A. MUSCLES DU VOILE DU PALAIS
Préparation. — Il suffit, après avoir fait la coupe du pharynx, d’inciser la paroi posténeure du pharynx pour avoir en vue la face postérieure du voile du palais. On enlèvera alors la muqueuse du voile avec précaution pour mettre à nu successivement chacun des muscles.
Ces muscles sont au nombre de cinq de chaque côté; ce sont : 1° un destiné a la luette, le palato - staphylin ; 2° deux supérieurs, les péristaphylins interne et externe ; 3° deux inférieurs , le glosso-staphylin et le pharyngo-staphylin. '
1° Palato - staphylin (Fig. 221, 13;.
. Pet^ mus(de, situé immédiatement sous la muqueuse de la face postérieure du voile, s’étend de V épine nasale postérieure: à la pointe de la luette.
deux muscles de droite et de gauche sont souvent réunis en un seul faisceau ( azygos uvulœ). y
Àer/L — Il est innerve par des filets pharyngiens du pneumo-gastrique et par le grand nerf petreux superficiel. 1 1
Action. — Il est releveur de la luette.
SPLANCHNOLOGIE
l ig. 221. — Muscles : superficiels du voile du palais [*).
(*) I) Conduit auditif externe. — 2) Canal carotidien. — 3) Corel postérieur île la branche montante du maxillaire. — 4) Apophyse styloide. — b) Aile interne de l’apophyse ptérygoide. — 6) 7) Trompe d’Eustache. — 8) Saillie de la grande corne de l’us hyoïde. — 9) Cord postérieur du cartilage thyroïde. — 10) Amygdale. — 11) Langue.— 12) Épiglotte abaissée. — 13) Palato-staphylin. — 14) Péristaphyliu interne. — lb) Péri st aphy lin externe. —
ORGANES DIGESTIFS
*j° pèristaphylin interne (') (Fig. 221, H).
Ce muscle naît par un tendon de la face inférieure du rocher en ava^t du canal carotidien (Fig. 14 , J) et du bord inférieur de l’extrémité postéroexterne du cartilage de la trompe d’Eustache. De là il se porte en bas, en avant et en dedans, dans une gouttière que lui offre le cartilage de la trompe, puis derrière le péristaphylin externe, s’aplatit peu à peu en s’élargissant, et se termine en éventail dans toute la hauteur du voile, en se continuant sur la ligne médiane avec celui du côté opposé ; ses faisceaux s’entre-croisent avec des libi ’es du pharyngo-staphylin.
Nerfs. — Il est innervé par le nerf palatin postérieur (filets du grand nerf pétreux superficiel) et par des filets pharyngiens du pneumo-gastrique.
Action. — Il élève le voile du palais.
3° I^ëiMstapliylin externe (2) (Fig. 222, 10, 11).
Ce muscle s’attache : l°à la fossette scaphoïde de V apophyse ptérygoïde et à la partie voisine de la grande aile du sphénoïde suivant une ligne oblique en a^ant et en dedans (Fig. 14 , E) ; 2° au tiers externe de la paroi membraneuse de la trompe d'Eustache , à laquelle il est soudé intimement à son bord supérieur. Il constitue un faisceau aplati , situé en dedans du ptérygoïdien interne, et qui descend verticalement le long de l’aile interne de l’apophyse ptéryg°ïde(10). Il donne bientôt naissance à un tendon , qui, au niveau du crochet do cette aile interne, change de direction, se réfléchit (11) dans la concavité de ce crochet accompagné par une bourse séreuse de glissement, s’épanouit en une aponévrose (12) étalée dans le voile du palais, dont elle forme la charpente fibreuse, et se fixe en avant à une crête transversale située en arrière du canal palatin postérieur. Une partie de ses fibres se perd en dehors dans l’aponévrose du pharynx.
Nerfs.
férieur.
Il est innervé par le nerf du ptérygoïdien externe du maxillaire in-
Actton. Il est, tenseur du voile du palais et surtout de sa partie orale ; il agit dans le temps qui précède immédiatement la déglutition. Il est en même temps dilatateur de la trompe, et c’est grâce à lui que la trompe s’ouvre à chaque mouvement de déglutition.
41° Glosso -staplix/lin.
Ce
palais
muscle, mince, situé dans l’épaisseur des piliers antérieurs du voile du se continue en bas avec les fibres transversales du dos de la- langue sous
(') Pétro-salpingo-staphylin.
(1 2) Sphéno-staphylin.
