CHAPITRE IV
GLANDES VASCULAIRES SANGUINES ET ORGANES LYMPHOÏDES
On a langé sous le nom commun de tjlciuclvs vcisculciivvs scuujuiues toute une série d’organes ayant pour caractères communs l’aspect glandulaire de leur parenchyme et l’absence d’un conduit excréteur. Quelque obscure que soit encore aujourd’hui la physiologie de ces organes, on peut cependant, en se basant sur leur structure intime, les répartir en quatre groupes assez naturels.
I) Racines du clitoris. - 1) Gland du clitoris. - 3) Glande de Bartholin. —4) Bulbe du vagin. — b) Ischiocaverneux. — 6) Constricteur du vagin. — 7) Transverso du périnée. — 8) Aponévrose moyenne. — 9) Sphincter externe de l’anus. — 10) Releveur de l’anus.
SI'I.ÀNCHNO ROUIE.
A. Un premier groupe comprend la glande thyroïde seule, (pie sa strucl,uc el son développement rapprochent des glandes en grappe. D’après des recherches récentes, peut-être faudrait-il y joindre la glande pituitaire (Peremeschko).
U. Le deuxième groupe, le plus nombreux et le plus important de tous, se compose d’une série d’organes auxquels on peut donner le nom d 'organes lymphoïdes à cause de leur analogie de structure avec les ganglions lymphatiques. On y trouve les amygdales, le thymus, la rate, les plaques de Payer et les follicules clos du tube intestinal. Tous ces organes ont pour caractère commun un parenchyme de tissu connectif réticulaire infiltré de globules analogues aux globules lymphatiques. Seulement à cette structure fondamentale commune s’ajoutent des dispositions spéciales (surtout du côté du système vasculaire), qui peuvent donner naissance à des formes très- complexes , la rate par exemple.
Pour bien comprendre leur structure, il importe de suivre ces organes du degré le plus simple au degré le plus complexe, dans leur progression ascendante.
1° Infiltration lymphoïde diffuse. — Le premier degré, le plus simple, est celui dans lequel le tissu connectif réticulaire s’infiltre de globules lymphatiques sans prendre une forme circonscrite , sans donner lieu par conséquent à un organe dans le sens propre du mot ; c’est là ce qu’on peut appeler \ infiltration lymphoïde diffuse, qu’on rencontre dans la muqueuse intestinale, et qui se montre surtout très-fréquemment à l’état pathologique. Toutes les formes du tissu connectif ordinaire peuvent subir cette infiltration lymphoïde ; mais elle est plus commune dans certains endroits que dans d’autres, derme de certaines muqueuses, tunique adventice des artères etc.
c2° Infiltration lymphoïde circonscrite. — Dans le deuxième degré , l’inliltration lymphoïde, au lieu de rester diffuse et sans limites précises, se circonscrit plus ou moins nettement du tissu connectif ambiant, et constitue une petite granulation arrondie molle, un follicule clos , qui représente par conséquent la forme la plus simple d’organe lymphoïde. Déjà dans le follicule clos les vaisseaux offrent une disposition spéciale et il y a surtout une grande richesse vasculaire. Les corpuscules de Malpighi de la rate ne sont autre chose que des follicules clos.
Les follicules clos peuvent être isolés. Mais le plus souvent ils sont agminés , c’est-à-dire qu’ils se rapprochent pour former de petits amas. S ils ne sonl qu’en très-petit nombre, ils constituent les glandes dites solitaires ou lenticulaires, comme dans l’intestin, à la base de la langue etc. Ordinairement ces glandes solitaires ont la disposition suivante : la muqueuse se déprime à leur niveau , et il en résulte une sorte de cul-de-sac ou de lacune, et c’est dans les parois de cette cavité que.se déposent les follicules clos. Aussi trouve-t-on, en général sur le soulèvement dû à l’amas clés lollicules clos, une petite ouverture centrale qui conduit dans la lacune, ouverture prise longtemps pour l’oritice du canal excréteur d’une véritable glande.
Les follicules clos peuvent s’agminer au contraire en grande quantité et s’élaler dans l’épaisseur de la muqueuse, comme clans les plaques de Payer de I intestin grêle.
