II. MUQUEUSE LINGUALE
Siil la lace inlérieure de la langue , la muqueuse ne présente pas de caractères particuliers; il n en est pas de même sur la face dorsale ; là toute la partie antérieure au V lingual est couverte de papilles particulières ; le V lingual lui-même en est formé. Ces papilles sont de trois espèces : les unes , très-petites , papilles filiformes , les plus nombreuses, sont éparses sur toute la surface de la muqueuse et lui donnent un aspect velouté; les secondes, de grandeur moyenne, papilles fungiformes , sont parsemées au milieu des précédentes en nombre variable ; les dernières et les plus volumineuses, papilles caliciformes , constituent par leur réunion le V lingual.
Fig. 22(3.
Papilles linguales (d’après Todd el Bowmann (*).
Structure des papilles linguales. — 1° Papilles filiformes (Fig. 226, A). — Elles ont la forme de cylindres huit à dix fois plus hauts que larges (leur hauteur varie entre 0 n,004 et 0m,0016j et%dont la pointe est dirigée en avant. Elles se composent d’un axe solide continu au derme de la muqueuse et supportant des papilles secondaires et d’un revêtement épithélial donnant naissance à des prolongements filiformes plus ou moins longs ; habituellement, même en état de santé, on trouve mêlés à la couche épithéliale des champignons microscopiques ( leptothrix buccalis de Robin). Cette couche est souvent le siège d’une hypertrophie considérable, et ce sont ces variations d’épaisseur qui déterminent les variétés de coloration jaunâtre, blanchâtre ou rosée.de la langue.
2" Papilles fungiformes (Fig. 226, B h — Ce sont de petites saillies arrondies en forme de massue. Elles sont constituées par un renflement du derme portant de petites papilles secondaires et revêtu par une couche épithéliale mince et lisse à sa surface. Leur couleur rouge tranche sur la couleur blanchâtre des papilles filiformes, qu’elles dépassent, ou au milieu desquelles elles sont enfouies, suivant la longueur de ces dernières. On les rencontre surtout aux environs des papilles caliciformes, sur les bords et â la pointe de la langue.
3 "Papilles caliciformes (Fig. 226, C). — Elles sont au nombre de seize à vingt. La plus volumineuse , située à la pointe du Y lingual , occupe le foramen cæcum. Elles sont analogues comme forme aux papilles fungiformes, mais plus développées , et, au lieu défaire saillie sur la muqueuse , elles sont enfouies dans une dépression de cette dernière, de façon que leur base est entourée d’une rigole circulaire.
Entre ces trois espèces de papilles on trouve des formes de transition. Toutes, sans exception, contiennent au moins une anse vasculaire; elles possèdent en outre des lilets nerveux nombreux et superficiels qui , d’après des recherches récentes (Michael) , formeraient des plexus pourvus de cellules ganglionnaires et présenteraient à leurs extrémités des renflements terminaux spéciaux.
Au point de vue de leurs fonctions, les papilles caliciformes paraissent affectées au sens du goût,, les fungiformes au sens du tact; quant aux^ filiformes, leur rôle
(.*) A. Papilles li I i lu nues. — IL Pupilles fungiformes. — C. Pupilles cnlieifurmcs.
ORGANES DIGESTIFS
paraît, être plutôt un rôle mécanique de division et de mélange des parcelles alimentaires ramollies par les liquides buccaux.
Glandes linguales. - Ce sont des glandes en grappe. Elles existent à la base et sur les bords de la langue. Sur la base de la langue, elles forment une couche épaisse .le 0-, 006 sous la muqueuse en arrière du V lingual. Sur les bords elles constituent une ttamee allant de la base a la pointe et s’agglomérant surtout en deux endroits ■ en avant c’est la glande de Blandin ou de Nuhn , située vers la pointe, sur les
"l|,Me, a lglle mediane et s’ouvrant par quatre ou cinq conduits excréteurs sur la ace inferieure de la langue ; en arrière, ce sont les glandes de Weber , placées sur les bords au niveau des extrémités antérieures du V lingual et s’ouvrant par plusieurs
01 1 K es sur e k°rd de la langue. A la base de la langue, en arrière du Y lingual
Souvent des follicules clos (glandes solitaires).
