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III. MUSCLES DU LARYNX

Préparation. — Les muscles latéraux du larynx, crico-aryténoïdien latéral et thyro-aryténoïdien, nécessitent seuls une préparation spéciale. On peut les préparer de deux façons : ou bien par la l'ace externe du larynx (Fig. 234), en enlevant une des lames latérales du cartilage thyroïde , ou bien par la face interne (Fig. 253), après avoir fait une coupe médiane antéro-postérieure du larynx. Ce dernier procédé est indispensable pour avoir une idée nette des rapports du thyro-aryténoïdien interne avec la corde vocale inférieure.

Fig. 251.

Muscles tliyro-hyoïdien et crico-thyroïdien (*).

Fig. 252.

Muscles postérieurs du larynx (**).

fcnifiTjci ou

Les muscles du larynx sont au nombre de neuf; de ces neuf muscles un seul, l’aryténoïdien , est impair. 11 vient s’y ajouter de plus un certain nombre de faisceaux accessoires variables; ces muscles sont du reste sujets à des ano-

(*) 1 ) Corps de l’os hyoïde. — 2) Sa polile corne. — 3) Sa grande corne. — 4) Membrane thyro-hyoïdienne. — ■>) Muscle thyro-hyoïdien. — 6) Tubercule supérieur de la ligne oblique du cartilage thyroïde. — 7) Faisceau antérieur du crico-thyroïdien. — 8) Son faisceau postérieur. — 9) Trachée.

{**) I) Épiglotte. — 2) Cartilage triticé. — 3) Membrane thyro-hyoïdienue. — 4) Sommet du cartilage aryténoïde. — K) Glandes aryténoidiennes. — fi) Muscle avvtéuoïdien transverse — 7) Muscle aryléuoïdien oblique, — 8) Muscle crico-aryténoïdien latéral — 9) Trachée.

SPLANCH N OLOGIE .

nialies très-fréquentes suivant les individus. Au point de vue de leur situation les uns sont placés à la partie antérieure du larynx, ce sont les crico-thyroïdiens ; les autres à la partie postérieure, muscles aryténoïdien et crico-aryténoïdien postérieur, les derniers enfin sur les parties latérales, en dedans du

cartilage thyroïde ; ce sont le crico- aryténoïdien latéral et le thyro-aryténoïdien. Tous ces muscles, à l’exception du crico -thyroïdien , innervé par le laryngé supérieur, sont innervés par le nerf récurrent.

1° Crico-tliyroïdien (Fig. 251, 7, if.

Ce petit muscle, épais, triangulaire, s’attache en bas à la partie antérieure et externe du cartilage cricoïde sur les côtés de la ligne médiane et se porte en éventail vers le bord inférieur du cartilage thyroïde, la partie des deux faces voisines de ce bord et le bord antérieur de la petite corne. Les fibres antérieures sont presque verticales, les postérieures à peu près horizontales, et le muscle même se divise en deux faisceaux distincts , un antérieur (7) vertical et un postérieur (8) oblique. Entre les deux muscles de chaque côté se voit le ligament conoïde.

2° A.i*yténoïdien postérieur (Fig. 252, G, 7).

. Ce muscle épais, quadrangulaire , s’insère à la face postérieure et au bord externe des cartilages aryténoïdes et s’étend transversalement d’un cartilage à l’autre ( aryténoïdien transverse , 6). Les fibres les plus superficielles forment deux faisceaux entre - croisés , allant de la base d’un cartilage aryténoïde au sommet de celui du côté opposé [aryténoïdien oblique , 7). Souvent ses fibres dépassent ce sommet et se perdent dans les replis ary-épiglottiques en se continuant quelquefois jusqu’à l’épiglotte ( muscle ary-épiglottique , Fig. 254, 5).

3° Crico - aryténoïdien postérieur (Fig. 252, 8).

