ARTICULATIONS DE LA RACINE DE LA MAIN
Ces articulations comprennent plusieurs articulations distinctes, ayant chacune leurs synoviales et leurs mouvements ; mais l’appareil ligamenteux leur étant en partie commun, il est préférable de les grouper dans la même étude. Nous décrirons d’abord les surfaces articulaires et les synoviales, puis l’appareil ligamenteux. Ces articulations comprennent cinq articulations secondaires, les articulations : 1° radio - carpienne ; 2° earpo-carpienne ; 3° du pyramidal et du pisiforme; 4° carpo -métacarpienne; 5° du trapèze et du premier métacarpien.
ARTICULATIONS DU MEMBRE SUPERIEUR
1° Articulation rutlio-earpienne (Fig. 45, 2).
C’est une articulation condy tienne composée. La cavité formée par la facette inférieure du radius et le ligament triangulaire , reçoit le condyle formé par le scaphoïde, le semi-lunaire et le pisiforme. Ce condyle, fortement convexe d’arrière en avant, forme sur une coupe transversale environ le sixième d’un cercle de 01U, 035 de rayon ; il est complété par deux petits ligaments interosseux, assez minces, mais résistants, allant des bords latéraux des facettes articulaires de chaque os à l’os voisin, et fermant toute communication entre la cavité articulaire radio-carpienne et celle du carpe.
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rig. 45. — Synoviales du, poignet (*).
Du côté de la cavité de réception, la facette radiale est divisée en deux parties par une petite crête fibro-cartilagineuse antéro-postérieure, une interne quadi angulaire, pour le semi-lunaire, une externe triangulaire, pour le sca-
( ) I. Radius. II. Cubitus. — III. Scaphoïde. — IV. Semi-lunaire. — V. Pyramidal. — VI. Pisiforme. — II. Trapeze. — VIII. Trapézoïde. — IX. Grand os. — X. Os crochu. — XI. Premier, XII. Deuxième, XIII. Troiieme, XI . Quatrième, XV. Cinquième métacarpiens. — I) Synoviale radio-cubitale inférieure. — 2) Synoviale
ac îo carpienne. 3j Synoviale générale du carpe. — 4) Synoviale trapézo-métaoarpienne. — h) Synoviale du nvramidal et du pisiforme.
AKTHROLOGIE.
phoïde; Je ligament triangulaire s’articule avec le pyramidal, qui s’en écarte du reste très-facilement, surtout dans la llexion complète. Ces surfaces sont revêtues d’un cartilage de près de 0m,002 d’épaisseur.
La synoviale , riche en replis synoviaux, s’attache à la limite du cartilage; exceptionnellement elle peut communiquer avec les synoviales radio -cubitale inférieure, carpienne et pisi -pyramidale.
2° Articulation carpo-carpienne (Fig. 45, 3).
C’est une articulation très-complexe. Ses surfaces articulaires sont formées en haut par la face inférieure des os de la première rangée, moins le pisiforme; en bas, par la face supérieure des os de la deuxième. Sa disposition , assez irrégulière , est la suivante : chaque rangée présente une partie concave et une partie convexe ; pour la première rangée , la convexité est externe et formée par le scaphoïde ; la concavité interne , beaucoup plus étendue , est constituée par la facette concave du scaphoïde , le semi-lunaire et le pyramidal ; pour la deuxième rangée , la concavité est interne et formée par le trapèze et le trapézoïde; la convexité externe, par la tète du grand os et l’os crochu. Ce changement de courbure se fait de la façon suivante , bien sensible sur une coupe transversale : en suivant de dehors en dedans la configuration de la surface inférieure , on trouve d’abord une concavité peu prononcée , due au trapèze et au trapézoïde , puis , subitement , un changement de direction et une ligne abrupte verticale , aboutissant à une tète formée par le grand os et le sommet un peu tronqué de l’os crochu , et enfin une pente douce , oblique en bas et en dedans, appartenant à l’os crochu , et même légèrement excavée à sa partie interne; on trouve en effet une sorte d’ébauche d’articulation en selle entre le pyramidal et l’os crochu.
Deux ligaments interosseux épais , allant du trapézoïde au grand os , et du grand os à l’os crochu (voy. Fig. 45) et s’insérant à la partie non articulaire de leurs faces latérales, tiennent solidement ces os en contact. Les faces latérales contiguës des os de chaque rangée sont planes et ne présentent rien de particulier.
La synoviale communique avec celle de l’articulation carpo-métacarpienne ; elle présente deux petits culs-de-sac ascendants entre le scaphoïde et le semilunaire, d’une part, et ce dernier os et le pyramidal, de l’autre.
3° Articulation du pyramidal et du pisiforme (Fig. 45, 5).
Le pyramidal s’articule par une petite facette convexe avec la facette concave du pisiforme. La synoviale , lâche , s’attache à O111, 004 du bord libre de la facette du pisiforme légèrement étranglé à ce niveau.
4° Articulation carpo-métacarpienne (Fig. 45|.
