I. SURFACE EXTÉRIEURE
La surface extérieure de la moelle présente des sillons longitudinaux , deux médians et deux latéraux.
Le sillon médian antérieur, caché dans l’état normal par la pie-mère, s’étend depuis l’entre-croisement des pyramides jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle. Il est assez peu profond, n’atteint guère que le tiers du diamètre de l’organe et est tapissé par la pie-mère. En écartant légèrement ses deux lèvres, on voit dans sa profondeur une lame blanche qui passe d’une moitié de la moelle à l’autre en les unissant. Cette lame blanche est tapissée également par la pie-mère et prend le nom de commissure blanche ou antérieure.
Le sillon médian postérieur , moins large, mais plus profond que le précédent, s’étend depuis le bec du calamus scriptorius jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle (Fig. 163,9). Il est occupé par une lame de la pie-mère et présente dans sa profondeur une commissure analogue à la précédente , mais d’une couleur grisâtre : c’est la commissure postérieure ou grise.
Ces deux sillons séparent donc la moelle en deux parties égales et symétriques, réunies par deux commissures.
Les deux sillons latéraux sont représentés par les lignes d’insertion des racines antérieures et postérieures des nerfs rachidiens. Le sillon collatéral antérieur n’existe réellement pas, tandis que le postérieur est très-manifeste après l’arrachement des racines correspondantes et est représenté alors par une série de petits enfoncements disposés en ligne régulière.
A la partie cervicale de la moelle se trouve un nouveau sillon très-rapproché du sillon médian postérieur : c’est le sillon postérieur intermédiaire; il naît sur les côtés du calamus scriptorius et se perd au niveau des premières vertèbres dorsales (Fig. 163).
En faisant abstraction de ce dernier sillon, nous voyons donc que chaque moitié de la moelle est séparée en trois cordons distincts: l’un, antérieur, compris entre le sillon antérieur et la ligne d’insertion des racines antérieures; le second, latéral , compris entre cette ligne et le sillon collatéral postérieur, et entin le troisième , postérieur , limité en dehors par ce dernier et en dedans par le sillon médian postérieur.
Quant au sillon postérieur intermédiaire, il limite un petit cordon, spécial à la région cervicale, qui se trouve entre le cordon postérieur et le sillon médian. Ce cordon se relie en haut aux tubercules mamelonnés, qui ont pris le nom de pyramides postérieures (Fig. 163, 2), et se perd en bas dans les cordons postérieurs.
La moelle épinière sectionnée transversalement présente, à la vue, une substance blanche périphérique , entourée de toute part par la pie-mère, et une partie grise, centrale. Cette dôrnière, dont la forme varie un peu suivant les points où on l’étudie, offre toujours une partie transversale qui correspond
DES CENTRES NERVEUX
aux commissures de la moelle et deux parties latérales situées dans les deux moitiés de l’organe. Ces parties latérales , beaucoup plus développées que la partie transversale, commissurale, ont chacune deux prolongements : l’un antérieur, moins allongé, mais plus large et plus épais, cornes antérieures ; l’autre postérieur, plus effilé et plus allongé, cornes postérieures. Au centre de l’organe , au milieu par conséquent de la partie transversale delà substance grise, se trouve une ouverture arrondie, trèspetite, microscopique : c’est le canal central de la moelle, nié encore par Sappey en 1855 , mais démontré aujourd’hui d’une manière irréfutable. Ce canal est tapissé par l’épendyme.