GLANDES VASCULAIRES SANGUINES ET ORGANES LYMPHOÏDES. &iî)
3" Organe* lymphoïdes proprement dits. — Jusqu’ici les follicules clos son I restés enfouis dans l'épaisseur de la muqueuse dont ils n’étaient qu’une dépendance, nous allons les voir maintenant s’isoler et acquérir une indépendance véritable, s’agminer enfin pour produire des organes distincts, dont nous allons suivre la progression ascendante.
a) Le premier de ces organes et le plus simple est 1’ amygdale . Ce n’est en réalité autre chose qu’une simple agglomération de glandes solitaires.
b) Après l’amygdale vient le thymus , dont la structure ne diffère pas essentiellement de celle île l’amygdale; seulement, outre ses caractères extérieurs, il en diffère notablement en ce que les lacunes dans les parois desquelles sont contenus les follicules clos de l’organe s’ouvrent toutes dans une lacune centrale (canal central), sans communication avec l’extérieur, et limitée non plus par un épithélium, mais par le tissu réticulaire même.
e) Les glandes lymphatiques représentent déjà une disposition plus compliquée en rapport avec les connexions qu’ils ont avec la circulation lymphatique. Les alvéoles de la substance corticale et les cordons de la substance médullaire se composent de deux parties, une partie centrale, pulpe centrale , analogue aux follicules clos, et une partie périphérique, sinus lymphatiques , à mailles beaucoup plus larges , représentant un système de trajets intermédiaires entre les lymphatiques afférents et les lymphatiques efférents.
d) La rate enfin est située comme complexité de structure au sommet de la série. Les corpuscules de Malpighi sont de véritables follicules clos développés aux dépens de la tunique adventice de ses artères ; son parenchyme est constitué par un tissu connectif réticulaire remarquable par sa finesse, mais la distribution vasculaire qu’elle présente et qui sera décrite plus loin en fait un organe spécial et bien distinct des précédents.
C. Le troisième groupe, glandes nerveuses ou sympathiques, comprend les capsules surrénales, et peut-être la glande pituitaire. On retrouve bien dans le parenchyme des capsules surrénales le réticulum des follicules clos ; seulement ses mailles contiennent des éléments spéciaux qu’on ne peut assimiler aux globules lymphatiques. En outre elles ont par leur développement et par leur structure des connexions intimes avec le système nerveux.
D. Le quatrième groupe, le moins important de tous, comprend deux formations récemment décrites, la glande coceygienne de Luschkà et le ganglion carotidien.
La structure de ces petits organes n’est pas encore bien connue. Luschka les rattache aux glandes nerveuses. Mais elles paraissent plutôt devoir forme]' lin groupe à part, le seul auquel s’appliquerait avec exactitude le nom de glandes vascu laires sa ng aines .
Les flexuosités et les dilatations de leurs artères, l’épaisseur considérable de leur tunique musculaire paraissent les rapprocher de ces cœurs périphériques qu’on rencontre chez certains vertébrés (1).
C) Les limites de ce traité nous interdisent de donner le développement nécessaire à cette question des glandes vasculaires sanguines (voy. sur ce sujet : Liégeois, Des glandes vasculaires sanguines. 1860; Beaunis, Anatomie générale et physiologie du système lymphatique. 1863 Bouchard , Du tissu connectif. 1866).
Blaunis et BoieiiAitu.
SPLANGUNOLOGIE,
Nous décrirons successivement la glande thyroïde, la rate, les capsules surrénales, et dans un appendice, la glande coccygienne, le ganglion intercarotidien et la glande pituitaire; les autres organes, amygdales, glandes lymphatiques, ont été décrits dans le courant du livre. Le thymus disparaissant chez l’adulte et n’étant qu’un organe transitoire sera décrit au chapitre du développement.
$ I. — Glande ou corps thyroïde (Fig. 247).
Le corps thyroïde a la forme d’un croissant à concavité supérieure, et se compose de deux lobes réunis par une partie médiane ou isthme. 1° L 'isthme. haut de O"1, 017 environ sur Om,012 d’épaisseur, répond aux deuxième, troisième et quatrième cerceaux de la trachée, auxquels il adhère assez intimement. De son bord supérieur part, dans un tiers des cas, un prolongement, pyramide de Lalouette , tantôt médian , plus souvent incliné à gauche , qui remonte plus ou moins liant, et dépasse même quelquefois le bord supérieur du cartilage thyroïde. 2° Les lobes ou cornes du corps thyroïde,, hauts de 0IU,07, ont trois faces : une face interne, concave, qui répond aux cinq ou six premiers anneaux de la trachée , au cartilage cricoïde, aux lames du cartilage thyroïde et à l’œsophage ; une face postérieure convexe adossée à la carotide primitive et aux muscles profonds du cou , une lace antérieure convexe recouverte par le sternothyroïdien. L’extrémité supérieure se termine en pointe arrondie ; l’extrémité inférieure large, arrondie, déborde un peu le bord inférieur de l’isthme. Le lobe droit est habituellement un peu plus volumineux que le gauche.