Surfaces articulaires. — L’interligne articulaire est très-irrégulier; en faisant abstraction de l’articulation trapézo -métacarpienne, il a la direction générale d’une ligne qui passerait par l’extrémité supérieure du cinquième métacarpien, et par la saillie externe de l’extrémité supérieure du deuxième, points qu’on peut sentir à travers la peau (ligne de direction ); l’interligne articulaire
ARTICULATIONS DU MEMBRE SUPÉRIEUR
ne descend pas à plus de 0m,008 au-dessous de cette ligne, et il ne la dépasse guère qu’au niveau de l’apophyse externe du troisième métacarpien (voy. Fig. 23). En allant de dehors en dedans, on trouve : 1° une mortaise formée en dehors par le trapèze , en dedans, par une facette très-petite du grand os, au fond ou au milieu, par la face inférieure convexe du trapézoïde; cette mortaise évasée reçoit l’extrémité supérieure du deuxième métacarpien ; la facette interne de la mortaise est quelquefois cachée par l’apophyse styloïde du troisième métacarpien ; 2° un V ouvert en haut, dont la branche externe, trèslongue, s’articule avec le troisième métacarpien, la branche interne, trèscourte , avec le quatrième métacarpien ; 3° un nouveau V ouvert en haut, à branches à peu près égales , formé par l’os crochu , et dont la branche externe , presque horizontale, s’articule avec le quatrième métacarpien, la branche interne, oblique en haut et en dedans, avec le cinquième.
Un ligament inter osseux , divisé souvent en deux faisceaux, un antérieur, un postérieur, se porte de la face interne du grand os à la la face interne du troisième métacarpien ; un ligament analogue , mais moins fort et confondu en partie avec le précédent, se porte de la face externe de l’os crochu à la face interne du quatrième métacarpien. On trouve, en outre, entre les quatre derniers métacarpiens , des ligaments interosseux très-courts et forts, unissant les faces latérales de leurs bases, et insérés à la partie rugueuse non articulaire de ces faces.
La synoviale, commune avec celle du carpe, envoie des culs-de-sac, qui descendent entre les bases des métacarpiens jusqu’aux ligaments interosseux. Il y a quelquefois une synoviale isolée pour le quatrième et le cinquième métacarpien , mais ordinairement le ligament interosseux laisse entre le grand os et le troisième métacarpien un espace libre par lequel la communication se fait.
»° Articulation trapézo*mé tacarpienne (Fig. 45, 4).
C’est le type des articulations en selle. La surface articulaire du trapèze, concave de dedans en dehors, convexe d’avant en arrière, appartient à un rayon de 0m,012 environ dans le premier sens, de 0m,015 dans le second. Celle du premier métacarpien est convexe et concave en sens inverse; mais le contact des deux surfaces est plus intime dans le sens transversal.
La synoviale , assez lâche, s’attache sur le trapèze, à 0m,002 de la limite du cartilage, de façon à former une sorte de repli synovial annulaire. Malgré sa laxité , elle a beaucoup de force , entourée qu’elle est par une capsule fibreuse résistante. On voit, en somme, que pour ces cinq articulations il n’y a que quatre synoviales.
Ligaments (les articulations (le la racine (le la main.
Abstraction faite des ligaments interosseux déjà décrits, les capsules de ces diverses articulations sont renforcées par des faisceaux fibreux périphériques, qui peuvent être groupés en dorsaux, palmaires et latéraux internes et externes.
Ces ligaments sont plus serrés et plus résistants du côté palmaire que du côté dorsal, où ils laissent entre leurs faisceaux des intervalles par lesquels les
A KTJlllOLOGiE.
synoviales font liernie; ils sont en outre plus prononcés sur le bord radial et le bord cubital du carpe, et sont beaucoup plus lâches du côté de l’avant-bras que du côté des métacarpiens.
Ces ligaments sont, les uns superficiels, les autres profonds. Les ligaments profonds sont de petits trousseaux fibreux très-courts, qui vont d’un os à l’os voisin et ne méritent pas de description spéciale; on a ainsi des ligaments intercarpiens, carpo- métacarpiens, intermétacarpiens, dorsaux et palmaires.
Les ligaments superficiels ont une disposition particulière , va riable suivant la région de la main qu’ils occupent. Sur la face dorsale on remarque surtout un faisceau oblique, allant du radius au pyramidal , et un faisceau transversal, allant du pyramidal au scaphoïde ; le point le plus solidement fixé parait être l’angle saillant du scaphoïde, reçu dans l’angle rentrant du trapézoïde et du grand os. A la face palmaire , les faisceaux ont une direction rayonnée, et, partant du grand os comme centre, s’irradient dans toutes les directions (Fig. 46,14), en dedans, vers l’os crochu, le pisiforme et le pyramidal ; en dehors, vers le trapézoïde, le trapèze, le scaphoïde, l’apophyse styloïde du radius et la gaine du grand palmaire ; en bas , vers les métacarpiens ; en haut on trouve une sorte d’arcade fibreuse, allant de l’apophyse styloïde du radius au pyramidal, ligament radio-car pien (4). Sur le bord . , . . . . . , radial de la main , des faisceaux
Fie. 46 . — Ligaments de la main; face anterieure [*). 7 „ . ,,
allant, les uns assez torts, de 1 a-
pophyse styloïde du radius au scaphoïde, les autres, moins forts, du scaphoïde au trapèze, ont été décrits comme ligament latéral externe. Sur le bord cubital , des faisceaux assez faibles vont de l’apophyse styloïde du cubitus au pyramidal, et du pyramidal à l’os crochu et forment le ligament latéral interne.
