LIVRE HUITIÈME
n 1 cORP8 HUMAIIV EAÎ GÉNÉRAL.
Le corps humain , au point de vue de sa configuration extérieure , se compose de deux mol les a peu près symétriques, avec une prédominance légère du côté droit dans a majorité des cas. Il se divise en torse ou tronc et membres, et chacun de ces seg-
mo ns htnUr ,’Se “ 8011 t0Ur en un certain nombre de régions secondaires plus ou moins bien limitées qui présentent chacune une conformation particulière. L’élude de ces régions constitue l’anatomie des formes
§ I- — Anatomie des formes.
i. TRONC.
Le tronc se divise en tête, cou et tronc proprement dit.
. 1° Tête.
La tete comprend le crâne et la lace. Elle mesure à peu près le huitième de la hauteur totale du corps. Salvage la partageait en. cinq parties égales par quatre lLnes transversales passant : 1<> entre les deux arcades dentaires ; au niveau des nom mettes au devant du plancher de l’orbite ; 3« par les arcades orbitaires- 4o par ie, bosses frontales. La tête est plus petite chez la femme. Son volume présente du reste des variations individuelles assez considérables et peut dans certains cas descendre aux proportions les plus exiguës (: microcéphalie ). Les différences de forme rm sont pas moins remarquables et tiennent en grande partie à la forme même de la boîte crânienne. Les différences de races ont été vues p. 76 et 77.
Les rapports de volume du crâne et de la face sont sujets à varier, et il semble meme y avoir entre ces deux parties de la tête une sorte d’antagonisme, qui se renr°ntre non-seulement dans la série animale, mais encore chez l’homme.
A. Crâne. — 11 ,a la forme d’un ovoïde à grand axe antéro-postérieur, dont la grosse extrémité correspond à l’occiput. Cet ovoïde est plus ou moins comprimé latéralement, de là la distinction des crânes en brachycéphales et dolichocéphales (voy. p. 77). Le sommet du crâne, vertex , est plus ou moins proéminent et peut dans certaines races ou chez quelques individus , s’élever en forme de cône ou de
pyramide. 11 se divise en quatre régions: le front, les tempes et la calotte crânienne ou région occipito-mastoïdienne.
1» Le /roui bombé , droit ou fuyant, est ]>Ius ou moins haut suivant les sujets - il
l’i ei,en 0 s“r f lgne medlane unc Répression verticale, qui aboutit en bas à une saillie surmontant la racine du nez, glabelle, et en haut sc perd dans la bosse frontale médiane , quand elle existe. Sur les côtés s’élèvent les bosses frontales latérales
Parees des arcades sourcilières par une rainure transversale.
temPe (r^on tempoy'o-pariétale) , couverte* par les cheveux en haut et en e,conespond a la tosse temporale et au muscle du même nom; légèrement
p1 aVant Ct 011 haS 0Ù elkî ost nettement limitée du côté de la région fronc ce a pommette, elle est convexe dans le reste de son étendue et se continue insensiblement avec la région suivante. continue
DU CORPS HUMAI N EN GÉNÉRAL
3° La région occipito-mastoïdienne (calotte crânienne , recouverte par les cheveux, présente de chaque côté les bosses pariétales et se moule du reste sur la forme même des parties osseuses sous-jacentes.
g y ace. Elle comprend : sur la ligne médiane les régions nasale, buccale et
mentonnière; sur les parties latérales, la région oculaire (sourcils, paupières etc.) , les joues, la région parotidienne et l’oreille. Les régions nasale , buccale, oculaire et auriculaire ont été décrites en splanchnolocjie ou avec les organes des sens.
I o Le menton , limité du côté de la lèvre inférieure par une rainure transversale , couvert de poils chez l’homme , fait à la partie inférieure de la face une saillie variable suivant la forme même de la mâchoire inférieure et l’embonpoint du sujet. On y remarque souvent sur la ligne médiane une petite dépression plus marquée dans l’élévation de la lèvre inférieure.
2° Les joues sont séparées par un sillon oblique plus ou moins profond, sillon naso-labial , de l’aile du nez et de la région buccale. En haut elles s’étendent jusqu’au contour inférieur de l’orbite , marqué chez les personnes grasses par un sillon qui les sépare de la paupière inférieure, en bas jusqu’au bord inférieur de la mâchoire, en arrière jusqu’au bord postérieur de sa branche montante. Molles et dépressibles dans leur partie antérieure, qui répond à la cavité buccale, elles accusent dans le reste de leur étendue les plans solides osseux ou musculaires sous-jacents, en haut et en arrière la saillie de la pommette , en arrière le plan quadrilatère du masséter, en bas le bord inférieur de la mâchoire.
3o La région parotidienne , située entre la saillie de l’apophyse mastoide et celle du masséter, se réduit à une gouttière verticale plus ou moins profonde, qui en haut se continue avec la rainure séparant la face interne du pavillon de 1 oreille des paities latérales du crâne, et se perd en bas dans la gouttière carotidienne du cou.
Cou.
