II. STRUCTURE DE LA MOELLE
La moelle a été considérée pendant longtemps comme n’étant formée que par des éléments nerveux, cellules et fibres. Ce n’est que dans ce dernier temps , à la suite des travaux de Virchow sur l’épendyme du canal central , que les micrographes de l’école de Dorpat, et Bidder à leur tête (1853 à 1857), démontrèrent l’existence du tissu connectif dans ce centre. Ils décrivirent les fibres et les cellules plasmatiques qui caractérisent ce tissu; mais, entraînés par l’enthousiasme de leur découverte, ils allèrent trop loin et soulevèrent contre eux une réaction assez vive. Sans entrer dans des détails que ne comporte pas un traité élémentaire , nous allons résumer en peu de mots l’étude de cette' question si importante.
De l’enveloppe de la moelle, pie-mère, partent des prolongements extrêmement lins , qui pénètrent dans l’interieur de ce centre et qui, en se réunissant soit aux membranes connectives des vaisseaux, soit au tissu connectit qui sert de hase à l’épithélium épendymaire , forment un réseau d’une finesse variable suivant les points et destiné à isoler les éléments nerveux. Ce tissu la charpente de la moelle (*)
iliaire.
supérieur. — 6) ü) Sillon
tation constitue le sillon
Fig. 163 — Moelle épinière [vue par sa face postérieure , depuis le bulbe jusqu'il la troisième paire dorsale) (*).
qui forme et qui porte le
Quatrième ventricule. 2) Pyramides postérieures, limitées en dehors par le sillon postérieur internié— •j) I édoncule cérébelleux inférieur. — 4) Pédoncule cérébelleux moyen — b) Pédoncule cérébelleux Ti one du nerf spinal. — 7) Ses racines d’origine médullaire. — 8) Nerf pneumo-gastrique. —
01 lia
collatéral postérieur.
— racin
médian postéiieur fie la moelle. — 10) Racines postérieures des nerfs rachidiens, dont la ligne d’implan -
NÉVROLOGIK.
nom de névroglie , est comparé par Bidder à une éponge dans les cavités de laquelle se trouveraient les cellules et les fibres nerveuses. La névroglie n’est pas répandue d’une manière uniforme dans toute l’épaisseur de la moelle; la substance blanche en contient, la substance grise également; mais dans cette dernière, les cornes postérieures en renferment beaucoup plus que les cornes antérieures. C’est à la difficulté de distinguer les cellules plasmatiques et leurs prolongements d’avec
Fig. 161. — Coupe horizontale de la moelle épinière {réduction de la grande planche
de Stilling (*).
les petites cellules nerveuses des cornes postérieures, munies également de prolongements , que nous devons attribuer le motif pour lequel on n’est pas encore bien fixé sur ce qu’il faut considérer comme éléments nerveux dans cette partie de la substance grise. Bidder et ses élèves avaient rattaché au tissu connectif toutes les cellules de la substance gélatineuse de ilolando et celles des cornes postérieures. Frommann vient de reprendre cette étude en 18G4, et tout en s’éloignant des idées de Stilling, qui considère encore comme éléments nerveux toutes les cellules qui appartiennent manifestement à la névroglie , il s’écarte aussi des opinions trop absolues de Bidder. Il décrit les éléments connectifs de la moelle, comme appartenant à une variété particulière du tissu connectif, le tissu adénoïde ou réticulaire.
(*) I) Cornes postérieures avec leurs cellules. — i) Cornes antérieures et leurs deux groupes cellulaires antérieur et latéral. — 3) Sillon antérieur. — 4) Sillon postérieur. — 5) Canal central de la moelle entouré par les commissures. — 6j Racines postérieures. — * 7) Racines antérieures.
DES CENTRES NERVEUX
Quoi qu’il en soit, la névroglie est beaucoup plus épaisse vers la face interne des cordons postérieurs, au niveau du sillon médian postérieur; elle forme là une espèce de masse triangulaire, à base périphérique, remarquable par la finesse des éléments qui la traversent, cordon cunéiforme cle Goll. La commissure grise paraît être formée presque exclusivement de névroglie. La commissure antérieure , au contraire se compose de deux parties : l’une, superficielle, appartient à la névroglie et à l’enveloppe de la moelle; l’autre, profonde, n’est formée que de fibres nerveuses. Pour Rœliiker, Tunke etc., les cornes antérieures contiennent moitié de névroo-lie un quart de fibres nerveuses et un quart de cellules nerveuses; les cornes postérieures
au conti an e, renferment beaucoup plus de névroglie, surtout dans la substance gélatineuse de Rolando.