(*) lj Radius. — 2) Cubitus — 3) Capsule de l’articulation radio-cubitale inférieure. — 4) Ligament radiocarpien. — 5) Pisiforme. — G) Os crochu. — 7) Ligament pisi-unciformien. — 8) Ligament pisi-métacarpien. — 9) Trapèze. — 10) Capsule trapézo-métacarpienne. — II) Tendon du long abducteur du pouce. — 42) Gouttière du grand palmaire. — 13) Tendon du grand palmaire. — 14) Ligament rayonné. — 15) Ligament transversal recouvrant la base des métacarpiens. — IG) Ligament transverse du métacarpe (l’articulation métacarpo-phalangienne du petit doigt a été ouverte). — 17) Gaine des tendons fléchisseurs. — 18) Tendon du fléchisseur profond. — 19) Tendon du fléchisseur superficiel. — 20) Repli synovial. — 21) Tendons en position dans leur gaine. — 22) Gaine complètement enlevée. — 23) Idem. — 24) Os sésamoïde externe. — 25) Ligament latéral externe. — 2G) Tendon du long fléchisseur propre du pouce.
ARTICULATIONS DU MEMRRE SUPÉRIEUR
Sur ce bord cubital de la main, le pisiforme est maintenu solidement par deux ligaments : un ligament pisi-unci for mien (7), court, qui va au crochet de l’os crochu; un ligament pisi-métacarpien (8), long et fort, allant au cinqu iè me mé tacar p i en .
Outre ces ligaments , on trouve à la lace palmaire du carpe , une forte ban delette ligamenteuse, ligament annulaire antérieur du carpe , qui convertit en canal la gouttière du carpe. Cette bandelette, haute de O1, 02, s’attache en dedans au pisiforme , au crochet de l’unciforme et au ligament pisi-unciformien ; en dehors , à la tubérosité du scaphoïde et à la crête du trapèze. Ses fibres sont transversales, et les plus profondes vont se confondre, en se recourbant en arrière avec les ligaments carpiens antérieurs; son bord supérieur se continue avec l’aponévrose de l’avant-bras; son bord inférieur forme une arcade à concavité inférieure ; sa face antérieure contracte des adhérences avec l’aponévrose palmaire qui la recouvre.
Les artères désarticulations du poignet viennent des artères dorsales du carpe et du métacarpe , branches de la radiale, des artères interosseuses et transverse antérieure du carpe, branches de la cubitale, enfin de l’arcade palmaire profonde. , — Les nerfs sont en arrière la terminaison de la branche profonde du nerf radial, en avant la terminaison du nerf interosseux du médian, et un rameau récurrent de la branche profonde du cubital.
IL ARTICULATIONS MÉTACARPO-PHALANGIENNES.
Surfaces articulaires. — La tète du métacarpien est reçue dans une cavité de moitié moins d’étendue , creusée sur l’extrémité supérieure de la première phalange et appartenant à une coubure de rayon plus grand. Cette cavité esl complétée en avant par un ligament épais de 0m,002, ligament glénoïdien , dont le bord inférieur se continue avec le bord antérieur de la cavité de la phalange, et dont la face antérieure se confond avec la gaine des tendons fléchisseurs des doigts. Les ligaments glénoïcliens des quatre derniers doigts sont unis entre eux par une bandelette transversale, ligament transverse du métacarpe (16), qui n’est autre chose que la partie inférieure épaissie de l’aponévrose interosseuse. Le ligament glénoïdien de l’articulation du pouce contient deux os sésamoïdes; on en trouve aussi exceptionnellement aux deuxième et cinquième doigts.
La synoviale , très-lâche, mince, est renforcée sur les côtés par les tendons des interosseux et des lombricaux, en avant par la gaine des fléchisseurs, en arrière par les tendons extenseurs.
Des ligaments latéraux forment le principal moyen d’union; ces ligaments, très-forts , triangulaires, s’attachent par leur sommet au tubercule postérieur de la face latérale de la tête du métacarpien; de là les libres s’irradient et s’attachent. les antérieures au ligament glénoïdien, les postérieures à la partie latérale de la phalange. Le ligament latéral externe est plus fort que l’interne.
Nerfs. — Ce sont de longs filets grêles de la branche profonde du nerf cubital et des filets des nerfs collatéraux dorsaux et palmaires.
A RT UROLOGIE.