymphatiques qui naissent de la face interne des grandes evres, des petites lèvres, du pourtour de l’ouverture vaginale , de la moitié anterieure du vagin , du vestibule, du clitoris, de l’urèthre et du méat, forment un p cxns tiès-sené, duquel partent des troncs qui vont aux ganglions inguinaux en accompagnant les vaisseaux sanguins honteux externes.

1VNGÉI0L0Ü1E.

51 fi

Fig. ICO.

Lymphatiques superficiels du membre inférieur (d’après Mascagni) (*).

Page 1