‹ Nouveaux éléments d'anatomie descriptive et d'embryologieChapitre 293 sur 416 · REINS · texte numérisé non relu

REINS

Les reins sont des organes pairs , situés dans la cavité abdominale, de chaque côté de la colonne vertébrale.

Leur forme est celle d’un haricot dont le hile serait tourné en dedans. Ils présentent deux faces convexes (l’antérieure plus que la postérieure) , deux extrémités arrondies, dont la supérieure est plus large, et deux bords; l’externe est épais, convexe; l’interne, concave dans son tiers moyen, offre là un sillon, hile du rein, limité par deux lèvres, dont la postérieure est ordinairement plus saillante. Quelquefois les extrémités supérieures des deux reins sont unis par une partie moyenne {reins en fer à ehevcd).

Le volume du rein varie peu. Son poids est de (.)0 grammes en moyenne. Sa longueur est de Om,ll sur O"1, 05 de largeur et 0m,045 d’épaisseur. Le rein gauche est habituellement plus long et plus épais que le droit.

Rapports (Fig. 236 et Fig. 68). — Les reins sont situés symétriquement de chaque côté du rachis, à la hauteur de la première et de la deuxième vertèbre, vertèbre lombaire ; leurs extrémités supérieures, distantes de 0m,085, sont plus rapprochées que les inférieures, qui le sont de O»1, 11 environ. Leur lace postérieure répond au diaphragme, à la dernière côte et au carré des lombes que dépasse leur bord convexe ; leur bord concave est tourné vers le psoas. Leur face antérieure, qui regarde un peu en dehors, répond dans son tiers moyen à l’angle du colon, et dans son tiers supérieur, à droite au foie, à gauche à la rate, au pancréas et à la face postérieure île l’estomac. Les capsules surrénales s'appliquent en dedans sur leur extrémité supérieure. Le rein droit est un peu plus bas que le rein gauche. Le rein est enveloppé par une capsule adipeuse quelquefois très-épaisse et recouvert en avant seulement par le péritoine. Ses déplacements ( reins flottants ) sont assez fréquents et peuvent être congénitaux ou accidentels.

Conformation intérieure. — Le rein est lisse à sa surface, saut quelques bosselures, très-peu prononcées chez l’adulte, vestigés de sa division en lobules.

SPLANCUNULÜGJE.

Fig. 20."). — Appareil urinaire de la femme ; vue postérieure (*).

(*) () Hein g a u elie. —2) Coujie du rein droit. — 3) Substance ecitiealc. — 4) Colonnes de Berlin. — b) Pyramides de Malpiglii. — (i) Vaisseaux. — 7, Calices distendus par l’urine. — 8) Bassinet. — 9) Uretère. — 10) Pénétration de

l’uretère dans les parois de lu vessie. — II) Sommet de lu vessie. — 12) Bas-fond de la vessie. — 13) Ouraquc.

• 4, la) Fibres longitudinales de lu vessie. — 10) Fibres transversales. — 17) Aoite. — 18) Artère rénale gauche.

19) Artère rénale droite. — 20) Veine cave inférieure. — 21) Veine rénale gauche. — 22) Veine rénale droite.

ORGANES URINAIRES

Sa couleur est comparable a celle de la chair musculaire. Il est enveloppé par une tunique propre, mince, transparente, assez résistante, qui se laisse facilement détacher de l’organe jusqu’au hile, où elle adhère aux vaisseaux.

Le parenchyme rénal compacte, friable, présente deux aspects différents bien visibles sur une coupe (Fig. 265, 2), et qui l’ont fait diviser en substance médullaire et substance corticale.

1° La substance médullaire (5), plus pâle, a un aspect Jihreux, dû à des stries alternativement claires et sombres ; ces stries forment des faisceaux coniques, pyramides de Malpighi (au nombre de 8 à 15), dont la base est tournée vers la périphérie de l’organe et le sommet vers le hile. Chaque pyramide est enveloppée par une coque de substance corticale , à l’exception du sommet ; ce sommet ou papille rénale , qui fait saillie dans la cavité des calices, offre une surface lisse sur laquelle on remarque quinze à vingt orifices, de 0,nm,5 de diamètre, lacunes papillaires , orifices des canaux urinifères. Vers leur base, le tissu des pyramides change un peu d’aspect ( substance limitante); il est rouge sombre et présente sur une coupe longitudinale des stries foncées radiées (paquets vasculaires), et des points foncés sur une coupe transversale.

