I. MUSCLES DE LA LANGUE
Ces muscles s’attachent en partie aux os (os hyoïde, maxillaire inférieur, apophyse styloïde), en partie aux organes ambiants (voile du palais, pharynx); de là ils se rendent à la face profonde de la muqueuse ; enfin quelques-uns s’attachent uniquement à la muqueuse. Dans l’épaisseur de la langue se trouve une cloison fibreuse médiane, septum lingual (Fig. 223, 16, et 225, 9), qui donne insertion à des libres musculaires; ce septum, haut de 0m,0!l, a une forme semi-lunaire ; son bord inférieur concave répond à l’ entre-croisement des génio-glosses, son bord supérieur convexe est parallèle au dos de la langue ; sa base s’attache à fos hyoïde, sa pointe se perd dans le tissu même de la langue. Tous les muscles de la langue, sauf le lingual vertical, sont pairs.
Fig. 2 21. — Muscles de la langue (*).
1 0 St.^lo-glosse (Fig. 221, 2).
Ce muscle, grêle, fusiforme, s’attache en haut à la base et à la partie antérieure de V apophyse styloïde , et descend, d’abord verticalement, puis un peu en dedans en se tordant sur lui-même de façon que sa face antérieure devient externe. Il atteint la langue en arrière du pilier antérieur et se divise en deux faisceaux, Tuh, inferieur , qui longe le bord de la langue et va jusqu’à la pointe se continuer avec celui du côté opposé, après avoir abandonné quelques libres au génio-glosse, l’autre, supérieur , plus faible, qui va s’unir aux libres de l’hyoglosse et aux libres transversales de la langue.
Nerfs. — Il est innervé par le rameau lingual du facial.
Action. — Ils portent la langue en haut et en arrière , élargissent sa base et la pressent contre le voile du palais dans la déglutition. (*)
(*) I) Apophyse styloïde. — 2) Stylo glosse. — 3) Glosso-ataphylin. — 4) Lingual inférieur, — b) Génioglosse. — G) Os hyoïde. — 7) llyo-glosse. — 8) Génio-hyoïdien. — 9) Pharyngo-glosse. — 10) Constricteur moyeu du pharynx.
0 H G AN ES J UGEST1FS .
Hyo-gloese (Fig. 224, 7).
Ce muscle, aplati, quadrilatère, s’attache au bord supérieur de la grande corne de l os Injoide (cèrato-glosse) , et à la partie voisine du corps de l’os ( basio-glosse ); il est enveloppé à ses insertions , en avant par le génio-hyoïdien , en arrière par le constricteur moyen. De là ses libres antérieures pénètrent dans la langue entre le stylo-glosse et le lingual inférieur pour devenir antéropostérieures sur le dos de la langue, tandis que les libres postérieures, après avoir passé entre le stylo-glosse et le génio-glosse , s’épanouissent en éventail avec une direction prédominante transversale.
Action. — Us rapprochent la langue de l’os hyoïde et la compriment transversalement.
3° Glosso-stapliylïn.
Ce muscle a été décrit avec les muscles du voile du palais.
Fig. 225. — Coupe de la base de la langue au niveau de l'isthme du gosier,
d’après Bon.imy et Beau (*).
-4° Lingual supérieur (Fig. 225, 10).
Ce petit muscle, aplati , situé immédiatement sous la muqueuse du dos de la langue, naît de la base de la petite corne de l’os hyoïde (chondro-glosse) , et de la partie voisine du corps, et se porte en avant sur le dos de la langue. Un faisceau médian ( muscle glosso-épiglottigue ) part du repli médian glosso-épiglottique.
Achoyi. Il îaccourcit la face supérieure de la langue et porte sa pointe en liant.
(*) 1) Face postérieure du voile du palais. 2) Amygdale. - 3) Pilier antérieur. - 4) Pilier postérieur. - 'J) Muqueuse linguale. - 6) Stylo-glosse. - T) Hyo-glosse. - 8) Génio-glosse. - il) Septum lingual. — 10) Coupe du lingual supérieur. — 11) Coupe du lingual inférieur. - 12) Pharyngo-glosse. — 13) Amygdalo-glosse.
Bkalni* et I? ci en a (in. /( 5
SPLANCIINOLOGIK.
îï° IkIiai*}riigo>gIosse (Fig. 224- , 9).
Ce muscle se compose de faisceaux minces provenant du constricteur supérieur du pharynx. Les supérieurs longent superficiellement les bords de la langue entre le stylo-glosse en bas et le glosso-stapbylin en haut ; les inférieurs passent sous l’hyo-glosse et se confondent avec le lingual inférieur et le génio-
G° Lingual Inférieur (Fig. 224- . 4 ; Fig- 225, 11).
Ce muscle est situé à la face inférieure de la langue au-dessous du styloglosse, entre le génio-glosse et l’hyo-glosse. Il s’insère en avant à la muqueuse de la pointe de la langue ; en arrière , ses fibres se perdent, en partie en s’entrecroisant avec celles du génio-glosse , en partie en se continuant avec quelques fibres du stylo-glosse et du pbaryngo-glosse.
Action. — Il rétracte la pointe de la langue et la porte en bas.
î'o Ainygtlalo-glosse (Fig. 225, 13).
Ce petit muscle, très-mince, situé sous la muqueuse entre le bord inférieur de l’amygdale et le bord de la langue, naît en haut de l’aponévrose pharyngienne, s’applique sur la face externe de l’amygdale, et arrivé au bord de la langue s’engage sous le lingual supérieur, et se porte transversalement vers la ligne médiane.
