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Canal de Havers e cellules osseuses

2° Moelle osseuse. — La moelle osseuse qui remplit le canal et les cavités médullaires et les plus volumineux des canaux de Havers , est une substance molle , pulpeuse , vasculaire , qui se présente sous deux aspects différents : moelle jaune et moelle rouge ou fœtale.

La moelle jaune est une masse semi-liquide, jaunâtre, existant surtout dans les os longs et contenant 96 pour 100 de graisse, qui lui donne sa couleur. La moelle fœtale est rougeâtre ou rosée et se rencontre surtout dans les os courts, les épiphyses et principalement le corps des vertèbres , les os de la base du crâne etc. Elle ne contient que des traces de graisse.

La moelle se compose de tissu connectif supportant, des vaisseaux et des nerfs , de graisse , de cellules particulières , cellules médullaires et d’une petite quantité de liquide. Le tissu connectif est très-fin et n’existe guère que dans le canal médullaire ; il forme là une trame délicate servant de soutien aux vaisseaux et aux nerfs ainsi qu’aux autres éléments de la moelle; il ne peut être isolé à l’état de membrane continue, même sur la paroi interne du canal médullaire, où on a décrit à tort une membrane médullaire ou périoste interne. La graisse, très-rare dans la moelle rouge, se trouve tantôt à l’état libre sous forme de gouttelettes, tantôt dans des éléments cellulaires à l’état de vésicule adipeuse. Les cellules médullaires, médulocelles (medullci , moelle; cella, cellule), très-rares dans la moelle jaune, sont de petites cellules à noyau arrondies; on trouve en outre dans la moelle des cellules irrégulières, volumineuses, remplies de noyaux, myélojolaxes (uusXoç , moelle; TrXài;, lamelle).

3° Cartilage articulaire. — Il sera décrit à propos des articulations.

4° Périoste. — Le périoste estime membrane fibreuse et vasculaire , blanc jaunâtre ou blanc brillant, enveloppant l’os de tous côtés, sauf aux endroits revêtus de cartilage articulaire et dans quelques points où les tendons s’insèrent directement sur les saillies osseuses. Son épaisseur est proportionnelle en général au volume de l’os qu’il recouvre ; cependant cette loi souffre de nombreuses exceptions. Dans les points où il est en rapport avec la peau ou avec des parties fibreuses, aponévroses, tendons.

{*) a) Canal de Havers.

DES OS EN GÉNÉRAL

ligaments, il est épais et opaque; il est mince et transparent, au contraire, clans les régions où les libres musculaires s’insèrent directement sur lui.

Son union avec l’os sous-jacent se fait par des prolongements vasculaires allant de ses vaisseaux dans les canaux de Havers , et son adhérence à l’os est en rapport avec le nombre et le degré de ténuité et de délicatesse de ces tractus vasculaires. En général, plus il est mince , moins il est adhérent, tandis qu’un périoste épais adhère fortement à l’os et se laisse difficilement décoller.

L’union du périoste avec les parties molles qui le recouvrent est aussi plus ou moins intime; cette adhérence est très-forte dans les points où il est en contact avec une muqueuse , comme à la voûte palatine ; dans ces cas , la couche externe du périoste se soude au tissu connectif de la muqueuse, et les deux membranes deviennent inséparables et n’en forment plus qu’une, dite fibro-muqueuse.

Le périoste se compose de trois couches , une externe connective , une moyenne élastique , une interne cellulaire : 1 0 La couche externe est formée de tissu connectif ordinaire , mélangé de cellules adipeuses ; c’est dans cette couche que se ramifient les vaisseaux excessivement nombreux et les nerfs très-fins de cette membrane; 2° la couche moyenne est formée par des fibres élastiques, fines, disposées en réseaux; cette couche , ainsi que la suivante , est traversée par les vaisseaux allant de la couche externe dans les canaux de Havers; 3° la couche interne (blastème souspériostique) , très-mince, en partie confondue avec la précédente et réduite à son minimum chez l’adulte, est très-riche en cellules plasmatiques et joue un rôle trèsimportant dans l’accroissement de l’os.