Le poids du corps thyroïde est de 30 grammes environ. Son volume , assez variable, plus considérable chez la femme, augmente dans le sommeil , le décubitus dorsal, l’expiration, l’effort etc.
Variâtes. — Quelquefois (rarement) l’isthme manque; beaucoup plus rarement encore c’est un des lobes latéraux. La pyramide de Lalouette est quelquefois détachée du reste de la glande. On peut rencontrer enfin de petites masses glandulaires surnuméraires.
On rencontre souvent , surtout quand la pyramide existe, des faisceaux musculaires striés d’origine variable (faisceaux détachés des muscles thyro-hvoïdien , cricothyroïdien, constricteur inférieur, cartilage thyroïde) , rayonnant vers l'isthme et le bord interne des lobes latéraux ou d’un seul lobe ( élévateur de la thyroïde ).
La surface de la glande thyroïde est lisse, d’une couleur qui varie, suivant la réplétiou des vaisseaux, du rouge jaunâtre clair à une teinte lie de vin foncé.
Structure. — Le corps thyroïde se compose d'une enveloppe fibreuse et d'un parenchyme.
a) L’ enveloppe fibreuse est assez résistante, mince et envoie dans l’épaisseur «le la glande des cloisons connectives. Cette enveloppé est rattachée aux parties ambiantes par un tissu connectif lâche, qui s’épaissit en certains endroits pour former des espèces de ligaments $ un médian et deux latéraux. 1° Le ligament médian est un cordon fibreux qui rattache l’istlune au premier anneau de la trachée ou au cartilage cricoïde. 2" Les ligaments latéraux vont des lobes latéraux aux premiers anneaux de la trachée et au cartilage cricoïde.
h) Le parenchyme a tout a lait l’aspect du parenchyme des glandes en grappe. Il se divise comme lui en lobules composés de granulations de O111, OCM a peine. On rencontre très-souvent, dans ce parenchyme des vésicules d’une giossem très-variable , visibles à 1 œil nu, remplies par une niasse hyaline . gélatinilorme, comparable a du sagou cuit (substance colloïde).
structure d une granulation glandulaire. — Chaque granulation glandulaire s<’ compose d’une mince enveloppe membraneuse, d’où partent des cloisons, cloisons mtci vésiculaires , dans les mailles desquelles sont renfermés les éléments propres de l’organe ou les vésicules thyroïdiennes. Ces vésicules comprennent une paroi trèsmince, amorphe, tapissée par un épithélium polygonal. Cet épithélium se détruit excessivement vite après la mort et, même pendant la vie, subit très-facilement, surtout chez l’adulte, des modifications particulières. Aussi trouve-t-on souvent comme contenu de la vésicule glandulaire un liquide tenant en suspension des noyaux libres, des cellules et des granulations moléculaires brunâtres. Elles sont très-souvent (et on peut presque considérer cet état comme normal à cause de sa fréquence) le siège d une pi oduction de matière colloïde , substance liquide visqueuse, jaunâtre, qui précipite par l'acide acétique.
1 aisseaux et nerfs. — Les artères de la thyroïde proviennent des thyroïdiennes . leur volume est considérable, eu égard au volume de la glande, et n’est que de trèspeu au-dessous du volume des quatre artères qui se rendent à l’encéphale. D’après Ihitl, les quatre artères thyroïdiennes se rendent chacune à une région spéciale de la glande , et les anastomoses laryngiennes établiraient seules des communications ' *die ces départements vasculaires distincts. Les veines au contraire communiquent toutes entre elles ; elles sont dépourvues de valvules. Elles se rendent dans la veine faciale commune , la jugulaire interne et la veine innominée gauche. Les lymphatiques vont à de petits ganglions situés au-dessous de l’isthme et derrière les lobes latéraux ; ils partent des vésicules glandulaires par des culs-de-sac venant s’ouvrir dans des réseaux qui entourent les granulations (Frey). Les nerfs, peu nombreux, proviennent de la partie cervicale du grand sympathique et surtout du ganglion cervical moyen, et suivent l’artère thyroïdienne inférieure ; on trouve sur leur trajet de petits ganglions microscopiques (Luschka).