La longueur du cou, dans la position droite de la tète, mesurée du menton au milieu de la fourchette du sternum, peut être évaluée au quart de la longueur anterieure du reste du tronc. 11 peut être court , et comme enfoncé entre les epau es (constitution apoplectique), allongé au contraire si les épaules sont tombantes et les côtes supérieures abaissées (constitution.plithisique). La circonférence, a la hau eut du larynx, est d'environ 0»,38. Son volume est susceptible du reste de variations périodiques, du moins chez la femme (menstruation, grossesse) , variations dues en grande partie au corps thyroïde. Cillez l’homme, à cause des saillies du cartilage t lyroïde en avant, des sterno-mastoïdiens sur les côtés, le cou a la forme d un prisme triangulaire à angles mousses. Chez la femme au contraire il est plus mince, presque cylindrique dans sa partie moyenne et présente parfois en avant , dans la région soushvoïdienne, un pli transversal, collier de Vénus. Le cou comprend quatre régions . une région postérieure, la nuque, une région antérieure et deux régions latérales.
lo Nuque. — La nuque, limitée en dehors par le bord externe des trapèzes , s etend en haut jusqu’à la ligne courbe occipitale supérieure, en lias jusqu a la saune y la vertèbre proéminente, en s’élargissant considérablement pour se continuel avec . dos et les épaules. Forte, courbe, droite chez l’homme (Hercule lmrnese), elle decii c hez la femme une courbe onduleuse , qui en bas sc continue insensiblement avec la courbure dorsale. Elle présente en liant sur la ligne médiane 1a fossette limitée pa les bords internes des grands complexes recouverts par les trapèzes.
‘2« Région antérieure du cou. - Cette région, limitée de chaque cote par la sa. ie îles sterno-mastoïdiens, a lorsque la tête est renversée, a forme . lu ' •
I" La partie supérieure du losange, région sous-hyoïdienne, devien picsq laie dans la position droite de la lôte et présente alors chez les personnes clia.„
DU CORPS HUMAIN EN GÉNÉRAI,
*1 embonpoint la saillie qui constitue le double menton. 2° La région sous-hyoïdienne , qui forme la partie inférieure du losange, offre sur la ligne médiane la saillie, plus
prononcée chez 1 homme, du cartilage thyroïde, saillie qui en bas s’arrondit au niveau du corps thyroïde pour aboutir au-dessus du sternum à une dépression, creux sussternal. La partie médiane et antérieure du cou est séparée de chaque côté de la saillie latérale du sterno-mastoïdien par une gouttière oblique (gouttière ou région carotidienne) , qui en haut se continue avec le creux parotidien.
3° Régions latérales du cou. — Elles présentent en avant la saillie oblique du sterno-mastoïdien, divisée en bas en deux saillies secondaires interceptant une petite fossette. En arrière de cette saillie est une dépression , creux sus-claviculaire , plus prononcée pendant les inspirations profondes et qui peut alors être parcourue par une corde oblique due à la tension du ventre postérieur de l’omo-hyoïdien. Enfin la base des régions latérales du cou est formée par la clavicule, dont la courbure en S est toujours visible, quel que soit l’embonpoint, et qui délimite le cou du côté du thorax et de l’épaule.
3° Ti'ohc pi*oi»i*ement dit.
Le tronc se compose de trois parties : le thorax, l’abdomen et le bassin.
A. Thorax (buste , poitrine). — Le thorax (regio corporis perpetuo mobilis ) a la forme d’une pyramide quadrangulaire à base supérieure un peu comprimée d’arrière en avant. Cette forme, inverse de celle que présente la cage thoracique dépouillée des parties molles, est due à la présence du scapulum et des parties molles. La circonférence , prise sur un homme de quarante ans, mesure 0m,95 au dessous de l’aisselle, 0m,90 au niveau du mamelon, 0m,88 au niveau de l’extrémité sternale du cartilage de la sixième côte (Luschka). Son diamètre transversal est de 0,28 entre la huitième et la neuvième côte ; son diamètre antéro-postérieur maximum (au niveau de la base de l’appendice xiphoïde) est de 0,20 (Sappey). Le côté droit du thorax est en général plus volumineux que le côté gauche. Du reste l’axe du thorax ne se continue pas ordinairement en ligne droite avec l’axe de l’abdomen; en effet, une ligne, allant du milieu de la fourchette sternale au milieu de l’appendice xiphoïde, fait avec une autre ligne, allant de cet appendice à la symphyse, un angle obtus ouvert à droite.
Les différences sexuelles du thorax sont très-prononcées , indépendamment même du volume des glandes' mammaires chez la femme. Chez elle tous les diamètres sont plus faibles que chez l’homme, mais principalement le diamètre transversal ; le maximum du diamètre antéro-postérieur, au lieu de correspondre à la base de l’appendice xiphoïde, répond au milieu du sternum, qui présente une courbure antérieure allant se perdre vers les épaules. Il a en outre une position presque verticale et non plus inclinée comme chez l’homme. Il résulte de ces modifications que la poitrine acquiert une forme plus arrondie et comme en baril.
Le thorax se divise en une région antérieure , deux régions latérales et une région postérieure.
'1° Région antérieure du thorax. — Elle comprend plusieurs régions secondaires • 1) Sur la ligne médiane, la région sternale, qui va du creux sus-sternal au creux épigastrique, et présente, au niveau de la réunion du corps et de la poignée du sternum, un angle saillant, angle sternal , qui répond à l’articulation de la deuxième paire costale. 2) Sur les côtés, la région mammaire (voy. mamelle), séparée de la clavicule par une dépression transversale, creux sous-claviculaire , et se continuant en bas par la région sous-mammaire avec les parties antéro-latérales de l’abdomen.
2° Région latérale du thorax. ■>— Cette région, continue en haut avec le creux axillaire, a, lorsque le bras est relevé, la forme d’un triangle allongé, dont le sommet arrondi se trouve à l’aisselle, et dont la base se continue, sans ligne de démarcation, avec les parois latérales de l’abdomen.