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muqueuses les réseaux sont très-serrés, tandis que les mailles en sont plus larges sur d’autres. Nous avons déjà dit plus haut que dans les villosités intestinales et dans les papilles linguales l’on trouve des culs-de-sac et non des réseaux; mais ces culs-de-sac vont s’ouvrir dans le réseau sous-muqueux par leur extrémité. Les plus beaux réseaux que l’on trouve sur les muqueuses sont ceux du pourtour des orifices naturels, des muqueuses stomachales , intestinales, buccales, de celles de la trachée , de l’urèthre, de la surface du gland, du vagin. L’on a soutenu que les lymphatiques font défaut sur la muqueuse oculaire; leur existence est aujourd’hui parfaitement démontrée.

Les séreuses sont très-riches en réseaux lymphatiques; mais de même que la peau et les muqueuses, il en est sur lesquelles ces capillaires sont très-ténus et très-rares, tandis qu’ils abondent en d’autres points, sans que l’on ait pu jusqu’à présent donner une raison plausible pour expliquer ces différences.

Tout récemment, un travail très-remarquable de Recklinghausen a appelé l'attention des observateurs sur les lymphatiques des séreuses et en particulier sur ceux de la partie du péritoine qui tapisse la face inférieure du diaphragme ; nous reviendrons sur ce sujet en nous occupant de l’origine des capillaires lymphatiques.

Les fibreuses fournissent également quelques troncules lymphatiques, sans que cependant on ait pu y découvrir des réseaux.

Les lymphatiques des os sont encore très-problématiques , malgré les deux faits isolés et incomplets cités par Sappey et par Gros.

Les lymphatiques des muscles sont tout aussi peu démontrés.

Les centres nerveux ne paraissent pas non plus fournir des vaisseaux lymphatiques. Tous ceux qui ont été décrits jusqu’à présent nous semblent plutôt provenir des méninges que de l’encéphale; il est impossible de se prononcer encore dans l’état actuel de la science , et de nouvelles recherches sont nécessaires.

Les vaisseaux ne donnent naissance à aucun lymphatique ; mais dans certains organes, dans le cerveau (Ch. Robin), dans la rate (Tomsa), les capillaires sont entourés d’une espèce de canal adventice, dans l’intérieur duquel se trouve un liquide analogue à la lymphe. Les capillaires sanguins sont par rapport à cette gaine lymphatique comme l’artère carotide interne par rapport au sinus caverneux.

Les glandes fournissent de très-nombreux lymphatiques, qui forment à l’entour de leurs lobules des réseaux remarquables; ces réseaux émettent des branches, dont les uns gagnent la périphérie de la glande, tandis que les autres suivent les canaux excréteurs.

Les glandes vasculaires sanguines donnent également de nombreux lymphatiques , disposés sur deux plans dans quelques-unes , et ne formant que des vaisseaux profonds dans d’autres.

De même ([lie les veines , les troncs lymphatiques sont disposés dans le corps en deux séries : les uns cheminent dans le tissu cellulo-graisseux sous-cutané et accompagnent les veines superficielles , les autres sont sous-aponévrotiques et suivent le trajet des vaisseaux sanguins. Les lymphatiques profonds sont en général accolés aux artères et aux veines, mais ils restent plus externes que celles-ci.

Les vaisseaux lymphatiques sont rarement sinueux ; presque toujours ils marchent en direction rectiligne et restent assez sensiblement parallèles les uns aux autres. Nous avons insisté plus haut sur la convergence des lymphatiques du corps en deux troncs principaux d’un calibre assez étroit, et nous avons ajouté quelques considérations physiologiques qui découlent de cette disposition. Cette tendance à la convergence n’est exacte que pour la terminaison de ces vaisseaux dans le canal thoracique et la veine lymphatique droite ; elle est beaucoup moins sensible pour les vaisseaux piis isolément, surtout avant leur ouverture dans les ganglions. En un mot, les lymphatiques superficiels du membre inférieur, par exemple, ne se réunissent pas comme les veines en deux vaisseaux uniques, mais forment au contraire une trentaine de

DES LYMPHATIQUES EN GENERAL

petits troncs qui s'ouvrent isolément dans les ganglions inguinaux. Les anastomoses sont donc beaucoup moins fréquentes dans le système lymphatique que dans les vaisseaux sanguins. On n’y trouve guère que des anastomoses par bifurcation , formées par une branche unique , qui se divise en deux rameaux allant s’ouvrir dans deux vaisseaux voisins. On voit encore assez fréquemment un tronc se diviser en deux branches, qui se reconstituent un peu plus loin. Il est inutile de faire remarquer que ce que nous disons ici ne se rapporte qu’aux vaisseaux lymphatiques proprement dits et non à leurs capillaires, qui, dans les réseaux, s’anastomosent de mille et mille manières.