T aisseaux et nerfs de la langue. — Les artères viennent de la linguale. La muqueuse linguale est très-vasculaire et ses capillaires ne communiquent pas sur la igné médiane , de façon qu’une injection par une des artères linguales s’arrête sur e milieu du dos de la langue. Les veines vont aux veines linguales. Les lymphatiques, très-nombreux dans la muqueuse et le tissu sous-muqueux, se rendent aux ganglions profonds de la région sous-hyoïdienne. Les nerfs sensitifs proviennent du lingual (partie antérieure au V lingual), du glosso-pharyngien (V lingual et partie postérieure) et d’un filet du laryngé supérieur. Le lingual et le glosso-pharyngien pi csentent sur le trajet de leurs ramifications de petits ganglions microscopiques
rameaux sympathiques accompagnent les artères. Les nerfs moteurs ont été mentionnes a propos des muscles.
§ II. — Pharynx.
Préparation. — Coupe du pharynx. Diviser transversalement les parties molles du cou au dessus du sternum jusqu’à la colonne vertébrale; détacher les parties molles des muscles nré" vertébraux et séparer de bas en liant la face du crâne par un trait de scie transversal passant en arriéré des apophyses styloïdes. Par ce procédé on est exposé à léser des organes impor tai.ts; aussi vaut-,1 mieux enlever le rachis en désarticulant dans l’articulation occipilo-atloï. dienne. Pour etudier le pharynx par ses parties latérales, on enlèvera d’un côté la branche montante du maxillaire inférieur (voy. fig. 228).
Le pharynx est un conduit musculo -membraneux étendu de l’apophyse basilaire à la cinquième vertèbre cervicale , entre le rachis en arrière et les fosses nasales, la bouche et le farynx en avant. Sa longueur, sujette à des variations considérables (0, 07 à 0,17), est en moyenne de 0,13. Sa largeur, de 0,04 en haut, diminue peu à peu , sauf un élargissement au niveau de l’os hyoïde. Sa profondeur, d abord de 0m,02 , se réduit graduellement de haut en bas et .uri\e a Ou au niveau du cartilage cricoïde, où ses deux parois s’accolent.
i ott formation extérieure « tu pharijux (Fig 227 et 228).
Prismatique et triangulaire en haut, le pharynx s’aplatit en bas d’arrière en ■imnl. En haut et en avant, il ne se laisse pas isoler des parties voisines et par smte , il ne présente comme faces libres qu’une face postérieure et deux faces a terni es. Sa lace postérieure , à peu près plane, est séparée des muscles prévertébraux par un tissu cellulaire lamelleux, qui contient, surtout au niveau de a ( euxième vertèbre cervicale, quelques ganglions lymphatiques. Ses faces (demies sont séparées du ptérygoïdien interne par un espace triangulaire, dans eqtu on Irouve les artères carotide interne et externe; la veine jugulaire in-
SPLANCHNOLOfrTtf
A. cHisucr.rCL.
jitri/s-
Fis. 227. — Face postérieure du pharynx (*). •
r*t 1) Constricteur supérieur. —2) Constricteur moyen. — 3) Constricteur inférieur. —4) Aponévrose céphalopharyngienne recouvrant le péristaphylin interne. — 5) Apophyse styloïde. — 6) Stylo-pharyngien. — 7) Styloglnsse. — 8) Stylo-hyoïdien. — 9) Tendon du digastrique coupé. — 10) Digastrique. — il) Œsophage. — 12) Trachée. — 13) Ptérygoïdien interne. — 14) Ptérygoïdien externe. — 15) Ligament stylo-maxillaire. —
ORGANES DIGESTIFS
terne, les nerfs glosso -pharyngien , pneumo -gastrique , spinal , grand hypoglosse, giand sympathique , les muscles styliens et un prolongement de la paîotide s accolent à cette lace. Le bord antérieur des faces latérales répond de haut en bas a 1 aile interne de 1 apophyse ptérygoïde et au péristaphylin interne , au lioid postéiieui du buccinateur, à la racine de la langue, à la grande corne de l’os hyoïde, aux cartilages thyroïde et cricoïde.
Conformation intérieure tiu pharynx- (Fig. 221 et 223).
La cavité du pharynx a une voûte et quatre parois, dont l’antérieure surtout e^l ti ès-importante à cause des ouvertures qui la font communiquer avec les CciA ités nasale, buccale et laryngienne. Ces ouvertures occupant presque toute cette paroi antérieure , on a pu comparer le pharynx à une gouttière à concavité antérieure , aussi bien qu’à un canal complet.
