STRUCTURE DE LA PEAU
§ I. — Derme cutané.
Le derme ou chorion est une membrane blanche, demi-transparente , élastique, très-résistante et d’une épaisseur variable (sur les paupières et le prépuce, elle a O11', 0005 ; sur la lace, l’oreille, le mamelon, le pénis, le scrotum,
O111, 001 ; à la paume des mains et à la plante des pieds 0111, 0025 à 0m,0028, et 0m,0017 à 0m,002 sur les autres régions. Sa face externe est, surtout dans certaines régions, couverte de papilles ; après l’ablation de l’épiderme (macération etc.), elle est lisse et criblée d’orifices glandulaires.
Sa partie profonde {couche réticulaire) circonscrit des aréoles remplies de graisse ; isolée de la couche superficielle ou papillaire , elle a l’aspect d’une membrane criblée.
Structure du derme cutané. - Le derme se compose de j faisceaux entre-croisés de tissu connectif avec des cellules plas-
imKJIémJJj <-j matiques et des fibres élastiques très-nombreuses et plus volu-
mineuses dans les couches profondes. Son tissu devient plus homogène dans les parties superficielles et est limité du côté de l’épiderme par un liséré amorphe. Elle est traversée par les glandes sudoripares et par les follicules pileux avec les muscles lisses et les glandes sébacées (pii leur sont annexés.
Papilles. — Les papilles du derme présentent leur plus grand développement à la paume de la main et à la plante du pied. Elles sont beaucoup plus clair-semées sur les autres parties du Coupc de la peau (*> corps, et on peut trouver sur la peau de la face et des membres
des endroits assez étendus complètement dépourvus de papilles. Au pied et à la main, elles sont disposées en doubles séries linéaires parallèles, et dans le sillon de séparation viennent s’ouvrir les conduits des glandes sudoripares.
Fie. 33. j.
(*) Dn trouve de liant en bas l'épiderme» la couche papillaire du derme, la couche réticulaire, et, plus profondément, une glande sudoripare, dont le canal excréteur traverse les couches sus-jacentes.
PEAU
Ces séries linéaires cle papilles ont des directions différentes et déterminées pour chaque région , et qui rappellent les lignes de direction des poils (voy. Poils). Ces papilles elles- mêmes sont très-nombreuses (Meissner en a compté 400 sur une ligne carrée de la face palmaire des doigts). Leur hauteur est de 0mm,l à 0mm,2 ; leur forme est en général conique (main et pied) ou hémisphérique, quelquefois pédiculée (gland, mamelon). Elles peuvent être simples on composées.
Elles se composent d’une substance fondamentale d’aspect homogène qui , par certains réactifs, paraît formée par des libres à direction verticale.
On divise ces papilles en deux espèces : papilles vasculaires et papilles nerveuses.
1° Papille* vasculaires. — Celles-ci, beaucoup plus nombreuses, ne contiennent que des anses vasculaires et pas de fibre nerveuse terminale.
2° Papilles nerveuses et corpuscules du tact. — Les papilles nerveuses, au nombre de une pour quatre papilles à la pulpe du doigt (Meissner), contiennent un corpuscule ovoïde particulier ( corpuscules du tact ou de Meissner). Chaque corpusculep ossède une enveloppe fibreuse, qui contient une masse molle, claire, finement granulée, et présente des stries transversales, dont la signification est encore indécise (fibres nerveuses terminales, cellules fusiformes , fibrilles élastiques?). A chaque corpuscule aboutissent au moins deux fibres nerveuses primitives, dont la terminaison est inconnue. Ces corpuscules, très-nombreux sur la pulpe des troisièmes phalanges, se rencontrent encore avec des formes un peu plus simples au bord rouge des lèvres , sur le mamelon, et paraissent manquer ou être du moins excessivement rares sur les autres régions cutanées.