La substance blanche de la moelle est formée uniquement de fibres nerveuses et de névroglie. Ces fibres sont dépourvues de myéline (moelle nerveuse) et sont réduites aux cylindres de l’axe.
La substance grise présente, outre des fibres analogues , un grand nombre de cellules nerveuses, variables de dimensions , suivant le lieu où on les examine. Elles sont grosses dans les cornes antérieures, beaucoup plus petites au contraire dans les cornes postérieures, et de plus, ainsi que l’a démontré Gratiolet, le volume des cellules des cornes antérieures est en rapport avec le volume des nerfs qui en partent ce qui fait qu’elles sont plus volumineuses dans les renflements lombaire et cervical 0). Toutes ces cellules émettent des prolongements de nombre variable chez homme de quatre à dix. Ces prolongements se subdivisent eux-mêmes et’n’ont jamais d extrémité libre; ils se continuent toujours soit avec les racines des nerfs soit avec les cordons de la moelle , soit en s’anastomosant avec d’autres cellules plus
Les cellules nerveuses de la moelle ne sont pas disséminées dans la substance grise ; elles y sont disposées par agrégats, par petites masses, formant ce que Stilhng a appelé les noyaux des nerfs. Ces noyaux, à leur tour, sont tous disposés en colonnes verticales d’épaisseur variable. Ces colonnes sont au nombre de deux dans les cornes antérieures : l’une en avant et en dedans, l’autre un peu plus en arrière et en dehors. Ce sont les colonnes cellulaires , antérieure et latérale. Dans les cornes postérieures, ce groupement est plus compliqué. Il existe d’abord un amas de cellules au niveau du point où la commissure grise rejoint les cornes postérieures c est la colonne vésiculeuse postérieure de Clarke , noyau dorsal de Stilling. Ces deux auteurs n’avaient constaté son existence qu’à la région dorsale ; c’est Schrœder van der Kolk qui démontra qu’elle se trouve dans toute l’étendue de la moelle, quoiqu elle y soit moins développée qu’entre les deux renflements. Plus en dehors et toujours dans la corne postérieure on voit un nouvel amas de cellules, dont le groupement est assez mal défini; il se prolonge jusqu’auprès de la substance gélatineuse et forme ainsi, dans toute la longueur de la moelle, une quatrième colonne celluiane, colonne cellulaire postérieure.
Les colonnes postérieures sont entourées au niveau de leur extrémité d’une substance particulière, jaunâtre, molle, substance gélatineuse de Rolando , qui, comme e ci it Luys, tonne une espèce de V à sinus dirigé en dedans et en avant , dans l’interieur duquel est comprise l’extrémité de la corne postérieure. Outre une grande
S a 'ou^u établir une liaison entre les dimensions des cellules nerveuses et leur rôle sp~qn6 apS>"er 3UX ^US £rosses un rôle de motricité, et aux plus petites un rôle de ih . 1 J1 1 G‘ anS c a ac*'uei de la science, il ne saurait être attaché aucune valeur à cette hypoc.c, car non que, en général, dans les cornes postérieures les cellules soient d’un petit urne, 1 e*-t un certain nombre de ces éléments qui atteignent les dimensions de celles des
c tr d ém o ntré^! ^ 'U3nt aUX céllllles sympathiques de Jacubovitsch , elles n’ont jamais pu
NÉVROLOGIE.
quantité de névroglie, on y trouve des cellules que Frommann rattache aux cellules nerveuses, au moins dans le renflement lombaire , dit-il. Luys admet que ces cellules sont dans toute l’étendue de l’axe spinal des éléments nerveux formant ainsi une nouvelle colonne vésiculeuse.
Des parties latérales de la substance grise partent des fibres qui ont aboutir dans la substance blanche ; ce sont les fibres irradiées de Stilling , que Schrœder van der Kolk décrit sous le nom de fibres marginales et auxquelles il assigne un trajet ultérieur fort compliqué.