L’accroissement de calibre des vaisseaux lymphatiques né se fait pas graduellement, mais par segments successifs correspondant à l’intervalle de deux valvules, ce qui leur donne un aspect noueux; cette augmentation de volume n’est du reste jamais portée très-loin , et dans l’état physiologique le calibre reste stationnaire dès qu’il a atteint 0m,001 à 0m,002.

On a cherché souvent, mais infructueusement, des communications entre le système lymphatique et le système veineux en d’autres points qu’à l’embouchure du canal thoracique et de la veine lymphatique droite. Malgré toutes les autorités que l’on a prétendu invoquer à l’appui de ces recherches , nous devons considérer aujourd'hui ces communications comme illusoires.

Les vaisseaux lymphatiques présentent dans leur intérieur, de distance en distance et à des intervalles pouvant varier de 0m,002 à 0:n,01 5 , des replis ou valvules. Ces valvules sont habituellement disposées par paires et se correspondent d’une paire à l’autre , de façon à former dans toute la longueur du vaisseau deux séries parallèles; elles ont la forme d’un croissant, dont le bord libre, mince, tranchant, concave, est dirigé du côté du coeur; leur bord adhérent, plus épais, correspond à l’étranglement extérieur du vaisseau. On en a trouvé qui ne présentaient pas cette forme typique et qui étaient constituées par une sorte de diaphragme simple , percé d’un orifice central ; ce n’est là qu’une disposition exceptionnelle , car l’accolement des valvules se fait en général de façon à empêcher tout, à fait le reflux de la lymphe. A l’abouchement du canal thoracique dans la sous-clavière, on rencontre presque toujours une paire de valvules s’opposant à l’entrée du sang dans le canal; cependant quelques auteurs n’en admettent qu’une , et Sappey, sur trois cas, l’a trouvée remplacée par de simples filaments tout à tait insuffisants pour empêcher le reflux du sang.

Fig. 156.

Valvules des vaisseaux lymphatiques.

Structure des vaisseaux lymphatiques et de leurs capillaires.

La structure des vaisseaux lymphatiques se rapproche beaucoup de celle des veines et, sauf le canal thoracique , ils présentent tous à peu près les mêmes éléments constitutifs, abstraction faite de la minceur de leurs tuniques. Ils sont, constitués par : 1° une tunique interne composée d’une couche simple de cellules épithéliales fusiformes , identiques à celles des vaisseaux sanguins, et doublée à sa surface externe dune membrane réticulée simple, à fibres longitudinales , qui n’existe peut-être pas sur tous les vaisseaux lymphatiques; 2° une tunique moyenne de fibres musculaires lisses, transversales, mélangée de quelques fibres élastiques fines; 3° une tunique externe ou adventice, foi niée par du tissu connectif à fibres longitudinales et par des réseaux épars de fibres élastiques fines; elle présente, en outre, assez

ANGÉIOLOGIE.

souvent des fibres musculaires lisses obliques ou longitudinales, dont la présence, d’après Kœlliker, peut servir à les distinguer des petites veines. Le canal thoracique a , de plus , quelques couches supplémentaires de lames striées , qui le rapprochent de la structure des veines de moyenne grosseur.

Quant aux capillaires lymphatiques, nous avons vu plus haut que leur calibre ne peut servir utilement à les distinguer des vaisseaux lymphatiques proprement dits ; le meilleur moyen pour les en différencier serait , d’après Teichmann , l’absence des valvules. Leur structure est encore aujourd’hui un sujet de controverse entre les micrographes; les uns, en effet, leur accordent une paroi propre , soudée en certains points au tissu ambiant et. tapissée ou non d’un épithélium. Recklinghausen n’a jamais pu leur trouver de paroi propre, mais croit y avoir toujours vu un épithélium analogue à celui des troncs. Une école opposée ne leur accorde pas de paroi et pense qu’ils sont uniquement formés par de simples trajets creusés dans les tissus. Il en est de même des culs-de-sac lymphatiques des villosités intestinales, sur la structure desquels il est encore aujourd’hui fort difficile de se prononcer.