1 >) Pharjngo s t a p li 3 lin. 17) Ses faisceaux profonds. — 18) Ses faisceaux superficiels. — 19) Ses faisceaux
aifissoires. Ü) St) lo-phai yngien. 21) Faisceau hyoïdien des stylo-pharyngien et constricteur moyen. — -2) Siylo-glosse. — 23)^ Stylo-hyoïdien. — 24) Constricteur supérieur. —25) Constricteur moyen. — 26) Contricteur inferiem . -') Aponévrose pharyngienne. — 28) Lingual supérieur. — 29) Attache des fibres circulaires
iisophagi . -»0) Arylénoidien postérieur. — 31) Crico-aryténoïdien postérieur. — 32) Ptérygoïdien externe
— 33) Ptérygoïdien interne.
BPLANCHNOLOGIE.
le lingual supérieur, et en haut, se perd dans le voile du palais et sur la face antérieure de la luette,
Neufs. — Il ost innervé par le glosso-pharyngicn (probablement par une anastomose provenant du facial).
Action . — Il est constricteur de l’isthme du gosier.
(*) 1) Sinus sphénoïdal. — 2) Arlère carotide interne. — 3) Trompe d’Euslnche. — 4) Trompe d’Eustaclie du cété droit, ouverte. — 5) Partie osseuse de la trompe débouchant dans la G) Caisse du tympan — 7) Membrane du tympan. — 8) Conduit auditif externe ouvert. — 0) Crochet de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde. — 10) Partie verticale du péristaphylin externe. — 11) Sa portion réfléchie. — 12) Aponévrose du voile du palais. — 13) Ptérygoïdien interne. — 14) Ptérygoïdien externe. — 15) Os hyoïde. — 16) Stylo-hyoïdien. — 17) Digastrique. — 18) Mylo-hyoïdien. — 19; Génio-hyoïdien [Nota. La coupe du célé droit est sur un plan antérieur à celle du côté gauche).
ORGANES DIGESTIFS
*»° Pliui'yngo - stapliylin (Fig. 221, 16).
Ce muscle, situé dans l'épaisseur des piliers postérieurs du voile du palais, est large et membraneux. Ses insertions supérieures, multiples , se lont : 1° par divers faisceaux entre-croisés avec ceux du péristaphylin interne aux bords de la luette et à V aponévrose du voile du palais (18)’; 2° au tendon du péristaphylin externe ; 3° au bord inférieur de V ouverture postérieure des fosses nasales ; 4° au cartilage de la trompe (19). De là ses libres se portent : 1° les unes, celles qui proviennent des points fixes, à la ligne médiane du pharynx, depuis le bord inférieur du constricteur supérieur jusqu’à la hauteur des cartilages aryténoïdes ; 2° les autres , celles qui proviennent des points mobiles (luette et voile), au bord postérieur et à la grande corne du cartilage thyroïde.
Nerfs. — Il est innervé par le glosso-pharyngien (filets anastomotiques du facial) et peut-être parles filets pharyngiens du pneumo-gastrique.
Action. - On peut considérer ce muscle comme composé de deux ordres de libres : les premières , ayant leur point fixe en haut , constituent une anse musculaire dont la convexité correspond à la paroi postérieure du pharynx, et les extrémités aux parties latérales de l’ouverture des fosses nasales; elles élèvent le pharynx; les secondes représentent une anse musculaire dont la convexité répond au voile du palais et les extrémités fixes aux bords du cartilage thyroïde; elles abaissent le voile du palais. Toutes les deux ont pour action commune de rapprocher l’un de l’autre les piliers postérieurs et de fermer l’isthme pharyngo -nasal.
li. MUQUEUSE DU VOILE 1)U PALAIS.
Cette muqueuse, lisse et unie, a des caractères différents sur les deux faces du voile. Sur la face postérieure elle a les caractères de la muqueuse nasale , elle est mince, peu adhérente ; son épithélium est vibratile. Sur la face antérieure, où elle continue la muqueuse palatine, elle est épaisse, adhérente et recouverte d’un épithélium p aviment eux stratifié. Sur les bords du voile, à la pointe de la luette, et sur les piliers antérieurs, elle est unie aux parties sousjacentes par un tissu cellulaire très-lâche.
Glandes. — Des glandes en grappe, continuant celles de la voûte palatine, forment sous la muqueuse de la face antérieure une couche épaisse (jusqu’à 0m,006), qui diminue vers les bords libres du voile. Sur la face postérieure elles sont très-clair-semées. On trouve sur cette face quelques follicules clos faisant saillie sous la muqueuse.
1 aisseaux et nerfs. — Les artères viennent des palatines supérieure et inférieure; les artères linguale et pharyngienne fournissent quelques branches aux piliers. Les veines de la face postérieure se jettent dans le plexus ptérygoïdien ; celles de la face antérieure, plus nombreuses, dans la veine pharyngienne. Les lymqAiatiques , disposés aussi en deux réseaux, vont aux ganglions qui occupent la bifurcation de la carotide primitive. Les nerfs de la muqueuse et des glandes sont fournis par les nerfs palatins postérieurs et par des filets du pneumo-gastrique et du glosso-pharyngien.