Action. — Il soulève la base de la langue et rétrécit la partie correspondante du pharynx.
8° Génio-glosse (Fig. 224,5).
Ce muscle, épais, triangulaire, rayonné, accolé â celui du coté opposé sur la ligne médiane, s’insère par un fort tendon à V apophyse géni-supérieure ; de là il donne naissance à une série de feuillets divergents , dont les antérieurs , verticaux, s’attachent à la pointe de la langue, les postérieurs, horizontaux, à sa base et au corps de l’os hyoïde , de façon que le muscle dans sa totalité représente un triangle dont la pointe est à l’apophyse géni et dont la base curviligne est mesurée par toute la longueur de la face dorsale de la langue (Fig. 223, 14). Au-dessous du septum lingual les faisceaux internes du génio-glosse d’un côté, s’entre-croisent avec ceux du muscle du côté opposé (Fig. 225).. Quelques libres internes de ce muscle se rendent à Y épiglotte (Jevator epiglottidis) . Le génioglosse forme la masse charnue de la langue et est reçu, comme dans une coque musculaire, dans une gouttière ouverte en bas, constituée par la plupart des muscles précédents.
Action. — Les fibres hyoïdiennes tirent en avant l’os hyoïde ; les libres antérieures portent la langue en arrière et la font rentrer dans la cavité buccale. Si les deux muscles se contractent en totalité, la langue est abaissée et comprimée dans le sens vertical.
î)<j Lingual transverse (Fig. 225).
Ce sont des libres transversales naissant des deux faces du septum lingual et se portant à la muqueuse des bords de la langue.
Action. — Il eflile la langue, l’allonge et fait sortir sa pointe de la bouche.
ORGANES DIGESTIFS
ÎO0 Lingual vertical.
Ces libres, qui n’existent guère que dans la pointe et vers les bords, vont de la face inférieure à la face supérieure de la langue.
Disposition des fibres musculaires dans l’intérieur de la langue. — Toutes ces fibres, une fois arrivées dans l’intérieur de la langue, sont très- difficiles à suivre à cause de leur intrication. On peut cependant distinguer trois directions principales : 1° des fibres verticales , provenant du génio-glosse et du lingual vertical ; !2° des fibres transversales , provenant superficiellement de 1 hyo-glosse, du faisceau supérieur du stylo -glosée , du glosso-staphylin et de l amygdalo-glosse, et profondément du transverse; 3° des fibres longitudinales , fournies par les linguaux supérieur et inférieur, le stylo -glosse , les faisceaux antérieurs de l’hyo-glosse , et à la pointe de la langue par les fibres antérieures du génio-glosse.
Les fibres musculaires de la langue sont des fibres striées , mais offrant des ramifications et des anastomoses et s'entre -croisant fréquemment les unes avec les autres. Elles se terminent à la face profonde de la muqueuse ou de la couche glandulaire sous-muqueuse, là où elle existe.
Nerfs. — Les muscles de la langue sont innervés par l’hypoglosse, à l’exception du stylo-glosse et du glosso-staphylin, innervés par le rameau lingual du facial et du pfiaryngo-glosse, innervé lui-même par le plexus pharyngien. La langue reçoit, en outre, un rameau de la corde du tympan.
Mouvements de Ici langue. — La langue a l’etat de repos est large, molle et remplit complètement la cavité buccale. Les mouvements qu’elle exécute sont de deux espèces : extrinsèques et intrinsèques .
1° Mouvements extrinsèques. — Ce sont des déplacements en totalité de l’organe, amenés en grande partie par des déplacements correspondants de l’os hyoïde. Ces mouvements , au nombre de quatre, sont accomplis par les muscles suivants : 1° élévation; stylo-hyoïdien, digastriqùe, constricteur moyen , mylo-hyoïdien , stylo-glosse, glosso-staphylin ; 2° abaissement : muscles sous-hyoïdiens et hyo-glosse ; l’excursion du mouvement de haut en bas est de O"1, 035 environ ; 3° mouvement en avant : génio -hyoïdien , génio-glosse, mylo-hyoïdien, ventre antérieur du digastrique;
mouvement en arrière : constricteur moyen , omo-hyoïdien , ventre postérieur du digastrique et tous les muscles élévateurs, sauf le mylo-liyoïdien; l’excursion du mouvement d’avant en arrière a un peu plus de 0m,01.
2° Mouvements intrinsèques. — Ils consistent en des changements de forme et sont produits par les muscles suivants : 1° allongement : lingual transverse ; 2° raccourcissement : fibres longitudinales ; 3° aplatissement et .élargissement dans le sens transversal: fibres verticales; A0 rétrécissement dans le sens transversal: fibres transverses; 5° mouvements de latéralité: stylo-glosse et fibres longitudinales d’un seul côté ; 6° excavation de la face dorsale de la langue s'incurvant en gouttiène : action combinée des libres internes des génio-glosses qui fixent la partie médiane de la langue et des stylo-glosse , lingual supérieur et glosso-staphylin qui relèvent ses bonis. On pourrait multiplier presque à l’infini ces mouvements partiels, dont l’analyse est souvent très-dilficile et parfois impossible. Parmi ces mouvements intrinsèques, il en est dans lesquels la langue prend un point fixe et s’arç-boute contre des
parties solides delà cavité buccale (ex. ; déglutition, production de consonnes explosives etc.!.
SPLANCHNULOGIK.