Origine des radicules lymphatiques.

Les réseaux et les culs-de-sac sont-ils les origines réelles des lymphatiques ? ou ne sont-ils que les aboutissants de radicules multipliées plongeant plus profondément dans l’intimité des tissus ? Telle est la question qui occupe aujourd’hui toute l’école micrographique moderne. Pour Küss, de Strasbourg, ce sont les épithéliums qui donnent naissance aux lymphatiques. Pour l’école de Berlin et pour la plupart des histologistes allemands, ce n’est que dans les tissus connectifs qu’il faut chercher ces origines. Il a été dit plus haut (p. 14) que le tissu connectif contient dans son intérieur des petites fentes , des lacunes ou des espaces de grandeur variable creusés dans l’intimité du tissu. Ce serait là l’origine des radicules lymphatiques, et ce qui surtout milite en faveur de cette manière de voir, c’est que dans ces lacunes se trouvent des noyaux identiques aux globules de la lymphe. Ces lacunes sont d’après d’autres , Virchow en particulier, de véritables cellules plasmatiques , dont les canalieules ramifiées, anastomosés les uns avec les autres, viennent aboutir au capillaire lymphatique. Une objection sérieuse a été faite tout récemment à cette manière de voir par Dœnitz. Ce micrographe soutient, en effet, que l’origine des culsde-sac lymphatiques des villosités ne saurait se trouver dans le réseau plasmatique ; car ce réseau n’existe nulle part, d’après lui, dans la villosité.

Recklinghausen fit, en 1862, des études remarquables sur l’absorption de la graisse et se servit du péritoine diaphragmatique du lapin. Il arriva à la conclusion suivante . « Les vaisseaux lymphatiques superficiels de la face péritonéale du centre «phrénique communiquent avec la cavité abdominale par des ouvertures ayant envi- «ron deux fois le diamètre des globules rouges du sang. Ces ouvertures sont dispo- «sées entre les .cellules épithéliales dans les points où plusieurs d’entre elles sont «contiguës.» Si ces faits se fussent vérifiés, si le jeune professeur de Würzbourg lui-même eût pu démontrer ces stomates en d’autres points, sur d’autres séreuses par exemple , nul doute que l’on n’eût été obligé de revenir à la théorie des bouches absorbantes que l’on croyait à jamais oubliée. Le travail de Recklinghausen est cependant si bien fait, la valeur scientifique de son auteur est si connue en Allemagne , qu’il ne nous semble pas possible de nier l’exactitude de ses observations. 11 est donc nécessaire de réserver complètement son opinion jusqu’à ce que de nouveaux et de nombreux faits soient venus confirmer on improuver les opinions de Reckling-

DES LYMPHATIQUES EN GÉNÉRAL

Des ganglions lymphatiques.

Les ganglions lymphatiques, qui seraient mieux appelés glandes lymphatiques, sont des petits organes situés sur le trajet des vaisseaux lymphatiques. Leur nombre, qu’on a évalué à G ou 700 , varie en réalité dans de telles limites que ces chiffres ont à peine la valeur d’une approximation. Quelquefois isolés , plus souvent réunis par groupes, les ganglions sont situés dans les régions riches en tissu cellulaire (aine, aisselle etc.). Ils sont tantôt sous-cutanés, tantôt sous-aponévro tiques, occupent en général dans les membres le côté de la flexion, et sont groupés dans les grandes cavités viscérales autour des troncs vasculaires pariétaux ou viscéraux. Leur forme est ovoïde, aplatie, arrondie etc., suivant la situation qu’ils occupent et les conditions de pression auxquelles ils sont soumis ; leur volume peut varier depuis la grosseur d’une tête d’épingle jusqu’à celle d’un haricot, et diminuer depuis l’enfance jusqu’à la vieillesse, sans arriver jamais à une atrophie complète.