Vaisseaux et nerfs du derme. — Les artères fournissent un réseau capillaire qui se distribue surtout à la couche papillaire ; de ce réseau partent des anses qui se rendent dans les papilles. Les veines vont dans les veines sous-cutanées. Les lymphatiques forment dans la partie superficielle du derme des réseaux très-fins , qui envoient dans le centre des papilles des prolongements en cæcum, et sont, d’après Teichmann , toujours séparés de la couche profonde de l’épiderme par un réseau capillaire sanguin. Les nerfs proviennent des trente et une racines spinales postérieures, sauf pour le segment antérieur de la tête , innervée par la grosse racine du trijumeau (voy. Fig. 336), la topographie de l’innervation cutanée). Ils constituent dans la couche papillaire de riches plexus portant des filets qui se rendent aux corpuscules du tact, ou, à leur défaut, à la partie superficielle du derme et dont la terminaison est inconnue.
§ II. — Épiderme.
L’épiderme est une membrane complètement dépourvue de vaisseaux et de nerfs et constituée uniquement par des cellules épithéliales. Elle recouvre la surface externe du derme ; sa face profonde se moule sur les inégalités de cette face externe, - tandis que sa face superficielle tend à s’égaliser et ne présente pas, sauf dans certaines régions (paume des mains et plante des pieds), des saillies et des dépressions correspondantes. Son épaisseur est par conséquent plus considérable dans l’intervalle des papilles qu’à leur niveau. Cette épaisseur varie du reste en général avec l’épaisseur même du derme. Considérable à la plante du pied (lmm,7 à 2mm,8) et à la paume de la main (0mm,6 à
O111"1, 2), elle est beaucoup plus faible dans les autres régions, et peut être évaluée en moyenne à 0mm,4.
Structure de l’épiderme. — L’épiderme se compose de deux couches : une couche superficielle ou couche cornée, et une couche profonde, couche muqueuse de
O P,r. A N F, S DES SENS.
IMS
Malpighi. Cos couches se séparent assez facilement, l’une do l’autre (macération , ébullition, vésicants). Leur épaisseur relative varie dans les diverses régions ; sur la face, le cou, le dos, les parties sexuelles, la couche de Malpighi est trois à six fois plus épaisse; ailleurs elles sont égales (côté dorsal des membres, etc,), ou, enfin, la couche cornée, comme à la main et au pied, est six à douze fois plus épaisse.
1° Couche cornée. — Elle est sèche,, dure, transparente ,’ incolore et a une apparence lamelleuse. Sa face interne présente des dépressions légères, qui correspondent au sommet des papilles, dont elles sont séparées par une couche mince du réseau de Malpighi. Elle se compose de lamelles, lamelles cornées de V épiderme , dont les inférieures ont encore un noyau et se rapprochent des lamelles superficielles de la couche muqueuse, tandis que les lamelles cornées superficielles sont plus irrégulières et dépourvues de noyau.
2° Couche de Malpighi. — Cette couche, molle, humide' adhérente au derme, se moule sur sa face externe et présente par suite une disposition inverse de ses saillies et de ses dépressions; il en résulte une épaisseur beaucoup moindre au niveau du sommet des papilles, par suite un aspect réticulé, réseau de Malpighi. Elle se compose de cellules à noyau à des degrés différents de développement et de forme variable. Les plus rapprochées de la couche cornée sont un peu aplaties, horizontales et hérissées .à leur surface de prolongements en dentelures qui s’engrènent avec les dentelures des cellules voisines (Schultze). Plus profondément les cellules sont plus petites, arrondies ou ovales, et alors verticales; leur membrane d’enveloppe devient moins distincte. Enfin, tout à fait contre le derme est appliquée une couche simple de cellules cylindriques, à noyau foncé et à direction verticale.
La couleur de la peau provient uniquement de cette couché muqueuse. Elle est due à une accumulation de pigment, qui a lieu surtout dans les couches profondes et spécialement dans les cellules cylindriques appliquées directement sur le derme. La pigmentation porte à la fois sur le noyau et sur le contenu de la cellule. Elle ne diffère chez le nègre que par la quantité plus considérable des dépôts pigmentaires.
§ III. — Productions épidermiques de la peau.