La voûte offre des saillies et des dépressions qui lui donnent l’aspect d’un tissu à mailles réticulées rappelant l’amygdale. Une de ces dépressions forme souvent au centre de cette voûte un cul-de-sac profond.
La paroi postérieure est plane et lisse.
Les parois latérales présentent en haut Y orifice évasé de la trompe d’Eustaclw (Fig. — 3, 8) , cet oiilice est situé à la hauteur de 1 extrémité postérieure du cornet inférieur , en arrière de l’ouverture postérieure des fosses nasales, à 0,065 environ de l’extrémité postérieure, de l’ouverture nasale antérieure ; il en part une gouttière qui se porte en bas , en avant et en dedans à la partie supérieure du bord adhérent du voile du palais ; entre la trompe et la voûte du pharynx est une excavation assez profonde. En descendant sur la face latérale on trouve l’excavation amygdalienne avec l’amygdale et le pilier postérieur du code du palais , et plus bas encore le repli pharyngo-épiglottique dirigé en bas et en arrière des bords de l’épiglotte aux parties latérales du pharynx.*
La face antérieure ( Fig 221) présente de haut en bas trois ouvertures : 1° Y ouverture postérieure des fosses nasales , séparée en deux ouvertures quadiilatèi es pai la cloison médiane ; au-dessous d’elle est la face postérieure du voile du palais ; 2° Y isthme du gosier, circonscrit par le voile du palais, les piliers antérieurs et la base de la langue rattachée à l’épiglotte par les replis glosso-épiglottiques ; 3° Y ouverture supérieure du larynx ( Fig. 248), ovalaire, à plan oblique en bas et en arrière, et circonscrite en avant par l’épiglotte, sur les cotés par les replis aryténo -épiglottiques , en arrière par les sommets des cartilages aryténoïdes, que sépare une petite échancrure ; sur les cotés de cet orifice se voient deux gouttières triangulaires , larges en haut , étroites en bas, comprises entre les muscles thyro-aryténoïdiens et crico-aryténoidiens latéraux en dedans et la face interne du cartilage thyroïde en dehors ;
• ‘Iles sont quelquefois traversées obliquement par un pli dû au soulèvement de fi muqueuse par le nerf laryngé supérieur ; ces gouttières et la saillie médiane qui Jes sépare, saillie due aux cartilages cricoïde et aryténoïde , représentent seules la paroi antérieure du pharynx.
16) Glande soas-maxillaire. - 17) Glande thyroïde. - 18) Artère carotide primitive. - 19) Artère carotide interne.
-0 Caroude interne, coupee à son origine. - 21) Carotide externe, s’engageant entre les muscles styliens. - 1-) Carotide externe. — 23) Artère pharyngienne inférieure. — 24) Veine jugulaire interne. - 25) Veine pharyngienne. 20) Nerf pneumo-gastrique. - 27) Nerf laryngé supérieur. - 28) Nerf glosso-pharyngien. - 29) Nerf spiual coupe. — 30) Nerf grand hypoglosse. — 31) Grand sympathique.
SPLANCITNOLOGïF. .
La cavité pharyngienne peut être divisée , eu égard à ses connexions et à ses fonctions, en trois parties : 1° la première, partie nasale ou arrière-cavité des fosses nasales, est à peu près invariable comme forme et comme dimensions et. sert au passage de l’air; 2° la deuxième, partie buccale ou gutturale , est susceptible des plus grandes variations de forme, de dimensions et de situation ; elle représente une sorte de carrefour commun au tube laryngonasal ou aérien d’une part, et au tube bucco- œsophagien ou alimentaire de l’autre; cette cavité centrale communique avec l’arrière-cavité des fosses nasales par l’isthme pharyngo -nasal, avec le larynx par l’ouverture supérieure du larynx, avec la bouche par l’isthme du gosier, et chacun de ces orifices peut se fermer ou s’ouvrir pour laisser passer l’air ou les substances alimentaires; 3° la troisième, ou portion œsophagienne , est située au-dessous de l’orifice supérieur du larynx; elle ne peut subir que des variations de calibre ou des déplacements de totalité dus au déplacement même du larynx et sert exclusivement au passage des substances alimentaires.
Structure du pliai*ynx.
Le pharynx comprend une charpente musculaire, une muqueuse, de.: vaisseaux et des nerfs.