Ce muscle s’attache en bas dans la fossette latérale postérieure du chaton du cartilage cricoïde; de là ses fibres se ramassent et se portent , les supérieures, horizontalement, les inférieures presque verticalement , pour s’insérer à l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde (Fig. 254, 3).

4° Crico - aryténoïdien latéral (Fig. 253 et 251).

Ce muscle triangulaire, caché par la lame correspondante du cartilage thyroïde, qu’il faut enlever pour l’apercevoir (Fig. 254, 6), s’attache en bas à toute la largeur de la partie oblique du bord supérieur du cartilage cricoïde, et en haut à l’apophyse musculaire du cartilage aryténoïde. Les fibres supérieures se confondent souvent avec les fibres inférieures du thyro-aryténoïdien.

*î° Xliyco - aryténoïdien (Fig. 255 cl. 254).

Ce muscle, situé au-dessus du précédent, se compose de deux faisceaux, l’un, externe, l’autre, interne, compris dans l'épaisseur de la corde vocale

ORGANES DE LA RESPIRATION

Le faisceau externe (Fig. 254, 4), thyro-aryténoidie) i externe, s’insère à la moitié intérieure de 1 angle rentrant du cartilage thyroïde, et de là se porte a 1 apophyse musculaire et au bord externe du cartilage aryténoïde. Ses fibres intéiieme*, contondues avec le bord supérieur du crico-aryténoïdien latéral. sont Pu>cIue boi izontales ; ses fibres supérieures, plus obliques, répondent aux cordes vocales supérieures et se perdent souvent , en affectant diverses directions dans la membrane élastique du larynx, soit au niveau de ces cordes ( i,. -5->, 8), soit plus haut dans les replis aryténo-épiglottiques et jusques

Fig. 253.

Muscles latéraux du larynx, vue interne (*).

Muscles latéraux du larynx, vue externe (**).

à l’épiglotte ( muscle thyro-épiglottique). C’est, à ces fibres que viennent s’ajouter des faisceaux accessoires, dont la disposition est très-variâble et dont le plus constant est représenté dans la Fig. 254, 5.

^ fiûsceau interne (Fig. 253, 7), thyro-aryténoidien interne, a la forme d un prisme triangulaire et remplit complètement la corde vocale inférieure (f ig. 256, 9). Sa face externe répond à la partie interne du faisceau précé-

i*) ^ Coupe lIu corps 'le 1 os ••yoiJe. — 2) Coupe du cartilage thyroïde. — 3) Coupe du cartilage cricoïde. — u) Cartilage aryténoïde — o) Ligament triquétre. — G) Membrane élastique du larynx et corde vocale supérieure.

• /) Muscle thyro-aryténoidien interne. — 8) Thyro-aryténoidien externe. — 9) Crico-aryténoïdien latéral

U) > Glandes aryténoïdiennes. — H) Ligament thyro-épiglottique.

**) I) Coupe de I us hyoïde. 2) Coupe du cartilage thyroïde. — 3) Apophyse musculaire du cartilage aryténoïde. - 4) Muscle thyro-aryténoidien externe. — 5) Faisceau anormal — G) Crico-aryténoïdien laté.al . ) Crico-aryténoïdien postérieur. - 8) Aryténoïdien oblique. - 9) Ary-épiglotlique. - lOj Masse adipeuse glandulitorme. — H) Facette thyroïdienne du cartilage cricoïde.

SPLANGTTNOLOGIE.

dent, dont il est quelquefois difficile de l’isoler; son bord interne répond an bord libre de la corde vocale. Il va de l’angle rentrant du cartilage thyroïde à l’apophyse vocale du cartilage aryténoïde. Un grand nombre de ses faisceaux se terminent isolément dans le tissu élastique des cordes vocales.

Variétés. — On rencontre souvent (une fois sur huit) un petit muscle allant de la partie postérieure de la petite corne du cartilage thyroïde au cartilage cricoïde (■ muscle kérato-cricoïdien). Les variétés plus rares sont : un muscle crico-cornicuU allant du bord supérieur du cartilage cricoïde au sommet des cartilages de Santorini ; un muscle thyroïdien transverse , étendu en avant du bord inférieur du cartilage thyroïde; un muscle thyro-trachéal allant du cartilage thyroïde à la trachée.