5° Vaisseaux des os. — Les os sont des organes très-vasculaires, comme le prouvent les injections , et cette vascularité existe non-seulement pour le périoste et la moelle, mais encore pour le tissu compacte. Pour les os longs, ces vaisseaux viennent de trois sources; pour la moelle du canal médullaire, de l’artère principale qui passe par le canal nourricier de l’os; pour le tissu spongieux des épiphyses, des artérioles de second ordre pénétrant par les orifices nombreux qu’elles présentent ; pour le tissu compacte de la diaphyse , des artérioles et des capillaires provenant du périoste et pénétrant directement dans les canaux de Havers. Il résulte des anastomoses de tous ces vaisseaux de source différente un réseau capillaire très-fin et très-serré , occupant toute l’étendue de l’os. De ce réseau partent des veines, dont les unes accompagnent les artères, dont les autres s’ouvrent isolément, soit sur l’épiphyse, soit sur le tissu compacte de la diaphyse en présentant quelquefois de petites dilatations ampullaires.

Dans les os courts, la distribution vasculaire est à peu près la même que dans les épiphyses des os longs ; dans quelques-uns de ces os , les veines sont très-volumineuses (veines des corps des vertèbres). Parmi les os plats, les os du crâne présentent seuls une disposition spéciale due au calibre très-fort de leurs veines , qui cheminent longtemps dans des canaux indépendants (canaux de Breschet), situés entre les deux lames de l’os avant de s’ouvrir à sa surface.

L’existence des lymphatiques dans les os n’est pas encore démontrée.

0o Nerfs des os. — Les nerfs des os accompagnent en général les artères et. se distribuent presque tous à la moelle. On en a trouvé dans tous les os, sauf les os sésamoïdes et les osselets de l’oreille; certains os (vertèbres) sont beaucoup plus riches en nerfs que d’autres. Dans les os longs, les nerfs peuvent se diviser en diaphysaires et épiphysaires. Tous ces nerfs, du reste, peuvent provenir aussi bien des nerfs encéphalo-rachidiens que du grand sympathique.

Différences de sexe. — Les os de la femme sont plus grêles, plus délicats, moins pesants, moins massifs; leurs courbures, leurs saillies et leurs dépressions sont moins

OSTKOLOGIE.

prononcées; ils ont en un mot quelque chose de féminin, plus facile à apprécier de visa qu’à décrire. Outre ces caractères généraux , beaucoup d’os présentent dans les deux sexes des particularités distinctives qui seront décrites à propos de chacun d’eux. Les différences d’âge seront examinées à propos du développement.

Outre ces différences naturelles, les os peuvent offrir des différences individuelles tenant aux diversités des habitudes, des professions , des vêtements etc. Ces déformations portent surtout sur le crâne (déformations crâniennes des peuplades sauvages), le thorax (usage du corset), le pied (emploi de chaussures mal faites), et sont plutôt du ressort de l’hygiène que de l’anatomie normale.

Propriétés vitales des os. — La nutrition des os, même chez l’adulte, est assez active , comme le prouvent leurs maladies et les modifications morphologiques qu’ils subissent (agrandissement des sinus etc.). Cette nutrition a pour agents deux ordres de canaux ou deux réseaux différents : 1° un réseau capillaire contenu dans le périoste , la moelle et les canaux de Havers ; 2° un réseau plasmatique formé par la réunion des cellules osseuses et de leurs canalicules anastomosés et n’admettant dans son intérieur que le plasma du sang.

La sensibilité des os, quoique obtuse, est réelle; mais les nerfs des os sont presque tous des nerfs vaso-moteurs destinés à régler la circulation dans les vaisseaux sanguins.

DEUXIÈME SECTION

DES OS EN PARTICULIER

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