Ils ont une consistance assez ferme , une couleur rougeâtre , modifiée du reste dans les diverses régions : rose vif dans les ganglions sous-cutanés , brune dans ceux de la rate, rose pâle dans les ganglions mésentériques, sauf au moment de la digestion , où elles sont blanchâtres , enfin blanche ou noire dans les ganglions bronchiques.

Les ganglions ne sont pas formés par les lymphatiques enroulés et entortillés sur eux-mêmes ; leur structure complexe n’a été élucidée que depuis 1850. Il est utile de faire observer que cependant quelques-uns d’entre eux paraissent n’être que des pelotons de vaisseaux. Gerber a décrit cette variété de ganglions sous le nom de fausses glandes ; il en existerait, d’après lui, surtout à la périphérie et, d’après Teichmann, dans la cavité pectorale et abdominale.

Outre une enveloppe tout à fait extérieure de tissu connectif, chaque ganglion présente à la coupe deux substances : l’une corticale molle rougeâtre ou jaune grisâtre , d’un aspect granuleux , dû à de fines granulations grises contenues dans des espèces de loges ou alvéoles ; l’autre médullaire gris rougeâtre, spongieuse, sans structure alvéolaire. Si ces deux

G arujlion l yrnpli ali q ne.

substances varient d’aspect, leur constitution histologique est cependant la même , seulement leurs éléments sont disposés d’une autre manière.

Sans entrer ici dans des détails que ne comporte pas un traité élémentaire, nous allons résumer aussi brièvement que possible l’état actuel de nos connaissances sur la structure des ganglions.

Tout ganglion se compose d’une charpente de tissu connectif, dans laquelle se trouvent, ainsi que l’a démontré O. Hcyfelder, des fibres musculaires lisses. Cette charpente prend ses points d’appui sur l’enveloppe extérieure et se présente sous deux formes distinctes dans les deux substances corticale et médullaire du ganglion. Dans la première, elle forme des loges, des vacuoles, alvéoles, communiquant les unes avec les autres; dans la seconde, au contraire, les alvéoles se sont allongées, étirées, et ont pris la forme de petits tubes qui communiquent avec les alvéoles et entre eux. Dans chaque alvéole se trouve un parenchyme constitué par des globules analogues à ceux de la lymphe et un entre-crojsement de trabécules extrêmement fines, appartenant à cette forme de tissu connectif que l’on a désignée sous le nom de tissu réticulaire ou adénoïde. Le réticulum formé par ces trabécules constitue à la péri-

ANGÉIOLOGÏE.

phérie de chaque alvéole, des petites loges plus grandes appelées sinus lymphatiques , et au centre, des mailles beaucoup plus petites remplies comme celles de la périphérie de globules lymphatiques et désignées sous le nom de pulpe centrale. Chaque petit tube de la substance médullaire du ganglion, appelé cordon médullaire , présente également, malgré son étroitesse, des sinus lymphatiques périphériques et une pulpe centrale. Comme nous avons dit plus haut que les alvéoles et les tubes formés par la charpente connective communiquent ensemble , il est aisé de comprendre que les sinus lymphatiques des alvéoles et des cordons médullaires communiquent également et qu’il en est de môme pour la pulpe centrale.

Ce qui, outre la disposition histologique des parties, différencie le plus la pulpe centrale des sinus lymphatiques, c’est que c’est à la première que se rendent uniquement les artérioles qui aboutissent au ganglion, et que c’est dans les seconds que viennent se terminer les lymphatiques afférents , comme c’est d’eux que partent les efférents.

On a décrit également des nerfs qui aboutissent, aux ganglions lymphatiques; ils proviennent du grand sympathique.

Les follicules clos de l’intestin paraissent n’être que des ganglions lymphatiques rudimentaires , en ce sens que chaque follicule est analogue à une alvéole isolée des ganglions. Les plaques de Peyer sont considérées comme des ganglions étalés en surface.

Avant de terminer, nous devons dire cependant que, d’après Teichmann, la description que nous venons de donner ne s’applique qu’aux ganglions les plus compliqués ; il existe, d’après lui, chez l’homme et chez les animaux, une transition régulière entre les fausses glandes de Gerber , qui ne sont que des enroulements de lymphatiques, et les ganglions tels que nous venons de les décrire; ceux du jarret et de l’épitrochlée sont, dit-il, des intermédiaires entre ces deux extrêmes.

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