Fig. 255. — Action des muscles du larynx (figure schématique) (*)•

Action des muscles du larynx (Fig. 255). — Tous ces muscles agissent sur les cordes vocales inférieures pour modifier leur longueur, leur tension et leur degré d’écartement. Les deux points d’attache de ces cordes au cartilage thyroïde et aux apophyses vocales sont mobiles; mais la mobilité de l’insertion postérieure ou aryté- (*)

(*) A. Act ou du crico-thyroïdien . (Les lignes ponctuées, ici comme pour les figures suivantes, indiquent la position nouvelle prise par le cartilage et les cordes vocales par l’action du muscle; les llèclies indiquent la direction moyenne dans laquelle s’exerce la traction des fibres musculaires.) — I) Cartilage cricoïde. — 2) Cartilage aryténoïde. — 3) Cartilage thyroïde. — 4) Corde vocale inférieure. — 5) Cartilage thyroïde (nouvelle position). — 0) Corde vocale (id.). — 7) Direction du mftscle.

B. Action de l’aryténoidien postérieur. — 1) Coupe du cartilage thyroïde. — 2) Cartilage aryténoïde. — 3) Bord postérieur de la glotte. — 4) Corde vocale. — 5) Direction des fibres musculaires. — fi) Cartilage aryténoïde (nouvelle position). — 7) Cordes vocales (id).

C. Action du crico-aryténoidien /uiéra/. — Même signification des chiffres. — 9) Direction des fibres musculaires dans la nouvelle position.

U Action du crico-aryténoïdien / oslérieur. — Même signification des chiffres.

ORGANES DE LA RESPIRATION

noïdienne 1 emporte de beaucoup. Aussi, eu général, dans la phonation, l’insertion antérieure peut-elle etre considérée comme à peu près fixe, et les variations de longueui, île tension et d écartement des cordes vocales sont-elles dues surtout aux momements des cartilages aryténoïdes. Cette fixité de l’attache antérieure des cordes \ ocales , si utile dans la phonation, est produite en grande partie par le crico-thyloïdien. Ce muscle peut en outre (Fig. 255 A) abaisser l’angle antérieur du cartilage thyioïde et par suite allonger et tendre les cordes vocales, qui se rapprochent en même temps (déglutition). Le muscle aryténoïdien postérieur rapproche directement 1 un de 1 autre les deux cartilages aryténoïdes (Fig. 255 B). Le crico-aryténoïthrn la h1 ral et le thyro-arytênoïdien portent les apophyses vocales dans l’adduction (Lig. 255 C). La partie interne de ce dernier muscle comprise dans l’épaisseur des (Oi des \ ocales inférieures, ou thyro-arytônoïdien interne ,. a une action spéciale: d aboi d , par sa contraction , il tend à rapprocher les deux insertions des cordes \ ocales et par suite à les raccourcir; mais il leur imprime surtout différents degrés de tension, qui jouent certainement un grand rôle dans la production des sons; en outre, il transforme en ligne droite la courbe légère que décrit le bord de la corde \ocale; enfin , par les fibres qui vont s’attacher à la membrane élastique sous-muqueuse en divers points de son étendue, fibres qui peuvent se contracter isolément , il peut partager la corde vocale en un certain nombre de parties vibrantes distinctes, de façon que dans certains cas ce seront seulement ou une partie de leur longueur <>u leur bord libre qui entreront en vibration; ce muscle peut donc être considéré comme le muscle vocal par excellence.

Le cr ico -aryténoïdien postérieur (Fig. 255, D) porte les apophyses vocales dans 1 abduction et est par conséquent antagoniste des trois derniers muscles. Il est le ^eul dilatateur de la glotte et, par suite, c’est un muscle essentiellement respirateur.

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