2° La substance corticale (3) est grenue, plus foncée, plus vasculaire, un peu jaunâtre; elle est parsemée de points rouges {corpuscules de Malpighï), disséminés régulièrement par petites traînées que séparent de fins faisceaux (0mm,3) d’aspect fibreux, prolongements des faisceaux fibreux des pyramides et qui constituent les pyramides de Ferrein. Chaque pyramide de Ferrein est donc enveloppée , comme les pyramides de Malpighi , par une petite coque de substance corticale pure. Les prolongements de la substance corticale entre deux pyramides voisines portent le nom de colonnes de Bertin (4).

Chaque pyramide de Malpighi, avec sa coque de substance corticale, représente un lobule rénal. Ces lobules rénaux (au nombre de 12 à 16), primitivement distincts, se soudent peu à peu, de façon à ne plus laisser à l’extérieur trace de leur séparation. Il suffira de décrire la structure d’un lobule pour connaître la structure du rein.

Structure des lobules du rein (Fig. 266). — Les canalicules urinifères ou canctlicules de Bellini vont clés corpuscules de Malpighi de la substance corticale au sommet de la papille , où ils débouchent dans les lacunes papillaires et par elles dans les calices. Dans leur trajet assez compliqué, ils sont tantôt rectilignes, tantôt contournés, et se réunissent à plusieurs reprises à angle aigu, de façon qu’un seul canal papillaire donne naissance, par une série de bifurcations (douze en moyenne), à un faisceau de canalicules secondaires , dont le groupe constitue une pyramide de Ferrein. Leur diamètre présente de très-grandes variations , surtout dans la première partie de leur parcours. Si on suit ces canalicules depuis les corpuscules de Malpighi jusqu’à la papille , c’est-à-dire en suivant la même marche que le liquide sécrété , on trouve la disposition suivante : d’abord le canalicule est flexueux ( canaux contournés, 11), puis il envoie une anse qui descend plus ou moins bas dans la substance médullaire pour remonter ensuite dans la substance corticale [canaux en anse de li ente, 8, 9, 10); arrivé là, il s’infléchit de nouveau {canal d’union, 7) et se jette dans les canaux droits (6) , qui par leur réunion forment un canal commun ou canal papillaire (1) ouvert dans la lacune papillaire. La longueur totale d’un canalicule urinifère peut être évaluée à O"1, 052 (Sehweigger-Seidel). Quant à leur structure, ils se composent d’une membrane propre et d’un épithélium simple, qui varie pour

SPLANCUN0L0G1E.

les divers segments du tube. Nous aurons donc à décrire successivement les corpuscules de Malpighi, les canaux contournés, les canaux en anse, les canaux d’union, les canaux droits et les canaux excréteurs communs.

Fig. 260. — Structure du rein ; figure schématique (*).

(*) A. Substance médullaire. — 15. Substance limitante. — C. Substance corticale. — 1) Canal papillaire. — 2) Son embouchure sur la papille rénale. — 3) Première branche île bifurcation. — 4) Deuxième branche de bifurcation. — b) Troisième branche île bifurcation. — 0) Canal droit ou de Bellini. — 7) Canal d’union. — 8) Partie ascendante de l’anse do Henle — 9) Sa partie descendante. — 10) Anse de llenle. — 11) Canal contourné. — 12) Corpuscule de Malpighi. — 13) Artère rénale. — 14) Branche supportant les glomérules. — Ib) Rameau afférent des glomérules. — 16) Rameau allant directement aux capillaires. — 17) Artérioles droites venant directement de l'artère rénale. — 18) Artériole droite venant du rameau efférent du glomérule. — 19) Artériole droite venant du réseau capillaire. — 20) Anse vasculaire des pyramides. — 21) Branche efférente du glomérule allant au réseau capillaire.

22) Réseau capillaire de la partie glomérulaire de la substance corticale. — 23) Réseau capillaire des pyramides

de Ferrcin. 24) Réseau capillaire cortical du rein. — 2b) Étoile de Verheyen. — 26) Veine revenant des capil-

laires de l’écorce. — 27) Tronc veineux. — 28) Veine recevant les veines droites. — 29) Veines droites. — Nota. La partie ombrée des cunulicules mihiforcs représente les parties dans lesquelles l’épithélium est grenu et d’aspect glandulaire.

Page 1